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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 12:00

Mateusz Kukulka consacre sur son blog  un billet consacré à un événement qui nous a échappé ici en Wallonie, mais qui est significatif de l'évolution (de la dérive ?) des partis politiques à Bruxelles, cette ville-région que l'on dit multiculturelle, mais qui est surtout devenue de plus en plus multicommunautaire. Il y publie (anonymement) la lettre d'un militant qui s’étonne, avec beaucoup humour, que le PS bruxellois ait organisé le 23 septembre dernier la rupture de jeûne à la fin du ramadan. Etrange en effet, pour un parti qui se dit laïque…

Signe des temps, Mateusz Kukulka précise que le CDH, Écolo et le MR ont, eux aussi, organisé de tels événements… Les élections régionales approchent et il faut ratisser large.

Ceci dit, je ne suis pas certain que seuls les partis de la Région bruxelloise soient touchés. Dans un pays où on a inventé, organisé, et reconnu une "forme de religion laïque", tout devient possible.

Deux extraits pour le lecteur pressé :

" Oui, le PS Bruxellois s'inscrit pleinement dans la vie religieuse de la Cité. Oui, nous partageons entièrement la vision prophétique de Malraux et estimons que nous évoluons désormais dans le siècle du spirituel. Non, nous ne nous référons plus à une quelconque notion obsolète de laïcité. Finies, les idées surannées des Lumières et de la Révolution française! Place à cette notion nouvelle, que vous avez développée, si pas inventée : le socialisme sacré."

" La population bruxelloise est aujourd'hui une mosaïque de langues, de cultures, de religions, de classes sociales... Cette morphologie sociologique, conséquence d'une mondialisation que le PS n'a pas voulue (*) mais dont il a néanmoins hérité, ne se prête plus à un marketing politique qui serait basé sur un pseudo pacte républicain. Il faudrait en effet expliquer cette notion surannée, lourde et complexe aux diverses populations bruxelloises, ce qui demande d'une part de lourds efforts (qui n'ont d'ailleurs jamais été consentis), et d'autre part que le PS Bruxellois soit largement convaincu de la nécessité de conserver cet héritage laïque..."

(*) Ce sont les propos d'un militant, le PS, tout comme les autres partis, ne s'y est concrètement pas opposé et y a même contribué dans les faits. Son président actuel en porte la lourde responsabilité…

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 12:01
Etonnantes ces photos prises ce dimanche, rue du chemin de fer, à Wavre (Waver ?)... Jusqu'ici Chef-lieu de la (provisoirement encore ?) province du Brabant wallon - Région wallonne.

Mais que fait donc la police de Charles Michel ?  Est-ce  pour nous préparer au grrrrrand élargissement de la région bilingue de Brussel-Bruxelles voulu par son ami Maingain et quelques à-plat-ventristes du même parti ? L'affichage public, sur la voie publique, ne doit-il plus respecter la législation linguistique... ou à défaut la langue de la région et donc ses habitants ? Beau mépris !

 

Le journal Vers l'Avenir du samedi 25 novembre fait écho à ma réaction en signalant que depuis, les panneaux litigieux ont été remplacés. Comme quoi, il faut toujours réagir. « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », disait Einstein.
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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 16:52

Erreur ? Bêtise ? Folie ? J'ai appris que Jean-François G. militant wallon de la première heure a été  démis - après tant d'autres - autoritairement et sans recours ni motivation, de sa charge de président élu démocratiquement de l'arrondissement de Bruxelles du RWF.  Quelle erreur, quelle drame pour la cause de la réunion de la Wallonie à la France que ceux qui dirigent ce parti (mais, combien sont-ils encore ?) que de se priver ainsi de compétences rares, d'intelligence brillante, de motivation désintéressée. Sous le fallacieux prétexte de découvrir qu'il a consacré son parcours professionnel au service de l'Etat ? Mais c'est connu depuis longtemps, comment aurait-il pu le cacher même s'il l'avait voulu. De même que ses engagements politiques en faveur de la Justice, de l'égalité, de la fraternité.
Il a toujours été là aux côtés des mouvements de défense de la Wallonie et du Fait français en Wallonie et à Bruxelles. Fidèle à ses principes et ses engagements.

