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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 05:31

Entendu ce matin à la RTB(f)… Alors que curieusement, il prend comme exemple la… fédéralisation de la gestion des aéroports sous forme régionale (et en conséquence son succès indéniable), ce qui n’est pas du tout la même chose, André Antoine annonce que la fédéralisation (en réalité, ici, scission sous forme de communautarisation) de la fédération –amateur, si j’ai bien compris- de football « qui peut-être une bonne chose ».

 

Je me trompe peut-être, mais je ne suis absolument pas certain qu’on puisse vraiment se réjouir de la « communautarisation » de quoi que ce soit. Le principe dans ce cas étant de mettre l’accent sur les droits personnalisables (donc des personnes), c’est facile en Wallonie, mais à Bruxelles ?  

Incohérences verbale ou tromperies ? ?

Pour prendre un exemple récent, ce qui ne serait pas bon pour les allocations familiales seraient bon pour la pratique d’un sport ? Le flou savamment entretenu sur les conséquences du choix de l’un ou de l’autre terme (communautarisation versus régionalisation) nous entraine vers une vision de l’avenir – écrite ou à inscrire dans les esprits - peu gratifiante pour les Wallons puisqu’ils disparaissent dans un ensemble flou. Même le vocabulaire devient schizophrénique… ou manipulatoire, ce qui est le plus probable.

Soyons clair : la communautarisation, c’est la négation de la Wallonie, la régionalisation, c’est sa valorisation.

 

Le même ministre ajoute qu’un quart ( !) des subsides (sur 146 millions) seront attribués à ce sport  (forcément…).« roi ».

 

N’étant pas du tout « football », je ne vais pas tomber dans une critique facile mais…

 

Dans « De la démocratie en Amérique », Alexis de Tocqueville décrit une nouvelle forme de domination qui s'ingérerait jusque dans la vie privée des citoyens, développant un autoritarisme « plus étendu et plus doux », qui dégraderait les hommes sans les tourmenter ». Ce nouveau pouvoir, pour lequel, dit-il, « les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent pas », transformerait les citoyens qui se sont battus pour la liberté en « une foule innombrable d'hommes semblables (…) qui tournent sans repos pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, (…) où chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée des autres ».

Isolés, tout à leur distraction, concentrés sur leurs intérêts immédiats, incapables de s'associer pour résister, ces hommes remettent alors leur destinée à « un pouvoir immense et tutélaire qui se charge d'assurer leur jouissance (…) et ne cherche qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance. Ce pouvoir aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il pourvoit à leur sécurité (…) facilite leurs plaisirs (…) Il ne brise pas les volontés mais il les amollit (…), il éteint, il hébète. »

 

Les anciens Romain utilisaient pour ça une autre expression : « panem et circences » (1)

 

C'était alors une sorte de prophétie, mais nous y sommes aujourd'hui. C'est ce que Raffaele Simone  appelle le « monstre doux » dans le livre « L'Occident vire-t-il à droite ? » (Gallimard 2010). Il s'agit d'un régime global de gouvernement, mais aussi d'un système médiatique, télévisuel, culturel, cognitif, une forme d'ambiance infantilisante persistante qui pèse sur toute la société.

Ce régime s'appuie sur ce qu’il appelle une droite diffuse associée au grand capital national et international des milieux financiers (2) et industriels, puissante dans les médias, intéressée à l'expansion de la consommation et du divertissement qui lui semblent la véritable mission de la modernité, décidée à réduire le contrôle de l'Etat et les services publics, rétive à la lenteur de la prise de décision démocratique, méprisant la vie intellectuelle et la recherche, développant une idéologie de la réussite individuelle, cherchant à museler son opposition, violente à l'égard des minorités, populiste au sens où elle contourne la démocratie au nom de ce que « veut le peuple ».

 

Il va de soi qu’en Italie, l'administration Berlusconi incarne évidemment cette droite jusqu'à lacaricature. Mais, chez-nous, est-ce bien différent ?

 

Raffaele Simone traduit cette influence sur la société sous forme de « trois commandements » :

1° Le bonheur réside dans la consommation, l'argent facile. On préfère le gaspillage à l'épargne, l'achat à la sobriété, le maintien de son style de vie au respect de l'environnement.

2° S'amuser. Le travail, est de plus en plus dévalorisé, devient secondaire dans l'empire de la distraction. L'important, c'est le temps libre, les week-ends, les ponts, les vacances, les sorties, les chaînes câblées, les jeux vidéo, les émissions « people ». Même les actualités les plus graves se transforment en divertissement : la guerre d'Irak, le tsunami, les catastrophes naturelles, les drames humains deviennent spectacles, jeux vidéo en temps réel ou feuilletons émotionnels.

Les débats politiques se réduisent à de petites phrases (ou simplement des gestes), parade de « people » (toujours les mêmes !), quand les élus ne sont pas d'anciens sportifs ou encore des miss quelconques… généralement élus sur leur notoriété médiatique (les Bekende Vlamingen évidemment, mais nous n’avons rien à leur envier, pensons aux speakerines ou aux footballeurs.).

Observez comme les choses sont présentées et combien elles vont vite et s’oublient facilement : la crise économique ? La spéculation financière ? Les plans de rigueur ? Les atteintes aux libertés et les collusions entre hommes politiques et milieux d'affaires ?  Ce ne sont plus que des épisodes vite oubliés d'un grand « reality show »... comme on dit de nos jours.

3° L'infantilisation des adultes. Le rajeunissement est devenu une industrie lourde. Dans tous les domaines. Y compris celui de la politique.

 

« Droite anonyme et floue » dit Simone… Chez-nous, il n’y a pas quela droite. Tout l'« l’establishment » (utilise-t-on encore ce terme ?) belge s’y est rallié ! Politiques, médias, cultureux… ont embrayé comme un seul homme dans cette logique de pensée unique et capitalisé sur ce qu’on pourrait appeler un néo-conservatisme belgicain. Néo-conservatisme bien pensant, politiquement correct, tout autant politique qu’économique ou social. Tout plutôt que de se remettre en question et aller à l’encontre d’une voie qui paraît toute tracée dans la logique « Pirenniènne » dont je parlais dans un billet précédent. Tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil, sauf les grands méchants, les séparatistes (baptisés séparatistes » parce que non nationalistes belges)  et ceux qui appellent à la raison (souvent les mêmes d’ailleurs).

