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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 17:29

Le Cercle républicain publie un communiqué  de presse à l'occasion de la fête du roi.
Si je  ne partage pas tous ses engagements, en particulier en matière institutionnelle,  je me retrouve complètement dans ce message. En voici le texte :

Le Cercle républicain s’étonne de ce que le parlement fédéral ait choisi d’organiser, le 15 novembre prochain, une cérémonie en l’hommage de Baudouin Ier, sur le thème « L’engagement d’une vie pour une société plus harmonieuse », et ce à l’occasion de la fête du roi.
Si le roi Baudouin fut sans conteste un roi engagé, le Cercle républicain rappelle que cet engagement fut à maintes reprises plus religieux que citoyen, et que, tout au long des débats sur la dépénalisation de l’avortement, le roi multiplia les tentatives de faire avorter le projet de loi au nom de sa conscience chrétienne, à tel point que la promulgation de la loi ne fut possible que grâce au viol de la Constitution.
Le Cercle républicain rappelle également que tout au long de son règne, Baudouin Ier a posé des choix qui ne témoignaient pas précisément de son souci de l’harmonie, sauf à considérer qu’une société plus harmonieuse passait par l’élimination de Patrice Lumumba et le soutien inconditionnel à Mobutu, Juvénal Habyarimana ou Franco.
Que le Parlement rende un tel hommage à Baudouin Ier sonne dès lors amèrement à l’oreille des citoyens épris de démocratie.

Nadia Geerts, Présidente du Cercle républicain
www.crk.be

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 12:25

A l'heure où on le voit, les négociations sur la réforme de l'Etat s'engagent suivant la vision flamande (au départ d'une feuille blanche !), puisque communautaire et non régionale, tandis que certains (politiques ou polémistes) fondent leur communication sur des propos populistes, d'autres réfléchissent et avancent des pistes.

Dans le cadre des travaux faisant suite à l'appel à la réunion d'Etats généraux de la Wallonie, le professeur Michel Quévit, nous fait parvenir cette réflexion personnelle sur les acquis du système institutionnel belge actuel et sur ses perspectives d’avenir dans le contexte des négociations en cours sur la réforme de l’Etat belge.

Cette analyse remarquablement didactique, comme toujours dans son chef, se concentre sur trois objectifs :
- identifier les acquis et la valeur ajoutée du fédéralisme belge en rapport avec l’enjeu du confédéralisme ;
- formuler quelques suggestions en faveur d’une réforme de l’Etat réactualisée et élargie ;
- engager une réflexion plus prospective sur les relations entre Bruxelles et la Wallonie dans l’hypothèse d’une éventuelle séparation de la Belgique. 

Comme il l'indique, il va de soi que cette réflexion n’épuise pas toutes les implications de cet enjeu  fondamental.Miche Quévit exprimant son choix personnel.
Néanmoins, elle contribuera certainement à éclairer le débat actuel. Michel Quévit m'ayant donné l'autorisation de diffusion, lisez-là
ICI en primeur 

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 06:24

Jacques Attali vient de publier sur son blog et sous le titre : "La Wallonie Francaise ?", le billet suivant. Certes, il y a quelques approximations (il y a bien un gouvernement - je pense que ce billet date de juillet -  et écrire que la Wallonie n'est pas viable montre que la propagande belgo-flamande est très efficace... Mais passons...) , mais le dernier paragraphe mérite votre intérêt.

Une fois de plus, le gouvernement belge est tombé ; et  les partis flamands, lancés dans une surenchère entre eux avant les  prochaines élections , avancent des exigences d'autant moins acceptables  que, pour beaucoup de Flamands, un refus wallon serait une bonne nouvelle,   précipitant la naissance d'un Etat flamand, ni belge, ni néerlandais.  

La goutte qui pourrait faire déborder le vase est la question des 6 communes dites «  à facilités  linguistiques » limitrophes  de Bruxelles. Elles sont  géographiquement incluses  en Flandre  mais pas linguistiquement  : alors Bruxelles est à 85% francophone,  les communes  voisines  le sont aussi   ; deux d'entre elles,   Linkebeek et Rhode St Genèse , le  sont  même à  70 et  88%. Or, les  Flamands veulent inclure ces 6 communes  dans leur unilinguisme.  Cela y  entrainerait   la fermeture des écoles francophones, quand elles existent,  la fin du droit de vote en faveur de partis francophones,  et  la fermeture des services publics et judiciaires  dans la langue de Molière. Déjà,  trois   bourgmestres  francophones  de ces communes se voient refuser le droit d'entrer  en fonction bien qu'élus au suffrage universel, parce que  la  Flandre  refuse de confirmer le vote.  Si les Flamands  tentent  ainsi  d'imposer aux francophones  voisins de Bruxelles de vivre en flamand, et considèrent Bruxelles comme leur seule capitale,  les  Wallons   ne pourront l'accepter et cela en sera fini de la Belgique. 

 La Belgique  est un grand acquis de l'Histoire : comment espérer en  l'unité  de  l'Europe si  s'effondre celle de la Belgique   ? Mais la situation en arrivera  peut-être  bientôt à un point de non-retour ; et les  Wallons, comme les Bruxellois,  doivent  savoir ce que fera la France  s'ils décident de rompre avec la Flandre, ou si la Flandre  divorce : soutiendra-t-elle  encore une Belgique devenue imaginaire,  ou une Wallonie non viable ?

