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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 18:51

Il y a un grand absent dans les débats institutionnels depuis un an. Le Parlement wallon...

 

On peut légitimement se demander ce qu'il fait. La Libre publie aujourd'hui un billet assez intéressant. "Le parlement wallon ne semble pas prêt de suivre l'exemple de son alter ego flamand sur le plan institutionnel".

 

Certes, le <parlement a remis à l'honneur il y a quelques mois les débats d'actualité sur des thèmes précis (emploi, inondations ou éoliennes) mais le dossier communautaire n'a jamais été abordé à ce jour. Le changement de dénomination de la Communauté française en Fédération Wallonie-Bruxelles annoncé le 4 avril a même suscité l'indifférence des parlementaires puisque deux jours plus tard, aucun d'entre eux n'a posé de question sur le sujet en séance plénière du parlement wallon, au contraire de la Chambre. "Le parlement wallon ne sort pas grandi de cette affaire. On avance toujours sans débat parlementaire. C'est au sommet que tout se décide et dès lors, le parlement ne pense même plus qu'il a un rôle à jouer."

Tout est dit. Pour les quatre (cinq ou six si on y ajoute l'extrême droite et la droite extrême) partis traditionnels, les Wallons n'existent tout simplement pas. Le Parlement wallon  n'est qu'un moyen de remercier les "méritants" un peu comme les députations permanentes des provinces...

Une voie de garage.

 

Il est clair que ces "députés" sont muselés.

 

Certains le regrettent, mais ne peuvent pas intervenir. C'est ainsi que l'ancien ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) ,  "figure de proue du régionalisme wallon" comme n'hésite pas à écrire sans rire la Libre : "C'est dans ces moments-là, on ne devrait pas être aux abonnés absents". Les regrets sont identiques chez un autre tenant du régionalisme et ex-président de l'assemblée, José Happart (PS). "Les Wallons en général, et le parlement wallon en particulier, commettent une faute de laxisme. En ne voulant pas faire le débat sur ce que la Wallonie veut faire de son avenir, ils laissent d'autres décider à leur place. C'est un drame pour moi en tant que militant wallon de constater que le parlement wallon ne peut pas se saisir d'un débat d'actualité", a-t-il souligné.

En coulisses, tant dans la majorité que dans l'opposition, certains députés évoquent un diktat du gouvernement sur ce point. "C'était déjà le cas sous la législature précédente: il y a un diktat officieux qui veut que dans la situation actuelle, il est hors de question de débattre d'un avenir dont on ne connaît pas les tenants et aboutissants", a glissé l'un d'entre eux.

 

Inutile de dire que tous ces gens sont obligés de se taire. Se plaindre dans les journaux n'apporte rien. Les décisons viennent "d'en haut". Les partis traditionnels se servent de leuirs régionalistes, rattachistes ou autres nationalistes pour se dédouaner, berner les Wallons. Qui pourra encore les croire ?

 

Il est temps qu'un parti vraiment wallon se lève ! Il est temps que le parlement joue son rôle. L'avenir est là, il est Wallon !

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 12:00

Voici le texte d’un courrier que j’ai envoyé au « Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Nivelles » constatant que le drapeau wallon n’est plus arboré sur l’Hôtel de Ville.

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

M.à.J. :  Voici la réponse du bourgmestre de Nivelles reçue ce 29 mars au matin...

 

 

 

Pierre HUART

Bourgmestre

Président du Conseil provincial

 

Je le remercie et le félicite pour son sens civique.

 

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Monsieur le Bourgmestre,

Mesdames et Messieurs les Echevins,

 

Si les travaux d’aménagement de la Grand’Place vont contribuer d’une manière importante à mettre en valeur notre ville, et je ne peux que m’en réjouir, j’ai été choqué en ma qualité de citoyen de l’absence (depuis le 23 mars 2011) du drapeau officiel de la Wallonie aux côté de ceux d’autres entités politiques sur les mâts récemment installés sur le parking de l’Hôtel de Ville.

D’autant plus que la Constitution belge consacre en son Titre 1, Article 1er le fait que la Belgique est un Etat fédéral qui se compose des communautés et des régions, que l’article 3 précise que la Belgique comprend trois régions : la Région wallonne, la Région flamande et la Région bruxelloise. Et qu’enfin, l’article 5 ajoute que la Région wallonne comprend le Brabant wallon dont Nivelles est le Chef-lieu.

 

En dehors de tout contexte identitaire, mais dans le contexte de réforme institutionnelle actuelle (et future !), Nivelles doit-elle négliger d’afficher son appartenance à un des plus importants niveaux de l’Etat ?

 

Il m’est revenu que d’aucuns parmi-vous estiment (sans jugement de valeur de ma part sur d’éventuelles raisons politiques de cette attitude) qu’il n’y aurait pas obligation en la matière.

 

Voici ci-dessous le décret du Parlement wallon, sanctionné par le Gouvernement wallon, qui règle le pavoisement du drapeau régional wallon sur les bâtiments publics aux mêmes conditions que le drapeau national.

 

 

23 juillet 1998. –

Décret déterminant le jour de fête et les emblèmes propres à la Région wallonne

(M.B. du 08/08/1998, p. 25551)

Session 1997-1998.
Documents du Conseil 384 (1997-1998). - N° 1.
Compte rendu intégral. - Séance publique du 15 juillet 1998.
Discussion. - Vote.

Le Conseil régional wallon a adopté et Nous, Gouvernement, sanctionnons ce qui suit:

 Article 1er

La fête de la Région wallonne est célébrée chaque année le troisième dimanche du mois de septembre.

 Art. 2. 

Les armoiries de la Région wallonne sont d’or au coq hardi de gueules; elles sont représentées conformément au modèle figurant en annexe 1 du présent décret. Le coq hardi de ces armoiries peut être utilisé isolément comme symbole de la Région.

 Art. 3. 

Le sceau de la Région wallonne porte le coq hardi de ses armoiries avec la légende « Région wallonne ».

Cette légende est inscrite entre deux filets conformément au modèle figurant en annexe 2 du présent décret.

 Art. 4. 

Le drapeau de la Région wallonne est jaune au coq hardi rouge.

Conformément au modèle figurant en annexe 3 du présent décret, ce drapeau a les proportions deux: trois; le coq hardi est inscrit dans un cercle non apparent dont le centre coïncide avec celui du tablier, dont le diamètre est égal au guindant et dont la circonférence passe par les extrémités des pennes supérieures et inférieures de la queue et par l’extrémité de la patte levée.

L’horizontalité du coq est déterminée par une droite non apparente joignant le sommet de sa crête à l’extrémité de la penne supérieure de la queue.

Le drapeau de la Région est arboré le troisième dimanche de septembre aux édifices publics situés sur le territoire de la Région wallonne.

Dans la même Région, il est également arboré sur les bâtiments officiels dans les mêmes conditions et aux mêmes dates que le drapeau national.

Le Gouvernement wallon peut ordonner le pavoisement, à d’autres dates, des édifices visés aux alinéas précédents.

 Art. 5. 

Les hautes autorités et les représentants officiels de la Région wallonne peuvent faire usage, dans l’exercice de leurs fonctions, d’une marque honorifique distinctive. Cette marque, conforme au modèle figurant en annexe 4 du présent décret, consiste en un fanion aux proportions vingt-six: trente, construit comme le drapeau décrit à l’article 4 et garni d’une frange jaune et rouge.

Promulguons le présent décret, ordonnons qu’il soit publié au Moniteur belge.

Namur, le 23 juillet 1998.

