Chroniques d'un Wallon républicain et rattachiste - partisan de la réunion de la Wallonie à la France - sur l'actualité en Belgie-Belgique. Coups de gueule, Coups de coeur, Propositions, Réflexions...
Je voudrais revenir sur la proposition de M. Sauwens et autres députés CD & V qui ont déposé à la mi-février au Parlement flamand un projet de décret visant à interdire la traduction en français du nom des villes flamandes. Le texte destiné à "renforcer le caractère flamand de la Flandre" propose d'interdire toute traduction en français dans les documents officiels, sur les panneaux routiers, sur le courrier ou dans les indicateurs de chemin de fer. Cette démarche paraît bien innocente par rapport à beaucoup d'autres. Qui pourrait reprocher aux Flamands de protéger leur langue ?
Il ne modifierait pas la loi fédérale sur l'emploi des langues, qui précise, par exemple, que les panneaux routiers doivent au minimum porter des mentions en français en Wallonie, en néerlandais en Flandre et dans les deux langues à Bruxelles.
Mais qui s'est vraiment avisé que le futur décret poursuit surtout des buts politico-symboliques très clairs, dont celui de débaptiser une fois pour toutes les communes dites à "statut linguistique spécial" ?
Certaines communes sont situées sur le sol flamand mais peuplées de nombreux francophones - ou de Wallons comme dans les Fourons par exemple-, qui y jouissent de "facilités" pour l'usage de leur langue dans les rapports avec l'administration. Les partis flamands entendent supprimer ces dispositions. La marche irrésistible de la Nation flamande suppose la fixation de frontières d'Etat : tel est le vrai sens caché de cette proposition. Rappelons que la dissolution de la Yougoslavie a consacré en Europe le principe selon lequel les limites administratives internes acquièrent, en cas de sécession, le caractère de frontières d'Etat protégées par le droit international. Les éventuels Etats européens sont liés par ce principe qui maintiendrait les communes à facilité dans la Flandre indépendante. Les effets d'une scission seraient irréversibles en Région bruxelloise. Mais, encore faudrait-il que ces limites administratives soient établies de manière univoque et définitive. Or, tant que la scission de BHV n'est pas consommée, ce n'est pas le cas. Ses limites chevauchent et contredisent celles des régions linguistiques et des Etats fédérés de Flandre et de Bruxelles. Elles sont une indication claire de l'opposition persistante d'une des parties à la limitation de Bruxelles aux 19 communes.
Le prétexte du « renforcement du caractère flamand de la Flandre », c'est surtout la négation de l'existence du Français dans ces communes. La Flandre marque ainsi son territoire et engrange des points précieux.