L'intégrisme et l'intransigeance de quelques-uns, frileusement ou par ambition, regroupés autour d'un homme - qui peut être un brillant analyste, certes - qui porte aussi la terrible responsabilité de l'échec et de la destruction du Rassemblement wallon, ce parti qui a porté tous les espoirs de l'ensemble du Mouvement wallon - et jusqu'à quel niveau ! - auront eu raison de l'Intelligence et de la probité. Alors que la conjoncture devient favorable à notre cause, c'est au contraire à l'alliance, au rassemblement, de tous ceux qui aiment la Wallonie qu'on devrait assister. Des autonomistes aux rattachistes, l'union devrait être sacrée. Un rassemblement qui doit être un lieu de débat démocratique et pas la propriété d'un quarteron d'aigris.

Jean-François, tout comme moi, comme d'autres avant nous, avons cru pouvoir changer les choses. Avons cru que les hommes pouvaient changer. Hélas, comme me l'écrivait récemment un jeune responsable local qui avait également pensé pouvoir agir démocratiquement de l'intérieur, il y aura bientôt plus d'exclus que de membres en règle de cotisation... L'Ordre règne...

Le sondage montrant qu'une presque majorité de Wallons ne sont plus indifférents à nos idées ne permet plus de laisser le terrain aux rattachiste romantiques ou, comme ici, aux réunionistes imprécateurs. Je me suis abstenu jusqu'ici de trop critiquer mais, l'évolution des esprits aidant, il faudra bien que quelqu'un dise aux militants sincères, à ceux qui ne savent pas ce qui se passe dans la sphère dirigeante, aux électeurs qui seraient tentés de les suivre, que cette structure est creuse. Qu'elle repose désormais sur un seul homme, et encore... Oui, j'ose le dire, ce parti est dirigé comme ce fut le cas du FN (La comparaison avec ce parti que j'abhorre s'arrête là, évidemment). Que c'est devenu un songe creux. Un ectoplasme. Qu'il y a un abîme entre le discours et les actes. Un semblant de doctrine (ou plutôt une doctrine qui se résume à en un seul point : "le culte du Chef"), des imprécations pour message et des incantations pour programme. Bref, les trois ou quatre seuls dirigeants (les autres doivent s'écraser sous peine d'être ostracisés à leur tour) de ce machin sont devenus les "Leernout & Auspie" du rattachisme ! Ils semblent même rejoindre les ultra-bruxellissimes du FDF puisque désormais le Brabant wallon et Bruxelles sont regroupés sous une même autorité...

Cruel ? Non, réaliste. La colère à la hauteur de la déception et de l'investissement désintéressé de centaines de militants. Même si un parti n'a qu'un rôle utilitaire. Je m'arrêterai là. Ne tirons pas sur une ambulance.

Mais j'ai confiance. Certes, et personne n'ose employer les mots qui fâchent : dépression, récession... mais en privé, à gauche comme à droite, tout le monde le dit : ce sera violent, les crises que nous traversons actuellement ont du bon. Elles déstabilisent les certitudes, montrent les limites des manipulations et suscitent des réflexions.
Dans le Mouvement wallon aussi les cerveaux se remettent en marche ! Nous en reparlerons.

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 20:48
Aucune des deux, celle des banques, et directement dans nos poches.

Depuis des mois, et jusqu’au dernier jour, on nous dit que tout est sous contrôle. Et subitement, les Etats sont obligés d’intervenir et de renationaliser ce qui a été privatisé sous l’influence du libre échangisme (rien de sexuel là-dedans…) ultime et sans limites prôné par la Commission européenne.

C’est que c’est évidemment, en Belgique, le contribuable qui va payer. Reynders l’a dit – et personne dans les autres partis – ne l’a démenti, l’Etat revendra au plus vite ses parts aux opérateurs privés.

Avec des gains potentiels ? Vous y croyez vraiment, vous ?

Soyons sérieux, pour ça, il fallait beaucoup plus que la modeste capitalisation pour assurer la liquidité du portefeuille d'engagements de Fortis (pour ne citer que celle-ci) qui représente 604 milliards d'€ (2 fois le PIB de la Belgique....). En fait il fallait au minimum des fonds propres à hauteur de 50 milliards, alors que Fortis n'en dispose tout au plus que 27-28 milliards, y compris après la première recapitalisation.