Le Ministre-Président du Gouvernement wallon, chargé de l’Economie,
du Commerce extérieur, des P.M.E, du Tourisme et du Patrimoine,

R. COLLIGNON

Le Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Equipement et des Transports,

M. LEBRUN

Le Ministre des Affaires intérieures et de la Fonction publique,

B. ANSELME

Le Ministre du Budget et des Finances, de l’Emploi et de la Formation,

J.-Cl. VAN CAUWENBERGHE

Le Ministre de l’Environnement, des Ressources naturelles et de l’Agriculture,

G. LUTGEN

Le Ministre de l’Action sociale, du Logement et de la Santé,

W. TAMINIAUX

Le Ministre de la Recherche, du Développement technologique,
du Sport et des Relations internationales,

W. ANCION

 

Pour mémoire, dans l’Arrêté royal du 5 juillet 1974 - antérieur au décret wallon - et concernant le pavoisement des édifices publics (modifié par arrêté royal du 02 avril 1998 concernant le drapeau européen), le drapeau belge (appelé ci-dessus dans le décret du GW : « drapeau national ») doit être arboré aux édifices publics aux dates officielles, et peut l'être lors d'importantes cérémonies, lorsque les usages locaux le demandent, ou encore lors de la visite officielle d'un chef d'Etat étranger. Les Régions et les Communautés, en plus du drapeau tricolore, hissent leur propre drapeau le jour de leur fête. (Dans le contexte de l’époque)

Dates officielles (Arrêté royal du 5 juillet 1974 concernant le pavoisement des édifices publics) :

  • 17 février : Commémoration de tous les membres défunts de la famille royale
  • 7 avril : Hommage aux militaires belges décédés lors de missions de paix
  • 1er mai : Fête du Travail
  • 5 mai : Journée du Conseil de l'Europe (crée en 1949)
  • 8 mai : Victoire des Alliés en 1945 et fin du génocide
  • 9 mai : Journée de l'Europe (anniversaire du discours fondateur de l'Union européenne, prononcé par Robert Schuman en 1950)
  • 6 juin : Anniversaire du Roi Albert II (né en 1934)
  • 11 juin : Anniversaire de la Reine Fabiola (née en 1928)
  • 2 juillet : Anniversaire de mariage du Roi Albert II et de la Reine Paola (en 1959)
  • 21, 22 et 23 juillet : Fête nationale (prestation de serment du Roi Léopold Ier, le 21 juillet 1831)
  • 11 septembre : Anniversaire de la Reine Paola (née en 1937)
  • 24 octobre : Journée des Nations Unies (créées en 1945)
  • 11 novembre : Armistice de 1918
  • 15 novembre : Fête du Roi
  • Date mobile : Election du Parlement européen (élu au suffrage universel depuis 1979)

Même si le Droit est malheureusement par essence une matière à interprétations, en conclusions, je lis bien : « aux dates officielles, et lorsque les usages locaux le demandent », ce qui sugnifie qu’à partir du moment où on arbore le drapeau belge, le drapeau wallon doit être arboré aux mêmes conditions. Même en dehors de fêtes officielles. On peut effectivement estimer qu’il y a concrétisation, en usage local, du pavoisement du drapeau tricolore belge puisque ce dernier se trouvait jusqu’ici régulièrement arboré – au côté du drapeau wallon - au balcon de l’hôtel de Ville… à moins de considérer que, depuis le 23 mars 2011, l’hôtel de ville n’est pas (ou n’est plus) un édifice public…

 

Puis-je espérer que la Ville de Nivelles réagira rapidement pour reconnaître – l’importance d’une Institution - la Région wallonne - dont elle dépend, mais surtout son appartenance à une entité politique reconnue par la Constitution : la Wallonie ? Appartenance dont nous pouvons être fiers et pour la reconnaissance de laquelle de nombreuse génération de citoyens se sont engagés en politique.
Nous avons même eu l’honneur de connaître comme « Nivellois d'adoption » un militant wallon (parmi tant d’autres), hélas bien oublié aujourd’hui, le Comte Albert du Bois d'Enghien, qualifié sur une stèle du parc de la Dodaine de « précurseur du mouvement wallon ».

 

Un geste fort en ce sens par la Ville de Nivelles, Chef-lieu d’arrondissement, ma paraît d’autant plus important que dans le cadre des tractations et marchandages en cours depuis les dernières élections fédérales, il est plus que patent que certains n’hésitent pas, et n’hésiteront pas, à remettre en question l’existence même de la province du Brabant wallon et surtout son ancrage et caractère wallon. Oublieux de l’appellation  « wallon païs » ou « roman païs de Brabant », termes qualifiant, de langue française et de dialectes wallons depuis le VIIème siècle, le territoire roman qui est devenu « Province du Brabant wallon » début 1995.

 

 

Bonjour,

 

Le drapeau wallon flotte sur la Grand-place 

 

Bonne journée,

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 12:15

Dans certains milieux né-unitaristes (ou néo-rattachistes, ce qui revient curieusement parfois au même), mes écrits sur ce blog sentent le souffre. Le fait que je me positionne en Wallon – ce qui est quand même mon droit – et me refuse de prendre position sur la stratégie que devrait développer l’une ou l’autre région ou pays en matière de « gouvernance interne » ou de choix institutionnel m’est régulièrement reproché.

 

Et, c’’est vrai, je n’ai pas et n’aurai pas l’impudeur de dire – et de quel droit ? – aux Bruxellois ou aux Flamands ce qu’ils doivent décider eux-mêmes et surtout pour eux-mêmes.  J’insiste sur ce « pour eux-mêmes ». J’aimerais beaucoup qu’il en soit de même de leur part en ce qui concerne la Wallonie et les Wallons.

 

La Constitution a consacré le principe de trois régions, tout en gardant le principe contestable de communautés linguistiques basé à l’origine sur des arrière-pensées flamandes, mais récupérées stratégiquement par d’autres pour en revenir à un semblant de Belgique avec comme dernière évolution un dernier avatar : la « Fédération Wallonie-bruxelles ». Changement d’emballage, mais même produit.

Amusant de constater qu’en agissant de la sorte, il y a une négation de l’existence d’une population flamande à Bruxelles et d’une population de langue allemande en Wallonie dont les spécificités culturelles (personnalisables en jargon belge) sont pourtant reconnues et protégées dans la Constitution.

 

Pour ne tenir compte que du contexte récent, l’origine des trois régions linguistiques remonte à très loin  et a été concrétisée au cours des temps (1878-1921-1932-1954) et surtout par le « compromis des belges » coulé dans les lois de 1962-63 (dites de pacification !) fixant la frontière linguistique entre les régions de langue française, néerlandaise et bilingue.

Certes, on peut regretter a posteriori que le législateur de l’époque ait agi sans véritable fil conducteur, avec une certaine méconnaissance des situations locales, tant présentes (à l’époque, je parle de 63) qu’historique (surtout dans les Fourons), mais c’est une réalité. Réalité qui a été confirmée (et somme toute peu remise en question) par la suite (1977-1988).

 

Il est intéressant de constater que depuis à l’appui, par exemple, de la revendication de l’extension de la Région de Bruxelles, il ne s’agit que très peu, ou en tout cas très récemment, de remettre en cause le principe de territorialité, mais bien de contester la façon dont certains territoires ont été fixés. Même dans la formation politique bruxelloise la plus radicale, je n’ai lu, jusqu’il y a peu, aucune revendication d’extension des droits des francophones au delà des zones litigieuses, dans les communes de la périphérie bruxelloise où une certaine francisation s’est produite après 63. Il y aurait donc les bons francophones pour qui ça vaudrait la peine de se battre et… les autres ?

Je constate que dans un cadre où les régions linguistiques (à l’exception de la région de langue allemande) avec les Régions au sens d’entités fédérées, aucune force politique francophone ne réclame de modification des frontières régionales. Il en va de même dans « l’autre camp » où aucune force politique flamande représentative (donc, hors associations romantiques ou encore en voie d’évaporation telles que Voorpost, TAK ou encore Vlaams Belang - et merci pour ça à Marie-Rose Morel (*) quand même !).