 

La critique est facile me rétorquerez vous.

 

Certes, mais, vous connaissez mes opinions en matière d’évolution institutionnelle. Combien j’ai déjà écrit sur les ratages historiques, sur ceux qu’on aurait pu aisément prévoir.

 

Mais si vous prenez le recul pour observer notre société et les bévues qui ont été accomplies dans d’autres domaines vous verrez quelles sont les responsabilités écrasantes que portent nos élites dans les malaises actuels ?

Quelques exemples (hors « problèmes dits communautaires ») :

- Ne pas avoir  compris la montée en puissance des pays émergents, la Chine, l'Inde, le Brésil, qui s'apprêtent à dominer le monde,

- Ne pas avoir saisi grand-chose aux nouvelles cultures jeunes, hédonistes, individualistes, alternatives ni à la croissance formidable des médias de masse, , d'Internet et du numérique (sauf au pouvoir de la télévision ! La RTB a ainsi grandement contribué à toutes les occasions de chercher à tuer la conscience wallonne)

- avoir refusé de voir l'apparition d'un facteur ethnique dans la sphère politique. Jusque récemment, on a refusé de discuter de l'immigration de masse et des clandestins, laissant penser que l’attitude est laxiste sur ces questions. Ajoutons que, parallèlement, les défenseurs de la laïcité, n'ont pas été clairs dans leur critique de l'islam radical, sur les questions du port du voile et de la visibilité des signes religieux. Ils ont montré le même aveuglement face aux violences urbaines et à l'insécurité (préférant montrer du doigt la France), ne considérant que leurs causes et pas leurs effets. Favorisant ainsi une extrême droite malsaine dont les propos semblent, hélas, plus proches des intérêts immédiats des gens, plus adaptés à l'ambiance générale de l'époque, « plus naturels » en quelque sorte…

 

Je pourrais aussi parler de la relative nonchalance avec laquelle on anticipe le vieillissement de la population, de ne pas avoir anticipé la critique (dite !) écologique d’un productivisme jugé sans frein, etc… qui sont les bombes à retardement des prochaines années…Tout comme le refus de prendre en considération (en n’étant « demandeurs de rien » officiellement depuis 1999, mais en réalité depuis bien plus longtemps) les positions de la Flandre a amené au blocage politique et au « sauve-qui-peut » actuel. (3)

 

On est en train de laisser se dilapider un patrimoine unique que l’on aurait pu penser inhérent à l'identité européenne : les droits des travailleurs, la liberté d'association, les libertés publiques, les congés payés, l'assurance-maladie, les retraites, l'enseignement obligatoire, la laïcité de l’Etat, le suffrage universel, les droits des femmes, les services publics, l'égalité devant la loi, la régulation étatique des excès des puissants, etc

 

Or, il y a encore tant de choses à faire. Réduire les inégalités, qui vont s'aggravant entre les pauvres, les classes moyennes et les très riches ; réguler le capitalisme financier, mettre en place des mesures de solidarité qui aideraient véritablement les plus démunis à s'en sortir, relever le niveau moyen d'instruction et de culture, imposer vraiment l'égalité des hommes et des femmes, assurer l’attractivité des écoles publiques,  former une conscience citoyenne,  réduire l'impact de la croissance sur l'environnement, etc…

 

Facile à dire me direz-vous ?

 

Il ne faut pas rêver. Les antagonismes culturels, les différences de sensibilité entre les Peuples, flamand, bruxellois ou wallon sont beaucoup trop importante que pour arriver à ne fusse qu’un semblant de consensus dans ce non-pays qu’on appelle Belgique.

 

Ailleurs dans les autres régions de la future ancienne Belgique, je ne sais pas, mais dans une Wallonie maîtresse de son destin, il me semble que sur base des Valeurs que nous partageons, il serait plus facile d’affirmer le rôle de l'Etat dans la régulation des excès du marché et du capitalisme financier. De mettre en place des services publics forts. D’investir dans des universités et des écoles de haut niveau. De défendre radicalement la laïcité contre les intrusions religieuses. D’assurer durablement et sans laxisme la sécurité des citoyens. De soutenir puissamment la recherche. D'appuyer la création de médias et la mutation de télévisions de qualité.

On pourrait ainsi s'inspirer des expériences de la social-démocratie des pays du Nord de l'Europe qui a rompu avec le vieux paradigme de l'assistanat et de l'Etat-providence, pour promouvoir l'émancipation de chaque individu, sans en abandonner aucun, en corrigeant les inégalités sociales. Mais quel changement de paradigme !

 

 

Merci à Mike G. qui reconnaîtra l’a publication dont je me suis plus que largement inspiré !

 

 

(1) On n’a pas attendu Tocqueville pour le rappeler :

- « C'est là le fond de toute politique, panem et circenses, et l'art de gouverner les peuples se réduit en dernier lieu à l'art d'empêcher qu'ils ne s'ennuient ». (Revue de Paris)

- « J'ai lu l'abbé Galiani. On n'a jamais été si plaisant à propos de famine. Ce drôle de Napolitain connaît très-bien notre nation : il vaut encore mieux l'amuser que la nourrir. Il ne fallait aux Romains que panem et circenses, nous avons retranché panem, il nous suffit du circenses, c'est-à-dire, de l'opéra-comique ». (Voltaire, à madame Necker).