Je ne suis pas certain non plus de la couverture des engagements pris sur les marchés à terme ou les marchés dérivés, qui peuvent représenter 10 à 20 fois les capitaux propres de la banque.

Ce qui me fait dire que les Hollandais (dont le ministre des finances s'est félicité d'avoir récupéré la partie la plus saine de Fortis... laissant aux belges les obligations "structurées", autrement dit "toxiques", mêlées de près ou de loin aux subprimes et estimées à 48 milliards d'€...) et les Luxembourgeois l’ont bien compris en reprenant leurs billes. Ils s’assurent le contrôle de leurs avoirs. Et protègent leurs citoyens. Ces deux pays, comme la France que d’aucuns critiquent, ont très bien joué, sortant de cette mésaventure avec des pouvoirs renforcés dans les structures des dites sociétés assainies. La totalité des obligations "structurées", mêlées  aux subprimes sont désormais logées uniquement... chez fortis belgium... on n'est plus très loin de la banqueroute...

Aucun institutionnel belge ne peut plus égaler ses voisins dans l'apport d'argent frais. Toute l’Europe sait que ce Etat n’a plus d’avenir et, c’est de bonne guerre, les voisins se partagent déjà les dépouilles. C’est qu’il n’y a pas que les banques...
Souvenez-vous. En deux temps, en 1988 (la fameuse saga de la Générale) et en 1996, Suez s'est offert les « pépites énergétiques » belges (Electrabel et Tractebel), avec lesquelles le groupe français trône aujourd'hui au sommet de la hiérarchie mondiale du gaz et de l'électricité. Sans contreparties. Verrons-nous la BNP-Paribas intervenir ou alors... un groupe russe (et maffieux ?) ou asiatique sera-t-il préféré par les Flamands à un groupe français ?

Certes ici, il fallait de toute façon faire quelque chose. Ce n’était pas qu’une question de faillite ou d’emplois (même très bien payés) à sauver. Nous verrons ce que l’avenir à court terme nous réserve. Je n’exclurais pas une sortie prochaine de Fortis du BEL20. L'état belge risque de devoir alors trouver rapidement un adossement pour « sa » banque, car en cas de nouvelle panique financière, il ne pourra compter ni sur les néerlandais ni sur les luxembourgeois pour remettre au capital…

Maintenant en matière de socialisation des pertes, mais ce n’est qu’un extrapolation et donc, je ne garanti pas les chiffres, mais rien que pour s’en tenir à Fortis, Marco Van Hees (auteur du livre : « L’homme qui parlait à l’oreille des riches ») estime ceci :
Fortis a acheté la CGER pour 3 milliards €, grâce à celle-ci, elle a réalisé entre 1998 et 2007 un bénéfice de 27,7 milliards €. En réinjectant 11,2 milliards, les états belgo-luxembourgeois ont perdu 8,2 milliards et les privés en ont gagné 27,7. Pas mal, non ?

Autre point de vue. Dans cette affaire, les Wallons payent pour sauver les épargnants flamands. Le gouvernement belge a obtenu l'engagement des régions qui participent à l'effort de sauvetage à raison de :
-500.000.000 € pour la Flandre :
-350.000.000 € pour la Wallonie et 150.000.000 € pour Bruxelles : soit ensemble 500.000.000 €
Pourquoi ?
Pour un taux d'épargne à garantir plus élevé en Flandre (75 % de l'épargne belge ?)
Pour une population plus importante en Flandre (60 % de la population)
On intervient pour 50 % et les Flamands pour 50 %, et encore parmi les Flamands il y a plus de 200.000 francophones de la périphérie et de Flandre travaillant à Bruxelles et payant leurs impôts en Flandre.

Conclusion : quand les Flamands disent qu'ils payent pour les Wallons, c'est exactement l'inverse en fait : les salariés wallons et bruxellois vont casquer pour l'épargne des moyens et gros revenus (et rentiers) de Flandre : c'est cela la Belgie-que de Leterme et Reynders !

 

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 12:28
Ce matin, sur les ondes de la RTB (si peu "f"), le vice-président du MR a rompu une nouvelle lance en faveur de son projet d'élargissement de la Région bruxelloise par l'absorption de communes wallonnes. Jugez-en !

A la question : "Quand vous dites élargir Bruxelles, c’est élargir à quelle commune, dans quelle proportion ?"