 

Le retour à un principe évolutif des frontières régionales me paraît difficilement envisageable tant cette question est devenue émotionnelle à un point tel qu’il est quasiment impossible d’en débattre sereinement. Non pas en principe de « conquête de territoires » ou de « privilèges linguistiques » à moins d’un compromis qui ne  pourrait être passé qu’entre trois forces politiques dominantes (majoritaires) dans chaque région qui pourrait corriger les régimes linguistiques et l’appartenance régionale des communes (ou parties de communes) litigieuses qui ont contesté le traitement qui leur a été réservé en (depuis ?) 1963. Renforçant ainsi le principe de territorialité, ce qui impliquerait forcément la fin définitive (ou à la rigueur extinctive) des facilités, la scission de l’arrondissement de BHV et le renforcement du principe de territorialité dans l’enseignement, la culture et les « matières personnalisable », autant dire une négociation de séparation entre Etats.  On peut toujours rêver. Si du côté flamand, l’idée progresse, ailleurs…

 

J’en reviens aux reproches « d’anti-bruxellois » qui me sont faits. Evidemment, chacun lit mes propos avec les filtres qui lui sont propres. Chacun est libre d’interpréter les choses à sa manière en fonction de son histoire personnelle, de son éducation, de sa culture pour rester dans le concret, ou de ses croyances acquises avec - forcément - la part d’irrationalité que ça comporte. Ce qui explique que si je m’inquiète évidemment des droits des habitants francophones de la périphérie bruxelloise (on ne me reproche jamais de m’inquiéter de ceux des Fourons) au même titre de ceux d’autres habitants d’autres régions – proches ou non - du monde, je réagis et je continuerai à exprimer ma plus vive méfiance à l'égard de tout projet qui impliquerait selon certains, comme Pierre-Yves Monette récemment, un élargissement de Bruxelles parfois considérable au Brabant wallon ainsi que dans d'autres communes de Wallonie. J’estime avoir le droit légitime de défendre ce territoire wallon qui fait partie de l’aire latine et française (où je suis né et où je vis) tel qu'il est fixé depuis presque un siècle.

 

Pour le reste, je soutiens les Bruxellois, comme les Flamands, dans leur droit de décider pour eux-mêmes et s’ils le souhaitent vraiment, j’aspire à ce qu'ils s'émancipent. Mais leur avenir ne regarde qu’eux-mêmes. Tout comme celui des Wallons.

 

 

(*) Lire à ce propos l’excellente analyse de Michel Henrion qui remet bien les choses en perspective : http://blogs.rtlinfo.be/sanslanguedebois/?p=877&preview=true

 

--------------

 

Des chiffres peu connus et encore plus rarement diffusés…

 

 

 

Recensement linguistique en pourcentage

1846

1954

 

Néerlandais

Français

 

 

Anderlecht

90

10

 

 

O(a)uderghem (Watermael à l’époque)

98

2

 

 

Bruxelles-Brussel

60

39

 

 

Haren

100

0

 

 

La(a)eken

79

21

 

 

Neder-Over-Hembeek

99

1

 

 

Etterbeek

97

3

 

 

Forest-Vorst

93

7

 

 

Ixelles-Elsene

54

46

 

 

Jette

87

13

 

 

Koekelberg

98

2

 

 

Molenbeek

85

15

 

 

Schaerbeek

72

28

 

 

Saint-Gilles-Sint-Gillis

83

17

 

 

Saint-Josse-Ten-Node - Sint-Josse-ten-Noode

49

51

 

 

Uccle-Ukkel

95

5

 

 

Watermael

98

2

 

 

Woluwe-Saint-Lambert-Sint-Lambrecht-W.

100

0

 

 

Woluwe--Saint-Pierre-Sint-Pieter-W.

99

1

 

 

 

Néerlandais

Français

Néerlandais

Français

Berchem-Sainte Agathe

 

 

100

0

Evere

 

 

100

0

Ganshoren

 

 

100

0

 

Néerlandais

Français

 

 

Krainem

100

0

 

 

Drogenbos

89

11

 

 

Linkebeek

100

0

 

 

Rhode-Sainte-Genèse- Sint-Genesius- R.

94

6

 

 

Wemmel

99

1

 

 

Wezembeek-Oppem

99

1

 

 

 

Mise à jour d'après : http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20110217_088

 

Johan Vande Lanotte – qui en principe sait de quoi - il parle a donné, ce matin devant un collège d'invités de l'Université de Gent, sa vision de ce que le futur local pourrait être :

« Les négociations peuvent progresser si un point final stable en ressort. »

Il imagine une « Union Belge » qui existe par 4 états fédérés: Flandre, Wallonie, Bruxelles et la communauté germanophone. Cette union respecterait aussi bien la territorialité au niveau des états fédérés que la solidarité au niveau confédéral.

Dans une telle Union, il y aurait une répartition claire des tâches aux différents niveaux, des responsabilités financières particulières et des règles claires sur la teneur des rapports entre l'Union et les états confédérés.

Les compétences régaliennes de l'Union Belge resteraient donc entre autres la défense, les affaires étrangères, la coopération au développement, l'immigration, l'asile et le financement de la sécurité sociale.

Ce qui implique un transfert et une réorganisation des compétences actuelles à rendre homogènes comme l'enseignement, le bien-être, l'environnement et la culture. Ensuite s'y ajoutent de nouvelles compétences comme la politique de l'économie et de l'emploi, la justice et les dépenses de la sécurité sociale.

 

Un beau progrès en attendant mieux, non ?

 

 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 19:27

Vous le savez, j’ai fréquemment plaidé ici pour une évolution des mentalités dans le camp dit « francophone ». Privilégier le « penser régional » plutôt « qu'agir communautaire ». La Wallonie (et d’autres sans aucun doute) à tout à y gagner. Et c’est symptomatique, de plus en plus de citoyens s’expriment spontanément en faveur du principe de régionalisation sur base de quatre entités. C’est une bonne chose.

 

C’est une bonne chose car quand les politiciens des partis traditionnels parlent du fédéralisme à la belge, ils confondent allègrement (et surtout volontairement) régionalisation et communautarisation. Il y a là derrière une question de jeux de pouvoir. Dans le principe d’une régionalisation, ils sont élus dans leur région et les majorités sont claires localement. Si on se place sur le plan communautaire, l’élection englobe les régions de Bruxelles, la Wallonie, mais aussi les habitants des communes à facilité de la périphérie de Bruxelles où lors du dernier « recensement électoral » lisible, la liste francophone avait récolté 47.319 voix aux élections de 2009, en très grosse majorité dans le canton de Hal.  Du rab  en quelque sorte puisque bien que votant pour des listes francophones, ces électeurs sont de facto situé en territoire  flamand.  Les élus que leur vote génère n’ont de fait aucun compte à leur rendre… Il s’agit là d’une particularité assez curieuse du système électoral représentatif où des élus ne représentent personne.
Mais bon, que ne ferait-on pas pour avoir une majorité… communautaire.

 

Ce matin, sur « TWIZZ (http://www.twizzradio.info/podcast/podcast.xml) , l Sénateur CdH Francis Delpérée a, pour la première fois à ma connaissance reconnu clairement que c’est la position flamande qui l’a empoprté en matière institutionnelle dans les esprits de nos élus :  « Nous vivons dans un fédéralisme à 2 ! ». Ajoutant : « …nous sommes dans un fédéralisme bi-communautaire où il y a... deux grandes communautés, je n'oublie pas la communauté germanophone », qui doivent travailler ensemble.. ». « Ensemble »… on le reconnaît bien là.

 

Ce message - enfin clair - de celui qui fut « le constitutionnaliste que le monde nous envie » explique l’obstination de nos élus des quatre partis à vouloir une « Belgique continuée » sous forme d’une « fédération Wallonie-Bruxelles » ou autre « Wallo-Brux », dans leur esprit sous forme d’une « communauté francophone ». Heureusement, bien improbable et de toute façon peu viable à cause de l’absence totale de sentiment national qu’aurait ce machin.

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 05:21

Et voilà ! Le conciliateur royal est donc retourné à ses occupations. Sur un nouveau constat d’échec.

Ce matin, les responsables de partis (remplaçant leurs présidents… fatigués ou prudents ?) en appelaient aux « décisions du Souverain » dont ils attendaient qu’il prenne des initiatives. Curieux signe d’immaturité de ceux que nous (enfin, pas moi !) avons désignés pour nous représenter. Quel « souverain » d’ailleurs ? Quand on sait « qu’il règne, mais ne gouverne pas » tout en ayant une influence énorme qui lui est donnée par ses conseillers… (Vous me suivez ?)
Une marionnette qui aurait échappé à ses montreurs.

En démocratie, c’est le Peuple qui est Souverain. Il semble bien facile de l’oublier dans ce pays…

 

Il en va de même, au nom de la modernité du pouvoir exorbitant du quarteron (pour rester sur le territoire (fictif en plus !) de la Communauté française de Belgique) de présidents de partis qui décident de tout ou pour tout, tout le temps.

