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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 23:31

Son communiqué de ce soir après une journée où les tensions entre francophones et Flamands ont atteint un certain paroxysme est un modèle de perfidie et mérite un coup de chapeau.

 

Morceaux choisis : « Au cours des mois écoulés, j’ai examiné en toute discrétion les contours d’un possible compromis avec les présidents de parti de la majorité (...) J’ai fait traduire les solutions proposées en propositions de loi (...). Ces propositions de loi constituent un tout qui tend vers un compromis équilibré entre des thèses souvent contradictoires. Elles sont destinées à servir de base à la négociation. Il n’y a, par conséquent, pas d’accord sur l’ensemble de ces propositions. Tel n’était du reste pas l’objectif poursuivi. Mais dans la mesure où il y a une volonté politique en ce sens, je pense que ces propositions pourraient constituer la base d’un accord ».

« Avec ces propositions, j’ai rempli la mission que le Roi m’a confiée. A la demande du Premier Ministre et des présidents de parti, j’ai accepté de prêter assistance lors des négociations ».

 

Il a fait vraiment très fort.

 

1. Il a coincé les partis « francophones qui n’étaient officiellement demandeurs de rien, mais ont annoncé publiquement qu’ils estimaient « que les négociations peuvent commencer sur la base des propositions de Dehaene ». Ils y sont !

 

2. Il ne présente, somme toute, que la position flamande. Le silence de la NV-A (à part pour la perte de compétence en matière de nomination de « bourgmestres périphériques » par le gouvernement flamand) est significatif de satisfaction.

 

3. Il enfonce un coin dans le pacte des partis traditionnels francophones en montrant au grand jour leur disponibilité pour des compromis(sions ?)

 

4. Il règle ses comptes avec le CD&V et Yves Leterme qui l’avaient un peu bousculé lors de la formation du gouvernement.

 

5. En bon militant flamand, il nous donne l'assurance d'une tension politique qui ne devrait pas aller en diminuant à l'approche de 2011. La campagne pour les élections fédérales - si le gouvernement ne tombe pas d’ici là - va être sanglante ! Ce sera l'escalade des revendications et à celui qui sera le plus Flamand en Flandre, tandis qu'ailleurs, ce sera territorial à Bruxelles et hélas, belgicain en Wallonie. A moins que... un vrai parti wallon...

 

Joli coup !

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 17:51

Triste jour que celui où on voit disparaître un grand républicain dont on ne pouvait douter de la sincérité et de l'honnêteté.

Il représentait le gaullisme social et populaire ainsi que la défense de la souveraineté de la France.

Dans son livre sur « Napoléon III le grand » dont je conseille régulièrement la lecture, il avait su rendre justice à l’œuvre politique et aux innovations sociales du second empire. Œuvre essentielle pour comprendre l’histoire du XXème siècle.

Volontiers frondeur et ironique, il aura marqué la seconde moitié du siècle dernier par la force de ses convictions et la fidélité à ses idéaux par-delà les clivages politiques et idéologiques.

Un homme d’état. Un vrai !

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 23:59

2009 se termine sur ce qui paraît être un constat d’échec pour la cause du rattachisme.

Les sondages semblent montrer que les « belges francophones »  (On connaît l’opinion des Flamands, mais qui parle encore des Wallons amalgamés dans un machin « désidentitaire » ?) se désintéressent des problèmes « dits communautaires » pendant que les trois partis séparatistes flamands (N-VA, VB et LDD) recueilleraient 40 % des voix de leur électorat et seraient en progression constante.

Paradoxalement, alors que le fédéral se vide de ses compétences, les Flamands semblent bien tout contrôler , de la présidence de l'Europe de Lisbonne à tous les postes importants et stratégiques du Gouvernement.

BHV, l’arrondissement qui fâche, mais tient tant bien que mal le vieux pays uni mieux que toutes les équipes de foot apparaît comme marginal dans les soucis.

Mais n’est ce pas normal ? En pleine crise économique les centres d’intérêts sont ailleurs, l’emploi, la sécurité, l’avenir des enfants, sont évidemment prioritaires. Non ?