 

2 (Pensons à l’influence démesurée des obscures agences de notations et l’anonymat des « investisseurs » - terme moins connoté que celui bien plus réel de « spéculateurs » en Bourse)

 

(3) Contrairement aux résultats du «pseudo-sondage » du Soir publié hier suivant lequel, « selon une majorité d’internautes, le parti nationaliste (N-VA) est pointé sans conteste comme le grand responsable des maux du pays: 42 % pointent le parti de Bart de Wever, alors que 18 % ciblent « les partis flamands » en général. De leurs côtés, les partis francophones s’en tirent plutôt bien. »… Belle confusion entre cause et effet…

 

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 12:05

Communiqué de presse du Rassemblement Wallon - 13 décembre 2010

 

Six mois après les élections, un autre plan de sortie de crise

 

« Il y a crise lorsque le vieux ne veut pas mourir et le neuf ne peut pas naître » (Gramsci)

 

Si jusqu’ici, Johan Vande Lanotte a pu capitaliser sur la confiance dont il bénéficiait pour faire accepter sa méthode de travail et le calendrier, le RASSEMBLEMENT WALLON constate que malgré les convergences qu’il déclarait avoir trouvées, les garanties du succès de sa mission sont de plus en plus faibles. En l’état actuel, il est patent que les partis se préparent à des élections anticipées tout en sachant que ces dernières ne changeront fondamentalement pas le rapport de forces issu des dernières élections et donc ne débloqueront pas l’impasse actuelle.

A moins de vraiment faire preuve d’imagination avant de dissoudre les Chambres fédérales...

Un parti politique ne peut pas se contenter d’adresser à la Société les discours rassurants qu’elle a envie d’entendre. Son rôle est d’envisager tous les possibles. C’est une exigence démocratique. Compte tenu de l’évolution des négociations pour former un gouvernement fédéral, le RASSEMBLEMENT WALLON propose un scénario réaliste et responsable.

 

Il est, en effet, essentiel que le pays soit gouverné. Les échéances, économiques, sociales et budgétaires étant d’importance, ces urgences immédiates exigent que la Belgique dispose rapidement et pour une période claire d’un gouvernement solide et d’une majorité stable.

 

Le RASSEMBLEMENT WALLON propose aux partis politiques le canevas suivant :

 

Tenant compte du prescrit constitutionnel actuel, le RW demande à l’ensemble des formations politiques parties prenantes tant du gouvernement fédéral actuel, des gouvernements fédérés, que des négociations en vue de former un nouveau gouvernement fédéral :

 

1.        de présenter aux Chambres fédérales une déclaration gouvernementale permettant au gouvernement de présenter et de faire adopter en urgence par les Chambres les projets de révision des articles de la Constitution nécessaires à l’octroi aux Régions et Communautés :

a.    du droit de se doter individuellement (Régions) et/ou en commun (Communautés, s’il échet) de Constitutions propres ;

b.     du droit de soumettre ces Constitutions régionales (et, s’il échet, communautaires) à référendum populaire (titre III de la Constitution) ;

c.     de négocier ensuite entre elles, sur base de leurs Constitutions respectives, une nouvelle Loi fondamentale commune, ou, à l’opposé, de constater l’impossibilité de poursuivre ensemble une existence dans un État commun ;

2.    d’autoriser ce nouveau gouvernement, à déposer et à faire voter une déclaration de révision de la Constitution maximale, hormis en matières de définition des droits de l’homme et du citoyen ;

3.    de prononcer – le cas échéant par le biais d’une loi spéciale à la majorité qualifiée modifiant à titre transitoire et exceptionnel la législation sur les autonomies régionales et communautaires – la dissolution des Parlements régionaux et communautaires ;

4.        de convoquer les électrices et électeurs à l’effet d’élire :

a.    de nouvelles Assemblées fédérales ;

b.    des Parlements régionaux munis du pouvoir constituant, chacun pour ce qui le concerne ; ce pouvoir serait également et pleinement accordé au Parlement de la Communauté germanophone ; il le serait enfin – mais par seule délégation des Parlements régionaux concernés, s’ils le décident – aux Parlements des Communautés flamande et française.

 

Une fois les élections terminées :

1.    les Chambres fédérales investiront le gouvernement fédéral actuel, éventuellement élargi aux partis actuellement membres des majorités régionales et communautaires à l’effet d’une gestion technicienne avec pleine compétence à l’exception des domaines institutionnels pour un mandat limité d’un an ;

2.        les Assemblées Constituantes auront pour tâches essentielles de :

a.    rédiger et adopter, en un laps de temps de six mois et en vue d’approbation par le Peuple, une Constitution pour le Peuple qui, chacune, les a élues ;

b.     définir, dans le même laps de temps et sur base de la Constitution que chacune aura élaborée, le cadre général et particulier dans lequel le Gouvernement qu’elle aura investi pourra négocier, avec les partenaires actuels dans l’État fédéral belge, un accord global sur les formes d’une coopération soit « belge » (État fédéral ou confédéral), soit européenne (plusieurs États souverains membres de l’U.E. et également héritiers de l’État belge défunt).

 

À l’issue de ce mandat de six mois, les Assemblées Constituantes devront proposer au suffrage populaire le projet constitutionnel qu’elles auront, chacune, adopté.

 

À cet effet, les Gouvernements qu’elles auront investis disposeront ensuite de deux mois pour l’organisation et la conclusion desdites consultations populaires, ayant force souveraine. Les Peuples respectifs se prononceront tant sur le projet constitutionnel qui leur sera proposé que sur le mandat donné auxdites Assemblées constituantes et Gouvernements régionaux et communautaires de procéder ensuite aux négociations en vue de l’accord global de coopération à atteindre.

 

Les parties auront ensuite quatre mois pour parvenir à cet accord global. Celui-ci pourra éventuellement déboucher sur une déclaration commune de l’ensemble des parties constatant qu’aucun accord ne peut plus être atteint dans le cadre belge. En ce cas, la déclaration commune établira qu’à la date prévue pour la fin du mandat d’un an du gouvernement fédéral intérimaire, l’État Belgique et ses institutions seront défunts et que les États constitutifs actuels en prennent la succession, à charge pour eux de négocier en pleine souveraineté, dans le cadre de l’Union européenne, le partage des dettes et avoirs.

 

***

 

Commentaires :

 

1.   Concernant le Parlement de la Communauté germanophone, il faut savoir que le RW est partisan de lui octroyer le plein pouvoir constituant.