 

Qu’on ne se méprenne pas, dans un pays où on a cultivé l’analphabétisme démocratique, comme je l’écrivais dans un billet précédent, je ne pense pas que le referendum baptisé pour l’occasion « démocratie directe » soit une bonne chose. Connaissant les intentions de ceux qui nous gouvernent, leurs obsessions, cet outil, serait utilisé pour imposer le faux changement par excellence, celui qui veut adapter les êtres humains aux structures existantes mais inopérantes de préférence (ou encore rêvées comme cette « Région de Bruxelles incluant son « aire dite socio-économique » ou encore cette fédération hybride Bruxelles-Wallonie, construction fausse comme une pimbêche anorexique et botoxée) alors que le vrai changement serait de mettre les structures au service de l’être humain. Au service du citoyen.

 

Se substituer ainsi au Peuple de Wallonie pour lui indiquer ce qui doit être, c’est faire bon marché de son libre arbitre, en un mot, pratiquer le despotisme. Même si les despotes sont bien intentionnés, le despotisme éclairé sera toujours du despotisme disait déjà Diderot à Voltaire. Il savait de quoi il parlait, ayant vu Catherine II à l’œuvre…

 

Le blocage est total ? Et bien, allons-y, scindons !

 

Il y a des structures qui fonctionnent, la Région par exemple, (re)partons de là. Certes, ça demandera le courage, et pas seulement politique, d’accepter l’impopularité en allant à contre courant de la pensée dominante (et imposée) comme a su le faire en son temps un Charles de Gaulle face au pourrissement de la question algérienne. Malgré les inévitables dégâts collatéraux.

 

Il n’est pas possible de faire cohabiter deux nations antagonistes sur un même territoire. C’est pourtant ce qu’on essaye de faire officiellement depuis 1963. Près de 50 ans après le « compromis des belges », assez de mensonges et de faux semblants !

 

Pour les responsables politiques wallons, c’est se mettre dans les pas des héritiers des manants des rois mérovingiens et carolingiens, des citoyens-soldats de la première république, sachant d’instinct l’intérêt du Peuple, le comment vivre ensemble dans une nation en perpétuel devenir.

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 19:09

En informatique, le formatage a plusieurs acceptions. Il est dit rapide quand on se contente d'effacer la structure des données d’un disque, mais c’est aussi l’action de mettre en forme des données.

Le formatage fait appel à deux processus différents connus sous les noms de formatage de bas niveau et formatage de haut niveau. Le formatage de bas niveau s'occupe de rendre la surface du disque conforme à ce qu'attend le contrôleur tandis que le formatage de haut niveau concerne les informations logicielles propres au système d'exploitation.

 

Pour faire simple, et par analogie, en Belgique, l’enseignement s’apparente au formatage de bas niveau et les messges des partis politiques (ou plutôt le parti unique) et de la presse (subsidiée et aux ordres) au formatage de haut niveau.

 

Il ne faut donc pas s’étonner de l’organisation de la «  manifestation citoyenne » annoncée pour dimanche  et surtout des conditions de celle-ci...

Si on peut déjà être certain que cette manifestation ne mobilisera essentiellement qu'une majorité de ... bruxellois francophones, la rumeur (à vérifier) fait état qu’un des organisateurs ne serait que le fils du ministre(CD&V) de la justice : Stéphan Declerck… Tiens donc !

Faut-il en conclure que les naïfs qui se rendront à cette manifestation et ceux qui appellent à y aller pour « avoir un gouvernement à tout prix » sont quelque peu... instrumentalisés, il n’y a qu’un pas. Que je ne franchirai pas ici. Je constate quand même que les négociateurs francophones semblent se faire piéger avec enthousiasme en appelant les naïfs à faire de cette manifestation un succès.

 

Jean Quatremer ne se trompe pas en intitulant son billet du jour : « Belgique : le degré zéro de la politique »

 

Comment en est-on arrivés là ? En Wallonie et d’une manière plus intense encore à Bruxelles dans les rangs des « francophones » ? La Flandre ayant, elle, une conscience politique vivante et à la hauteur des enjeux actuels.  

 

Tout s’explique pourtant simplement.

Citons, à cet effet, ce rappel d'Hervé Hasquin qui a été excellent dans ses analyses historiques avant d’utiliser ses talents à des fins plus polémiques et malheureusement politiciennes, si ce n'est pas intéressées :

 

« En Belgique, comme dans beaucoup de pays, la conception et l'enseignement de l'histoire ont été intimement liés à une certaine idée du patriotisme : on voulait montrer que la Belgique présentait un caractère d'unité foncière; la Belgique était une nécessité de l'histoire et il fallait bannir tout ce qui mettait l'accent sur les différences. Cette tendance se précisa surtout à l'extrême fin du XIXe siècle. Edmond Picard, en 1897, croit découvrir « l'âme belge » - « l'âme belge existe puisque je la sens »; selon l’avocat, une évidence historique s'impose, « le caractère indestructible de la Belgique, cette nécessité mystérieuse que rien n'a pu détruire ». Publiée à partir de 1899, l'Histoire de Belgique d'Henri Pirenne donne un contenu (qui se prétendait - ndlr) scientifique, ou du moins considéré comme tel, à l'affirmation péremptoire de Picard; l'historien verviétois, professeur à l'Université de Gand, croit pouvoir démontrer qu'il existe un « peuple belge » depuis le Moyen Age, bien avant les ducs de Bourgogne par ailleurs glorifiés pour leur action centralisatrice; l'unité nationale, et c'est un cas exceptionnel clame Pirenne, a donc précédé chez nous l'unité de gouvernement. Le « phénomène belge » si l'on en croit l'illustre historien est un savant mélange d'influence romane et d'influence germanique; la Flandre, province bilingue dès le Moyen Age, en est le meilleur exemple et c'est ce qui explique que l'Histoire de Belgique de Pirenne soit construite autour de la Flandre qui a vu se former une « civilisation originale ».

 

Histoire et patriotisme

Cette vision unitariste de l'histoire fut bientôt confondue avec le patriotisme car elle rencontrait un besoin. Diverses raisons expliquent, en effet, la consolidation de l'amalgame au début du XXe siècle. Le mouvement flamand affermissait ses positions; les Wallons commençaient à réagir et il en résultait inévitablement une tension entre communautés. On voulut donc donner aux fêtes qui marquèrent les septante-cinq ans de l'indépendance en 1905 un caractère particulièrement grandiose et l'on s'empressa d'utiliser à des fins politiques les thèses de Pirenne; il fallait raviser la flamme patriotique. N'oublions pas non plus que dans les années qui suivirent, la tempête souffla sur la scène internationale; la défense du sol natal figura au premier chef des préoccupations à la veille de la guerre 1914-18; on craignait pour la Belgique les conséquences d'un affrontement entre le coq gaulois et l'aigle flamand. La peur des mouvements centrifuges, les menaces qui planaient sur l'intégrité du sol, mais aussi les appréhensions de cléricalisme qui redoutait que la partie sud du pays n'échappât à son emprise, amenèrent l'élite politique et francophone du pays à confondre patriotisme et unitarisme et à jeter le discrédit sur tout ce qui pourrait diviser les Belges. L'enseignement de l'histoire en restera profondément marqué car la conception finaliste allait y prévaloir pendant près de septante ans. (Là, Hasquin faisait preuve d’optimisme…- ndlr)

 

La littérature nationaliste foisonna surtout aux environs de 1930. Le centenaire se révéla propice aux déclarations enflammées dont certaines ne laissaient d'ailleurs pas d'être inquiétantes tant elles témoignaient d'une volonté de direction des esprits. Qu'écrivait notamment le Comte Louis de Lichtervelde dans un article intitulé Méditation pour le Centenaire. Le particularisme belge publié dans La revue catholique des idées et des faits du 13 septembre 1929 ? En fait, de Lichtervelde était conscient que « chez nous le régionalisme est, en vertu de la tradition, la seule base solide de l'attachement à la  « généralité » et qu'il faut tout faire pour conjuguer ces deux forces » mais il craignait par dessus tout l'exaltation ou tout simplement une trop grande mise en valeur de particularismes qui tôt ou tard se révéleraient incompatibles avec la Belgique, telle qu'elle s'était forgée depuis le Moyen Age. Ces considérations l'amenaient à tenir des propos extrêmement fermes:

 

« La liberté de l'Enseignement nous a trop fait croire que l'Etat n'avait aucun rôle dans la direction spirituelle de la Nation. Il doit cependant défendre les bases sur lesquelles il repose; quand on l'attaque jusque dans l'esprit des petits enfants, peut-il demeurer indifférent ? L'enseignement du patriotisme est à juste titre inscrit dans la loi, mais il y a, hélas, les maîtres qui repoussent ouvertement ce devoir. Pourquoi ne pas sévir ? On punit un ivrogne, un falsificateur de lait, on laisse faire un empoisonneur public ! »[...]

