Chroniques d'un Wallon républicain et rattachiste - partisan de la réunion de la Wallonie à la France - sur l'actualité en Belgie-Belgique. Coups de gueule, Coups de coeur, Propositions, Réflexions...
J’aime le lyrisme de Michel Konen dans « La Libre » d’aujourd’hui. Encensant le travail des journalistes du Standaard qui jouent pleinement leur rôle en « découvrant la couronne » par la révélation des certains propos du « colloque singulier », il stigmatise par ailleurs l’attitude des hommes politiques flamands (les nôtres jouant les vierges effarouchées...) et particulièrement Yves Leterme. Venant ainsi au secours de la stratégie du « Palais » dont on sait maintenant quels ont été les véritables objectifs politiques pendant toute la crise mise en évidence par les élections de juin dernier.
A propos de la violation du « Colloque singulier », il précise que « ce n'est qu'en de très rares occasions que cette règle n'a pas été observée et jamais au plus fort d'une crise politique majeure. Le Palais, et les huit mois de crise en témoignent, est, en ces circonstances, le dernier refuge pour des hommes politiques déboussolés, incapables de réaliser entre eux les nécessaires consensus qui peuvent mener à la constitution d'un gouvernement. »
Ajoutant : « Nous sommes là au cœur du pouvoir de la monarchie parlementaire. C'est en ces circonstances que le Roi peut et doit jouer un rôle pour dénouer le nœud gordien de négociations qui s'enlisent. Il choisit les hommes, il leur confie des missions (formateur, informateur, explorateur, démineur...). Au sens quasi philosophique du terme le Roi pratique la maïeutique, cette méthode par laquelle Socrate disait accoucher les esprits des pensées qu'ils contiennent sans le savoir. C'est à l'issue de ces nombreuses consultations, au cours desquelles il sonde les cœurs et les âmes, que le Roi tente de trouver les convergences qui permettront au pays d'être gouverné. »
Diable ! (*)
Il n’a pas tort de dire, évidemment que ceux et celles qui ont raconté par le menu leurs conversations avec le Souverain, mettent ainsi en péril l'un des rouages essentiels du système politique belge… C'est en effet en raison de son pouvoir d'influence secret (et qui par conséquent ne peut jamais être contesté), que le roi a justement une influence politique très grande. Quel autre acteur du jeu politique peut ainsi agir sans jamais être exposé à la critique ? Ni ne jamais devoir rendre de comptes ?
Et je pense que ça se reproduira. Les politiciens flamands ont changé. Derrière ces « écarts » à la règle n’y aurait-il pas des arrières pensées ? Quoi de plus efficace de saper ainsi ce que d’aucuns appellent le dernier ciment de la Belgique ?
Personnellement - point de vue de simple citoyen - je ne suis pas mécontent de ce déballage. Ça nous change enfin de tous les non-dits de notre histoire et de l’opacité des interventions de la monarchie. Devrons-nous un jour remercier les Flamands qui semblent être devenus plus démocrates que nous sur ces questions ?
(*) A la relecture, je viens de me rendre compte que c'est mon 666ème billet...