Nos concitoyens ont-ils d’autres choix ? Ont-ils une autre option que la simple survie ? Les questions sont évidemment mal posées. Du style : « Vous avez le choix entre manger à votre faim ou l'approfondissement de la réforme d l'Etat, que choisissez-vous ? » 

Le très unitariste FDF a signalé son intention (son vieux rêve) de s’implanter en Wallonie sous couvert de francophonie.


Des néo-réunionistes bruxellois déçus publient des cartes d’une Région de Bruxelles élargie aux limites du « ring » (*) jusqu’à Ittre, ce dont même Maingain n’aurait jamais rêvé. Curieuse façon de reconcevoir la notion de « frontières naturelles ». Un fleuve, une mer, une montagne, oui, mais des bouts d’autoroute… ?


Enfin, ce matin, Paul Piret publie un article dans « La Libre » confirmant la dérive autoritaire du RWF, et en quelque sorte son suicide. Pratiquant la vieille technique de « l’auto-exclusion de ceux qui pourraient penser autrement », l’article annonce même que « 
le secrétaire général Laurent Brogniet et le président Gendebien aient cru devoir acheter la protection juridique et internationale du sigle et du logo de la formation (doit-on désormais écrire « ®WF » ?). Pitoyable et dérisoire pour un sigle dévalué ? Non, après avoir cédé les droits et la propriété du sigle (autrement prestigieux) « Rassemblement Wallon » au FDF bruxellois, voici que Gendebien, poursuivant son œuvre, souhaite interdire d’accoler les noms de Wallonie et de France.
 

 

Mais finalement, voyons les choses comme elles sont, et changeons d’éclairage.

Quand Jacques Etienne, bourgmestre de Namur se dit « ulcéré par l’immobilisme du gouvernement fédéral sur le financement de la réforme des services d’incendie, ou encore sur les missions de police sans cesse croissantes dévolues aux communes alors que le fédéral n’en fournit pas les moyens financiers ». Que « les Régions doivent prendre la place que l’Etat fédéral n’occupe plus. Et la Wallonie doit se montrer plus incisive à l’égard de la Flandre, qui « pinaille sur tout » et prend l’ascendant sur le gouvernement fédéral ». Qu’il ajoute : « Je pense qu’à un moment donné, la question devra être posée : ‘Est-ce qu’il ne vaut pas mieux se séparer quant il y a encore de l’argent dans le ménage plutôt que de faire un divorce quand il n’y a plus rien dans la caisse ? »   C’est un excellent  signe venant d’une formation politique si conservatrice !
 

L’étape du séparatisme est annoncée. Dans  un article consacré aux défis des prochaines années, le VIF ne précise-t-il-pas que « nous vivons déjà dans deux pays différents » ?

Une association d’états indépendants confédérés Flandre-Wallonie-Bruxelles-Cantons germanophones est un pas dans la bonne direction. 

 

Nous devons nous réinvestir davantage dans notre identité régionale. Remettre en avant la fierté d’être Wallons et ne plus laisser notre destin et nos choix aux mains d’autres. Le « parti de Gendebien ® » est mort de l'avoir oublié. 

Ce sont là mes vœux pour 2010.  Plutôt qu’un « rassemblement », réunissons nous autour de ce que nous avons de plus cher (en dehors de ceux que nous aimons et qui en font partie), la Wallonie.

 

Entre opportunités et menaces, 2010 sera une nouvelle année de combat pour elle, une année d’espoir aussi…

Je forme le vœu que nous affrontions 2010 unis !

 

(*) Le « Ring » (mot flamand entré dans le vocabulaire « belge francophone », comme « Bootik », « file » (pour bouchon) ou encore« Bozar ») n’a rien à voir avec la boxe mais est en réalité, la rocade autoroutière, le périphérique sensé entourer Bruxelles, mais qui n’a jamais été terminé dans sa partie sud pour ne pas déranger les « riches bourgeois », dit-on…

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 12:30

C’est une piste, on lit souvent qu’il serait logique que le gouvernement flamand doit choisir une ville sur le territoire de la Flandre pour y installer sa capitale.

