Un manifeste pour la solidarité Bruxelles-Périphérie-Wallonie intitulé : « Maintenant ou jamais » a été présenté à la presse ce matin. Il présente l’originalité d’être signé par des personnalités d’horizons divers. Citons les académiques comme Claude Javeau et Jacques Lemaire, Michel Legrand et Jean-François Goosse du GERFA, ou plus politiques comme Marc Wilmet du RBF (Rassemblement Bruxelles-France) ou encore Jean Bourdon et Jean-Luc Robert du MR-FDF…
J’ai beaucoup aimé cette phrase qui montre et affirme la volonté d’indépendance des auteurs : « N’en déplaise aux technocrates, la Région est un corps politique : son territoire (Celui de la Région de Bruxelles) doit être fondé, non sur des critères prétendument objectifs de délimitation d’un espace socio-économique, mais sur le consentement de sa population, et donc inclure toutes les communes dont les habitants veulent en faire partie, mais non des communes, flamandes ou wallonnes, dont les habitants ne le souhaitent pas ». Clair et sobre. Voilà qui ne doit pas faire plaisir à certain qui ne jure que par les régions aux limites calquant les « hinterlands économiques »…
Après avoir pourtant rappelé le progrès qu’a représenté pour les Bruxellois, malgré ses imperfections et ses limites, la création de la Région en 1989, le dernier paragraphe ressemble à un vœux sans doute concédé à la sensibilité « maingainiste » de certains signataires: « Il n’est pas d’autre avenir pour la région de Bruxelles (élargie aux communes de la périphérie dont les habitants le souhaitent) que dans son union étroite avec la Wallonie (dans la Belgique si c’est encore possible, hors d’elle s’il le faut), sous la forme d’un Etat commun aux Wallons et aux Bruxellois, largement régionalisé pour respecter la personnalité de chacune de ses composantes ». En effet, pourquoi « dans la Belgique » ? Pour l’Etat commun, voyons ce qu’en diront les Wallons.
Heureusement, ils précisent que « cet Etat commun Wallonie-Bruxelles serait libre de développer et d’approfondir ses liens naturels avec la France ». Avec la France, la notion d’Etat commun retrouve tout son sens.