A mon sens, sans faire campagne pour le rattachement de la Wallonie,  la France devra bientôt dire publiquement  que,  si, par malheur, la Belgique venait à se défaire, cela pourrait etre  de son intérêt    d'accueillir  la Wallonie et de voir accorder à  Bruxelles un statut de district  européen, indépendant de la Flandre. Le prix à payer pour la France  serait surement plus faible que ce que cela lui  rapporterait, ne serait-ce que par l'augmentation  de  ses droits de vote dans les institutions européennes.  C'est un beau débat. Qu'il commence !!!!! 
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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 05:19

 Joseph HENROTTE, ancien directeur au  CESRW, ancien responsable du service d’études de la CCMB et ancien secrétaire politique du Rassemblement Wallon de l’arrondissement de Liège vient de publier le texte suivant. Même si je ne partage pas ses propositions, l'analyse qui les précède est un excellent rappel pour tous ceux qui "prennent l'Histoire en marche"...

Jusqu’il y a peu, les Flamands ne s’intéressaient qu’à l’« autonomie culturelle » pour lutter contre l’usage du français et se servaient avec allégresse de l’Etat Belge pour dépouiller la Wallonie de ses ressources et de ses emplois. Ils exigent à présent la régionalisation de toute l’économie, de la fiscalité et de la politique sociale...

 

La Wallonie en revanche, qui avait péniblement obtenu un début de régionalisation et  commençait enfin à relever son économie, ne veut plus rien régionaliser et s’accroche au statu-quo.

 

Quant aux Bruxellois ils continuent a s’imaginer qu’ils dirigent la Belgique et, en essayant de jouer sur tous les tableaux, n’en finissent pas de perdre.

 

La confusion est totale et les enjeux sont brouillés. On ne comprend plus.

 

Il serait temps que les francophones commencent à réfléchir pour voir où se trouvent leurs intérêts et à agir en conséquence face aux exigences flamandes de réformes institutionnelles.

 

En 1830 la Wallonie était déjà entrée de plain pied dans la révolution industrielle et disposait d’un potentiel de développement considérable. Elle doit en grande partie à la Belgique ses difficultés économiques actuelles. A peine débarassée de la tutelle hollandaise, elle a dû subir le centralisme bruxellois et la domination flamande sur la Belgique. Ce dernier point est très important pour comprendre la situation actuelle, c’est pourquoi, il est utile de s’y attarder quelque peu.

 

Le mécanisme de la domination flamande.

 

1°) La loi du nombre.

 

Le mécanisme est arithmétique. Les flamands représentaient 57%  de la population belge en 1920 date de l’instauration du suffrage universel des hommes. Ils avaient donc la majorité absolue des électeurs et une large prépondérance numérique dans les partis dominants (qui à cette époque sont encore unitaires). On peut dire que les démocrates et socialistes wallons, qui ont lutté pour  le suffrage universel pur et simple et l’accroissement du rôle de l’Etat, ont involontairement tressé la corde avec laquelle on les a pendus.

 

2°) La trahison de la bourgeoisie francophone,.

 

Le deuxième mécanisme est lié à la désertion progressive de la classe dirigeante wallonne et francophone. Largement délocalisée à Bruxelles par le centralisme financier et politique de la Belgique,  elle a  eu tendance  à se désintéresser de plus en plus du sort des Wallons. Ce désintérêt résulte de la mécanique politique : les Flamands dominent le Parlement mais ils savent se servir du français pour convaincre les francophones de leurs partis.

 

Quel est leur discours ? Dans le passé on a montré une Flandre rurale et sous-industrialisée, avec de nombreux chômeurs justifiant un  rééquilibrage et on a culpabilisé les francophones avec les pauvres flamands qui doivent venir travailler dans leurs champs et leurs usines. Aux catholiques (CVP-PSC) on a expliqué que les flamands sont quand même beaucoup plus chrétiens que les wallons et qu’il faut en tenir compte dans l’intérêt du parti. Aux patrons on a vanté des travailleurs flamands plus dociles, moins revendicatifs et surtout  moins socialistes. A tous les francophones on a fait comprendre que n’étant pas bilingues, ils sont inférieurs et doivent limiter leurs ambitions politiques. Il est incontestable que ce discours a bien fonctionné au point qu’on peut se demander quelle force politique défend encore les intérêts wallons ! Eh bien, à peu près personne, car même les socialistes ont été souvent plus préoccupés de se positionner  pour accéder au pouvoir que de défendre la Wallonie.

 

La conjonction de ces facteurs explique pourquoi le nationalisme flamand a toujours trouvé auprès des dirigeants francophones le soutien politique lui permettant de dominer l’Etat et d’assurer la prépondérance de ses intérêts. C’est  d’ailleurs dans ces milieux francophones bourgeois et dans les quartiers huppés de Bruxelles et de Wallonie qu’on a vu, pendant la dernière crise gouvernementale, le drapeau belge apparaître aux balcons et aux fenêtres. Certains n’ont encore rien compris.

 

L’intérêt économique de la Wallonie

 

L’histoire nous apprend qu’en matière économique, la Wallonie a tout à gagner de dépendre le moins possible des décisions de l’Etat belge.

 

En 1914, la Wallonie était la troisième puissance industrielle du monde. Cent ans plus tard elle est largement en dessous de la moyenne des 27 pays de l’Union Européenne. Pourquoi ? à cause du centralisme belge et de la partialité de l’Etat.

 

Les fondateurs de la Belgique, imprégnés de l’exemple français (de l'époque ndlr), nous ont donné une constitution instaurant un Etat très centralisé. Ils s’imaginaient que « l’union ferait la force ». En conséquence, la plus grande partie de la valeur ajoutée wallonne a été aspirée vers Bruxelles pendant 150 ans pour être mise à la disposition de la haute finance bruxelloise et de l’Etat belge. L’un et l’autre l’ont investi massivement en Flandre et se sont révélés de plus en plus indifférents aux intérêts wallons.