2.    Aux inévitables objections anti- ou in- constitutionnelles, il faut citer le précédent anticonstitutionnel de la loi de 1919 sur le suffrage universel égal et la représentation proportionnelle, qui violait la Constitution, laquelle ne sera révisée qu’ensuite, en 1921. L’urgence et surtout le consensus le justifiant.

3.     A l’objection que rien ne serait réglé si ce scénario se terminait par la fin éventuelle de la Belgique un an après les élections des assemblées constituantes, l’absence de tout règlement du partage de la dette et des avoirs, il serait impossible aux nouveaux États de fonctionner. Là auussi, il y a  précédent, celui de... la Belgique, dont le sort définitif n’est intervenu que 9 ans après sa séparation des Pays-Bas. Ce qui ne l’a nullement empêchée d’exister, de fonctionner et de s’installer dans le concert des États européens de l’époque. Il en a été de même de la plupart des États nés de la fin de l’Empire austro-hongrois en 1918.

 4.   Faute d'un accord sur les matières à réviser avant la dissolution des Chambres, toute éventuelle modification effective de la Constitution serait reportée à deux législatures au moins...

 

 

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 19:03

Je l’ai déjà écrit, et André Schreurs qui vient de décéder pensait la même chose, l’option communautariste sur laquelle ont été basées les différentes réformes de l’Etat mène tout droit à la catastrophe. Il s’agit là d’une forme grave de néo-colonialisme (au mieux) et de nationalisme d’exclusion (au pire). C’est une forme de racisme larvé. Comment sur un même territoire refuser le principe d’égalité des droits à tous les citoyens ? Ne nous leurons pas, c'est bien là le fond du problème. 

 

Nos prédécesseurs qui sentaient monter les totalitarismes dans les années ’30 l’avaient bien compris. Eux qui ont milité et obtenu de haute lutte le principe de régions culturellement homogènes. Néerlandaise en Flandre, française en Wallonie et bilingue par respect des droits de tous les citoyens à Bruxelles.

 

Ils avaient raison. Le principe de territorialité reste le meilleur principe pour assurer la cohésion d’un état. Tout ce qui s’est passé ces dernières années partout dans le monde l’a bien démontré. Etre reconnus citoyens d’un pays au-delà de toute référence communautaire, religieuse ou linguistique est la meilleure garantie d’intégration. Comme on l’a dit à propos de la Wallonie, est Wallon tout qui vit en Wallonie. Tout comme est français tout qui se reconnaît comme tel. Un territoire, un même peuple uni par un même choix.

 

Toute autre approche reproduirait la situation de la Yougoslavie ou de la… Belgique.

Le scénario de « Belgique francophone » est – il faut le faire remarquer -  contradiction avec ces propos, déjà anciens, de Rudy Demotte, ministre-président de la communauté française et de Wallonie  : « Un modèle à trois Régions est un modèle que j'appuie fortement parce qu'il permet la reconnaissance pleine et entière de Bruxelles » (Belga). Trois régions, dans le contexte que nous vivons, trois états.

 

Il faut rejeter la propagande comme celle que « Le Soir » publiait dans un dossier de plusieurs pages il ya quelques temps. «  Si la Belgique devait éclater, de tous les scénarios institutionnels, c’est celui de l’Etat Wallonie Bruxelles qui semble le plus probable. C’est celui que défendraient à la table tous les partis francophones ».

C’est une ineptie.

D’ailleurs, « Le Soir » relevait que : «  Tous les Wallons ne sont sans doute pas prêts à payer le prix fort pour décrocher « la lune bruxelloise »(sic !). Et, surtout, Bruxelles, s’est découvert, en trois ans, une vraie identité régionale, plurilingue, multiculturelle et se pose des questions quant à son union avec la Wallonie ».

 

Malgré ça, malgré ces évidences ; les partis traditionnels continuent à réfléchir (façon de parler évidemment) sur une base essentiellement communautariste. Quelle erreur !

 

On sait peu de chose les négociations. On sait qu’il devrait y avoir des avancées en matière institutionnelles. On pense qu’un accord serait possible sur la loi de financement. C’est ce lundi que l’on saura ce qu’en pensent les partis flamands.

 

C’est le moment que choisi l’homme qui a inventé l’expression « les francophones ne sont demandeurs de rien » pour proposer – en vue d’un échec des négociations - de revenir à la vieille doctrine belgicaine : « sacrifier l’institutionnel pour le socioéconomique ». Quel meilleur moyen de maintenir la Wallonie dans un état de colonisation.

 

C'est qu'on ne le dira jamais assez, la Wallonie est une colonie de la Belgique. Les « francophonistes » veulent maintenir cet état. Il faut les combattre.

Je suis assez d’accord avec ce billet de José Fontaine.

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 18:56

« En tant que telle, l'autonomie fiscale n'appauvrirait pas nécessairement la Wallonie. Par contre, conçue comme le propose Monsieur De Wever, cette autonomie appauvrirait, à terme, fort vraisemblablement, l'Etat fédéral, qui reste garant de la solidarité interpersonnelle, dont les Wallons bénéficient davantage que les Flamands ».

 

« Ce n'est pas l'autonomie fiscale en tant que telle qui pose problème. Au contraire, elle offre l'avantage de pouvoir concevoir des politiques qui correspondent spécifiquement à nos besoins.

Le problème de l'autonomie fiscale telle que la propose Mr De Wever, ce sont les moyens limités qui resteraient disponibles pour l'Etat fédéral et donc, les conditions dans lesquelles celui-ci pourra continuer à financer la solidarité interpersonnelle càd la sécurité sociale ».

 

« Le problème de la dette (100% du PIB alors que la norme européenne est de 60%), est principalement un problème belge. Les Régions wallonnes, flamandes et bruxelloises étant apparues plus tard (1980 et 1989) elles sont sensiblement moins endettées.

Dès lors, la Wallonie n'a pas de problèmes pour respecter la norme européenne en matière de dette. Évidement, si elle devait reprendre une partie de la dette fédérale, il en irait tout autrement ».

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 18:30

Je ne suis pas rassuré. 