Maingain répond ceci :

"Aux communes où la population par voix de consultation démocratique se prononcerait pour se revenir à Bruxelles. Je rappelle quand même qu’historiquement, ces communes étaient dans le même arrondissement que Bruxelles, je ne parle pas que de l’arrondissement électoral ou judiciaire mais même à l’époque avant 62, 63, dans l’arrondissement administratif. Donc fondamentalement, il y a là une consultation démocratique à faire".

Soit ! Mais il ajoute :

" Et au risque de chagriner peut-être certains de mes amis wallons, qu’est-ce qui interdirait que la même consultation se fasse pour certaines communes du Brabant Wallon, et on verra bien le résultat. Si c’est ça qui peut rassurer du côté flamand (…)".

Maingain utilise donc la Wallonie pour pouvoir présenter son message d'élargissement de Bruxelles comme quelque chose de "logique socio-économiquement" et "pas du tout d'anti-flamand "…la preuve ? "On propose la même chose aux Wallons"... Belle manipulation ! Quelle impudence !

Evidemment, ce monsieur sait qu'à l'instar des communes à facilité (ou peut-être pour les fuir ?) il y a eu ces dernières années une très forte immigration bruxelloise dans les certaines communes du Brabant wallon – avec des problèmes d'intégration (oui, je sais, il est politiquement incorrect de le dire) et d'augmentation des prix - et il espère évidemment en retirer les dividendes électoraux auprès de ces personnes. 

Mais là, contrairement aux communes de la périphérie bruxelloise où le statut est resté assez flou puisqu'il y a contestation de limites politiques, il faut lui rappeler avec force que les communes du Brabant wallon font partie intégrante de la Région wallonne, région de langue française. Et qu'il n'est pas question de les utiliser pour un troc entre Bruxellois et Flamands. Certains mayeurs ont du batailler ferme en ce sens dans le passé. Je pense en particulier à Pierre Ruelle à La Hulpe.

J'en ai déjà parlé et donné de nombreuses raisons de s'opposer à cet expansionnisme territorial et culturel. Après plus de deux décennies de fédéralisation, le fait territorial bruxellois s’est ainsi imposé sous la poussée de la création de la Région bruxelloise  - bilingue - et le succès de sa gestion comme entité multiculturelle qui ont développé un embryon d' " identité "nationale" bruxelloise " qui a progressivement pris le pas sur l’identité francophone et/ou flamande.

Bruxelles et la Wallonie – et donc le Brabant wallon – sont deux entités sociologiquement et politiquement différentes. Utiliser l'économie comme alibi à l'élargissement est ridicule dans l'Europe de la libre circulation des hommes et des marchandises. Prendre comme prétexte de "rassurer les Flamands" relève de la mauvaise foi et d'un grand mépris pour la Région wallonne. J'espère qu'aucun irresponsable de parti traditionnel ne le suivra dans ces errements.

La volonté d'expansion territoriale de ce monsieur Maingain serait-elle d'inspiration… germanique… ou flamande ? Il est vrai qu'à force de trop les fréquenter…

Maintenant,à part cet aspect détestable du personnage, tout n'est pas négatif. Son attitude à l'égard des revendications flamandes, comme celle d'autres négociataeurs d'autres partis traditionnels, consistant à les exaspérer doit être encouragée. Pousser les Flamands à bout pour les obliger à prendre réellement leurs responsabilités (et déclarer unilatéralement leur indépendance) est  une bonne chose. Mais est-ce là leur objectif ?

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 12:30
Soyons clairs, l'évolution de la situation politique n'est pas pour me déplaire. N'étant la dégradation économique qui est liée à l'immobilisme des gouvernements, à la mondialisation et qui pénalise les plus pauvres d'entre-nous.

Tous les "responsables politiques francophones" - comme on a pris l'habitude de les appeler - en conviennent en privé : sauf à se résoudre à la scission du pays il faudra négocier sa "confédéralisation", un néologisme qui dit bien le changement radical de style et d'époque auquel ils doivent se préparer.

Comme l'a relevé le journaliste C. Askolovitch (Nouvel Observateur), " La Flandre a les idées claires. Elle veut jouer seule. Elle est prospère, mondialiste et nationaliste à la fois. Elle joue de ses martyrs et de son argent ( ...) La Wallonie, elle, n'a pas fabriqué sa légende. Elle se croyait belge et est entrée dans la bagarre séparatiste à reculons. Cela va changer. Mais ça n'a rien d'évident. Car les Wallons ont pris l'habitude de subir les agendas des autres "... Cruel constat !