 

Le soi-disant « miracle économique flamand » résulte essentiellement de cette exploitation de type colonial exercée depuis un siècle sur l’économie wallonne par la haute finance bruxelloise et l’Etat belge. Prélevant systématiquement la plus-value wallonne ils ont scandaleusement favorisé la Flandre dans leurs investissements. Pendant un temps, certes, on pouvait parler de rattrapage et les Wallons y ont d’ailleurs souscrit, mais assez vite on s’aperçut que pour beaucoup de Flamands, il s’agissait bien d’appauvrir la Wallonie et d’affirmer leur supériorité.

 

Les nombreux responsables wallons qui se sont sincèrement préoccupés du sort des ACEC, de la FN, de Cockerill, de Clabecq, de Boël, de Glaverbel, du Val St Lambert, de Durobor, d’Intermills,  de Fairey, des ateliers de la Meuse, de CMI et de tant d’autres dossiers wallons d’entreprises en difficulté où on n’avait plus investi depuis longtemps et ceux qui ont tenté de développer les aéroports de Bierset ou de Charleroi, la gare routière d’Houdeng, de faire sauter le bouchon de Lanaye, de réaliser l’autoroute de Wallonie, d’électrifier et d’améliorer la dorsale wallonne et de tant d’autres dossiers … tous ces wallons se rappelleront les obstacles rencontrés, les barrages mis aux initiatives, les priorités contraires exprimées sans vergogne au niveau politique. C’était la conséquence directe de la domination flamande sur l’Etat. Quant aux « holdings » privés belges, longtemps dominants en Wallonie (Société Générale, G.B.L. et autres Sofina) ils consacraient plus d’énergie à flamandiser leurs cadres qu’a définir des stratégies de développement et, quand leur médiocre gestion leur permettait un investissement significatif, ils décidaient toujours de le faire dans le nord du pays.

 

Les grèves de 1960-61 étaient un appel au secours de la Wallonie. Cet appel n’a évidemment pas été entendu par les dirigeants belges, ni même, hélas,  par les travailleurs flamands. Elles ont cependant sonné le réveil politique des Wallons, qui, après un long combat, a débouché sur un début de « régionalisation » permettant aux wallons de décider eux-mêmes dans certaines matières, notament économiques.

 

Le résultat a été assez spectaculaire. Malgré des compétences gestionaires restreintes et des moyens financiers très limités, la région wallonne est petit à petit arrivée à réorienter ces  dossiers vers des solutions positives. Qui parle encore aujourd’hui de Glaverbel, de Cockerill, de CMI, de Duferco, de la FN, d’Alstom, d’AMOS, de Techspace Aéro ou  de la Sonaca, comme de canards boiteux qu’il aurait fallu fermer depuis longtemps ? C’est au contraire y investir qu’il aurait fallu faire depuis longtemps. Hélas, la Générale et De Saeger préféraient investir en Flandre.

 

Aujourd’hui, si on regarde  l’évolution des exportations, des créations d’entreprises, des  investissements belges et étrangers,  le développement des infrastructures ou de la recherche on constate une nette amélioration des résultats par rapport à l’époque de la Belgique unitaire. Si la régionalisation a permis, malgré une gestion assez médiocre, de sauver l’essentiel pour la Wallonie, il est clair qu’il faut continuer dans le sens de l’autonomie et surtout ne pas revenir en arrière.

 

L’existence de Bruxelles est un autre aspect économique important pour le développement wallon. Il est clair que si une métropole internationale comme Bruxelles pouvait cesser d’être un facteur d’aliénation pour devenir un soutien actif du développement de la Wallonie, cela renforcerait considérablement son potentiel économique. Bruxelles est de facto, la capitale économique de la Wallonie. C’est là que depuis longtemps sont concentrés le pouvoir économique et financier, les sièges et la direction des principales entreprises et nombre de ses élites culturelles et scientifiques ; c’est là que vivent ou travaillent un grand nombre de ses cadres dirigeants. Elle n’est pas par hasard à plus de 90 % francophone, car les Flamands y ont beaucoup moins sacrifié que les Wallons. Hélas, la capitale a longtemps exercé sa fonction comme une marâtre, exploitant Cendrillon. Depuis un certain nombre d’années, elle semble toutefois prendre conscience de la réalité du nationalisme flamand pour s’interroger sur son avenir et sur sa vraie fonction.

 

Une des clés de l’avenir est la suivante : que va faire la bourgeoisie francophone de Bruxelles ? Va-t-elle continuer à se bercer d’illusions en imaginant qu’elle est la classe dirigeante d’une Belgique mythique ? ou acceptera-t-elle de voir qu’elle n’exerce en réalité du  pouvoir que sur la Wallonie et qu’à ce titre elle est largement responsable de son déclin passé et de son développement futur ? Si la lucidité et le sens des responsabilités l’emportaient et si Bruxelles voulait  réellement devenir une métropole « wallonne », les conséquences pour eux et pour nous seraient considérables.

 

 

L’intérêt politique de la Wallonie.

 

La domination flamande a également eu de lourdes conséquences dans le domaine politique.