 

Je ne suis pas rassuré ni à la lecture de la note au roi de Bart De Wever, ni surtout par les réactions à cette dernière des « quatre princes de la présidentocratie », comme l’écrivait joliment il y a peu José Fontaine, qui gouvernent nos destinées et affirment – à leur corps défendant y retrouver 80 % des propositions déjà acceptées. (Après lecture de la note De Wever, je constate que si cette note est certes déséquilibrée au bénéfice de la Flandre, je n'y ai pas retrouvé tous les points du programme de la N-VA, ou alors sous une forme assez édulcorée. De Wever y a ainsi indiqué jusqu'où il acceptait d'aller par rapport à son programme. Il a mis noir sur blanc ses concessions, aux autres à fixer leurs limites plutôt que de hurler, puisqu'il a annoncé que c'était un document de travail.)

 

Si, il y a de réelles (?) avancées psychologiques en faveur de la délégation aux Régions de compétences qu’elles assureraient mieux que l’état fédéral, Il est évident que dans l’esprit des Flamands, Région égale Communauté, du côté « dit francophone », le réflexe reste d’abord communautaire. Comment ne pas comprendre que ces réflexes ethniques sur des territoires partagés ne mènent qu’à la catastrophe pour tout le monde.  Organiser un état sur cette base n‘a jamais marché. Les événements dramatiques en Autriche Hongrie,  Yougoslavie, Beyrouth ou Ruanda sont là pour  nous éclairer. Même si nous n’en sommes pas encore là.

 

Ce n’est que sur une base territoriale claire que l’on peut concevoir le fonctionnement harmonieux d’un Etat moderne, respectueux de l’égalité des droits entre les citoyens. Ce n’est que dans un état cohérent que l’on peut garantir le bien-être des habitants par des services publics forts, y compris un système de protection sociale digne de ce nom.

 

Ce n’est plus le cas de la Belgique. Et depuis longtemps !

La persistance de Communautés, par les chevauchements qu’elle impose est une source majeure de conflits. Les propositions de transferts de compétences, « à moitié », « progressivement » ou pire, sur base ethnique ne peuvent qu’aggraver les divisions, les conflits et les rancunes.

Pas seulement entre Flamands et « Francophones », mais aussi entre Bruxellois et Wallons.

 

Que dire d’une telle pseudo-fédération « Bruxelles-Wallonie-Communes à facilités-Belgique continuée » qui naîtrait avec des conflits de nationalités et de frontières ?

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 14:58

Je vous livre cette dépêche de l’AFP.

 

La Commission européenne a célébré jeudi « la Journée européenne des langues »... essentiellement en anglais, même si l'UE compte 23 langues officielles et plus de 40 langues régionales.

« Je voudrais attirer votre attention sur le fait que ce dimanche 26 septembre sera la Journée européenne des langues », a annoncé, en anglais, le porte-parole de la commissaire européenne chargée du multilinguisme, Androulla Vassiliou.

 

« Une multitude d'événements seront célébrés partout en Europe à cette  occasion », a-t-il poursuivi, toujours en anglais, devant des journalistes originaires de toute l'Europe.

 

Quand les soupirs des non-anglophones sont devenus un peu bruyants, le porte-parole s'est essayé brièvement à l'allemand, au français, à l'espagnol, à l'italien et au polonais, recueillant des applaudissements pour louer ses efforts et des rires bienveillants pour sa prononciation approximative.

 

Interrogé, en français, pour savoir si la Commission reconnaissait le romani, la langue parlée des Roms, comme une des langues minoritaires de l'UE, le porte-parole a montré combien il était parfois difficile pour les Européens de se comprendre entre eux.

« Le romani n'est pas une langue minoritaire, mais une langue officielle de l'UE », a dit, visiblement surpris par la question, le porte-parole qui a confondu romani et roumain.

 

A l'issue de l'exercice, la porte-parole de la Commission Pia Ahrenkilde Hansen a chaudement remercié les interprètes de la Commission mis à rude épreuve pour aider à une meilleure compréhension mutuelle.

 

Mais des efforts sont encore nécessaires. Le communiqué de presse annonçant  la Journée européenne des langues a été publié sur le site officiel de la  Commission dans toutes les langues officielles de l'Union, mais le programme  des festivités n'est disponible qu'en anglais. On apprend ainsi que le 30  septembre, la Maison de l'Europe à Paris va organiser une « round table on multilingualism and enterprise » sous l'égide de « l'European Commission ».

 

En conséquence, le ridicule finit, heureusement, par être perçu par pas mal de monde. Les Français d'Europe ne doivent rien attendre des Anglais sinon leur volonté de faire de l'Europe un continent de langue anglaise, ce dont ils ont toujours rêvé de faire en Amérique du nord où seule la résistance du peuple Canadien-français , du Québec surtout, a permis que ce rêve ne se soit pas encore réalisé.

 

L’AFP rejoindrait-elle le camp des défenseurs du français ?

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 20:10

Billet repris dans "La Libre Belgique" du 26/10/2010
Mis à jour le 17/11/2010

 

A lire les réactions épidermiques dans la presse de la capitale (Le Soir, La Libre, etc…) les sorties – à l’occasion des fêtes de Wallonie – de Viseur et d’Etienne montrent que beaucoup n’ont retenu du nationalisme que son versant germanique. On a ainsi vu refleurir à tort et à travers les phrases toutes faites  du style : « le nationalisme, c’est la haine des autres », etc…

 

Dans les heures et les jours qui viennent, nous allons sans nul doute connaître une dramatisation plus forte encore de la situation politique. Drame étant à prendre ici dans son sens théâtral…. Le débat est loin d'être clos et est au contraire essentiel. 

 

A quoi, pourrait bien ressembler un « nationalisme wallon » ?

 

Je n’aborderai pas le thème de la nation comme concept juridique né à la Révolution française. (*)

 

La nation est davantage une construction idéologique qu’une réalité concrète, ce qui explique la difficulté de lui donner une définition pleinement satisfaisante. Ce qui (m’a, comme à d’autres…) fait dire qu’il n’y a pas de nation wallonne par comparaison à la très forte identité flamande ou même bruxelloise.

