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Chroniques d'un Wallon républicain et rattachiste - partisan de la réunion de la Wallonie à la France - sur l'actualité en Belgie-Belgique. Coups de gueule, Coups de coeur, Propositions, Réflexions...

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Héroïne sur ordonnance ? Pour une vraie réflexion politique sur les assuétudes.

La ville de Liège annonce qu’elle va concrétiser un projet de délivrance contrôlée d'héroïne dès 2007. Depuis 1998, le conseil communal de Liège, toutes familles politiques confondues, réclame le droit d'organiser une distribution médicalement contrôlée d'héroïne à destination des toxicomanes les plus réticents aux programmes d'accompagnement. Le Bourgmestre (le Maire) annonce son intention d'organiser, dès le 1er janvier 2007, un service de distribution contrôlée et une salle de consommation sous contrôle communal. Et ce « avec ou sans le fédéral ». L'encadrement médical y sera très strict. Il s'inspire notamment d'une expérience suisse (à Bienne). Au cabinet du Ministre fédéral, on se dit « ouvert ». Une étude scientifique à l'étude prend en compte le projet liégeois et les expériences étrangères. Les résultats seront connus début 2006. « S'il s'avère que la délivrance d'héroïne est efficace sur le plan médical et thérapeutique, nous avancerons sans tabous », affirme le chef de cabinet du Ministre.
 
C’est un progrès.
 
D’où venons-nous dans ce domaine ? L’humanité a toujours consommé de la drogue ou des substances équivalentes (l’alcool !) pour de multiples usages, chamaniques, médicaux ou encore de confort. Le malaise actuel vient de la généralisation du phénomène. Il est vrai que tant que les consommateurs s’appelaient Malraux, Sherlock Holmes ou Cocteau, le phénomène était marginal, toléré et considéré comme plutôt sympathique. Mais depuis que le fils du voisin s’y est mis et qu’on arrache les sacs des vielles dames en rue pour payer sa dose, ça l’est devenu beaucoup moins.
La société a mal réagi, la preuve, le phénomène s’est aggravé jusqu’à devenir insupportable.
On a commencé par vouloir médicaliser les drogués. Le Corps médical, dans les pays démocratiques, s’y est opposé. A juste titre, ce n’est pas (encore tout à fait, ça commence seulement à se discuter) considéré comme une maladie.
La société a alors décidé de criminaliser les consommateurs. Avec comme résultats de confier toute la filière de la drogue – depuis la culture initiale à la vente au détail – aux grandes organisations criminelles qui sont les seules bénéficiaires. Qui a calculé le coût pour nos sociétés de cette politique en termes de prévention, de répression, de criminalité, d’infrastructures, de personnel, de maladies… On a laissé les consommateurs entre les mains des organisations criminelles. Suivant en cela le modèle historique, le réflexe, du grand frère américain : la prohibition. Avec les mêmes résultats.
 
Alors qu’il aurait peut-être fallu les considérer comme des consommateurs, justement. Imaginons un instant que l’Etat, ou les Etats, reprennent le contrôle de ce marché, sans inciter à la consommation. Les produits vendus sous contrôle (et taxes !) seraient inévitablement de meilleure qualité et beaucoup moins chers. Les consommateurs seraient connus et pourraient être informés des risques encourus, et suivis éventuellement s’ils le souhaitent. Les organisations criminelles perdraient une grande partie de leurs revenus, les forces policières réorientées vers des missions plus au service de la société…
 
Evidemment, ça nécessiterait de considérer les citoyens comme des adultes. Il faudra bien y arriver, la consommation de drogues est passée dans les mœurs. Qu’on le veuille ou non, il faut en tenir compte au lieu de proposer des solutions palliatives. La « solution liégeoise » fait partie de celles-ci, elle ne règle pas tout. Et n’empêche rien. Arrêtons de nous focaliser sur des symptômes.
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