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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 09:54

Les « partis francophones » (*) semblent avoir réalisé qu’avec ou sans la N-VA, tous les partis flamands veulent une avancée significative. De Wever qui n’est pas historien pour rie a tiré les leçons de l’Histoire et ne se limitera pas une réformette de l’Etat. Et ses élus au Parlement comme ceux qui rêvent d’être ministres n’ont d’ailleurs pas peur des élections.

On se souvient de la phrase de Di Rupo : «« Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera du fédéral vers les entités fédérées. Mon souhait est que cela puisse se passer d'une manière qui va stabiliser le pays au bénéfice de la grande majorité des Belges »…

 

Avez-vous remarqué qu’il s’agit là, mine de rien, d’une belle récupération du principe de confédéralisme, tellement décrié par les mêmes jusqu’il y a peu ?

 

C’est à la fois triste et grave.

Le pire est sans doute à venir quand ils nous annonceront qu’ils travaillent à une Belgique rééquilibrée…stabilisée sans oser dire pour combien de temps ? Solution temporaire imposée par la force des choses, on entrera dans le confédéralisme comme on est entré dans le fédéralisme… à reculons.

Que de temps et d’énergie perdue à refuser de se rendre compte d’une réalité que le Mouvement wallon a clairement démontrée depuis plus d’un siècle maintenant. Il y a plusieurs peuples qui sont piégés sur un même territoire. Alors qu’une solution simple et équilibrée, préservant les choix d’avenir existe dans l’immédiat.

 

Beaucoup de commentaires laissés sur ce blogue reprochent aux citoyens de ne pas se rendre compte de ce qui se passe. Mais comment leur en vouloir, si ceux qui doivent, non pas les représenter, mais les informer ne font pas leur devoir ?

 

Comment, sans passer par eux, faire connaître ou faire prendre conscience de l’ampleur de la manipulation des foules ?

Non, il n’y a jamais de prise de recul par rapport à la réalité révélée. Les schémas caricaturaux (*) sont plus pratiques et donnent bonne conscience. Ils sont simples à manier. La plupart des dirigeants acceptent l’idée que le public est trop idiot pour comprendre une réalité toujours jugée complexe et surtout décrite comme telle. Puisque ce même public fera toujours nécessairement des impasses sur ce qui le concerne directement et apparemment le moins. Il restera à lui distiller des schémas prémâchés qu’il n’aura plus qu’à avaler.

 

Ce sont des minorités qui font ou faisaient bouger les choses. Hélas, chez nous, depuis la prise du contrôle des médias par les partis l’impossibilité légale (et de fait) de concourir au jeu démocratique, les minorités ne parviennent plus à se faire entendre.

 

Attendons-nous donc à des propos lénifiants et simplificateurs dès que la phase actuelle de dramatisation sera terminée et qu’un accord équilibré provisoirement définitif nous sera vendu – à « notre »grand soulagement. Prolongeant l’existence d’une certaine Belgique. Le « préformateur » se muant en un.. prolongateur. A moins que... Di Rupo n'ayant intégré que la séparation est ineluctable 
et  joue le jeu en faisant sembant d y croire encore pour laisser l'initiative de la rupture aux Flamands et negocier la separation tout en restant officiellement  demandeurs de rien. Vous y croyez, vous ?

 

 

(*) Curieux paradoxe, non ? Ils sont organisés sur base communautaire, mais sont ou seraient, ou encore se diraient (en tous cas dans leur dialogue avec les Flamands) plutôt partisans de régions… Et en tous cas, Ils se présentent comme les défenseurs des régions de Bruxelles et de la Wallonie. N’y aurait-il pas là des arrière-pensées ?  Quand on sait que par ailleurs ils rêvent depuis longtemps d’une mini-Belgique continuée composée de Bruxelles et de la Wallonie … Oubliant par là le caractère bilingue de Bruxelles où les Flamands bruxellois sont aussi chez eux. Calcul politique ? Ou bien ne se présentent-t-ils en régionalistes que - seulement - pour défendre Bruxelles ? Lisez ceci qui montre bien que le souci régionaliste actuel n'est que de façade

 

(**) Les Wallons sont paresseux, les Flamands travailleurs, les francophones opprimés, la Wallonie « rouge » en déficit, la Flandre riche et bien gérée, le fédéralisme est un échec, le confédéralisme est le fédéralisme des cons, la sécurité sociale belge est une des meilleures du monde… et j’en passe. Vous en voulez encore ?