 

Nous sommes face à deux logiques contradictoires. Résultat des différentes séquences de l’évolution institutionnelle.

Une logique communautaire. Les Flamands étaient demandeurs et de ce point de vue culturel, leur présence à Bruxelles, ville historiquement thioise et y comptant encore de nombreux locuteurs, se justifie pleinement dans ce cadre.

Une logique régionale (pour faire simple dont ils ne voulaient pas, même si nous savons que c’est un peu plus subtil que ça) qui est celle des Wallons qui ont fort logiquement implanté – malgré de nombreuses réticences – leur capitale à Namur.

Les Bruxellois se sont ensuite découvert un « nationalisme local » (ni-Flamands, ni Wallons), mais ambigu, parce que élargi et même impérialiste puisque basé sur une extension de leur territoire reconnu constitutionnellement jusqu’aux confins dd l’ancienne Belgique, substitut élastique qui s’est concrétisé par la reconnaissance d’une Région « à part entière » (ou presque) que nous avons payés au prix par la solidarité « Wallonie-Bruxelles au prix fort de l’abandon des Fourons, entre-autres.

Les Flamands ont immédiatement – et c’est leur logique – fusionné Communauté et Région. Idée géniale qui leur permettait de ne rien changer et de confirmer leur installation à Bruxelles. Le territoire de la Communauté flamande devenant ainsi automatiquement celui de la Région flamande en fonction des circonstances et des besoins. Très habile d’avoir fait ça avant la reconnaissance officielle de la Région de Bruxelles. Reconnaissance qu’ils ont freiné des quatre fers.

 

Par la force des choses, Bruxelles est donc devenue une capitale bi-régionale (flamado-bruxellois) et bicommunautaire (par belgicanisme mal avoué ? Mimétisme ou plutôt par peur ? On ne pouvait quand même pas laisser les Flamands seuls occupant du terrain…). On n’en sortira que quand on passera d’une logique communautaire (à laquelle les Flamands tiennent plus qu’à la prunelle de leurs yeux ne l’oublions pas) à une logique régionale. La scission de BHV entre dans cette logique. Est-on même prêts du côté wallon à faire disparaître cette communauté culturelle entre une partie de Bruxelles et la Wallonie et d’en récupérer les compétences qui nous concernent ? Permettant peut-être ainsi au Parlement bruxellois d’en exciper et de se déclarer Région pleinement autonome et de revendiquer le départ des institutions « étrangères » de son territoire ? J’avoue être septique quand j’entends parler de l’ouverture du  prochain « dialogue communautaire » qui ne sera donc pas un « dialogue interrégional ».

 

Mais ne rêvons pas, Il sera plus... logique (?) de se battre pour un symbole aussi ridicule que l’existence « d’un corridor » (j’en parle dans un billet précédent) entre Bruxelles et la Wallonie. Pour que la Belgique ne meure pas ? Belle excuse pour ne pas prendre ses responsabilités vis à vis des générations wallonnes futures !

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 12:05

La presse du régime glose actuellement beaucoup sur l’éventualité hypothétique du départ d’Herman Van Rompuy à une fonction somme toute honorifique et en partie redondante à la tête de l’Union européenne.

 

Certains s’inquiètent. « On voit mal qui pourrait le remplacer… ». C’est que l’homme a jusqu’ici réussi -  temporairement - à maintenir le couvercle sur la marmite en fusion qu’est devenue la Belgique.

Ils ne semblent pas se rendre compte qu’en fin politique, il doit déjà avoir pris la mesure de l’échec inéluctable de sa mission. L’ouverture européenne serait évidemment une occasion irrésistible pour lui. D'où sa prudence.