 

« Le Centenaire devrait marquer l'ouverture d'un croisade où toutes les leçons du passé viendraient prémunir l'esprit public contre les tentations fatales qui l'assaillent sans merci. »

 

L'ire de de Lichtervelde était essentiellement tournée contre le nationalisme flamand. Mais le nationalisme wallon, en pleine somnolence à l'époque et sa francophilie n'auraient pas davantage échappé aux foudres de l'auteur d'autant qu'entre 1830 et 1914, la France était toujours apparue comme la menace la plus grave pour l'existence de la Belgique et l'influence de la culture française comme un élément potentiellement dissolvant de la nationalité belge. C'est cet esprit qui anime un H. Carton de Wiart lorsqu'un peu avant la Première Guerre mondiale, il rendait hommage à E. Picard parce qu'il « a délivré notre nationalité en plein croissance d'un servitude humiliante pour elle, qu'il a défendu contre l'investissement des influences étrangères nos façons personnelles de penser et de sentir... »

 

L'histoire unitariste en Belgique a donc été très longtemps fondamentalement anti- française. Aussi fut-il de bon ton de mettre l'accent sur la spécificité du pays qui le rendait particulièrement inassimilable par la France : son élément flamand. D'où l'amalgame entre « belge » et « flamand » ! Il survécut au premier conflit mondial qui avait anéanti chez nombre d'intellectuels belges des deux régimes linguistiques l'admiration qu'ils avaient vouée à l'Allemagne, sans pour autant dissiper totalement, surtout en Flandre, la méfiance à l'égard de la France : le débat sur la politique de la neutralité en sera un parfait révélateur à la fin des années trente.

 

A l'époque, le chanoine Prims, archiviste de la ville d'Anvers publia « De wording van het nationaal bewustzijn in onze gewesten » (Anvers, 1938 – « La genèse de la conscience nationale dans nos contrées »), un ouvrage surtout centré sur le Brabant; l'auteur consacrait une attention toute particulière aux premières décennies du XIXe siècle et concluait : « la révolution de 1830 fut, en pays flamand, belge et nationale tout comme la révolution brabançonne et le Boerenkrijg. Seuls les éléments devenus étrangers au peuple ou importés d'ailleurs sont aux côtés du Hollandais » (p. 179). Or, cette phrase prend tout son sel si on l'éclaire par le contexte : d'après Prims, tant à Anvers qu'en Campine avaient été pro- belges les éléments flamands de la population; en revanche, les tracts de propagande favorables à l'orangisme étaient rédigés en français et les partisans de la Hollande se recrutaient dans la bourgeoisie francisée ainsi que « parmi les membres de la vieille noblesse séduite par le militarisme de Napoléon et francisée ». Ces considérations n'étaient pas pour déplaire bien au- delà de la Flandre comme en témoigne le compte rendu élogieux publié par le professeur de philosophie, Léon Suenens, le futur cardinal, dans » La Revue catholique des idées et des faits » (20 janvier 1939). Par ailleurs, à l'exception des milieux proches du Mouvement wallon, L'équation Flamand = Belge, dénoncée par M. Wilmotte dès 1911 - c'était le titre d'un opuscule - continuait à avoir cours dans tous les secteurs qui touchaient au domaine artistique : cette assimilation du « génie belge » au « génie flamand » tendait évidemment à éradiquer toute référence à la tradition française.

 

Le Mouvement wallon conteste

Les conceptions en honneur ne permettaient donc pas de réserver aux régions wallonnes la place qu'elles étaient en droit de revendiquer dans les synthèses consacrées aux territoires constitutifs de la Belgique : c'était particulièrement vrai pour ceux qui, sous l'ancien régime, relevaient de la principauté de Liège. L'histoire de la Wallonie, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, n'appartint donc pas au champ d'investigation des milieux scientifiques, d'autant que la pensée historique francophone resta totalement dominée par celle qu'avait imposée Pirenne, à l'inverse de ce qui s'était dessiné en Flandre au tournant des années trente.

 

L'historiographie « wallonne », qui prit naissance au début du siècle en réaction aux écrits de Pirenne et de Picard, fut donc affaire d'amateurs, de non spécialistes proches du Mouvement wallon. Sa qualité s'en ressentit. Au manque d'esprit critique, aux lacunes de l'information s'ajoutèrent des vices de conception qui lui conférèrent les mêmes défauts, mais inversés, de l'historiographie « belgiciste » : la substitution au finalisme belge d'un finalisme « wallon »; un « principocentrisme » étonnant qui aboutissait à confondre abusivement l'histoire de la principauté de Liège avec celle de la Wallonie …).  Dans le genre, le livre de P. Recht relatif à 1789 en Wallonie (1933) sortait néanmoins de l'ordinaire. Il faut encore réserver une mention particulière à la fondation de la « Société d'histoire pour la Défense et l'Illustration de la Wallonie » (1938, futur Institut Jules Destrée, dont les Cahiers d'histoire commencèrent à retenir l'attention. Les réactions étaient surtout vives en région liégeoise où l'on n'appréciait guère l'hommage appuyé rendu par « l'histoire officielle » à des ducs de Bourgogne qui n'avaient laissé à la principauté épiscopale que de cuisants souvenirs : elles explosèrent notamment à l'occasion du « Congrès Wallon » qui se tint à Liège en 1905.

 

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la recherche universitaire bouda également l'histoire du Mouvement wallon. Celle-ci fit l'objet de deux études, qui tenaient la fois de l'histoire, du témoignage et du manifeste : elles avaient pour auteurs des acteurs des événements, E. Jennissen (1913) et J. Destrée (1923). Il en serait ainsi encore longtemps.

 

Une nouvelle génération d'historiens

Après 1945, « l'histoire wallonne » cessa d'être affaire de non-spécialistes, même si ces derniers, avec des fortunes diverses et sans guère renoncer aux vices qui avaient altéré la qualité des publications de leurs prédécesseurs, occupaient le devant de la scène. Une nouvelle génération de scientifiques allait progressivement investir un champ de recherche que les maîtres illustres avaient jusque là dédaigné, et que bon nombre d'historiens éminents continueraient d'ailleurs à ignorer jusque dans les années septante. (et continuent à ignorer. A part dans certaines parties de cours universitaires spécialisés, et encore ! – ndlr )

 

A toute règle, il y a cependant des exceptions et il convient de saluer le rôle de pionnier, dès avant-guerre, de L.E. Halkin, qui jeune professeur à l'Université de Liège, osa livrer au public dans un numéro spécial de » La Cité Chrétienne » (20 mai 1939) un article retentissant : « La Wallonie devant l'histoire » : sans ménagement, l'auteur taillait des croupières aux falsifications « belgicistes » (…).

 

Halkin, futur actif de la Commission d'histoire de l'A.P.I.A.W., avait en fait ouvert la voie. Au lendemain du second conflit mondial, l'enseignement et la recherche universitaires allaient compter dans leurs rangs des nouvelles recrues qui lui emboîteraient le pas; elles s'attacheraient à dégager sereinement les lignes de forces de l'histoire et de la culture des ensembles territoriaux qui, à partir de 1830, constituèrent l'espace wallon à l'intérieur de la Belgique indépendante; elles mettraient en exergue les convergences mais sans rien omettre des dissemblances, en se gardant aussi de tout péché d'anachronisme. Elles avaient pour nom : J. Lejeune et F. Rousseau (Université de Liège), L. Genicot (Université catholique de Louvain), M.A. Arnould (Université libre de Bruxelles).