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 13:14

Annoncé dans "De Morgen" puis mis sous le boisseau par le préformateur, le coup de la scission des allocations familiales est un coup de maître pour les Flamands.

Du point de vue flamand, l'appartenance à une communauté est indissociablement liée à l'appartenance à une Région, la seule exception étant basée sur les choix linguistiques des habitants de la Région bilingue de Bruxelles.  Cete matière communautarisée, les « néo-Flamands bruxellois » risquent de se révéler nombreux demain. Les populations les plus faibles économiquement (mais pas seulement elles)  vont évidemment se précipiter pour se déclarer néerlandophone pour avoir droit à des prestations sociales plus élevées. Comme c’est déjà le cas dans d’autres domaines comme le sport amateur.

Il est à noter que cet accord de principe ne date pas d'hier : les « Francophones » ont déjà dit à maintes reprises dans le passé être prêts à discuter de la scission des allocations familiales. Sans qu'il y ait eu- jusqu’ici - toutefois d'accord qui se dessine sur les modalités de la scission.

 

Le Morgen qui diffusé l’information nous informe également que « le financement fédéral se poursuivrait, mais une partie des allocations seraient régionalisée ou... communautarisée ». Le principal point de discussion porte en effet sur le niveau des compétences: la N-VA veut transférer les allocations familiales vers les Communautés. Comment vont réagir les partis francophones ? Régionaliser pour ne pas exclure Bruxelles ? Ou céder ? Le silence imposé par Di Rupo est un signe.

  

Toujours pour la presse, la scission des allocations familiales doit faire partie d'un grand « paquet » visant à réformer l'Etat. Curieusement, on ne parle pas (encore ?) du tout des pensions, domaine dans lequel la Wallonie est contributrice nette aux recettes de la sécurité sociale. Il y a plus de retraités en Flandre qu'en Wallonie où la vitalité démographique est comparable à celle de la France. Vitalité qui est une des plus grande d’Europe.

En d’autres termes, si on maintient le régime des pensions dans le fédéral, ce sont les Wallons qui vont supporter majoritairement les retraités de Flandre.

C’est un risque, rappelons nous la lamentable négociation sur le refinancement des Communautés qui n’a pas tenu compte des projections démographiques et qui a mis l’enseignement à Bruxelles et en Wallonie dans une situation financière intenable. A un point tel que la Wallonie a du venir au secours des Institutions bruxelloises. Ce qui risque d'être le cas égalment demain pour les allocations famillialles.

 

Les Flamands travaillent sur une base communautaire. Il en va curieusement de même du parti pourtant bruxellois FDF... Et, hélas, par contagion, ces alliés objectifs, entraînent les partis "dits francophones" sur le même terrain. Il suffit de lire les conclusions lamentables du groupe de réflexion initié par Arena en son temps. Groupe dit « Busquin-Spaak » dont je parlais ICI

 

La seule façon de leur résister efficacement, c'est d'organiser au plus tôt les partis politiques à Bruxelles, en Wallonie et en Région de langue allemande sur base régionale.

Tant que des structures wallo-bruxiennes comme PRL, le MCC, Ecolo, le PS, le CDH etc... continueront à fonctionner sur base communautaire - comme les Flamands - il n'y aura de solution gagnante que pour ces derniers. Et hélas, je ne pense pas qu’ils vont évoluer. La tendance lourde a plutôt été de marginaliser systématiquement les régionalistes.