 

D’autres hurlent en rappelant que l’homme est l’auteur du point de vue flamand su BHV. Point de vue décliné dans une série de propositions de loi : scission sans conditions de l’arrondissement électoral, pas d’élargissement de Bruxelles, pas de nomination des trois bourgmestres « francophones » dans la périphérie flamande bruxelloise s’ils ne respectent pas les décrets flamands. Ils s’opposent à cette nomination au prétexte qu’elle « constituerait un bien mauvais signal donné par une institution fondée sur la liberté individuelle et la tolérance » Euh… On parle bien de l’Union européenne là, non ?

Ne se rendent-ils pas compte que Van Rompuy, soit dit en passant, est paradoxalement susceptible de prolonger l’existence de la Belgie-que en restant premier ministre ?

S’opposer à ce départ, est-ce bien réaliste ? N’y aurait-il pas là derrière un enjeu géostratégique qui dépasse le choix d’un homme pour une fonction ?

Se sont-ils posé la question de savoir pourquoi la France a été parmi les premiers pays à appuyer la candidature de Van Rompuy ? Pourquoi l’Allemagne y est ouverte ?

 

C’est un secret de polichinelle, la déliquescence de la Belgique n’a échappé à personne, même pas aux journalistes de la presse internationale (« The job is done »...). Les responsables politiques des grands pays voisins ne sont pas complètement inconscients au point d’ignorer la possibilité de la partition (ou du moins du blocage institutionnel) de la Belgique. Sans compter l’effet délétère sur le fragile équilibre de l’Euro de l’effondrement de ses finances publiques.  De là à imaginer – rêver ? -  que les puissances riveraines (France, Pays-Bas et Allemagne) soient (enfin ?) prêtes prêts à précipiter la fin de la Belgique en lui prélevant le dernier fusible… Voilà qui me ferait drôlement plaisir !

 

Van Rompuy, « l’orangiste déclaré» de longue date, se faisant douce violence, pourrait ainsi devenir l’élément déclencheur d’un processus doux de démembrement de la Belgique et en même temps, le garant que la Flandre pourrait se plier à un scénario préparé pour elle d’union aux Pays-Bas plutôt que de se choisir un destin de nouvel Etat indépendant dont les partenaires européens ont tout à redouter, ne fusse que pour les complications diplomatiques et institutionnelles qu’il amènerait (*). L’état d’esprit des Wallons en cas de partition est connu, leur choix posant moins de problème, l’intervention d’un fonctionnaire français dans les débats autour de l’Appel à la réunion d’Etats généraux de la Wallonie aurait fort opportunément contribué à continuer à préparer le terrain.

 

Mais, arrêtons de rêver. Tout ça n’est que de la politique fiction.

Et pourtant ? Et si… ?

 

(*) 2010 sera l’année de tous les dangers avec des referenda sur l’autonomie en Catalogne et Ecosse. Et si on y ajoute le risque que fait courir la Padanie à l’Italie…

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 12:27

On en a beaucoup parlé, la « doctrine Maddens », du nom de cet universitaire louvaniste, consiste pour les Flamands à « pousser les francophones à être demandeurs de réformes institutionnelles en grippant les structures de l’Etat fédéral désargenté et impuissant, le détournant en leur faveur (ce n’est pas nouveau, c’est comme ça 180 ans) tout en respectant les règles constitutionnelles ».

 

La crise du lait que vivent les producteurs wallons en est un des exemples. On le sait, pour des raisons de stratégie économique et financière qui lui sont propres et sur lesquelles je ne reviendrai pas ici, la Commission européenne de Bruxelles, chantre de la mondialisation et de la libéralisation, impose a ses pays membres de respecter des quotas de production (et pas seulement de lait, c’est également le cas dans beaucoup d’autres domaines). Cette Commission ne reconnaît comme interlocuteurs que les Etats. Ces Etats répartissent les quotas sur chaque producteur. Jusque là, il y a - disons… - une certaine logique égalitaire. Des pénalités sont prévues pour les Etats qui ne respecteraient pas leurs quotas, à charge évidemment pour eux de les faire respecter en interne.