L’exemple le plus flagrant, dont on vit encore les conséquences aujourd’hui, est la façon dont a été « clichée » la frontière linguistique. Après le refus (non sanctionné) du recensement prévu par la loi , cette législation de 1963 a été un véritable coup de force politique flamingant. Seuls une dizaine de parlementaires wallons l’ont d’ailleurs votée. Son  résultat  a été l’annexion à la Flandre de nombreuses communes à large majorité francophone, comme les Fourons ou la périphérie, l’octroi de facilités linguistiques à des minorités flamandes de moins de 2% et le refus de ces mêmes facilités à des minorités francophones de plus de 30 % , des garanties exorbitantes de représentation politique accordées aux Flamands de Bruxelles mais des droits élémentaires refusés aux francophones de Flandres ; l’interdiction d’utiliser le français dans les églises, les entreprises, les conseils communaux, les marchés, l’expulsion de l’Université catholique de Louvain. Au plan administratif on peut citer les lois successives sur l’emploi des langues, les grandes campagnes de flamandisation dans l’armée ou la diplomatie, sans parler du système des compensations et des clés léonines de répartition des dépenses publiques, qui ont coûté des milliards à l’Etat et des miliers d’emplois aux francophones.

 

Enfin, je n’ai aucun respect pour les « parvenus », qu’ils soient socialistes ou  pas, et je trouve très dommageable pour ma région d’avoir des responsables politiques d’un niveau aussi médiocre. Mais à qui la faute sinon à la trahison des élites wallonnes qui se sont détournées de la Wallonie ; sinon à la haute finance bruxelloises qui a constamment joué la carte flamande ; sinon à la classe politique francophone qui s’est systématiquement déculottée devant tous les diktats flamands ? « On rentre dans les Wallons comme dans du beurre » disait Théo Lefèvre. Est-ce qu’un Wallon capable et ambitieux peut s’orienter  vers une fonction politique en sachant qu’il n’accédera jamais qu’à un rôle subalterne a moins de renoncer à défendre réellement sa région ? Si on en a vu hélas beaucoup trop prendre ce chemin peu glorieux, la plupart ont préféré d’autres métiers.ou se sont tournés avec succès vers des carrières internationales voire l’émigration. Les parvenus, eux, se sont contenté d’occuper sans gloire et avec des ambitions dérisoires le terrain laissé vacant. La pauvreté croissante de la région et le manque de perspectives ont ensuite  favorisé un clientélisme désastreux. Suis-je trop optimiste en estimant que sur ce plan là également la régionalisation a favorisé une amélioration ?

 

Il est temps maintenant de regarder l’avenir.

 

L’avenir.

 

Aujourd’hui, les nationalistes flamands sont en face d’une double réalité qui les amène à reconsidérer leurs objectifs :

-         ils n’ont plus grand chose à tondre sur le dos des wallons,

-         ils ne dominent plus aussi facilement un Etat belge devenu fédéral.

C’est pourquoi,  sous la pression du patronat,  ils réorientent leurs exigences institutionnelles vers le domaine socio-économique, revendiquant de nouvelles compétences et  la récupération des soi-disant transferts de la Sécurité Sociale. Le but avoué est de mener une politique de droite, néo-libérale avec allégement des charges sociales et fiscales des entreprises, flexibilité du travail, privatisations, limitation de la durée du chômage, etc.

 

Pour la Wallonie, ce projet anti-social est inacceptable, mais représente une occasion a saisir pour s’extraire encore davantage de la tutelle  flamande et pouvoir décider par elle-même. C’est également l’occasion d’exiger en retour des contreparties politiques et financières concrètes.

 

Je considère avec Philippe Moureaux que l’hypothèse confédérale voulue par les Flamands peut être bonne pour la  Wallonie, sous certaines conditions que je vais énumérer et qui devraient guider les négociations à venir :

 

*  Rectifier la frontière linguistique pour en faire une ligne de démarcation politique viable.  Pour cela il faut consulter la population des communes contestées (avec une minorité linguistique d’au moins 25%) sur la région à laquelle elles souhaitent appartenir. Ėgaliser le droit aux facilités de toutes les minorités. Assurer la liberté linguistique  dans tout le pays.

 

*  Imaginer une forme d’Etat Wallonie-Bruxelles sur base des deux régions, dans la ligne de la proposition Demotte-Piqué.

 

* Rendre la Belgique réellement paritaire. Transformer le Sénat  en  une vraie chambre des Etats et instaurer le principe de la double majorité pour toutes les décisions législatives confédérales.

 

* Rétablir la démocratie à Bruxelles en restaurant le principe « un homme, une voix » : supprimer les listes linguistiquement séparées, les quotas de représentation ou de présence dans les exécutifs sur base linguistique, tout en maintenant bien entendu la liberté linguistique et le caractère bilingue de la Région . Eventuellement, un système de sous-nationalités culturelles pourrait être envisagé pour autant qu’il n’entraîne aucune discrimination socio-économique ni politique.

 

* Revoir en profondeur les lois de financement en tenant compte des charges réelles. Prévoir une dotation spéciale pour la Wallonie en dédommagement des graves carences de l’Etat Belge dans le passé.

 

Enfin, pour améliorer l’image que les Wallons ont d’eux-mêmes et démontrer leur aptitude au bilinguisme, je souhaiterais que le nouvel Etat entreprenne une action spectaculaire et à long terme en faveur de la langue wallonne. On était déjà allé très loin, au début du XXème siècle dans la fixation de la grammaire et de l’orthographe wallonnes et depuis cette époque il y a eu en permanence des écrivains, des linguistes, des comédiens et même des humoristes wallons  pour entretenir la flamme. Certes il ne s’agit pas de remplacer le français auquel désormais, au prix de durs efforts, tous les wallons sont attachés, mais de permettre au grand nombre de se refamiliariser  avec la langue maternelle de ses aïeux. Ces dernières années ont montré un regain sensible de l’intérêt pour le wallon. Il serait utile de le valoriser.