Pourtant, les acquis les plus positifs du fédéralisme ont été le fait des revendications régionalistes.

 

Plutôt que la poursuite d’un fédéralisme (ou un confédéralisme ne jouons pas sur les mots) déséquilibré et conflictuel, la meilleure solution à court terme serait une vraie réforme de l’Etat Belgique en quatre Régions libres et égales en Droits, libres de s’associer deux à deux ou avec d’autres Etats voisins. Mais pour ça, il faut sortir de la logique communautariste.

 

PS : Je partage complètement l'avis de Robert Collignon publié dans la DH de ce dimanche : http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/319180/plutot-que-le-senat-supprimons-la-chambre.html

 

(*) Si la Wallonie dépendait du régime social français, comme nos structures de population sont voisines, on pourrait imaginer une amélioration des prestations au titre de la branche famille, car les prestations françaises pour cette branche sont très généreuses (ce qui explique le dynamisme démographique).

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 18:44

On le sait, le système électoral belge est biaisé par « l’handicap » accordé aux partis sortants. Tout le monde n’est pas égal, loin de là.  Tant pour le financement que pour l’accès aux médias.

Il n’y a pas de remise à zéro des compteurs entre chaque élection comme dans les pays démocratiques voisins. En conséquence, un parti unique avec quelques tendances à peine discernables fait que le pouvoir n’est plus révocable en Belgique.

 

Mais il y a mieux… ou pire, c’est selon !

 

Les ministres européens des Finances ont non seulement créé hier soir à Luxembourg de nouvelles sanctions contre les pays trop endettés (il s’agit évidemment là de renforcer le pacte de stabilité) mais surtout de faire examiner leurs projets de budgets nationaux, au préalable, par l'UE. Et ce, avant adoption conforme par les Parlements nationaux.

 

D’après Herman Van Rompuy (président de l'Union faut-il le rappeler ?), ces sanctions interviendront plus tôt, même lorsque la limite actuelle de 3 % du PIB n'est pas encore dépassée. Elles pourraient être décidées si un pays dont les comptes dérivent n'a pas respecté les mises en garde de ses partenaires, ou bien si le niveau global de sa dette gonfle trop vite….

 

Il s’agit d’une décision d'autant plus historique que le budget, c’est le cœur de la souveraineté économique pour chaque pays, alors même qu'ils ont déjà abandonné leur souveraineté monétaire…

 

Le temps n’est-il pas venu d’envisager la suppression pure et simple de la Chambre des Députés et du Sénat ? Entre les présidents de partis qui décident de tout et l’Union européenne… A quoi vont-ils encore vraiment servir ? De presse-boutons ?

 

Bien loin de la sagesse des anciens, le système électoral belge ainsi de les transferts de souveraineté par la primauté donnée à l’Union européenne (et à qui précisément ? A la Commission de Bruxelles ?) me paraissent en contradiction avec au moins quatre articles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, base de tout notre corpus législatif.

Article 3 - Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Article 6 - La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ces yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Article 14 - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

Article 15 - La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 06:54
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 12:05

« Amnésie et prurit volontaires»… autant dire une forme d’hystérie. Cette névrose se caractérisant par des troubles du comportement dont le malade est conscient, mais qu'il ne peut dominer. Le psychiatre Charcot disait que c’était une maladie de l'imagination. Pour le sujet hystérique cette affection lui permettrait de retirer un certain bénéfice direct et frauduleux.

 

La presse et le monde politique « francophones » unanimes déclarent que le refus de nomination des candidats bourgmestres périphériques par le gouvernement flamand est une première dans l’histoire de ce pays… Appelant en même temps au calme et à la modération puisque Jean-Luc Dehaene devrait sortir prochainement des propositions concernant - mais pas seulement - l’avenir des communes flamandes à facilités de la périphérie flamande de la région bilingue de Bruxelles.   

