Beaucoup de partisans de la réunion de la Wallonie à la France se désolent du manque de progression du seul parti défendant cette idée. Les gens ne comprennent pas disent-ils. A ces déçus, je répéterai que le rôle de Cassandre a toujours été difficile. Je dirai qu'il faut du temps. Je dirai qu'il est difficile pour beaucoup d'abandonner un certain confort, ou l'illusion d'un certain confort. Mais il n'y a pas que ça, il y a aussi que ce message se heurte à plus de 176 ans de propagande, propagande particulièrement active ces derniers temps.
Propagande que j'ai déjà souvent dénoncée ici. Et j'ai retrouvé cette citation de Georges Bernanos tirée de "Le Chemin de la Croix-des-Âmes" qui complète mon analyse :
" Je crois qu'il serait nécessaire de mettre en garde l'opinion contre certains professionnels de l'optimisme, et je n'ai jamais tant regretté de ne pas avoir l'autorité indispensable à une telle tâche. l'optimisme est naturel aux Démocraties modernes, traditionnellement inclinées à croire à la bonté naturelle de l'homme, à l'innocence du sauvage, et au Progrès indéfini. De plus, elles sont l'expression de l'Electeur Moyen, c'est-à-dire d'une espèce d'hommes accablés de médiocres soucis, peu disposés à penser beaucoup aux grandes affaires de ce Monde, et qui préfèrent s'épargner des débats de conscience, en professant que, quoi qu'il arrive, tout finit par s'arranger. Depuis vingt ans, la propagande des Dictatures n'a cessé d'exploiter cette paresse intellectuelle en la faisant passer pour une vertu auprès des futures victimes. L'Electeur Moyen se fait évidemment de la propagande une idée moyenne, il ne se doute absolument pas des immenses progrès réalisés en cette matière, de l'emploi rationnel des méthodes ordinaires de publicité, inspirées d'une psychologie terriblement sommaire mais aussi terriblement efficace. [...] il ignore le premier principe de la stratégie démoniaque, qui est de mettre au service du mal des bons sentiments corrompus, et à celui du Mensonge des vérités déviées ou faussées."
Il est bon de relire les classiques parfois...