Ainsi donc, Monsieur Le Pen a déposé 535 signatures de parrainage au Conseil constitutionnel. C'était prévu. Il faut dire que grâce à la « belgification » (*) de la campagne organisée par les grands partis qui ont donné des consignes pour éviter les parrainages, Le Pen s'est payé une belle page de publicité gratuite avec ce que je pense être son pseudo-manque de signatures : « Le Pen la victime de la bien-pensance », « Le Pen le martyr de la république », etc ...
Et à l'arrivé 10% de signatures en trop... Surtout que rien ne dit qu'il a bien déposé toutes les signatures qu'il avait. Il a très bien pu en avoir plusieurs centaines de plus que la limite des 500, se contentant d'en donner juste le nombre, histoire de faire le pauvre que le "système" a empêché de se présenter. N’oublions pas qu’à la fin de l'année dernière, les démarcheurs du FN disaient déjà qu'ils était aux alentours de 450 signatures, avant que les chefs ne débarquent et "corrigent" l'estimation à 250… Le rôle de victime lui a toujours réussi...
Bien joué aussi de la part de ce vieux renard d’annoncer en coup de vent qu'il donnait sa signature (Le Pen est député européen) à Nicolas Dupont-Aignan, le candidat républicain… J’ajoute immédiatement, à l’attention de tous ceux (NDA a mené le combat pour le « non » au projet de traité constitutionnel !) qui vont s'empresser de dénoncer une collusion entre celui-ci et Le Pen que Dupont-Aignan est un véritable démocrate et qu’il a parrainé Besancenot… mais sans faire de bruit.
Vendredi, cet épisode stressant et finalement peu démocratique se terminera (**). Et l’on pourra enfin entendre les "petits" candidats parler de leur programme. Parce que pendant que les "gros" faisaient les beaux sur les ondes, eux ont galéré avec leurs militants pour avoir le droit d'être sur la ligne de départ.
(*) Nous, nous commençons à récolter les milliers de signatures d’électeurs nécessaires pour pouvoir déposer des listes aux élections législatives. Il y a belle lurette que plus aucun parti n'autorise le moindre élu sortant à accorder un parrainage en Belgique. Même à un parti démocratique.
Comme d'habitude, la Sainte-Alliance des partis traditionnels va jouer son rôle sans que ça fasse de vagues.
(**) Pour rester (ou revenir) dans les traditions républicaines, certains appellent à régler cette affaire de parrainages entre hommes de bonne volonté. C'est en tout cas l'idée de l'ancien sénateur UMP de Paris, Michel Caldaguès, qui s'est hier adressé au président de son parti pour qu'il accorde l’autorisation à ses élus de donner à Nicolas Dupont-Aignan les 50 parrainages manquant pour que le candidat gaulliste puisse se présenter...