 

Alors que la décision a été prise par un gouvernement dont on sait que l’unanimité est la règle de fonctionnement, on glose beaucoup sur le dérapage verbal d’Olivier Maingain qui qualifie les pratiques de la seule N-VA de « dignes de l'Occupation allemande (…) où l'on désignait les bourgmestres parce qu'ils étaient les alliés de l'occupant »… Le même ajoutant : « La N-VA tombe ainsi le masque et démontre qu'elle n'est pas un parti démocratique, qu'elle est incapable de respecter la démocratie locale. »…

 

C’est un peu court (que je sache, il y a unanimité du côté flamand sur la décision endossée par Monsieur Bourgeois) et surtout faire peu de cas de l’Histoire récente… Faut-il rappeler que le 30 septembre 1986, la nomination de José Happart comme bourgmestre a été annulée par la quatrième Chambre unilingue flamande du Conseil d'Etat en vertu de la loi sur l'emploi des langues dans l'administration. Dois-je ajouter : au grand soulagement du gouvernement de l’époque. Même si le contexte a changé, il y a une forme de jurisprudence administrative en la matière puisque c’est pour des raisons identiques que les ministres de l’intérieur successifs des deux derniers gouvernements flamands ont pris la même décision.

 

Petit rappel du contexte de l’époque :

Suite aux nombreuses « promenades » et aux méfaits perpétrés par les membres du TAK et du VMO de 1978 à 1982, José Happart se présente aux élections communales du 10 octobre 1982 sur l’unique liste wallonne, « Retour à Liège ». Ayant reçu le plus grand nombre de voix de préférence, il est proposé comme bourgmestre. La nomination de José Happart comme bourgmestre par le Roi (en réalité le gouvernement belge et plus particulièrement son ministre de l’intérieur)  le 4 février 1983, mais ne prévoit son entrée en fonction le… 31 décembre 1983. Le temps nécessaire pour que la Chambre flamande du Conseil d’Etat destitue José Happart de son mandat, estimant sa connaissance du néerlandais insuffisante. Arguant du fait que la loi communale n’impose aucune connaissance linguistique particulière, José Happart rejette toute forme d’examen linguistique. C’est ainsi qu’entre le 13 octobre 1986 et le 15 octobre 1987, on assistera à 9 tours de ce qu’on a appelé le « Carrousel fouronnais ».

Grâce à la résistance des courageux habitants des Fourons, il y aura un accord sur l’application de l’article « 107 quater » de la constitution permettant à la Région bilingue de Bruxelles capitale d’exister. L’accord de gouvernement enfin conclu, autour d'un nouveau programme de réforme de l'Etat qui associe le CVP, le PS, le SP, le PSC et VU, les partis francophones qui obtiennent un large accroissement des compétences des régions et des communautés sont toutefois obligés de sacrifier leur base wallonne la plus radicale. José Happart ne sera jamais bourgmestre et les Fourons abandonnés à leur sort. Dans ce délicat dossier fouronnais - symbolique pour les Flamands autant que pour les Wallons, mais pas moins pour eux - pour peu de satisfaction obtenue quant au droit des personnes, les partis « francophones » ont largement capitulé quant au principe fondamental de l'appartenance wallonne et du droit des élus. Malgré ça, c'est avec une confortable majorité que les Socialistes décident d'approuver l'accord de participation. Avec le vote le vote du 107 quater, et même si la région de Bruxelles- Capitale est plus que jamais strictement limitée aux dix-neuf communes, les Wallons en paient encore le prix fort en terme de renoncement (*) !

