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Chroniques d'un Wallon républicain et rattachiste - partisan de la réunion de la Wallonie à la France - sur l'actualité en Belgie-Belgique. Coups de gueule, Coups de coeur, Propositions, Réflexions...

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Pour Michel Quévit, il faut une révolution des esprits en Wallonie.

La libre publie ce samedi un entretien (http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=331 ) avec Michel Quevit qui nous donne des raisons d’espérer de l’avenir de la Wallonie. C’est réjouissant car ce professeur émérite de l’UCL a consacré sa aux causes du « déclin wallon ». J’ai toujours trouvé ce terme malheureux parce qu’il évoque un processus de type naturel et irréversible. Même s’il est vrai que dans un souci pédagogique, c'est sur le discours sur le déclin que les autonomistes wallons ont mis l’accent. Nous n’en sommes pas encore remis. Et surtout, c’est devenu l’image que la Wallonie donne bien malgré elle au monde et qui est exploitée par nos concurrents flamands et les « belgicains » bien pensants. Entraînant une démobilisation qui ne se justifie pas comme le démontre Quévit dans cet entretien.
 
Par ailleurs, je ne pense pas que des discours très techniques (statistiques comme celui de Di Rupo ou scientifique comme celui de Quévit) qui vont mobiliser, tout en étant conscient du fait que beaucoup de Wallons ne sont pas mobilisables pour une cause régionale. Sans jetter la pierre à personne.
 
Quévit commence par dire que les comparaisons que beaucoup, dont le Gouvernement wallon, font avec la Flandre ne sont pas justifiées. Sauf si on la prend comme partenaire éventuel. (Là aussi, le choix du terme n’est pas bon, je préfère dire concurrent). C’est que « la globalisation et les tensions liées à la compétitivité s'exercent sur tout le territoire européen et au-delà. On présente toujours la Flandre comme une des plus riches d'Europe. C'est faux ! En PIB/habitant, pour une moyenne européenne (à 25) de 100, la Wallonie est à 85 et la Flandre, à 115. Au-delà de 115, il y a peut-être 50 entités : la Lombardie, le Val d'Aoste, la Navarre, l'Ecosse, Brême, la Bavière ». Encourageant, il signale : « J'ai connu le Pays Basque dans l'état de déclin de la Wallonie, il est depuis à une moyenne de 121. De même, Hambourg, à 184 ! »
 
Quévit, toujours actif dans la consultance régionale en Europe, estime que la situation n'est pas catastrophique, mais il y a urgence structurelle à s'ajuster. En gros,on a fait trop peu, pas assez vite, et il reste des choses qu'on ne fait pas. Il cite surtout l'apprentissage, le développement de la créativité. Cette dernière devrait être une priorité. Il pose la question : Pourquoi a-t-on réduit les cours d'éducation artistique ? Pourquoi, dans les fonds structurels dédiés à la culture, n'a-t-on fait que du bâtiment ?
 
Il considère (à juste titre) que la « Plan Marshall-Di-Rupo » est insuffisant, il faut y mettre des instruments qui permettraient de soutenir l'innovation des entreprises et surtout des PME pour lesquelles on n'a rien fait. Quant à l'enseignement, revenons-y, non pas uniquement sous l'angle de la connaissance, mais beaucoup plus sous celui de l'apprentissage : donner aux jeunes le goût d'apprendre et le savoir de comment apprendre. Pour rester sous l’angle de « la société de la connaissance », nous sommes bons dans les investissements en recherche et développement, mais – souligne-t-il - ces dépenses ont un impact très limité sur la valeur ajoutée, l'emploi, les brevets. Notre approche reste linéaire, technologique; or, elle doit devenir circulaire, liée à toute la stratégie des entreprises : gestion, organisation, ouverture, etc. Quant à la formation tout au long de la vie, c'est très inquiétant : 6 pc des Wallons l'ont reçue... contre 51 pc en Finlande. Ailleurs,  la Chine, de l'Inde, du Vietnam, apprendre fait partie de la culture.
 
Si sous l'angle économique - toutes les provinces wallonnes, sauf le Brabant wallon, affichent depuis 1995 un PIB par habitant en décroissance quasi linéaire et le taux de chômage est parmi les plus élevés de l'Union à 15 - spécialement chez les plus jeunes -  une politique volontariste, cohérente et sur le long terme peut être efficace. Il site l’exemple de la Bretagne où il a  accompagné 4 plans de "contrat région" de 7 ans, sous plusieurs majorités. Tous les indicateurs étaient rouges; elle arrive à la moyenne européenne de 100 et, selon l'OCDE, c'est une des régions de France où les jeunes sont les mieux formés... J’en suis ravi, fréquentant régulièrement cette magnifique région, je l’ai vue se développer, croire en elle d’année en année. Il a raison de dire que « la Wallonie doit être consistante dans le temps. Elle ne doit pas être remise en question tous les 4 ou 5 ans. On peut décliner en 3 ans; on ne construit jamais rien à moins de 10 ou 15 ans ».
 
Malheureusement, bien qu’un seul et même parti soit en permanence au pouvoir depuis plus de vingt ans, c’est loin d’être le cas. Chaque Ministre remet en question ce qui a été fait précédemment.  Combien de versions de « Contrats d’avenir » ont précédé le Plan Marshall-Di Rupo depuis l’époque d’un premier « secrétaire d’Etat à l’Economie régionale wallonne » ?
Pour Quévit,  "la Wallonie n'a pas su le  réaliser malgré 25 ans d'autonomie régionale". Mais il faut y aller: "L'évolution du monde, on aime ou pas, on idéologise ou non, mais la globalisation, on n'est pas près de l'arrêter. Il faut mettre toutes nos forces - responsables, entreprises, système éducatif... - sur l'objectif; il faut des réformes structurelles, quitte à bousculer les gens".
 
Un avenir est possible, à condition de re-toucher à tout ! Pour le sociologue Crozier, cette définition s’apparente à une révolution. Nous le disons depuis quelques années, ce n’est pas dans le cadre belge qu’une telle politique pourra être menée.
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