 

Conclusion.

 

La Wallonie est comme une bonne fille qui a eu la malchance d’épouser un macho prétentieux et abusif, qui , après avoir fait main basse sur sa fortune, n’a cessé de la brimer et de la rabaisser,  en la confinant dans des tâches subalternes et en sabotant ses initiatives.  Malgré ce mauvais traitement, la pauvre fille a pourtant réussi à garder un caractère jovial, à rester ouverte et accueillante et à transmettre à ses enfants de belles et grandes qualités humaines. Tous comptes faits, notre petite Wallonie ne s’en est pas si mal tirée .

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 17:15
J'ai reçu ce texte engagé d'un réunioniste sincère, observateur assidu de l'évolution politique. Je le publie intégralement, il me plait bien. Merci Michel !
  
Souvenez-vous, il y a presque un an (27/03/2007), le Ministre-Président flamand, Yves Leterme (tiens !) enterrait de manière magistrale le principe de la vignette autoroutière après une visite aux Pays-Bas. Du côté francophone, André Antoine, ministre des transports,  parlait de trahison ! Michel Daerden quand à lui parlait de sacrifice des intérêts du pays (lequel ?).
Même l’Union wallonne des entreprises se demandait qui décidait de la politique en Belgique.
Dont coût pour la Région, 24 millions d’euros de rentrées escomptées.
 
Ce jeudi 06/03/2008en visite au Pays-Bas, Rudy Demotte, notre très bilingue ministre président wallon déclarait acceptable la création d’une taxe « intelligente » pour camions dès 2011 et en 2012 pour les voitures, se ralliant ainsi au point de vue défendu par la Flandre et par sa capitale, Bruxelles !
 
« Jusqu’à présent en Belgique, la Flandre y était très favorable ; plusieurs ministres bruxellois ont dit de même. Seule la Wallonie restait en retrait, tentant toujours d’imposer une vignette classique pour les camions. Le virage est donc notable, note Michel De Meulenaere dans le Soir de ce vendredi. « Si l’on ajoute le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Allemagne où le système existe déjà pour les poids lourds depuis plus de cinq ans, cela représenterait un espace et un trafic considérable au centre de l’Europe. Le principe ? Intégrer dans les véhicules une puce couplée à un GPS qui, par satellite, mesurait le nombre de kilomètres parcourus, mais aussi le type de trajet, l’heure à laquelle il est effectué et le type de véhicule hôte du système. A partir de là, les possibilités sont multiples: payer simplement le kilomètre, augmenter le prix aux heures de pointe, faire payer davantage lorsqu’il existe une alternative valable de transport en commun (une liaison ferroviaire, par exemple), etc. » 
« D’un coût modique, le système ne devrait pas alourdir la taxation sur les autos puisque la taxe de circulation serait supprimée. On ne paierait plus qu’à l’usage. Certains conducteurs qui choisiraient de réduire l’usage de leur auto verraient donc la facture diminuer. Et cerise sur le gâteau, un plus pour l’environnement et pour la mobilité espère les partisans du système.
Rappelez-vous, il s’agissait du même discours à propos de la libéralisation de la distribution du gaz et de l’électricité pour ne prendre que l’exemple le plus récent. 
  
Ainsi sur le papier, tout va pour le mieux. Oui mais voilà la Wallonie n’est ni la Flandre, ni Bruxelles.
Négligée, voir volontairement sacrifiée par la SNCB d’Etienne Schouppe, son ancien administrateur et actuel président du CD&V-NVA (!) son réseau n’a plus la densité d’autrefois, nombres de gares ont été vendues ou désaffectées et parmi celles qui restent, nombres d’entre elles sont délabrées. Ne parlons pas plus des kilomètres de voies qui non entretenues durant des décennies ne pourraient plus être remise en service sans des réparations trop lourdes et trop coûteuses pour notre région.
Son habitat dispersé, surtout dans le sud ne permet pas l’instauration hors agglomération de ligne de bus et de tram rentable (mot d’ordre actuel) en nombre suffisant  pour permettre une mobilité telle que l’exige notre époque.
 
Relevons également à ce propos le mot d’ordre du valet de la Flandre qui déclarait il y a peu de temps vouloir envoyer des chômeurs wallons travailler en Flandre. Sachant que les Tec ne desservent pas la Flandre et De Lijn la Wallonie, on leur promet bien du courage pour s’y rendre à moindre coût et dans un délai raisonnable. Cela sans tenir compte de l’accueil qui leur sera réservé s’il ne maîtrise pas la langue de nos toujours compatriotes du Nord.
 
« Dans l’entourage de Demotte, jeudi, on confirmait sa volonté d’être partie prenante à partir de 2011, « sans préjugé de ce qui se passera entre-temps ». En clair, le Sud ne renonce pas à l’idée d’une vignette forfaitaire à court terme. La Flandre y est cependant opposée et personne ne semble imaginer que les wallons pourront seuls concrétiser cette idée. Prélude à un nouveau virage ? »  ajoute courageusement le journaliste.
 
Degrelle ne renierait pas l’évolution actuelle des choses lui qui considérait que
« les Pays-Bas bourguignons avaient constitués le plus beau fleurons du Saint Empire germanique »*.
  
*Louise, duchesse de Valence, Degrelle m’a dit », Roubaix, 1961, pages 375-376, citée par Fr. Perin dans « Histoire d’une nation introuvable » 
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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 20:13
Une fois n’est pas coutume, Jean Nandrain, rattachiste tournaisien, m’envoie ce petit mot qui, s’il soulève une interrogation importante, mérite de figurer ici parce qu’il me permet de rebondir sous forme de notes.
 