Certes, aujourd’hui, ils sont moins confrontés à la brutalité physique de l’époque (**), mais bien depuis lors, plutôt à une violence politico-administrative impitoyable, d’autant plus depuis le changement de majorité « ethnique »  obtenue grâce à la favorisation d’une forte immigration hollandaise. Permettant d’assister là à un phénomène d’épuration ethnique douce qui ne fait pas la une des journaux de la capitale…

La situation des Fourons est différente de celles des communes à facilités de la périphérie de Bruxelles, faut-il rappeler que les premières étaient situées en province de Liège avant 1963 et que c’est grâce à (ou plutôt à cause de…)  la conjonction d’un vote d’une majorité d’élus flamands et bruxellois contre une minorité wallonne et d’arrière pensées électorales du parti socialiste de l’époque qu’elles ont été transférées (annexées serait plus juste) au Limbourg. Quoi qu’on pense du sort et du choix qu’ont fait ceux qui ont décidé d’y résider depuis 1963, date di clichage de la frontière linguistique, les communes de la périphérie, elles, n’ont jamais fait partie de ce qui deviendra la Région de Bruxelles. Ces propos n'impliquent aucune rupture de la solidarité que nous, Wallons, manifestons avec les habitants de ces communes comme c'est d'ailleurs le cas pour les autres peuples d'expression française dans le monde. J'aimerais personnellement que cette solidarité ne soit pas à sens unique, mais ça, c'est une autre histoire.

(Pour eux que ça intéresse, vous trouverez un petit résumé plus détaillé en réponse à un commentaire de ce billet (http://www.claude-thayse.net/article-10851206-6.html) ).

 

On sait peu de choses de ce que seront les propositions Dehaene. Sauf qu’il consulte, en toute discrétion, les responsables des différents partis représentés au Parlement fédéral. La récente sortie de Maingain dont je ne doute pas qu’il soit très bien informé en sa qualité de vice-président du MR -  et on sait qu’il ne veut pas d’une scission de BHV qui lui ferait perdre une majorité de ses électeurs - montre que cette scission est bel et bien prévue dans le cadre de la solution négociée qui devrait être proposée.

Malgré les rodomontades de certains, le sauvetage provisoire de la Belgique semble bien être à ce prix… sans doute !

 

Le climat politique va se réchauffer. Voilà qui va peut-être ouvrir les yeux de ceux qu’ont assoupis les discours lénifiants de la belgitude...

Ce sera aussi peut-être le moment de rappeler ce que disait en 1986 le sénateur carolorégien André Baudson « si les Wallons ne peuvent changer l'Etat, ils devront changer d'Etat »…

 

 

(*) Il faut reconnaître que par ailleurs, l’accord de gouvernement accouche de transferts impressionnants de compétences et de moyens financiers réalisés dans le cadre de la nouvelle révision de la constitution. La Wallonie, dont le budget fait un bond de 34 à 87 milliards, dispose dorénavant de la maîtrise de ses travaux publics, de ses communications (excepté la Sabena et la SNCB) et assume la tutelle sur ses communes. Le Fonds des Communes et le Fonds des Provinces sont transférés aux régions, ainsi que les programmes de résorption du chômage et les cinq secteurs économiques restés nationaux. Des accroissements de compétences sont prévus en matières agricole, énergétique ainsi que de relations et commerce extérieurs. L'accord gouvernemental prévoit aussi que, dans une phase ultérieure, les compétences résiduaires devront être accordées aux régions et communautés tandis que les conseils régionaux devront être élus directement et séparément… En effet, le rapport entre les ressources propres de la Région wallonne et les transferts par dotation venant de l'Etat central s'est inversé catégoriquement à l'occasion de la mise en oeuvre de la Loi spéciale du 16 janvier 1989 organisant le nouveau régime de financement des dépenses régionales. Dès lors, au moment où sa dotation passait de 25 à moins de 19 milliards de francs, la Région multipliait ses ressources propres par dix en les accroissant de 5 à 66 milliards. Cette situation est la conséquence de l'application du principe de responsabilité financière qui se traduit par le recours aux ressources propres localisables de la Région (accès à l'impôt des personnes physiques et droit de lever des impôts régionaux). Ainsi, la Wallonie dispose, avec ses transferts de compétences, d'une virtualité d'action plus grande.

