C’était prévisible, et nous l’avions anticipé dans la conférence de presse annonçant notre participation aux élections régionales du 28 mai 2004, quand j’avais dit que nous nous voulions les « chiens de garde de l’identité française du Brabant wallon » mais je pensais alors que le Vlaams Belang serait le premier à faire le pas. (*)
Les jeunes du parti flamingant : « Jong N-VA, la jeunesse de Nieuw-Vlaamse Alliantie », participeront-ils aux élections fédérales du 10 juin 2007 sous le nom de la Nouvelle Wallonie (N-WA) pour proclamer l'idée de l'autonomie ( !) wallonne en Brabant wallon ? Ils étaient sur le marché de Nivelles ce samedi 28 avril pour rassembler les 200 signatures nécessaires…
Blague de potache ou nouveau coup publicitaire auquel ce parti nous a déjà habitué ?
Le site Internet créé à cette occasion est assez indicatif de leur objectif. Dans la droite ligne des propos musclés de l’allié préféré du CD&V. Nous y retrouvons en filigrane le principe de la confédération d’Etats prônée par ce parti, relayant le programme des « Flamands réalistes » (par opposition aux romantiques) qui veulent ainsi garder tout pouvoir sur l’ensemble du territoire de la Belgique sans en avoir les obligations. On retrouve ces propos dans la fameux « manifeste de la Warande » dont j’ai déjà parlé. Plus amusant (enfin, façon de parler...) c’est la justification qu’ils donnent à leur action dans la communiqué de presse : « Parce que « Wallon » n'a pas déposé une liste au Brabant Wallon, Jong N-VA y déposera une liste. Pour Jong N-VA, il est clair que tous les Wallons profiteront d'une réformation de l'état et qu'ils la demandent aussi, d'une manière explicite ou pas. » Joliment exprimé, non ?
Intéressante cette reconnaissance explicite et cette alliance objective avec un groupe d’indépendantistes wallons regroupés sous ce sigle et n’ayant pas (pour la petite histoire) hésité à offrir la tête de liste à un ancien élu du FN à La Louvière lors des dernières élections provinciales, rompant ainsi – pour la première fois de l’histoire - avec toute la démarche démocratique du mouvement wallon. Mais pas vraiment étonnante de la part de la NV-A qui est quand même très, très à droite sur l’échiquier politique flamand. Il est aussi intéressant de remarquer que les flamingants fanatiques ont très peur du réunionnisme. Ils préfèrent naturellement des Wallons couchés, inconscients, à une France confiante en elle-même, agrandie, renforcée par l'apport de la Wallonie... Logique.
Reste à leur dire que nous nous occuperons bien de notre Wallonie nous-mêmes ! Il y a de meilleures solutions.
(*) Attirés par le prix des terrains plus intéressant qu'en Flandre, par un environnement bien mieux protégé, de nombreux flamands se sont installés dans les communes rurales le long de la frontière linguistique, à la grande satisfaction de Raymond Langendries, des Michel(s) ou d’Ecolo qui sont restés très unitaires et qui y voient un moyen de compliquer, de ralentir ou d’empêcher la dislocation du pays. Or, ces Flamands - aisés souvent - ne s’intègrent pas, ils mettent leurs enfants à l’école en Flandre, y font leurs achats, y travaillent etc.. Ce ne serait pas un problème si les retombées du marchandage pour la scission annoncée de l’arrondissement de Bruxelles-Halle-Vilvorde ne nous fassent craindre une « bilinguisation » de notre Brabant wallon. Dans le droit fil de la logique dite « multiculturelle » ambiante qui est en réalité une logique communautariste. N’oublions pas qu’il y a d’autre menaces portées par le MR qui veut y étendre la Région de Bruxelles. Région bilingue.