Non ! Du point de vue institutionnel, les choses vont dans le bon sens. Quittant leur intransigeante position : "On est demandeur de rien ", nos politiques affirment maintenant avoir bien compris qu'une réforme de l'Etat était inévitable. Mais à leur attitude, ils semblent mal évaluer le paquet d'exigences flamandes et refuser de fait de vraies négociations. Estimant tenir le bon bout (et espérant séparer la NV-A du CD&V...) en acceptant, juste pour la forme, de participer à ce dialogue de communauté à communauté. Je les invite évidemment à continuer dans cette voie, car aujourd'hui, s'il semble être encore possible de négocier un avenir pour la Belgique, grâce à eux, demain, les cartes pourraient se présenter autrement.

Wallon, j'en ai marre comme beaucoup d'entre-vous d'être insulté par les Flamands. Comme j''ai toujours mal supporté le mépris de certain leader réunioniste qui utilise les mêmes arguments pour nous disqualifier, croyant par là nous convaincre d'aller vers la France par dépit, par peur, plutôt que par conviction. Et maintenant par Reynders qui en rajoute une couche dans un souci purement électoral : " La meilleure façon de sortir du mal belge, c'est de redresser la Wallonie. Il faut un changement profond au sud du pays, sinon on continuera de se séparer. "

Oui, j'en ai marre de ces pseudo Wallons qui donnent des armes à nos adversaires et cherchent à nous disqualifier à nos propres yeux.

Certes; nous avons des carences, des faiblesses mais aussi de grandes qualités et des forces potentielles considérables.

Si on se base sur les statistiques Eurostat 2007, les quinze régions européennes les plus développées obtiennent un PIB/habitant supérieur à 158. Toutes à l'exception de Prague sont situées dans l'ancienne Union des 15 tandis que toutes les régions les moins développées se situent dans les nouveaux pays membres de l'ancienne Europe de l'Est. Notons que le Luxembourg et Bruxelles (*) se positionnent dans les 15 premiers (je vais y revenir) et qu'aucune région de tradition industrielle (RETI) n'y figure. La position respective de la Flandre et de la Wallonie n'évolue que peu sur une longue période. Déjà, en 1987 dans l'Union européenne des 12 et en 1997 dans l'Union européenne des 15, ni la Flandre ne figurait dans les 25 régions les plus développées, ni la Wallonie dans les régions les moins développées.

Il faut aussi se référer à l'histoire. Celle-ci nous indique que la Flandre moins marquée économiquement et socialement par les retombées de la crise industrielle mondiale a pu entamer plus rapidement sa trajectoire de développement orientée vers l'expansion économique. Elle s'est trouvée mieux armée pour affronter les mutations de la globalisation dans la mesure où elle a pu libérer et concentrer plus de moyens budgétaires sur cet objectif de réajustement de son économie.

Il est par ailleurs étonnant - mais trop peu connu... - de constater qu'alors que le PIB flamand a dépassé celui de la Wallonie en 1956, même dans les années 80, la solidarité nationale a joué en sa faveur. En effet, au moment des négociations des aides de l'Etat central à la restructuration de la sidérurgie wallonne ("Geen centen etc"...), le gouvernement belge a ajouté à la liste des secteurs industriels devant faire l'objet d'aides de l'Etat, en plus de la sidérurgie, les charbonnages, le textile, les constructions navales, l'énergie nucléaire, et le verre creux d'emballage. Il en a résulté que 76,7% des aides de l'Etat ont été alloués à... la Flandre contre 23,3 % à la Wallonie ! (Relire à ce propos : Michel Quévit, La Wallonie, l'indispensable autonomie, Editions Entente, Paris.).
Du coup, rien d'étonnant à ce que, à la fin des années 80, la Flandre affiche déjà un PIB au dessus de la moyenne européenne et se distancie clairement de la Wallonie.

On le voit la richesse de la Flandre, résultat d'un détournement, est toute relative, il lui reste encore un long chemin à parcourir pour recoller au peloton de tête des régions les plus prospères. Arrêtons de nous focaliser sur cette région et de fantasmer sur ses pseudos réussites économiques que nous lui avons payées par l'intermédiaire de cette Belgique que certains veulent maintenir à tout prix.

