Bernard Kouchner, le candidat présenté par la France, a été éliminé lundi au 3ème tour de scrutin du Conseil exécutif de l'organisation.
A priori, tout citoyen français ou simplement francophone soucieux de « la place de la France dans le monde » pourrait regretter le résultat de ce scrutin.
Pour la raison principale que cette candidature pouvait être considérée avec sympathie, et cela indépendamment de toute opinion politique. En effet, si entre 1988 et 2002 Bernard Kouchner participa à quasiment tous les gouvernements socialistes, et fut même Haut représentant de l’ONU au Kosovo en guerre (1999-2001), c’est d’abord pour son action humanitaire qu’il se fit connaître, étant à la fois co-fondateur de « Médecins sans frontières » (1971), puis de « Médecins du monde » (1980). De cet engagement personnel au service des plus démunis est née l’estime que beaucoup lui portent, en France et bien au-delà.
Mais, il y a une face caché que peu connaissent. Il faut pour cela avoir feuilleté son dernier livre: « Deux ou trois choses que je sais de nous » (Robert Laffont).
C’est que dans l’ante-pénultième chapitre, on lit avec des assertions curieuses, jugez-en :
- « ... nouveau venu dans le gouvernement de la République, j’avais été étonné, en 1988, que l’on insistât sur l’usage obligatoire du français pour les ministres » ( p.147) ;
- « Après tout, même riche d’incomparables potentiels, la langue française n’est pas indispensable : le monde a bien vécu avant elle. Si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient. (p. 151) »
Etonnant de la part d’un Ministre de la République qui a fait de la langue française une de ses caractéristiques fortes. Et ce ne sont pas des citations isolées sujettes à interprétation. Puisque ce chapitre débute par : « L’anglais, avenir de la francophonie »…
Finalement, nous pouvions craindre que le français ne soit encore plus (mal)traité à l’OMS… Un idiome « indigène » destiné à une disparition prochaine, et que l’on n’y entende s’épanouir l’injurieux « Speak white » par lequel les colons « anglo-canadians » ont si longtemps – et encore aujourd’hui, parfois – cherché à humilier nos cousins Québécois, qui ont résisté vaillamment, rien que pour préserver l’honneur d’être soi et l’espérance.
Il n’empêche qu'en fin de compte, c’est la position du Français dans une organisation internationale qui est, une fois de plus, mise en difficulté.