Telle est l’antienne sans cesse répétée par les partis démocratiques (hypocrites ?) flamands ?
Subtil, non ? Les messages qui nous viennent de Flandre sont brouillés. Si les sondages donnent entre 25 et 45% de Flamands en faveur de l’indépendance, de quelle indépendance parlent-ils ? N’y a-t-il pas confusion dans les esprits entre autonomie et indépendance ?
C’est pourquoi, les réunionistes sincères auraient tort de se réjouir trop tôt. Examinons froidement la situation.
La position des partis flamands est imparable et schizophrénisante. Ce qui perturbe les partis de la Communauté française qui ne savent plus à quel saint se vouer.
C’est que comme je l’ai déjà écrit, les Flamands ne sont pas tout à fait prêts. Ils ont encore des transferts à faire, la liste de leurs revendications est très instructive en la matière. Ils veulent bien garder tous les avantages sans les risques, ni surtout les inconvénients liés à la solidarité nationale (N’oublions pas l‘application du « le principe du juste retour » (*) lors de la réforme de l’Etat du début des années ’90 à « l’insu du plein gré » des partis francophones, effaçant ainsi tout principe de solidarité entre les différentes régions du pays).
Les avantages sans les risques. C’est qu’ils savent que la Flandre avec un parti d’extrême droite puissant, ils ne sont guère appréciés par les autres nations d’Europe (latine, en tous cas !). Ils ne pourront plus cacher cette tare derrière l’étiquette « Belgium ». D’aucun ont probablement raison de dire qu’ils devraient batailler pour être reconnus.
C’est pourquoi, la Flandre, prudente, hésite à être la première région de l’Union européenne à s’autoproclamer Etat. Je vous donne rendez-vous en 2010, quand le referendum pour l’indépendance écossaise aura eu lieu et que d’autres régions comme la catalogne lui auront ainsi montré la voie. Ils partiront en temps et en heure, quand ils l'auront décidé, dans les meilleures conditions possibles. Pour eux.
Entre-temps, les tenants de l’unitarisme belge, qui se seront fait une belle frousse cette année, vont certainement réagir. Nous ne devrions donc pas échapper à une résurgence du belgicanisme, cette quintessence de l’ultranationalisme. Les temps risquent d'être dûrs pour ceux qui voient clair.
Mais je peux (et j’espère sincèrement) me tromper !
(*) Les richesse produites quelque part doivent profiter à la région d’origine