D'autant plus que - l'histoire nous le montre encore - pendant cette période et depuis lors, la Wallonie plus largement touchée par la crise industrielle a du adopter une politique de redressement économique et de reconversion de son économie. Sa situation est loin d'être unique dans le contexte européen car d'autres régions de tradition industrielle sont aussi freinées par l'impératif de la restructuration de leur tissu productif et se maintiennent dans un PIB/habitant inférieur à la moyenne européenne (100).  Néanmoins, depuis quelques années, l'écart - s'il ne se réduit pas - n'augmente pas non plus.

Et pourtant, à l'instar des autres régions industrielles, la Wallonie n'a pas encore pu aisément - et pour cause - libérer des moyens budgétaires suffisants que pour s'inscrire dans la nouvelle donne de l'économie mondialisée. Elle doit pourtant s'y inscrire si elle veut se trouver dans le peloton des régions développées de l'Union européenne. Notre progression est trop lente, malgré les signes encourageants comme l'immigration nette d'entreprises qui indiquerait que la Wallonie est actuellement la plus attractive des trois Régions. Mais ça, c'est à confirmer.

Venir dire que le "Mal belge, c'est la Wallonie" est faux, grossier et méprisant. Puisque c'est faire fi de réalités historiques et crier avec ceux (Flamands ou autres...) qui veulent minoriser et dévaloriser les Wallons. C'est infâme. C'est oublier le nationalisme flamand ou pire encore l'excuser. Ceux qui le font se déshonorent.

Le mal wallon ? C'est la Belgique, voilà la vérité !
Quand on lit ce qui est écrit ci-dessus à propos des transferts, il faudrait plutôt calculer le coût réel de la Belgique pour la Wallonie. Mais ça obligerait à dire la vérité aux citoyens. Et hâter la fin du pays, et donc celles de certaines prébendes ou rentes de situation.

J'aurais pu m'arrêter là. Si les propos que je viens de stigmatiser n'étaient appuyés par l'éditorial de Benoit July dans le Soir consacré au Brabant wallon.

Quelques morceaux choisi...

"Les Wallons s'identifient peu à un Brabant qui ne serait wallon que par effraction".
"(...) petit coin de territoire que l'on perçoit surtout comme une excroissance de la toute-puissance bruxelloise"
"La maison Wallonie est accueillante mais les locataires ne s'y pressent pas. Il faut en renforcer les fondations, repeindre la façade, améliorer la formation du personnel de maison".

C'est évidemment l'autre aspect des choses. Derrière ces regards "bienveillants" se cache la volonté d'annexion du Brabant wallon sous prétexte d'hinterland et surtout celle de subordonner la Wallonie à Bruxelles (*). Or, c'est le travail et la richesse passée des Wallons qui ont fait de ce bourg de province la ville-Région qu'elle est devenue.

Cet éditorial du Soir, on dirait presque du Maingain. Quand je vous disais que tout ça se tient.

Le problème, c'est comprendre ce qui compte pour "nos" leaders politiques. Qu’est-ce qui est prioritaire ? La réforme de l’Etat ou gagner les élections de juin 2009 ? Je crains que le second point ne pèse actuellement plus lourd dans la balance. Tant du côté francophone, avec une lutte qui s'annonce impitoyable entre le PS et le MR, que du côté flamand, où le cartel doit tomber coûte que coûte.

(*) Pour Eurostat, le niveau du PIB/habitant est fortement influencé par les flux de navetteurs. Le PIB/habitant apparaît donc y être surestimé et sous-estimé dans les régions où habitent les navetteurs.
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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 18:30

Depuis deux semaines les médias «belges » nous rappellent chaque jour que le Dalaï-Lama est en France et, horreur, n’a pas été reçu par Sarkozy.

Certes, à l'occasion de l'inauguration d'un temple bouddhique à Roqueredonde, dans l'Hérault, le chef spirituel tibétain s'est entretenu vendredi avec Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, et sa secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade – ainsi qu'avec Carla Bruni. Dans le cadre d’une visite privée, ce n’est quand même pas mal. Non ?

On sait aussi qu’une entrevue officielle est prévue en décembre avec le président et que c’est de commun accord que les deux chefs d’Etat ont décidé de cette date.