Il est vrai, que depuis des lustres, les noms d’oiseaux valsent entre élus du nord et du sud de ce pays. Chose plus étonnante qui révèle bien l’état de la démocratie et du respect en Wallonie (les jeunes délinquants n’ont plus la primeur de la vulgarité), c’est que même certains élus n’hésitent plus à insulter d autres élus de la région wallonne.
Apres s’être faite huer il y a quelques temps au parlement wallon, parce qu’elle parlait dans sa langue (allemande), une députée d’Eupen, se serait faite traiter de « punaise » lors d’une visite au Conseil communal de Huy et, ne comprenant pas, s’entendre expliquer que ça veut dire « un tout petit peu nazi » par une personne bien connue à Huy et au Sénat. (1)
Il est grand temps de revenir à des pratiques moins douteuses, car c’est la réputation des wallonnes et des wallons qui est en jeu. (2)
 
Jean Nandrain
 
Notes :
(1) C’est d’autant plus gênant d’associer une personne germanophone au mot « nazi » que ça devrait rentrer dans le cadre de la loi qui protège les gens contre des propos racistes. Mais, on sait qu’en politique belge, l’application de cette loi est à géométrie variable, surtout si les propos sont flamands et destinés à stigmatiser des Wallons. Nous verrons ce qu’il en sera ici…
(2) Je rappelle cette phrase de François Perin dans un de ses discours : « Nous, Wallons, avons acquis la philosophie des Droits de l’Homme à la Révolution française et c’est irréversible ». Ne le faisons pas mentir…
C. T.
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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 19:28
De Blaise Gauquelin, Journaliste pour l'ORF, la radio télévision publique autrichienne et correspondant pour Radio France et RFI à Vienne sur le blog « Rue 89 »
(Texte intégral)
 
La Slovaquie, c’est loin, c’est un petit pays. On ne saurait pas bien le situer sur une carte. Et pourtant, le reste de l’Europe ferait bien de s’y intéresser, parce que c’est là-bas que voit le jour, dans l’Union, un débat qui fait déjà rage aux Etats-Unis, sur la place à accorder aux convictions religieuses dans les obligations de service.
 
C'est justement, parce que personne n’a "les yeux rivés" sur Bratislava, à la différence de la Pologne des frères Kaczynski, que le Vatican place tout ses espoirs sur le jeune Etat slovaque. Et espère bien, grâce à un travail de lobbying discret, en faire le premier pays européen à adopter la "clause de conscience" dans plusieurs domaines de la vie publique.
 
La clause de conscience, qu’est-ce que c’est?
 
La clause de conscience, cela permettrait à tout citoyen de "refuser d’agir d’une façon que sa conscience juge contraire à l’enseignement de la foi et de la morale", selon le texte proposé par le Vatican à la Slovaquie. En clair: les médecins pourraient refuser de pratiquer des avortements, la procréation artificielle ou assistée, ou encore l’euthanasie; les salariés seraient libres de refuser de travailler le dimanche; les enseignants de ne pas parler de la théorie darwinienne de l’évolution dans leurs classes et les maires de ne pas célébrer des unions homosexuelles. Bref, les lois religieuses seraient en au-dessus des lois votées par le Parlement.
 
L’invitation faite par le Saint-Siège aux fidèles de refuser les lois qu’ils considèrent comme contraires à leur foi n’est pas nouvelle. Mais jusqu’ici, elle a eu un impact politique limité. En Slovaquie -pays à 70% catholique-, le Vatican touche au but, car il a réussi à polariser la société sur cette question. On a désormais d’un côté les "modernes", qui veulent une Slovaquie alignée sur Bruxelles, et de l’autre les "traditionnalistes", relayés par l’église locale, pour qui la parole du Vatican doit primer.
 
A tel point que cette division a entraîné une crise politique sans précédent, avec l’éclatement du gouvernement en 2006. Le Premier ministre d’alors, Mikulas Dzurinda, a en effet refusé de valider l’instauration de la clause de conscience, soutenue par les ministres chrétiens-démocrates et par une pétition ayant recueilli 100000 signatures. En démissionnant, il a d’ailleurs prévenu ses concitoyens de manière très claire: l’adoption de cette clause risquait "de donner un poids très important à l’Eglise catholique dans le processus de décision séculière".
 
Instauration de la discrimination dans un pays de l’UE
 
La commission européenne s’est, elle aussi, émue des velléités politiques du Vatican, en rappelant qu’une Slovaquie liée au Vatican par une clause de conscience n’aurait plus sa place dans l’Union. En effet, les catholiques auraient ainsi des avantages sur les autres citoyens, alors discriminés. Les femmes se verraient également entravées dans leur droit au recours à l’avortement, surtout dans les campagnes, où les hôpitaux ne sont pas nombreux. Or, le droit européen, qui prime sur les droits nationaux, interdit toute discrimination.
 
Depuis, les sociaux-démocrates, dont les relations avec le Vatican sont tendues, gouvernent dans un mariage de la carpe et du lapin avec deux partis d’extrême-droite, l’un à tendance nationaliste, l’autre à tendance populiste. Le gouvernement a promis le statut quo dans les relations avec l’Eglise, renvoyant l’adoption du texte aux calendes grecques. Le vice-premier ministre Dusan Caplovic a même parlé, juste après le scrutin, d’un "accord tacite" avec l’Eglise, visant à ne pas instaurer de lois pendant la législature sur les sujets qui fâchent, comme le Pacs ou l’avortement.
 