Depuis Renan, pour les tenants d’un humanisme français (**), la conception moderne de la nation dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve plutôt sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d’une appartenance commune. Elle est ainsi à la fois extérieure aux individus, en même temps qu’elle est intériorisée (et transmise d’une génération à l’autre). Pour s’imposer, elle suppose également l’existence d’une volonté durable de vivre au sein d’un même ensemble. C‘est une construction politique, dont la fonction est de garantir la cohésion sociale et de faire respecter l’autorité de l’État. Pour ces raisons, l’idée de nation est elle-même liée à l’histoire de chaque pays. Là est la grande erreur des contempteurs de toute identité ou nationalisme wallon. Leurs références sont germaniques ou liées aux dérives historiques des XIXème et XXème siècles.

 

Si, en France, c’est l’action centralisatrice et unificatrice du pouvoir royal qui a contribué de manière décisive à l’émergence de la nation. Le sentiment national, bien que présent chez une élite restreinte, s’est diffusé assez lentement et une forme « d’identité nationale » l’a précédé.

A contrario, en Allemagne, l’idée de nation s’est développée en l’absence d’un cadre étatique unitaire. L’existence d’une langue et d’une culture communes a permis de concevoir la nation allemande en l’absence de toute unité politique avant 1871. La Flandre a suivi le même processus… Il est piquant de constater aujourd’hui que c’est le même type d’idéologie qui est sous-tendue par le projet (plan B ?) d’état putatif Bruxelles-Wallonie basé sur la langue française cette fois. Or, Comme l’écrivait Renan, « il y a dans l'homme quelque chose de supérieur à la langue : c'est la volonté ».

Il est logique que les attaques les plus virulentes contre le principe « d’identité wallonne », le fait de nommer la Wallonie autrement que « Région wallonne » ou encore contre les dernières sorties parlant de « nationalisme wallon » soient venues de ceux qui nient l’existence de la Wallonie et veulent la noyer dans un nouvel ensemble indifférencié « francophone » après avoir voulu la fondre dans une improbable « nation belge » construite en dépit du bon sens.

 

 Il y a donc bien coexistence (et parfois interpénétration) dans la notion de « nation » de deux concepts distincts. Une « conception française » (Renan, Fustel de Coulanges) et une « conception allemande » (Herder, Fichte).

 

Herder propose une définition de la Nation fondée sur le sol et une langue commune, et Fichte, dans ses Discours à la nation allemande (1807-1808)  insistait sur l’idée de peuple et l’importance de la langue.

A contrario, Ernest Renan, dans sa célèbre conférence de 1882 intitulée « Qu’est-ce qu’une Nation ? », a posé, quant à lui comme critères de l’appartenance nationale, « le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ». Sa belle expression est souvent reprise : « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. »

 

 Méfions-nous donc des raccourcis rapides et des arrière-pensées. Le nationalisme wallon est déjà bien en germe. Ce n’est pas un hasard si une fine mouche politique (et il faut avoir beaucoup d’habileté pour survivre au sein d’un parti comme le CdH sans perdre ses repères)  ose aujourd’hui utiliser cette expression. Les partis politiques traditionnels sont très à l’écoute de la population. Les réticences de Madame Milquet ne sont que de pure forme et destinées à .noyer le poisson. .

Les caractéristiques que Viseur donne de ce nationalisme wallon, sont celles traditionnelles du mouvement wallon : « une forte cohésion sociale autour d’un modèle de développement solidaire. Le passé récent illustre bien cette logique, cette force tranquille d’une nation wallonne. » Tout le contraire du nationalisme flamand ou belge basé sur la prétendue supériorité d’un groupe social sur les autres.

 

Être partisan d’un nationalisme wallon, est-ce considérer que la Wallonie doit entrer – comme le laissent entendre certains, entrer à reculons dans une nouvelle organisation ? Là aussi, épousons les conclusions de Renan : « (…) laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé. ».

 

« Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister. » N’est-ce pas l’image des Wallons et de la Wallonie ?

 

 

(*) L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dispose que « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » En application de ce principe, la Nation est devenue la source des différents pouvoirs, se substituant au droit divin qui légitimait le pouvoir monarchique.

La Nation, détentrice de la Souveraineté, c’est le peuple constitué en corps politique, dont la volonté est mise en œuvre par des représentants élus, sans qu’aucun corps intermédiaire ne puisse y faire obstacle. La nation modifie par ailleurs la conception de l’État en le soumettant au principe démocratique.

 

(**) J’aime à rappeler cette phrase d’une très grande lucidité de François Perin qui  s’est un jour exprimé en disant que « les Wallons ont acquis la philosophie des Droits de l’Homme à la Révolution française et que c’est irréversible ».

 

A lire, en complément : **** Les nations, salut de l'humanité ? **** de Laurent Pinsolle

 

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 06:08

Je n’en ai pas parlé au moment de sa parution il y a quelques jours. Pourtant j’avais été averti de la publication de Luc Rosenzweig sur le site du « causeur » consacrée à la situation politique locale.

 

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, c’est un journaliste, généralement bien informé, ancien journaliste de « Libération » et ancien rédacteur en chef du « Monde » (excusez-moi du peu) est aujourd'hui écrivain. Cà ne l’empêche pas d’avoir un regard acéré sur l’actualité.

 

Je retiendrai trois extraits de son article (j'ai souligné quelques points significatifs).

 

« Dans le courant du mois de juillet, quelques personnes réputées bien connaître la politique belge ont tenu une réunion discrète, sinon secrète, dans le bureau de Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux affaires européennes. Des diplomates en retraite et en activité et des journalistes de renom étaient invités à formuler leurs analyses sur l’avenir du royaume à la suite des élections législatives de juin(…) »

« Pour les sommités réunies par Pierre Lellouche, l’hypothèse d’une « petite Belgique » maintenue après le départ de la Flandre devrait alors s’imposer. C’est en tout cas la vision développée dans la classe politique francophone (*) et dans les élites universitaires et médiatiques (*). Cette entité serait, paraît-il économiquement et politiquement viable. Voire… Car qui prendrait alors le relais des transferts d’argent de la Flandre vers la Wallonie au nom de la « solidarité interpersonnelle » entre tous les Belges ? »

 

Bien, ça c’est de l’information. Rien de plus.