 

Le réveil du monde scientifique belge, et en particulier francophone, fut un parcours de longue haleine marqué notamment par une participation décisive aux travaux de la section culturelle du « Centre de recherche pour la solution nationale des problèmes sociaux, politiques et juridiques en régions wallonnes et flamandes » (Centre Harmel), créé en 1948, et dont le rapport ne fut publié que dix ans plus tard, et le Congrès culturel wallon de Namur (1955) où F. Rousseau impressionna ses auditeurs.

 

Les affrontements linguistiques des années soixante et leur conséquence, la reconnaissance des Communautés et des Régions lors de la révision de la Constitution de 1970, contribuèrent à la mutation des esprits. Le monde académique dans sa grande majorité fut plus ouvert; publier des synthèses de caractère scientifique sur la Wallonie cessa d'être hérétique; voilà qui explique que deux ouvrages d'envergure purent être menés à bien sous la direction de L. Genicot en 1973, Histoire de la Wallonie, et celle de H. Hasquin 1975- 76, La Wallonie. Le Pays et les Hommes; ces travaux avaient rendu superflue la poursuite de l'expérience lancée par la Fondation Charles Plisnier : à l'instigation de sa Commission historique, elle publia à partir de 1965 des Etudes d'histoire wallonne dont au total six fascicules de qualité étaient sortis de presse en 1974.

 

Ces synthèses, surtout la seconde, avaient abordé pour la première fois dans une perspective scientifique, en restituant le phénomène dans son contexte général, l'histoire du Mouvement wallon; par ailleurs ses archives commençaient à être rassemblées systématiquement - création en 1952 du « Fonds d'histoire du Mouvement wallon » - et sa connaissance s'était enrichie notamment grâce aux opuscules d'un témoin de premier plan, F. Schreurs, Secrétaire général du Congrès national wallon.

 

Le tournant de 1980

L'année 1980 est doublement significative. Elle marquait le cent cinquantième anniversaire de l'Etat belge; elle connut aussi une matérialisation du fédéralisme qui le rendait irréversible par le biais d'une nouvelle révision de la Constitution. Ces deux faits influencèrent le cours des événements dans les années immédiatement antérieures et postérieures.

 

Qu'il y ait eu ambition d'anticiper par quelques actions d'éclat sur les flonflons nationalistes de 1980 est évident. Tel était bien le but de « Wallonie libre » en organisant le 6 octobre 1979 à Bruxelles un colloque La Wallonie au-delà de la régionalisation; les préoccupations culturelles y furent très présentes; j'y développai notamment un exposé Culture, Education et Autonomie dans lequel l'accent fut mis sur l'indispensable promotion de la langue maternelle et de l'histoire. Mais, après qu'eussent été démontés les mécanismes de l'historiographie « belgiciste », un cri d'alarme était jeté :

 

"[...] que constate-t-on aujourd'hui ? Tandis que la recherche et l'enseignement universitaires sont enfin débarrassés de ces oripeaux, dans l'enseignement secondaire, on réduit régulièrement depuis 1972 le rôle de l'histoire - ce qu'il en reste est d'ailleurs conçu en dépit du bon sens. Faire fi de l'histoire, c'est non seulement renoncer à une méthode critique de réflexion particulièrement enrichissante, mais c'est aussi freiner la prise de conscience de l'identité culturelle de nos régions".

 

Or, à l'époque, et par un heureux concours de circonstances, J. Hoyaux, Président d'un Institut Jules Destrée qu'il avait revitalisé, - il avait notamment organisé en février 1976 une journée d'étude sur le Mouvement wallon - était en même temps un Ministre de l'Education nationale (F) qui se révélait soucieux de rencontrer ces préoccupations et d'améliorer l'enseignement de l'histoire, en prenant davantage en compte les réalités régionales. C'est également à la suite de contacts qu'il noua dans les derniers mois de 1978 avec le signataire de ces lignes que le Conseil d'administration de l'ULB créa en faculté de philosophie et lettres en juin 1979 un cours d'histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon - le premier en Communauté française - dont la leçon inaugurale fut donnée le 6 février 1980 en présence du ministre.

 

La réforme de l'Etat atténua encore un peu les réticences qui pouvaient subsister dans les milieux universitaires à l'égard de la nouvelle approche de « l'histoire nationale ». Les mémoires de licence, thèse de doctorats, article et livres scientifiques consacrés à des personnalités du Mouvement wallon et à l'histoire de celui-ci se multiplièrent. Dans les années quatre-vingts, les publications de l'Institut Jules Destrée gagnèrent également en qualité et en quantité. Bref, le sujet de recherche était dédramatisé. S'il était encore de mise d'estimer vers 1980 que l'histoire du Mouvement wallon restait à écrire, il est évident que quinze ans plus tard, on doit constater pour s'en réjouir, que de nombreuses lacunes ont été comblées; la confection de l'Encyclopédie du Mouvement wallon n'en est pas la moindre preuve. Le tournant pris par la recherche historique francophone - il est postérieur de près de trente-cinq ans à celui de l'historiographie flamande - est irréversible. Il restera à le préserver en permanence contre les éternelles tentations de dérapages qui voudraient limiter la perspective historique des « nouveaux belges » (…) »

 

Si, dans quelques milieux universitaires - et encore, au tournant des années ’80 – quelques velléités de relecture de l’histoire officielle ont pu avoir lieu, depuis, on est retombé dans le conformisme. Si l’occasion vous en est donnée, interrogez les participants à la « manifestation citoyenne »  de dimanche. Interrogez vos représentants politiques. Interrogez les journalistes, tous, ils vous ânonneront du Pirenne, du Picard, du de Wiart...
Il s'agit bel et bien là de la dictature des idées reçue, d'un virus de pensée dont il semble bien être très difficile de se débarrasser. Hélas !

 

Je l’ai déjà écrit, le nationalisme belge (belgiciste !) ne survit que grâce à l’ignorance. Et en particulier à l’ignorance de l’Histoire ! C'est le royaume de l'analphabétisme démocratique !  ("L’oubli, et je dirai même l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la formation d’une nation et c’est ainsi  que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger" . Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation?)

 

Réagissez : http://lapetition.be/en-ligne/petition-9122.html

 

Quelques billets anciens sur l'antériorité du sujet par rapport à l'existence de la Belgique  :

http://www.claude-thayse.net/article-15575241.html : Les moments-clé de notre Histoire. Un regard…

http://www.claude-thayse.net/article-25105848.html : La Wallonie, une entité très ancienne !

http://www.claude-thayse.net/article-15596879.html : Les problèmes linguistiques, une invention récente ?

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 00:00

Nous ne sommes plus en 1745 à l’époque de la bataille de Fontenoy (*) quand la règle du combat d'infanterie interdisait à une troupe de tirer la première dans un combat rapproché, afin de ne pas être désarmé ensuite devant le feu de l'ennemi, le rechargement des armes s'avérant très long. Le principe moderne de stratégie ayant évolué avec le pouvoir destructeur des armes, il vaut mieux, aujourd’hui, tirer les premiers. Et parmi ces armes de destruction massives, il y a la communication.

La vague d’indignation (affectée) aux propos de Bart De Wever, le « flämischen Nationalistenführer » comme l’a qualifié fort joliment l’hebdo allemand « Der Spiegel », n’est pas encore retombée que d’aucuns sortent les chiffres pour le contrer. Des chiffres connus pourtant. Mais pas assez et surtout venant trop tard.

Bien sûr André Antoine, le ministre du Budget et des Finances wallon a raison d’évoquer le dernier rapport de la Cour des comptes sur le budget 2011, selon lequel l’intervention de solidarité nationale au profit de la Wallonie a diminué. Il a raison de souligner que l’écart par rapport à la moyenne nationale passerait de -14,92 % en 2007 à -12,28 % en 2010.

Il a raison de préciser que l’IPP est en progression de 8 % en Wallonie en 2011 par rapport à 2010, les impôts régionaux augmentant de 3,6 % sur la même période.