 

Mais là n’est pas l’intérêt de ce billet. Je voulais simplement stigmatiser l’hypocrisie des médias officiels et rappeler ce que l’écrivais, ici même le 9 mai 2007… « Le Dalaï Lama devait participer, vendredi à Bruxelles, à la première journée de la cinquième Conférence internationale des groupes de soutien au Tibet toujours sous occupation chinoise. Il a été prié de rester chez lui pour ne pas risquer de compromettre une visite de « Philippémathilde » en Chine le mois prochain.

 

Il est vrai qu’indépendamment de tout aspect religieux ou philosophique - dont il ne devait d’ailleurs pas être question pendant cette conférence - le message de paix du Dalaï Lama, le génocide culturel et les souffrances du peuple tibétain n’auront jamais, aux yeux de nos dirigeants, l’importance essentielle du message traditionnel princier : « Belgium is like a diamond  ! » »

 

Evidemment, les intentions d’un vulgaire président français (et républicain) ne peuvent être que méprisables à côté de celles, nobles par définitions, des altesses royales que le monde entier nous envie !

Soyons séreux, il est vrai que le chef spirituel tibétain s'entretient systématiquement avec les chefs d'Etat des pays visités, comme, dernièrement mais dans d’autres circonstances, Angela Merkel, Gordon Brown ou George Bush. L’attitude du gouvernement français est le témoin d’un malaise diplomatique général. N’empêche, entre l’attitude de la Belgique qui lui ferme carrément la porte et celle de la France, il y a une marge.
 
On sait bien que quand il s'agit de la Belgique, il est interdit de réfléchir, mais ou bien les journalistes ont la mémoire courte... Ou on se fout de nous !

 
Comment ? De la manipulation ? Nooooon, vous croyez ?

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 12:06
Incompétence, bêtise ou … ?
 
Les personnels de l'enseignement de la Communauté française (si peu, si peu ! Ou alors de moins en moins...) dite « Wallonie-Bruxelles » doivent désormais envoyer leurs certificats médicaux en Flandre (*)... Si
ce document que j'ai reçu en copie est authentique (Et il l'est, qui aurait-eu intérêt à l'inventer ?) ne peut-on pas dire qu'au-delà des règles en matière d'appel d'offre, ce genre de démission est pour le moins coupable ? Je ne suis pas juriste, mais une telle tâche de contrôle administratif concernant les Droits des personnes ne devrait-elle pas relever par sa nature même de la compétence exclusive et surtout inaliénable de cette institution publique ? Et qu'on ne vienne pas parler de difficultés financières.


N'y-a-t-il pas surtout faute politique dans notre contexte institutionnel en confiant à un organisme privé flamand, non seulement le contrôle d'agents de notre communauté linguistique, mais aussi des informations qui seront - rien ne restant secret à notre époque – n'en doutons pas utilisées par les politiques flamands lors des négociations futures ? J'imagine déjà les gros titres de la presse flamande... 


Deux questions parmi d'autres, en quelle langue se feront les contrôles et en quelle langue devront-être rédigés les certificats médicaux ? Souvenons nous que le décret de la communauté culturelle néerlandaise du 19/07/73 – plus connu sous l’appellation « décret de septembre » - impose l’usage du flamand dans les relations sociales et s’applique à toutes les entreprises dont le siège d’exploitation est situé dans la région de langue néerlandaise, ainsi qu’à tous les travailleurs occupés dans cette région.
On ne va quand même pas les obliger à baragouiner le français ! Quoique... Baragouiner le français, n'est ce pas déjà ce que font tous les Flamands réputés parfaits bilingues ? 


(*) Entendons-nous, je ne reproche pas évidemment aux Flamands le droit de faire des affaires... Mais je n'admets pas à ceux qui nous gouvernent de faire n'importe quoi avec notre argent et manquer de respect à nos concitoyens.

En savoir plus...
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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:01
François Bellot, député et bourgmestre de Rochefort s'interroge sur l'afflux de demandeurs d'emploi flamands qui viennent s'inscrire dans les provinces de Namur et de Luxembourg. Afflux constaté aussi en Brabant wallon !
 