Mais le combat est loin d’être terminé. Si la concrétisation de l'article 107quater permet la création de la Région bruxelloise (et on ne rappellera jamais assez que ce combat politique largement mené par les Wallons), il provoque un changement profond de l'équilibre de la Communauté française de Belgique mise en place par la Loi du 15 juillet 1971 qui ignorait et ignore encore la Wallonie ( A l'époque, la revendication wallonne d'existence officielle des régions n’ayant pas encore été rencontrée). Je voudrais terminer cette note en citant le Professeur Quévit qui en 1982, dans son livre « La Wallonie : l'indispensable autonomie », considérait que « le vote de l'autonomie culturelle, loin de contribuer à l'expression d'une culture wallonne propre », l'avait, « au contraire un peu plus étouffée encore ».

Cette institution est devenue inutile depuis le 9 janvier 1989, c'est-à-dire depuis que Bruxelles dispose de son autonomie régionale.  Il serait bon de le rappeler aujourd’hui qu’un débat est lancé sur l’identité wallonne.  

 

(**)Souvenons-nous des hordes flamandes « protégées » par les gendarmes qui n’hésitaient pas à gazer les habitants qui ne faisaient que défendre leurs droits et leurs biens. Cette attitude officielle, cautionnée par les autorités belges s’apparentait bel et bien à une occupation par une armée étrangère.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 12:30

La presse nous annonce ce matin que la commune de Linkebeek a introduit un recours au Conseil d’Etat en suspension (et surtout en annulation !) visant à casser les permis d’urbanisme délivrés pour les projets RER en Flandre au prétexte qu’un vice de procédure viole la législation flamande en la matière. Il aurait fallu modifier le plan de secteur pour permettre le dédoublement des voies… Soit !

Il est curieux que ce soit la seule commune à avoir réagi. Située en Région flamande, dans la grande banlieue de Bruxelles, elle a, en effet, relativement peu de choses à gagner au passage du RER sur son territoire. Par contre en en retardant la construction, elle permet aux riverains de ne pas être dérangés pendant la construction. Si c’est ça l’objectif on peut éventuellement le comprendre à défaut de l’admettre. L’intérêt électoral local immédiat passant souvent avant l’intérêt général pour des politiciens locaux.


La chose se complique quand on sait que le candidat bourgmestre désigné par la majorité du Conseil communal de cette commune est un de ceux qui n’ont pas été nommés parce qu’ils auraient violé cette même  législation flamande !  On n’en est même plus là, à l’intérêt local, mais à l’intérêt personnel ?


Alors ? Mesure de rétorsion ? Vengeance ? Curieux, en tous cas, d’autant plus que toutes les mesures de conciliation entre INFRABEL et la commune ont échoué. Comme l’exprime le dit candidat bourgmestre de Linkebeek, Damien Thiéry (FDF), Infrabel aurait « essayé de persuader » les autorités communales de retirer leur recours, mais « en vain » ajoute t’il. En tous cas, sa formulation est indicative de l'esprit dans lequel il aura participé à la négociation...


C’est ce Damien Thiéry qui est également un des promoteurs les plus pointus de la politique d’annexion du Brabant wallon à la Région bilingue de Bruxelles. Si le conseil d'Etat suit l'avis de l'auditeur, la finalisation du RER - déjà très en retard - sera encore reportée de 3 à 5 ans en Wallonie pour les lignes qui passent par Linkebeek… Soit celles en provenance de Nivelles, de Braine-le-Comte et Louvain-la-Neuve ! Bel exemple de mépris pour les navetteurs qui attendent ce RER depuis des années.