 

Par rapport aux pays voisins, ce qui complique le problème en Belgie-que, c’est qu’il est de notoriété publique que de nombreux producteurs flamands dépassent leurs quotas… et que comme presque tout le système de traitement et de conditionnement du lait est contrôlé par la Flandre… Pensons à l'influence et au contrôle exercé par le tout puissant « Boerenbond »,  bras armé du lobby agro-alimentaire flamand.

La Belgie-que ferme les yeux sur ces pratiques. Paradoxalement - mais que faire d’autre ? - la grève du lait que mènent – avec désespoir – nos producteurs wallons arrange donc bien la Flandre ! La preuve, aucun producteur flamand ne la suit ni ne la suivra. Les « arguments moraux » du style « Nous, on ne gaspille pas la nourriture » ne sont là que pour masquer des enjeux économiques bien réels. On ne gaspille pas, non. Mais on pille…

 

Les agriculteurs wallons ne sont pas défendus ni protégés par l’Etat belge.

Il n’y a pas que dans l’industrie qu’existe un protectionnisme économique qui ne veut pas dire son nom. La Flandre est un Etat dans l’Etat. Pourquoi se gênerait-elle ?

 

Que pouvons-nous faire comme citoyens engagés ou simplement conscients ?

 

Sans appeler ou recourir à un boycott (*) difficile à faire respecter et donc assez illusoire, ceux qui traitent le lait sont également ceux qui négocient avec les distributeurs… Il faut commencer à favoriser une forme de commerce équitable, respectueuse du producteur et surtout fonctionnant en circuit très court.

La première solution qui vient à l’esprit est d’aller directement acheter le lait à la ferme.

 

Mais il y a aussi une autre piste. Peu d’entre-nous savent qu’il existe depuis peu un nouveau label (**) wallon pour le lait : le lait certifié « Ardenne ». Ce produit est suivi à la trace. De la ferme jusqu’à la caisse du supermarché (mais pas n’importe lequel !).  Il est soumis à une chaîne ininterrompue de contrôles, les installations de traite et la qualité du lait cru sont contrôlées par l'Afsca, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Un lait garanti 100 % wallon commercialisé depuis début juin, sous un nom générique en forme de calembour : « La Bande des Fé Lait ». Réalisé actuellement à base de lait récolté auprès de plus de 900 producteurs ardennais, il est produit, récolté, emballé par des coopératives wallonnes et distribué dans les règles du cahier des charges « Qualité Filière lait » (QFL) qui garantit au consommateur un produit de qualité, dans le respect de l'environnement, des bonnes pratiques d'élevage et du bien-être animal. Ce lait n’est actuellement disponible que dans des magasins de la chaine « Intermarché » au prix de 75 centimes le litre. Exigez-le.

En plus d’acheter des denrées de qualité produites près de chez-nous, associer les producteurs à une centrale de vente via un circuit court, voilà sans aucun doute une piste à encourager. Une démarche citoyenne trop rare pour ne pas mériter un peu de publicité.

 

 

(*) Pour la petite histoire, jeudi, ce sera l’anniversaire du début du premier boycott.  Le17 septembre 1879, Charles Parnell, président de la Ligue agraire d’Irlande, inaugure la mise en quarantaine. Une tactique nouvelle pour faire plier les propriétaires et les régisseurs qui maltraitent ou dépouillent leurs tenanciers.

La victime qui donnera - bien malgré elle - son nom à cette tactique est le capitaine Charles Boycott, régisseur d'un grand propriétaire. Soudain, il ne trouve plus aucun employé ni commerçant qui accepte de traiter avec lui ou même de lui adresser la parole. Pour éviter que ses récoltes ne pourrissent sur pied, il fait venir des paysans protestants de l'Ulster sous la protection de l'armée. Finalement, la mise en quarantaine portera ses fruits, les objectifs de la ligue agraire seront rencontrés… Quant à Boycott, il quittera finalement l'Irlande, mais laissera son nom au vocabulaire des luttes.

 

(*) Voir l’APAQ-W (Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité)

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 12:08

Dans l’enseignement.

