Chroniques d'un Wallon républicain et rattachiste - partisan de la réunion de la Wallonie à la France - sur l'actualité en Belgie-Belgique. Coups de gueule, Coups de coeur, Propositions, Réflexions...
L’Europe n’est pas et ne sera jamais un état nation. Elle est une construction originale, une collection d’Etats nations qui cherchent avec des sincérités (ou des arrières pensées) variables à dépasser leur souveraineté particulière dans certains domaines pour fonder un système nouveau. Avec toutes les déviances possibles liées à cet abandon de souveraineté comme cette actuelle Union Européenne telle que la Commission de Bruxelles la veut, libre-échangiste, bureaucratique, fédérale, anti-démocratique, anti-nationale, politiquement irresponsable, anglophone, atlantiste, soumise à la finance internationale, une option utilitaire… en forçant à peine le trait. On est très loin de la simple délégation de compétences puisque certains veulent lui donner la compétence de la compétence et se défausser de leurs responsabilités politiques nationales. C’est la politique du « Tout à l’Europe » de la Belgique officielle et cosmopolite.
Il a fallu des siècles et combien de souffrances pour créer les actuels états nation. Un sentiment national européen ne peut donc exister mais bien un sentiment d’appartenance et c’est là un des grands acquis de l’idée européenne imaginée, à l’origine, pour unir sur ce qui rassemble plutôt que d’entretenir des conflits. Il s’agit maintenant de rendre cette Europe plus efficace et plus solidaire. Mais pour ça, elle doit permettre aux citoyens de trouver un sens. Sans sens, pas de passion ni de plaisir. Ni surtout de plaisir commun.
Comment se sentir fier de l’Europe en se basant sur des arguments utilitaires ? Comme le disait récemment Eli Barnavi sur France Inter : se baser sur un discours purement utilitaire du style : « ça nous coûterait très cher de… » ne mène à rien. Il faisait remarquer que c‘est d’ailleurs devenu le dernier argument des défenseurs du maintien de la Belgique », poursuivant : « quand j’entends ça, je sais que c’est le commencement de la fin ». En ce sens, la Belgique est donc bien un modèle pour l’Europe…
Au fait, connaisssez-vous cette citation du philosophe allemand Peter Sloterdijk qui souligne que Bruxelles était finalement la candidate idéale pour "l'Europe du vide" :
"On savait depuis le départ que ce serait la capitale du vide par excellence. Bruxelles représente le caractère volontairement inoffensif de la politique européenne, pendant cette période où l’Europe a été prise en étau par deux super-puissances mondiales. Bruxelles n’a jamais pu représenter autre chose que le théâtre des apparences de l’action. Là, dans cette ancienne ville des Habsbourg, pouvait s’effectuer tranquillement, et de manière appropriée au génie du lieu, la transformation de la politique en gestion administrative. Par chance, la Belgique s’était séparée de ses anciennes colonies africaines sans que son image ne subisse de dommage irréparable. Cela fait bien longtemps que plus personne ne s’interroge sur l’éventuelle relation entre la pompe de l’architecture bruxelloise et l’exploitation du Congo par le roi Léopold II. Centre d’un pays petit et relativement peu compromettant, mélange de belle apparence et d’impuissance, Bruxelles apparut comme le point de rassemblement idéal d’une Europe qui n’avait encore aucune idée de la manière dont elle surmonterait la gêne d’être elle-même."
"la transformation de la politique en gestion administrative..." et "un pays petit (...) mélange de belle apparence et d’impuissance..." Comment mieux dire ?