Comme on pense et l'applique depuis toujours au CD&V (et semble-t-il également au FDF) : « Solidarité bien ordonnée commence par soi-même »… Les navetteurs wallons, déjà victimes de la centralisation à la belge, seront évidemment encore les tout premiers pénalisés dans un conflit qui ne les concerne pas. Une raison de plus pour demander d’approfondir le processus de régionalisation (pour ne parler ni d’autonomie, ni de rattachisme).

En tous cas, ce n'est pas demain que cette commune pourra revendiquer de porter le nom de « Linquebecques »…  comme je l'avais proposé un jour dans un élan de lyrisme...


Espérons que le Conseil d’Etat fasse preuve de bon sens et favorise l’intérêt général.


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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 17:21

L’édito « De la fragilité du nouveau profil d’Yves Leterme… » de Martine Dubuisson semble avoir été écrit en toute bonne conscience, comme si elle détenait une vérité révélée, presque paroles d’évangile. Le temps m’a manqué pour réagir à cette extraordinaire négation des acquis institutionnels et ce mépris pour les hommes et les femmes qui à leur niveau, tous les jours se battent pour faire connaître et reconnaître la Wallonie.

Dire que Leterme a eu tort de ne pas prononcer « qu’ au-delà de 500 km, les Régions ont tout intérêt à faire valoir au maximum la marque Belgique » est l’indice d’une inculture consternante.

 

Constatons simplement que même chez-nous, en Wallonie, beaucoup n'acceptent pas même simplement la Belgique fédérale, faisant preuve par là d'un grand aveuglement. Certes se basant sur certains raisonnement, une inculture historique ou encore une cécité partisane, (suivez mon regard !), on peut imaginer que certains puissent à la limite même détester la Wallonie. Mais personne ne pourrait dire qu'il ne faut pas la rendre plus démocratique, ce qui, par définition, la ferait aimer davantage. Montaigne disait déjà cela : l'amour du pays, c'est l'amour de sa coutume, soit ce qu'Habermas appelle le patriotisme constitutionnel qu'on croit être un rapport froid avec le pays, mais nous savons que ce n'est pas le cas. Nous qui avons reçu la Wallonie en héritage.

 

José Fontaine a réagi avec justesse, talent et inspiration et je pourrais faire miens les mots qu’il a utilisés et que je viens de découvrir. Je vous invite à lire sa réaction. Je la partage complètement. Elle est semble-t-il complétée par un article dans la revue « Toudi », mais le lien ne semble pas fonctionner au moment où j'écris ces lignes...

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 12:05

Tiens donc ? La RTB(f) radio nous annonce que les Tec Hainaut suppriment les trois lignes de bus créées, depuis Mouscron, Ath ou Blaton (tiens, le Hainaut occidental, fief de Demotte) il y a un an pour relier la Wallonie à la Flandre afin que des chômeurs wallons puissent travailler en Flandre.

Supprimées au motif qu’elles ne sont pas assez rentables... (Entre 14 et 23 personnes transportées par jour et surtout des écoliers…)

 

Souvenons-nous. Suite à une grande campagne flamande à propos de chômeurs wallons jugés « trop paresseux » que pour aller chercher de l’emplois en Flandre qui manquait à l’époque de travailleurs qualifiés, le gouvernement wallon, sous l’impulsion de Rudy Demotte, ce grand admirateur des Flamands, victime du virus de pensée bien implanté depuis les années ’60 par la propagande belgo-flamande avait saisi la balle au bond sans réfléchir que les emplois à pourvoir en Flandre étaient les mêmes que ceux qui n’étaient déjà pas pourvus en Wallonie par manque de travailleurs qualifiés locaux.

 

Le flop était donc bien prévisible (j’en ai parlé à l’époque dans plusieurs billets dont celui-ci). Les travailleurs wallons pourvus d’un emploi n’allaient pas le quitter pour « s’exiler », le bon sens exigeant de ne pas lâcher la proie pour l’ombre. La crise économique leur a donné raison.