 

Par contre, cette dernière phrase est évidemment beaucoup plus intéressante et montre que, connaissant certaines réalités locales,  certains réfléchissent (beaucoup !) plus loin. :

 

« Le moment n’est pas encore venu où les Wallons sûrement et les Bruxellois peut-être se diront que la meilleure solution, au bout du compte, serait de compléter l’union culturelle et économique franco-belge par son volet politique. Mais il approche. Quand elle a démarré, l’Histoire a tendance à s’accélérer, et c’est dans ces circonstances que se révèlent les grands hommes d’Etat ».

 

Pas mal, non ?

 

 

(*) … belges, évidemment ! Pour ces dernières, la Belgique est (et doit encore être considérée comme) un ilot isolé au milieu de nulle part. Ils sont encore et toujours incapables de réfléchir d’une manière globale. La systémique a encore du chemin à faire, nous sommes terriblement interdépendants de nos voisins comme avec le reste du monde.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 06:00

« C'était impossible et ils l'ont fait »  (Winston Churchill)

 

Les conservateurs du régime belge n’ont plus beaucoup d’illusions. N’empêche,  ils sont encore très actifs (énergie du désespoir ?). On lit ainsi de plus en plus que la scission de la Belgique en trois (plus rarement quatre !) entités mettrait la Wallonie en situation particulièrement difficile. (Et pourquoi uniquement la Wallonie ?)

 

J’avoue rester assez sceptique.  Tout d’abord, nous ne sommes pas isolés sur une planète lointaine. Il y a une vie en dehors de la Belgique (Le billet précédent (ainsi que celui consacré à l’interview de Chevènement) montre bien que d’autres sont là et pensent à nous).

Par ailleurs, la situation économique de la Wallonie s’améliore. Selon le Financial Times, la Wallonie fait partie du "Top 5" des régions les plus attirantes d’Europe pour les investisseurs, derrière l’Ecosse, la Flandre, l’Irlande du Nord et le Kent. La Wallonie, c’est aussi trois centrales nucléaires, le réseau routier le plus dense d’Europe, des canaux, un véritable nœud de communication au cœur même de l’Europe. On sait que si la balance commerciale de la Belgique est en boni, c’est grâce aux exportations wallonnes. Et en matière de transferts, nous sommes les premiers partenaires commerciaux (entendez : surtout clients…) de la Flandre. Donc, leurs principaux contributeurs… Imaginons que demain, nous achetions ailleurs, tout en leur faisant payer notre eau à son juste prix, par exemple…

 

Aujourd’hui, le baromètre économique de la société Ernst & Young (*) vient de démontrer qu’en matière d’investissements les choses se confirment dans le bon sens en faveur de la Wallonie. Je ne résiste pas à vous donner un extrait :

« Le nombre d’IED annoncés en Belgique a augmenté par rapport à l’année dernière : de 142 à 146. Une ventilation entre les différentes régions donne les proportions suivantes : la Flandre enregistre 64 investissements sur 146 (43,9 %), la Wallonie en compte 57 (39 %) et Bruxelles, 25 (17,1 %). Si nous examinons ces chiffres sur une période de cinq ans, nous constatons que la part de la Flandre dans les investissements étrangers ne cesse de reculer. En résumé, nous pouvons dire que la Flandre et Bruxelles enregistrent leurs plus mauvais scores, tandis que la Wallonie atteint un niveau record.

Si nous examinons la dimension provinciale, nous constatons qu’en Flandre, c’est toujours Anvers qui engrange le plus de projets mais pour combien de temps encore ? Alors qu’il y a 3 ans d’ici, la province d’Anvers rassemblait à elle seule 50 projets, ce nombre est passé à 26 en 2008 et stagne à 27 en 2009, parmi lesquels 19 nouveaux projets, ce qui est toutefois très honorable.

Un deuxième constat frappant concerne la Flandre occidentale. Cette province ne joue manifestement plus aucun rôle sur la scène des investissements. Seuls deux projets ont vu le jour en 2009, dont aucun nouveau projet.

La Flandre orientale comme le Limbourg sont en nette perte de vitesse. En 2006, la Flandre orientale pouvait encore se targuer de 20 projets d’investissements étrangers. Aujourd’hui, ce nombre a quasi diminué de moitié.

La proportion entre nouveaux projets et  projets d’expansion n’offre pas non plus beaucoup.

Nous observons une nette diminution de l’attractivité bruxelloise sur une période de cinq ans, au bénéfice du Brabant wallon et plus particulièrement des alentours de Nivelles. Le Brabant wallon affiche plus du doublement de son score par rapport à l’année dernière, passant de 5 à 12 nouveaux projets d’investissements dont neuf dans la région de Nivelles. Nous constatons en outre que la majorité de ces projets correspondent à de nouveaux investissements.

La Province du Brabant flamand obtient aussi un résultat honorable avec 14 nouveaux projets. À l’exception d’un seul, tous ces projets sont des nouveaux projets. Le principal secteur concerné par ces nouveaux projets, dans le Brabant flamand comme dans le Brabant wallon, est celui des ventes et du marketing. Cela démontre sans doute que les entreprises n’envisagent plus Bruxelles comme seul emplacement potentiel pour de telles activités.

 

Au niveau de la Wallonie, l’activité a été particulièrement intense en 2009 avec un succès particulièrement remarquable pour la province de Liège. Celle-ci a maintenu sa stabilité au fil des dernières années, avec 12 à 14 nouveaux projets par an. Cette année, elle grimpe à 21, dont deux tiers concernant de nouveaux investissements. Les principaux secteurs concernés sont l’industrie et la logistique.

De son côté, le Hainaut se caractérise par sa stabilité avec 17 investissements (dont 9 nouveaux) en 2008 et 2009. A l’exception de Bruxelles et d’Anvers, les provinces de Liège et du Hainaut sont en 2009 et de loin, les provinces les plus attractives de Belgique ».