En contrepartie, l’Eglise devait cesser de faire pression pour l’instauration de la clause de conscience. Parole non tenue : le jeudi 13 septembre, Benoît XVI a reçu le nouvel ambassadeur slovaque auprès du Saint-Siège. Il en a profité pour souhaiter la signature rapide de l’accord sur la clause de conscience entre la Slovaquie et le Vatican. Le Pape s’est d’ailleurs félicité "de la réassurance que la République de Slovaquie est investie dans l’aboutissement de l’accord de base concernant l’objection de conscience".  
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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 12:16

Les Suisses savent voir clair dans le brouillard entretenu par la plupart des partis flamands (à l'exception des N-VA, Spirit, VB et LDD) - voir cet article dans "Le Temps " de Genève.  Les Suisses font ainsi remarquer que les Flamands ne parlent pas de consultation populaire pour déterminer sans la moindre équivoque les frontières des 3 Régions belges, alors que cette voie est souvent utilisée en Suisse, quitte à le faire quartier par quartier pour certaines communes (c'est ainsi que la division du Jura a été faite). La France a aussi une grande tradition en matière de respect de la volonté des populations, et c'est pourquoi je pense qu'une fois la situation encore davantage bloquée qu'actuellement, c'est tout naturellement que les Wallons se réveilleront et retrouveront leurs liens avec la France, probablement d'abord sous forme d'une association avant d'envisager le processus de réunion. Faudra bien sûr que nos hommes politiques soient acculés à suivre l'évolution populaire, ce qui pourrait se faire dès les prochaines élections (les régionales de 2009 ou même avant !)

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 06:50

La pression monte ! Au moment où les négociateurs abordent la lecture du « volet communautaire » comme il est dit pudiquement à la RTB(f), plusieurs déclarations flamandes (les autres n’étant « demandeurs de rien », air connu) donnent le ton de ce qu’on pense en Flandre.


De Gucht qui déclare que « les chances d'un échec des négociations communautaires sont plus grandes que les chances de réussite »
Jean-Luc Dehaene, le sage tant apprécié des « francophones » qui crache sa bile dans un long entretien au journal « Le Soir ». Morceaux choisis : « Je constate qu’une nouvelle génération d’hommes politiques en Flandre ne parlent plus le français. Bientôt, nos négociations gouvernementales se dérouleront en anglais ! », « la frontière (linguistique) est un exemple de la manière dont les francophones donnent des leçons aux néerlandophones, alors qu’ils ont eux-mêmes créé le problème »,  « on a en effet le sentiment de vivre dans deux pays différents. », « J’ai toujours prévenu, avant les élections, que si le CD&V n’entrait pas au gouvernement cette année, on irait au-devant de graves problèmes en 2011. ». Mais, on vous dira qu’il est en fin de carrière…
 
Plus sérieusement, Le constitutionaliste Robert Senelle, fort écouté en Flandre a jeté un nouveau pavé dans la mare lundi. Je ne l’avais pas lu… Jules Gheude m’en a envoyé une traduction. J’en ai emprunté le titre pour ce billet et j'en souligne quelques passages... Euh... Intéressants !  Voici ce texte.
 
« Un gouvernement sans réforme de l’Etat signifie la fin de la Belgique »
 
Dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 30 juillet, Robert Senelle, professeur émérite de droit constitutionnel, répond aux questions de Dirk Castrel. Traduction de Jules Gheude
 
Q. Attendez-vous du formateur qu’il parvienne à obtenir davantage d’autonomie ?
 
R. Je lui souhaite en tout cas plein succès. Fixée en 1962, la frontière linguistique est devenue peu à peu une frontière d’Etat entre deux Etats fédérés totalement différents : la Flandre et la Wallonie. On peut donc se poser la question de savoir où va la Belgique, si Yves Leterme échoue dans sa mission de formateur. Continuer à se traîner avec une réforme de l’Etat inachevée, serait une catastrophe pour le pays et sûrement pour la Flandre prospère. Les Flamands doivent donc chercher une solution qui assure les intérêts fondamentaux de la Flandre sur le plan politique et économique.
 
Q. Cela ne peut-il se faire dans le cadre actuel de l’Etat ?
 
R. Depuis 1970, l’Etat unitaire belge de 1830 a évolué, via diverses réformes de l’Etat, vers un système fédéral. Mais parce que nos constituants ont négligé certains principes fondamentaux du fédéralisme, on se retrouve aujourd’hui avec une réforme de l’Etat inachevée, qui est inutilement compliquée et qui continue à créer des problèmes politiques.
 
Q. Adapter est donc la seule solution ?
 
R. Le fédéralisme est une technique politique et constitutionnelle qui permet, au sein d’un même Etat, de répartir des compétences entre l’autorité centrale et les entités fédérées, les composantes territoriales de l’Etat fédéral. Ce principe induit que, dans les Etats pluriculturels, la délimitation territoriale des entités fédérées doit coïncider avec la division linguistique. L’article 4 de la Constitution fédérale stipule que la Belgique a quatre régions linguistiques : la néerlandaise, la française, le territoire bilingue de Bruxelles-Capitale et la région linguistique allemande. Les frontières des régions linguistiques coïncident déjà avec la répartition linguistique du pays.
 
Q. Qu’en est-il de la division en Régions et Communautés ?
 
R. Tous les Etats fédéraux se composent d’entités fédérées ayant une large autonomie. La séparation de la Flandre et de la Wallonie en régions et communautés est dépassée et idiote. Parmi les principes fondamentaux du fédéralisme, on trouve un système bicaméral fédéral, avec une chambre représentant l’Etat fédéral, et l’autre, les entités fédérées. La compétence résiduaire - c’est la compétence fondamentale - revient aux entités fédérées et l’autorité fédérale n’est compétente que lorsque les entités fédérées ne le sont pas. Et dans tout Etat fédéral, il y a une Cour constitutionnelle.
 