Plutôt que de céder bêtement aux sirènes de la propagande flamande, il faudrait plutôt mettre l’accent sur des formations vraiment qualifiantes pour les demandeurs d’emploi. Formations répondant aux besoins des entreprises wallonnes. Là, on pourrait enfin parler de « bonne gouvernance ». Mais pour ça, il faudrait simplifier les structures et rapatrier à la Région wallonne les compétences de la Communauté française et du fédéral en la matière. (lire ici une analyse de la nocivité de ce système institutionnel pour la Wallonie)

 

Prochainement, c’est la ligne entre Jodoigne et le zoning industriel d’Haeren (près de Louvain-Leuven) qui devrait être supprimée pour les mêmes raisons.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 12:02

Le sondage trimestriel de « La Libre » vient de sortir. Aucune surprise évidemment.

 

Les quelques modifications de pourcentages en plus ou en moins pour les partis traditionnels (ou les « personnalités politiques) ne sont que le signe de la notoriété de ceux-ci. C'est-à-dire qu’il y a une corrélation certaine entre les nombre d’articles dans les médias et la notoriété (et non la popularité) qu’e ces sondages leur attribuent.

 

C’est à la fois banal et injuste. Si pas cruel. Le pouvoir d’influence des journaleux (j’ai une autre opinion, beaucoup plus élevée du rôle et de l’éthique des journalistes) est donc considérable.

 

Un exemple, le « FN » et le nouvel avatar de la droite extrême : le « PP » de Modrikamen, Aernouldt et consort. On les crédite de plus ou mois 3 % ses intentions de vote… Qu’en aurait-il été si la presse n’en avait pas fait ses choux gras ? Tout ça me rappelle l’énorme battage médiatique qui a été fait autour du CDF ou LiDé en leur temps. Les journaleux qui se sentent une âme de politologues choisissent ainsi une formation qui pourrait peut-être compter un jour sur l’échiquier politique et lui font de la publicité, augmentant leur notoriété et les faisant monter dans les sondages.

Finalement, c’est assez anti-démocratique. Quand on y pense. Seuls on une chance de défendre leur programme, quand ils en ont un, comme les partis en place –qui ont eu la chance d’exister avant la réforme du système électoral interdisant de fait toute modification du paysage politique par l’irruption d’un nouveau parti démocratique grâce au seuil de 5 % des voix – et ceux qui, programme démocratique ou pas, ont la faveur des médias. Ce qui a été le cas du CDF, du « FN » (merci à Le Pen !), de « Vivant », de « LiDé » et maintenant de l’ultra populiste « PP » (merci aux petits actionnaires de Fortis !) qui se font connaître à coup de gros moyens financier…  Mais évidemment, pour la presse du régime, il vaut mieux parler de choses qui ne risquent pas de mettre en difficulté la survie d'un pays auquel elle doit son existence à moyen terme comme l'insécuriité ou la peur les excès (bien réels) du monde religieux. Ce n'est pas le cas des (vrais !) problèmes communautaires qui sont systématiquement minimisés, si pas ignorés et qui pourtant nous coûtent très cher. Et ne parlons pas du rattachisme ou même de la séparation de la Wallonie d'avec le reste, comme Jacques Etienne l'a fait il y a quelques jours. Et qui en a vraiment parlé d'ailleurs, tout bourgmestre (maire) de la capitale wallonne qu'il soit  ?
  

La démocratie, c’est la possibilité d’une alternance du pouvoir. En Belgie-que « francophone », il n’y a plus d’alternance possible… Les sondages réguliers participent de cette volonté de stabilité politique.

Et en prime, un beau billet de Charles Bricman : Un baromètre qui n’apprend pas grand-chose

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 06:00

Le jugement  rendu par le tribunal correctionnel de Bruxelles dans l’affaire des fraudes colossales de la KB-Lux est peut-être légal, mais il est illégitime.

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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- Message improvisé pour les législatives de 2007
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- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
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- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
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La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

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