Ségolène Royal vient d’être désignée candidate officielle du PS à l’élection présidentielle. Elle a osé et gagné, cet exploit n'avait rien d'évident et exigeait un flair politique et une détermination hors normes.
Nous devrions nous inspirer de sa tactique. Elle a osé parler de la France quand d’autres parlaient du socialisme. Elle a osé évoqué le tabou (au PS !) des 35 heures et osé la lucidité sur l'insécurité et sur l'intégration. Elle a promis de réintroduire la société civile dans un jeu politique confisqué par les professionnels. Elle a osé tendre la main à Jean-Pierre Chevènement.
Consciente qu’elle doit améliorer ses qualités d’oratrice, elle a ainsi retrouvé l'écoute - sinon les suffrages - d’un l'électorat populaire qui s'était éloigné du PS. Non sans ambiguïté - sur l’Europe notamment. Elle a épousé l'intuition militante : pour affronter Nicolas Sarkozy, il fallait l’attaquer sur son terrain.
Portée par ce vote-réflexe, Ségolène Royal sera-t-elle au rendez-vous de cet espoir de renouveau ?
Les mois qui viennent nous montreront si elle est capable, maintenant de dessiner, à travers des propositions précises, un authentique projet de société, au risque de lasser des électeurs qui attendent non seulement une alternative au candidat (presqu’officiel) de l'UMP, mais une réponse aux attentes exprimées le 29 mai dernier (et confirmées depuis par les sondages) lors du rejet du projet de Constitution européenne et ainsi porter, en 2007, la colère du peuple.
Sa désignation, sur le rappel des valeurs civiques confirme ce que j’écrivais ici, en janvier dernier. La campagne pour les élections présidentielles fera émerger celui (ou celle !) qui incarnera le mieux les Valeurs républicaines.
D’autres, à gauche comme à droite, vont très prochainement entrer dans le débat, sur les mêmes thèmes essentiels. La vitalité démocratique de la Société française en sortira renforcée.