Il n’a pas tort de souligner également la bonne tenue de l’emploi en Wallonie, grâce probablement aux mesures anticrises mais aussi à des modifications structurelles qui ont mené à une baisse du chômage de 2,9 % en novembre 2010 par rapport à novembre 2009, et de 2,1 % par rapport à octobre 2010.

Il est judicieux de rappeler l’évolution favorable des investissements étrangers (Pensons à Google, Microsoft, H & M, Cooper Vision, pour ne citer que ceux-là, mais ils ne sont pas les seuls.)

On ne le sait pas assez, mais nous progressons. Ainsi dans certains secteurs pointus comme la recherche biomédicale par exemple, la Wallonie est aujourd’hui, au regard de sa taille, le premier acteur biomédical au monde avec des entreprises comme Baxter, GSK, UCB, Johnson & Johnson, pour prendre des poids lords mondiaux.

Mais c’est toujours tirer un coup trop tard. Le virus de pensée inoculé par la Flandre et ses alliés belgicains continue à faire des ravages. Pour tout le monde, des journalistes aux politiciens, des Français au reste du monde, aux yeux de nos voisins comme à ceux de nos propres citoyens, la Wallonie ne peut être qu’un boulet. Une région en dés-errance qui ne survivrait que grâce aux transferts financiers d’une Flandre travailleuse, riche et évidemment généreuse. C’est un postulat. Il est pourtant aussi faux qu’incontournable.. On nous a construit de toute pièce - et en toute mauvaise foi - une mauvaise réputation pour dissimuler le pillage dont nous avons fait les frais depuis presque deux siècles. C’est ça la réalité.

Et malgré ce passé, la Wallonie n’est pas dans les cinq Régions les plus pauvres d’Europe comme la Flandre n’est pas – et de loin – dans les cinq plus riches.

Il est temps d’apprendre à communiquer enfin positivement sur la Wallonie. Nous avons vraiment là quelques coups de retard.

Il est temps d’appeler les Wallons à avoir une légitime réaction d’orgueil, de fierté et de courage.

(*) Pour la petite histoire, il faut relever que si l'attaque des Anglais fit de gros dégâts au sein des troupes françaises, celles-ci finirent par reprendre le dessus sous les yeux de Louis XV, qui assistait à la bataille. Les Français perdirent 7000 hommes, les coalisés 15000. Et… la Flandre allait bientôt tomber toute entière aux mains des Français !

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 23:41

Aujourd’hui, le FMI, hier et demain (tout le temps !) la Commission européenne, la politique est de plus en plus souvent dictée par des organismes qui ne sont pas responsables devant les citoyens. Même les agences de notation privée s'en mèlent, quittant de leur terrain habituel qui n'est que financier, elles dont le rôle est extrèmement criticables parce qu'elles amplifient les mouvements de paniques boursières.
Tous ces gens qui s'auto-proclament experts... Et à qui on donne des pouvoirs de nuisance exhorbitants.

 

Souvenons-nous du discours prémonitoire de Pierre Mendès-France, le 18 janvier 1957, soit un peu plus de deux mois avant la signature des Traités de Rome : « Le projet du marché commun, tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes : soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme dit « providentiel », soit elle recourt à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

 

A quelques jours de la mise en concurrence d’un service public aussi essentiel que la poste (*) La directive 2006/123/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006, dite « directive services », héritière d’un projet de directive généralement mieux connue du nom de l’ancien commissaire européen qui en fut à l’origine, Fritz Bolkestein, vise à établir un véritable marché intérieur des services d’intérêt économique général, relevant exclusivement du droit de la concurrence. Les États membres disposaient de trois années à compter de la date de publication pour transposer la directive services dans leurs droits nationaux. Cette directive est clairement d’orientation libérale. Elle vise à supprimer toute entrave à la concurrence libre et non faussée, en particulier en ce qui concerne les subventions ayant pour but, directement ou indirectement, de soutenir des services « susceptibles d’être » considérés comme marchands.

 

Une dérogation aux règles de la concurrence est prévue par l’arsenal juridique du droit communautaire européen, on ne le sait pas assez.  : Il s’agit de la procédure dite de mandatement. Le mandatement est l’acte par lequel une collectivité publique charge un opérateur, en l’occurrence une association, d’un service d’intérêt général et lui impose les obligations de service public qui en découlent. Le mandatement est nécessaire à la reconnaissance d’un SIEG (services d’intérêt économique général). Ce mandatement entraîne ainsi une dérogation aux règles communautaires des aides d’État, y compris celles des collectivités locales (Régions, provinces, intercommunales et communes), et permet l’octroi de compensations financières. Reconnaissant (ou mieux, fondant) l’existence d’une mission d’intérêt général, il « suffit » de rédiger correctement et en ce sens les obligations de service public (accès universel, continuité, qualité, accessibilité tarifaire – gratuité – …) et évidemment les critères et forme de compensation de service public plutôt que de s’incliner devant les règles des Traités de Lisbonne, (Traité sur l’Union européenne et du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne entrés en vigueur le 1er décembre 2009).

 

Qui prendra l’initiative de la résistance ?

 

(*) A noter que la langue officielle internationale de la poste est le français. Pourquoi alors avoir accepté que notre poste devienne « Belgium post » ? Encore qu’elle ne soit déjà plus vraiment « belgioume » ou « belgianne » (?)… mais j’ai abordé ce problème dans le passé.

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 13:27

0n parle beaucoup du "plan B" avec "B" comme billevesée ou si vous préférez comme "Belgique continuée"...

 

Je ne vais pas revenir ici sur les arguments en faveur ou en défaveur de cette solution. Je n'y crois pas.

D'abord pour des raisons sociologiques. Ensuite, pour y travailler régulièrement, je constate que les Bruxellois n'en veulent pas. Ce qui a été confirmé récemment par un sondage. Le confédéralisme - en attendant mieux - est donc provisoirement le meilleure solution.

 

La priorité est, en effet, de sortir le plus rapidement possible la Wallonie du piège belge.

 

J'ai regardé, comme la plupart d'entre vous, les émissions spéciales ayant pout thèmes "et si la Belgique éclatait ?" 

Heureusement que les médicaments antiacides existent.

Entre les moines-soldats du rattachisme qui anonnent leurs sentences toutes faites comme un catéchisme et les économistes qui nous serinent que la séparation est impossible au départ d'analyses basées sur des agrégats bruts comme le PIB de régions d'une Belgique isolée au milieu de nulle part sur une planète elle-même isolés aux confins de la galaxie, que de "vérités révélées" ou de peurs. Quand ce n'est pas de leur part à tous, du mépris affiché pour les capacités des Wallons à se prendre en mains. Or, nous ne sommes pas seuls, nous avons des voisins, l'Europe impose un certain nombre de règles de solidarité ou de libre circulation. En cas de scission, des choses changeront. Des déménagements s'opéreront, etc...

 

Pourtant parfois, d'ici, de là, par hasard des observations basées sur des faits observables leurs échappent comme : "les Wallons ne sont pas plus pauvres que les Français ou les Allemands." etc...

 

J'en ai assez de ces gens qui assis sur leurs certitudes ou leurs croyances nous traitent comme des moins que rien. Que des Flamands ou des Bruxellois belgicains le fassent, c'est de bonne guerre, les uns, comme les autres n'ont aucun intérêt à nous perdre. Quévit n'avait-il pas rappelé que la Wallonie a subi de leur part une véritable politique de pillage colonial à leur profit ? Que maintenant que la Wallonie se redresse - même si tout n'y est pas encore rose - on peut comprendre qu'ils voient renaître une identité wallonne avec crainte.

 

J'en ai assez de ces gens qui continuent à penser que c'est la Flandre qui doit (ou va) dicter ses conditions !

On parle toujours du jour où la Flandre prendra son indépendance... C'est ridicule. Ils n'y ont pas (encore !) intérêt. Par contre, nous, c'est différents.

Dans les jeux de stratégie (échecs, Go...) c'est souvent celui qui joue le premier coup qui partant avec un avantage est finalement gagnant ! Ne l'oublions pas !

 

D'ailleurs, les transferts dont on se sert pour nous faire peur depuis des années ne sont-ils pas surestimés ? Lisez ceci : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=54907 C'est neutre !

