Chroniques d'un Wallon républicain et rattachiste - partisan de la réunion de la Wallonie à la France - sur l'actualité en Belgie-Belgique. Coups de gueule, Coups de coeur, Propositions, Réflexions...
Comme toujours en période d’incertitude politique, nous sommes bombardés de sondages contradictoires quand ils ne sont pas orientés ou prédictifs. Une spécialité en Communauté française de Belgique.
Quels sont réellement les effets des sondages ? Peut-être serait-il intéressant de se rappeler la « théorie de la spirale » (*) du silence d’Elisabeth Noelle-Neumann…
J'en ai déjà parlé, la théorie de la spirale du silence proposée en 1974 par Elisabeth Noelle-Neumann se présente comme une analyse du processus de formation de l’opinion publique. Ce modèle repose sur plusieurs hypothèses :
1. Les individus craignent l’isolement, ce qui les conduit en permanence à évaluer dans leur environnement social quelles sont les opinions qui ne les placeront pas dans des situations d’isolement.
2. Les individus se forgent une représentation de la répartition et du succès des opinions au sein de leur environnement social. Ils observent les points de vue qui acquièrent de la force et ceux qui sont en déclin. Ils évaluent ainsi le climat d’opinions.
3. La disposition d’un individu à exposer publiquement son point de vue est d’autant plus grande qu’il pense que son point de vue est ou sera dominant. Une minorité convaincue de sa domination future et donc disposée à s’exprimer, verra son opinion devenir dominante si elle est confrontée à une majorité doutant que ses vues prévalent encore dans le futur et par conséquent moins disposée à les défendre en public. On assiste alors à un phénomène de spirale qui installe graduellement une opinion dominante. L’opinion publique est donc définie comme l’opinion qui peut être exprimée en public sans risque de sanction, celle-ci étant l’isolement.
Ces hypothèses partaient d’un double constat à propos des élections fédérales allemandes de 1965 : le premier était qu’il existait un décalage empiriquement vérifiable entre la répartition effective d’une opinion et son expression en public. La prévision d’une victoire des démocrates chrétiens qui s’était renforcée dans les sondages au cours de la campagne (alors qu’au départ les sociaux démocrates partaient à égalité dans les intentions de vote), avait progressivement entraîné un changement dans les intentions de vote et s’était soldée par une victoire effective des démocrates chrétiens. D’où un deuxième constat : la pression pour se conformer à l’opinion perçue comme majoritaire entraîne un changement de comportement en faveur de cette opinion. C’est en affirmant publiquement sa prétendue supériorité numérique qu’un des camps politiques était parvenu à l’imposer dans les faits…
Propos à méditer, particulièrement par les réunionistes qui recueillent spontanément de 36 à 40 % d’opinions favorables à leurs thèses à la condition d’implosion de l’Etat et qui n’en font pas grand-chose à mon grand dam… Peut-être devrions-nous penser à une refondation du mouvement. Ou en tous cas de sa communication.
Cette théorie permet non seulement de comprendre pourquoi les sondages ne reflètent pas entièrement la réalité, mais également de réfléchir sur leur influence... Et donc des raisons de leur utilisation
(*) 1974 "The spiral of silence: a theory of public opinion." Journal of Communication 24 (2):43-51