Tiens donc ?! Alors qu'on nous rabat les oreilles à propos du plein emploi en Flandre et des chômeurs wallons jugés paresseux parce qu'ils refuseraient des emplois en Flandre (les mêmes qui sont pas pourvus non plus en Wallonie… par manque de demandeurs qualifiés), voilà qui aggrave les chiffres du chômage en Wallonie avec des gens inemployables parce qu'ils n'ont pas les compétences utiles et certainement pas parce qu'ils ne parlent pas français… le comportement "hystéroïde belgeois" imposant d'office la connaissance du néerlandais pour n'importe quel emploi.
La très belgicaine Milquet, Sinistre fédérale de l'Emploi, explique que "les chômeurs flamands ont tout à fait le droit de s'établir en Wallonie s'ils trouvent, le cas échéant, l'habitat moins cher, plus vert ou d'autres agréments", insistant sur la libre circulation des personnes reconnue aussi bien en Europe qu'en Belgique… Evidemment !
 
Bon, je vais transgresser un tabou ! mais tant pis !
 
Les travailleurs et les demandeurs d'emploi flamands et leurs représentants dont j’ai sérieusement des raisons historiques de douter de la solidarité envers nous, ont beaucoup trop à perdre sans le soutien des Wallons dans le régime de droite dure, extrême et sauvage qui est en train de s'installer en Flandre. Ce n'est donc pas un hasard s'ils ont été à l'origine de la "pétition de masse" contre la scission (mais rien que celle-là) de la sécurité sociale, intitulée "Sauvons la solidarité". Ce n'est pas un hasard s'ils trouvent : " l'habitat moins cher, plus vert ou d'autres agréments " en Wallonie, terre de liberté depuis 1789 et d'accueil depuis toujours.
Je n’ai pas d’objection à réclamer les mêmes droits et chances pour les enfants, les travailleurs, les chômeurs ou les retraités, indépendamment de la région où ils sont nés… Ce qui est la règle dans les Etats démocratiques du monde. Sauf… en Belgie-que évidemment !
 
Il n'empêche, dans notre contexte local, comme dans tout pays voisin, il est logique de connaître la langue de la région (un presqu'Etat, dans les faits) où on s'installe et postule (ce qui reste à prouver dans le cas qui nous occupe) un emploi. je ne l'ai pas entendu moi-même, mais il semble en plus que ces demandeurs d'emploi flamands se seraient domiciliés dans des camps de vacances... (*).
En disant ça ce matin sur les antennes de la RTB(f), François Bellot a raison. Reste à voir comment cette position va être perçue au sein de son parti où certains comme le jeune Charles, fils de Louis Michel, pensent comme Joëlle Milquet. Mais, est-ce étonnant ?
 
Bref. Ce qui est à retenir, c'est que sous la pression de l'exaspération de l'opinion publique, les politiciens "de base" commencent à réagir et à poser les vrais problèmes.

Certains beaux esprits vont dire qu'on fait le jeu des Flamands en agissant comme ça. Mais pourquoi serait-ce toujours aux mêmes à tendre la joue ?
A un moment où la presse belgicaine nous sort qu'un Wallon sur trois serait en réalité un Flamand... il est bon de rappeler qu'être Wallon, comme être Français, c'est un plébiscite permanent. Que c'est une volonté de vivre ensembles dans le respect des règles communes.


(*) Belga nous signale finalement que "les 600 à 700 demandeurs d'emploi flamands qui se sont établis dans les provinces de Namur et de Luxembourg sont en fait des chômeurs radiés par l'Onem. Les directions régionales du Forem d'Arlon et de Namur relèvent 222 et 415 personnes dans ce cas, qui sont d'ailleurs bien souvent domiciliées en Flandre mais disposent d'une seconde résidence (!), généralement dans un village de vacances, en Wallonie. Elles ne sont pas inscrites au Forem et ne sont pas considérées comme demandeurs d'emploi". Curieux ça ! François Bellot aurait-il été mal informé ? A suivre...
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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 18:14

Mais fallait-il ça ?

Dans son édition de demain, le Vif consacre un article à la crise politique et aux «  mauvais coups » portés aux us et coutumes de la « démocratie à la belge » qui n'avait vraiment pas besoin de ça.

«  Bientôt, une république bananière ? »   se demande-t-il.

Bah ! Nous avions déjà un « royaume chiconier » où les féodalités partisanes et les inégalités tiennent lieu de règles.

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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