 

Et enfin, la menace de régionaliser la perception de l’impôt des personnes physique sur le lieu de travail ne devrait pas changer grand chose et les effets seraient marginaux sur la Wallonie. Jugez-en :

Selon Eurostat (2006) le salaire brut moyen « belge » d’un employé dans le secteur de l’industrie et des services était de 37 674 s. Il faut ajouter à ce salaire 11 501 € que l’employeur doit payer en charges @sociales obligatoires, ce qui fait grimper le coût total du travail à 49 175 euros. La paie nette de l’employé n’est que de 21 903 €  soit 44,54% du coût total de main-d’œuvre ; les prélèvements obligatoires, i.e. les impôts et les cotisations de sécurité sociale, s’élèvent ainsi à 55,46% de son revenu brut « réel ».

Le taux marginal maximal pèse bel et bien sur notre travailleur moyen ; pour 2010, le taux de 50% s’applique à chaque euro gagné au-delà d’un salaire brut de 34 300 euros.

Ce qui est certes, loin d’être négligeable à titre individuel. Mais, si on se base sur cette moyenne – même, si comme toutes les moyennes, elle est sujette à caution, ne tenant pas compte des spécificités professionnelles – nous pouvons constater que le manque à gagner pour la Wallonie d’un IPP versé sur le lieu de travail, c'est-à-dire à Bruxelles, serait d’environ (49175( brut+part patronale)-21903 (salaire net annuel moyen) X 100.000 travailleurs) = 2.717.200.000 euros… ce qui correspond, à la grosse louche (pour utiliser un terme technique, précis d’économiste..) à 2.5 milliards si on soustrait les 250.000.000 euros payés chaque année – par la Wallonie - à Bruxelles pour financer la survie des écoles francophones de cette Région.

 

Autant se préparer, d'ailleurs les sondages récents vont dans ce sens...

 

 

(*) Source: Ernst & Young European investment monitor 2010

 

 

 

 

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 12:00

Les voltigeurs du PS (ou plus précisément de Di Rupo) ont fait ces derniers jours quelques déclarations qui ont fort marqué la presse aux ordres, toujours à l’affut de petites phrases permettant de relancer une opinion publique assoupie et à la conscience politique endormie par des années de propos lénifiants.

 

Les récentes déclarations ne sont sans doute que musculation et rodomontades qui ne sont que des écrans de fumée.

 

Le président de la N-VA qui est loin d’être un imbécile dit d’ailleurs ne pas comprendre le message envoyé par les socialistes francophones et les renvoie dans les cordes : . « Quelqu'un peut-il m'expliquer leur logique ? », déclare-t-il au « Het Laatste Nieuws ». « Lorsque vous lui demandez de faire en sorte que Bruxelles et la Wallonie soient plus responsables, le PS dit « non ». Et avec quelles menaces viennent-ils maintenant ? Faire exploser le pays, conséquence de quoi Bruxelles et la Wallonie seront totalement responsables de leur sort ».

 

En Flandre, la presse s’empresse de faire chorus. Et chose amusante, «  Le Soir », relatant les réactions dans la presse flamande s’associe complètement dans un article à cette dernière, y signalant que sa rédactrice en chef, Béatrice Delvaux, est d'avis que les menaces francophones relatives à la séparation du pays sont « stratégiquement et psychologiquement bien vues ». Elles permettent de dire que « les francophones ne sont pas réduits à conclure un accord à n'importe quel prix » et que, le cas échéant, « on empoignera sans complexe ce projet séparatiste, plutôt que de le subir ». Confirmant les propos de Guy Tegenbos dans le « Standaard », qui croit avoir décelé dans cette stratégie un « truc » visant à faire reposer la culpabilité sur les Flamands. C'est aussi, précise-t-il, un moyen permettant par la suite de légitimer un nouveau compromis, sur le mode « nous avons fait des concessions mais nous avons pu éviter une véritable catastrophe – la fin de la Belgique ».

 

Souvenons-nous, il y a déjà quelques années lors d'un congrès du PS (à Gembloux ?), Elio Di Rupo avait déjà menacé la Flandre de la même manière, ou peu s’en faut.

 

Au risque de décevoir les quelques excités compulsifs des forums, mais ça n’a pas d’importance, je ne pense pas qu’il y ait là matière à penser que les socialistes (ouvertement) et les autres (plus discrètement) soient prêts, cette fois ci encore, à oser prendre leurs responsabilités vis-à-vis des Wallons.

Comme des boxeurs, avant de commencer un nouveau round, les partis à la négociation sont en train de s'évaluer et de tester, de fixer, les limites à ne surtout pas dépasser. Certes, l'opinion publique évolue - mais comme toujours - lentement. Le fait que l’on ait demandé au roi de nommer deux médiateurs de chaque bord soit considéré par tout le monde comme très positif démontre que le chemin vers un compromis est actuellement très proche d’aboutir et est toujours préféré à celui vers la rupture.

Un compromis sera conclu entre les deux formations et suivi par les autres. Ce sera certes un mauvais accord, mais l'une comme l'autre partie à la négociation n'en ont cure. et ont besoin de cet accord, simplement pour subsister. En particulier le PS pour pouvoir dire qu’il a sauvé l’essentiel.

 

La négociation va se poursuivre puisqu’ils sont trop près d’un accord. Après tout, du point de vue de la Wallonie, nous pouvons nous réjouir des premiers acquis de la négociation pour les entités fédérées. Auparavant, les transferts (hors le service de la dette publique) qui représentaient 51% des ressources étatiques et passeraient à environ 70% de celles-ci, ce qui augmenterait considérablement l’autonomie wallonne. Tout en continuer à vider la Belgique de sa substance..

A ce propos, j’estime tout à fait ridicule et offensant pour les Wallons de présenter, comme la presse le fait généralement, l’accroissement d’autonomie comme quelque chose à quoi l’on doit se résigner !  La presse francophone n’a pas encore intégré le fait que même si on est entré à reculons dans le fédéralisme, la Belgique unitaire n’existera plus jamais.

 

Mise à jour : http://mediatheque.lesoir.be/v/le_kroll/432sept0710.jpg.html

 

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