Les journaux économiques «L'Echo» et «De Tijd» publient de matin un sondage exclusif.
Ce sondage dément la thèse généralement répendue qui veut que « la crise politique ne soit que l'apanage des « politiques ». Raté !
Les conclusions montrent clairement qu'entre Wallons, francophones et néerlandophones, le fossé est là. Et il est profond. Les partis politiques expriment (relaient) bien ainsi les divergences d'opinion des citoyens. (Mais qui en doutait ? Ils ont surtout une vocation alimentaire…)
Petit inventaire des résultats publiés da,s l'article signé Alain Narinx :
- 70% des Flamands trouvent une réforme de l'Etat «absolument prioritaire» ou «nécessaire».
- 18% la jugent «souhaitable».
- 4% la trouvent «inutile».
- Trois Flamands sur quatre jugent les revendications de leurs négociateurs raisonnables.
- Un Flamands sur six les estime insuffisantes.
Le nord du pays exige massivement un nouveau round institutionnel. Et celui-ci est rejeté par les francophones.
- 58% des « francophones » (non différenciés) d'entre eux le jugent «inutile» ou «pas urgente».
- 3% le jugent indispensable.
- Neuf Bruxellois ou Wallons sur dix trouvent les demandes nordistes «excessives».
Va-t-on vers un divorce belgo-belge?
- 43% des Flamands répondent positivement et la moitié des Flamands opterait volontiers pour une République en lieu et place du Royaume.
- Un « francophone » sur dix voudrait la scission. Ce qui est un progrès ! Les autres n'osent sans doute pas encore le dire.
Et Bruxelles.
- Une majorité des francophones juge qu'un «splitsing» (oui, ce sont des journaux belges… ils veulent dire scission) de Bruxelles-Hal-Vilvorde « peut » être monnayé en échange d'un élargissement de la Région capitale. Mais 22% trouvent une telle compensation insuffisante...
- 80% des Flamands rejettent ce genre de compromis.
Bruxelles District européen ?
-53% des néerlandophones et 67% des francophones disent «non». Il y a encore des gens de bon sens.
La piste (la préparation des esprits) de la « Belgique par défaut » tient logiquement la corde :
- 90% des « Francophones » sont actuellement favorable à une fusion entre la Région wallonne et la Communauté française. Mais on ne parle pas de Bruxelles, le sondage manque là de précisions. A noter que cette piste ouverte vers une « Belgique par défaut » est actuellement la seule proposition d’après Belgique promue par les médias et les partis « p(alé)olitiques » traditionnels… (*)
A la lecture de ces résultats, Alain Narinx estime que l'existence de la Belgique semble en tout cas clairement menacée. Même si conformément à la tradition il termine sur une note qui se veut optimiste. La grande majorité croit d'ailleurs toujours qu'une issue favorable sera possible. Précisant même que les Flamands sont un peu plus prudents mais une majorité d'entre eux est prête à accepter un Premier ministre francophone ! Cette analyse est à compléter par l'édito de Béatrice Delvaux, du même jour intitulé : « Séparation : le mot n’est plus tabou ». La très unitariste journaliste commence très fort par : « Il est des moments qu’il faut marquer d’une croix car l’histoire s’y fait en direct. Comme aujourd’hui, depuis tous ces jours où l’idée de la séparation du pays, d’une Flandre indépendante et d’un solde bruxello-wallon (francophone ?) isolé(**), est passée du fictionnel au vraisemblable, de l’impensable à l’envisageable. » Mais... Là aussi, elle rassure (curieux, ce besoin de protection des citoyens-enfants... francophones et, a contrario la volonté de faire la morale aux autres, ces vilains Flamands !) précisant que « côté flamand », notamment, l’on se rend soudain compte que cette « solution » comprend moult désavantages et complexités. citant le Standaard ou Karel De Gucht (le bon Flamand) qu estimait que le scénario de la rupture était illusoire, qu il serait rejeté par la population et les milieux économiques du nord du pays dès qu’il deviendrait une réalité...
Allons, tout va bien pour la Belgique éternelle !
(*) oui, le jeu de mots comme le néologisme sont un peu facile ; mais…
(**) Le solde, ce n'est pas mal non plus pour qualifier le résidu ou la Belgique par défaut...