 

Enfin, je l'ai déjà dit, il convient de se méfier des chiffres que certains avancent pour prouver que la Wallonie ne serait pas viable. Ils sont pourtant contestables. Quand on examine les transferts "Nord/Sud", il y a un grand angle mort : Bruxelles. Les chiffres avancés projettent, par ailleurs, une situation actuelle dans le futur sans tenir compte des variables nécessairement liées à une refonte du paysage institutionnel, ni que nous ne sommes pas isolés au milieu de nulle part, ni non plus que nous sommes le principal client de la Flandre du fait de l'existence de la Belgique. Ils négligent également un aspect essentiel : une volonté politique forte n'est pas tenue de respecter des constats économiques.

 

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 11:24

La chronique de Bart De Wever au journal flamand « De Standaert » (et reprise par « Le Soir » !) consacrée à la collaboration a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Sans revenir sur les aspects politiques de son message, ce dernier et les réactions qu’il a suscité montre qu’il faut bien comprendre que la crise belge est bien plus qu'une querelle de communautés, elle est le choc de deux principes fondamentaux. De deux visions du monde, de deux conceptions de la Nation. Je ne reviendrai pas sur le billet précédent que j’y avais consacré.

 

Il n’empêche, Bart De Wever a soulevé un lièvre. Aveuglés par leur souci de maintenir un avenir bien improbable pour la Belgique en diabolisant les propos, certes provocateurs, commentateurs politiques, journalistes et politiciens ont perdu une occasion d’ouvrir le débat sur la réalité de la collaboration. Comme pour Leterme jadis, vous dites De Wever et les voyants rouges s’allument…

 

On connait les chiffres (*) de la répression individuelle :

- Entre septembre 1944 et la fin de l'année 1949, 405.067 inculpations ont été ordonnées pour des actes de collaboration.

- 288.101 de ces dossiers (soit 71 %) ont été classés sans suite.

- 59.712 (15 %) ont débouché sur un non-lieu.

- 57.254 (14 %) ont donné lieu à des poursuites pénales.

- 53.005 Belges seront finalement condamnés pour faits de collaboration avec l'occupant allemand.

- L'emprisonnement à perpétuité a été prononcé contre 2.340 personnes.

- 2.940 condamnations à mort seront prononcées. La majorité des condamnés à la peine capitale seront finalement graciées.

- 242 collaborateurs ont été exécutés. Parmi eux, il y a Victor Matthijs et José Streel, le chef officiel de Rex durant l'occupation nazie et l'idéologue du mouvement rexiste.

- 43.093 Belges ont perdu leurs droits civiques et politiques dans le cadre de l'épuration.

- Plusieurs milliers d'ex-collaborateurs s'enfuiront, souvent avec leur famille et la complicité de réseaux nazis - ou catholiques - et des services secrets occidentaux, à l'étranger : en Allemagne, en France, en Espagne, en Afrique du sud, en Amérique latine...

- Parmi les 2.895 condamnations à mort et les 2.340 condamnations à la perpétuité, respectivement 1.693 et 501 furent prononcées par contumace.

 

Mais ce n’est là que les chiffres de la répression individuelle. Je ne reviendrai pas ici sur la différence de traitement des collabos entre la Wallonie où la répression fut plus importante et les autres Régions. Tout ça est connu et publié.

Il y a autant d'études sur la collaboration en Wallonie qu'en Flandre. Ce qui n’est pas souvent souligné c'est le fait que si la collaboration en Wallonie a été aussi importante qu'en Flandre, elle n'a pas du tout été du même type, ne recrutant pas dans les mêmes classes sociales, ni au même moment ( ce qu'a bien mis en évidence Collignon, l'historien wallon du CEGES).

A ce sujet, un livre à lire - neutre, parce que rédigé par un américain avec un regard extérieur - c'est celui que Martin.Conway a consacré à Degrelle et à la collaboration en Wallonie (Degrelle, les années de collaboration, 1940 - 1944 : le Rexisme de guerre – Ottignies 1994). Il y explique très bien que les Allemands au début de la guerre n'ont pas pris Degrelle au sérieux sentant sans doute aussi qu'il était un peu isolé et peu crédible. Au contraire des gens du VNV.

Les rexistes n’ont commencé à intéresser les Allemands qu’au milieu de la guerre (le pouvoir en Allemagne passant de plus en plus à la SS), au moment où le VNV lui, se posait la question de savoir si la collaboration était vraiment dans l'intérêt de la Flandre. A ce moment, une structure flamande comparable à Rex en Wallonie (De Vlag), marginale comme Rex l'était s'est plus ou moins substituée au VNV. Ce qui rend aussi différente la collaboration en Wallonie c'est que, militairement, elle était moins forte que la Résistance.

Si les rexistes pouvaient compter sur les Allemands, la Résistance a empêché la collaboration, en intimidant les collaborateurs ou carrément en les tuant (Conway estime, par exemple, que dans les derniers mois de la guerre, la Résistance assassinait un collaborateur à peu près tous les jours dans la Région de Charleroi…).

 

De Wever insiste sur la collaboration, mais évite soigneusement de parler de la Résistance. Là, la différence de comportement entre les régions a été plus que significative.

 

On le voit, si De Wever n’a pas nécessairement tort de dire que l'histoire de la Wallonie durant l'occupation n'est pas nécessairement assez bien connue et que l'on peut l'étudier, il est essentiel de la différencier complètement de ce qui s'est passé en Flandre. De fait cela a été complètement différent et là aussi, il faut sortir du cadre (de l’amalgame) belge pour réellement comprendre. Déjà à l’époque, la Wallonie était une société bien différente de la Flandre et, d'une certaine façon, elle ne pouvait pas collaborer comme la Flandre. Ce qui a été démontré après la guerre quand elle s'est insurgée contre Léopold III ce qui demeure un chapitre de l’histoire de la Résistance.

Nous sommes vraiment très différents des Flamands. Ce qui ne veut pas dire meilleurs qu'eux. Ces différences sont normales entre peuples différents.

 

Quand je dis que De Wever a soulevé un lièvre, c’est celui dont personne n’a parlé (ou n’ose parler). En réalité, les autorités publique st économiques de la Belgique officielle ont collaboré d'une manière indigne pour une démocratie. C’est un des épisodes qu’on occulte dans ce pays depuis 1945. Les archives concernant cette époque ne sont pas publiées. Si mes souvenirs sont bons, elles sont sous scellés jusqu’en… 2045.

 

 

Les secrétaires généraux des ministères étant dotés d'un pouvoir analogue à celui de ministress, ce qui avait été décidé par le gouvernement Pirlot-Spaak, la collaboration administrative maximale a été la règle des autorités qui n'entendaient certainement pas se poser trop de questions alors que par ailleurs, la collaboration économique battait son plein.

 

 

La Belgique officielle n’a ainsi jamais fait son auto-critique. Comme l’a écrit quelqu’un un jour : « la guerre révèle l'âme d'une société ».  Peu de publications sont venues en support à cet indispensable devoir de mémoire. A part – à la demande du Sénat – « La Belgique docile », une étude accablante effectuée par le CEGES sur le comportement des autorités belges et la persécution des Juifs.

 

Là où De Wever se trompe (volontairement ?), c’est quand il parle du malaise des Wallons à propos de cette période. Les Wallons n’ont pas de complexes à avoir.  C’est aux non-dits belges qu’il aurait du réserver se attaques. Evidemment, qui dit belge… dit comment cette période – comme d’autres – a favorisé la Flandre. Ceci expliquant cela… De Wever ne pouvait évidemment pas l’écrire.

 

(*)Sources : http://www.resistances.be/amnistie02.html

- «La répression des collaborations 1942-1952 – Un passé toujours présent», s.d. De Luc Huyse et Steven Dhondt, éditions du CRISP, Bruxelles, 1993 (traduit du néerlandais, 1991), 345 p

- «Collaboration, répression – Un passé qui résiste», s.d. De José Gotovitch et Chantal Kesteloot, éditions Labor, Bruxelles, 2002

- «Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique», s.d. De Paul Aron et José Gotovitch, éditions André Versaille, Bruxelles, 2008

 

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