Le Soir, sous le titre « La Flandre à fond de train » revient sur le chapitre de la note du formateur concernant la SNCB. On le sait, la Flandre veut pouvoir avoir la liberté d'investir plus et plus vite dans son rail. Or, la SNCB est l'une des rares compétences liées au transport et à la mobilité qui relève du niveau fédéra avec une clé de répartition des moyens fédéraux entre Flandre et Wallonie-Bruxelles (60/40) où, c'est la SNCB qui reste maître à bord.
On peut évidemment comprendre les Flamands. Ils ont les moyens d’investir plus et plus vite. Et ils se taillent déjà la part du lion (c’est le cas de le dire) en accélérant les travaux chez eux. Je l’avais déjà dénoncé en 2004 lors d’une campagne de sensibilisation (il n’y a rien à retrancher à cette analyse) concernant le report du RER en Brabant wallon. Depuis, Isabelle Durant, l’ancienne ministre des transports citée dans l’article du quotidien bruxellois, m’a implicitement donné raison, avouant : « je peux vous dire que les Flamands qui siègent au Conseil d’administration veillent particulièrement bien aux intérêts de leur Région. »
On peut aussi comprendre les craintes des négociateurs francophones de voir les régions prendre en charge une partie du financement des investissements en fonction de leurs besoins. Ils en ont les moyens et augmentant progressivement leur part, ça peut devenir une régionalisation masquée. Les Flamands ayant ainsi la main pour pouvoir dans quelques années diminuer la dotation fédérale de la SNCB qui ne leur servirait plus à rien. Bien joué ! Déjà en 2004, Johan Vande Lanotte, alors ministre fédéral des Entreprises publiques, annonçait que le fédéral ne paiera plus pour la SNCB au-delà de 2007…
Les négociateurs francophones veulent s'en prémunir et bétonner sur le long terme le montant de cette dotation ? On connaît la qualité du béton fédéral…
Les partis traditionnels semblent bien n'avoir retenu aucune leçon de l'histoire... Nous continuerons donc à jouer les Cassandre.
Ce n’est évidemment pas en France qu’on verrait ce manque de solidarité interrégionale.