Q. Pourquoi est-ce que ça va si mal chez nous avec le système fédéral actuel ?
 
R. Dans la Belgique fédérale actuelle, la compétence résiduaire revient encore au pouvoir fédéral, parce que les francophones refusent d’appliquer l’article 35 de la Constitution fédérale. Il s’ensuit un enchevêtrement des compétences, avec tous les conflits que cela entraîne. Sur le plan administratif, le fédéralisme belge est un fouillis.
 
Q. Que faut-il donc changer ?
 
R. (…) La seule solution pour un fédéralisme efficace est la reconnaissance de la division de fait du pays. Cela implique que la Belgique doit reconnaître deux Etats fédérés réels comme fondement du système fédéral : la Flandre et la Wallonie.
 
Q. Quid de Bruxelles ?
 
R. Bruxelles conserve ses frontières et institutions actuelles, reste bilingue et forme, comme la Belgique de langue allemande, une région autonome. Bien entendu, la compétence actuelle de la Flandre et de la Wallonie pour la culture et les matières personnalisables, est conservée sur le territoire bilingue de Bruxelles-Capitale. Les communautés et les régions, qui sont une aberration constitutionnelle, disparaissent. La Belgique est d’ailleurs le seul pays fédéral où les entités fédérées sont scindées de cette façon. Cela signifie aussi que la Belgique de langue allemande ne fait plus partie de la Région wallonne. Il est important que la Communauté flamande exerce toutes les compétences de la Région flamande. Dans ce système constitutionnel, la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de BHV est un fait.
 
Q. Comment envisagez-vous alors le niveau fédéral ?
 
R. Au niveau fédéral, il y a un parlement fédéral et un gouvernement fédéral. Nous conservons la monarchie constitutionnelle telle qu’elle fonctionne maintenant, parce que la Belgique fédérale ne tiendrait pas six mois comme république. La Flandre reste comme Etat fédéré dans la Belgique fédérale, mais ne reconnaît plus la constitution fédérale actuelle et exige une nouvelle charte constitutionnelle.
 
Q. Comment la Flandre doit-elle réaliser ce programme ?
 
R. La réponse est évidente, car il est écrit dans les étoiles que les Wallons et les francophones ne céderont pas d’un pouce. Avec pour conséquence que les intérêts flamands fondamentaux  sont remis en question. Il revient donc au Parlement flamand, au cours d’une séance solennelle (*), de proclamer la Flandre comme Etat fédéré de la Belgique fédérale, avec le territoire qui s’étend de la Mer du Nord à la frontière linguistique et où seules la langue néerlandaise et la culture flamande sont officiellement reconnues et protégées. De ce territoire, Bruxelles-Capitale n’est qu’une région bilingue et autonome. Il faut confectionner une nouvelle constitution fédérale et les deux Etats fédérés rédigeront eux-mêmes, de façon autonome, leur propre constitution.
 
Q. Comment la Wallonie réagira-t-elle ?  
 
R. Je suis convaincu que la pression politique et communautaire sera si grande que la Wallonie n’aura d’autre choix que d’emprunter le même chemin. D’ailleurs, de nombreux politiques wallons influents admettent déjà que la scission de la Wallonie en une Communauté française et une Région wallonne fut une mauvaise décision. Aux politiques flamands qui douteraient du succès de ce revirement constitutionnel, je voudrais citer la devise de Guillaume d’Orange : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». 

(*) Une séance solennelle du Parlement flamand, avec proclamation d’un Etat flamand ?  Voilà qui ressemble fichtrement à un certain documentaire-fiction…

Je constate également que tant Robert Senelle que Jean-Luc Dehaene veulent un "Droit de regard" sur les investissements à Bruxelles. Bref, une application stricte du "Rapport de club de la Warrande". Trois Etats, un fort, un faible et un condominium...
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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 16:18

De mon ami François Lemaire

Je relève dans le discours du Roi, outre une prononciation toujours aussi plate de la langue française, l'apparition d'une curiosité grammaticale :

"La diversité des cultures de notre pays, si elle est bien vécue, constitue un formidable atout."

Mais est-elle bien vécue, cette diversité ? Il me semble qu'il est le mieux placé pour en juger. Au demeurant, plusieurs variantes s'offraient :

A/ "La diversité des cultures de notre pays, si elle était bien vécue, constituerait un formidable atout."
Mais cette tournure indiquerait l'irréalité de la condition. Voilà sans doute pourquoi elle fut écartée.

B/ "La diversité des cultures de notre pays, quand elle sera bien vécue, constituera un formidable atout."
On vit d'espoir, mais à ce point là...

C/ "La diversité des cultures de notre pays, quand elle est bien vécue, constitue un formidable atout."
A mon avis celle-ci indique la véritable pensée du Souverain. La tournure peu usitée mais à mon sens néanmoins correcte qu'il emploie provient peut-être d'une traduction du néerlandais, ou d'une influence flamande. On sait en effet la difficulté de faire correspondre "quand" et "si" avec "als" et "wanneer".

D'une manière plus politique et moins littéraire, et en toute compassion, je pense qu'il aurait dû saisir l'occasion du tangage communautaire actuel pour abdiquer en faveur de son fils. "Ca passe ou ça casse" est en effet en train de remplacer "l'union fait la force".
Au moins, il aurait pû terminer ses jours paisiblement et laisser le fiston prendre le flambeau.

Bien vu  !
 

Reçu en complément un pastiche du discours. Excellent !

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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