 

On le sait, le « Vlor » (Conseil flamand de l’enseignement) a décidé d’interdire le port du voile et autres signes religieux dans ses 700 établissements. La communauté musulmane parle de « ségrégation » et de « législation de la discrimination ». De son côté, « le gouvernement de la Communauté française »  n’est pas du tout décidé à légiférer »…

 

Le R.A.P.P.E.L. (Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque) diffuse un communiqué conjoint avec le Comité belge « Ni Putes ni Soumises » et l’a.s.b.l. « Insoumise et dévoilée » :

Depuis plusieurs années, la question du port de signes religieux à l’école perturbe la rentrée scolaire. Aujourd’hui, à Dison, on en vient à examiner sérieusement la question de savoir s’il faut ou non accepter des fillettes voilées dans l’enseignement maternel et primaire. Quelques activistes ont engagé avec les écoles concernées un bras de fer dont les premières victimes sont les filles.

Nous saluons la décision du Conseil de l’enseignement de la Communauté flamande d’avoir pris la décision d’interdire le port de signes religieux dans l’enseignement qu’il organise et appelons la Communauté française à adopter enfin un décret similaire, seul à même de faire revenir le calme dans les écoles et d’assurer un droit égal pour tous et toutes à un enseignement de qualité.

Nous appelons à une manifestation à Bruxelles, le samedi 19 septembre 2009 à 11h, autour des mots d’ordre suivants :

« Pas de signes religieux à l’école »

« Non au marquage des filles »

« Non à l’immixtion du religieux à l’école »

 

Dans les Services publics

 

De son côté, le GERFA (Groupe d’étude pour la réforme de la fonction administrative) réagit également :

 

Depuis quelque temps, la discussion autour du port du voile (foulard) dans l’administration publique a été engagée, notamment à l’occasion de la communication d’une note interne du S.P.F. Justice qui non seulement en acceptait le principe mais qui recommandait la liberté totale en ce domaine.

Par ailleurs, à l’occasion de différents débats, il a été affirmé que l’interdiction ou non du port du voile (foulard) devait être réglé par le législateur.

 

Face à ces propos erronés, le GERFA doit réagir.

 

1. D’abord, le Roi (le Gouvernement) règle le statut de ses agents et notamment leur déontologie ; de même, dans les entités fédérées,  chaque Gouvernement règle le statut de ses agents sous réserve du respect d’un arrêté royal général, dit des « principes généraux ».

 

2. En vertu de son pouvoir règlementaire prévu par la Constitution, le Roi (le Gouvernement fédéral) a fixé les règles de déontologie suivantes.

2.1. L’arrêté royal du 14 juin 2007 modifiant l’arrêté royal du 2 octobre 1937 portant le statut des agents de l’Etat prévoit :

« Lorsqu’il est, dans le cadre de ses fonctions, en contact avec le public, l’agent de l’Etat évite toute parole, toute attitude, toute présentation qui pourraient être de nature à ébranler la confiance du public en sa totale neutralité, en sa compétence ou en sa dignité ».

 

Dans sa circulaire n° 573 du 27 aout 2007, le ministre de la Fonction publique Christian DUPONT (P.S.), a confirmé ce principe en l’étendant puisque la notion de contact avec le public a été supprimée (1) :

 

Dans l’exercice de leur fonction, les agents restent neutres.

Dans le respect de leurs droits constitutionnels, ils font en sorte que leur participation à ou leur implication dans des activités politiques ou philosophiques ne porte pas atteinte à la confiance de l’usager dans l’exercice impartial, neutre et loyal de leur fonction.

 

Il est bien évident que le port du voile (foulard) ou de tout signe distinctif (syndical, politique, religieux) contrevient aux dispositions ci-dessus dans la mesure où il peut porter atteinte à la confiance de l’usager.

 

Le débat  actuel prouve à suffisance que ce signe extérieur peut porter atteinte à la confiance de l’usager.

 

2.2.      Dans les entités fédérées (Région wallonne, Communauté française, Région bruxelloise)

L’arrêté fixant les principes généraux applicables aux agents des entités fédérées de même que leurs statuts ne règlent pas le problème. On ne peut que suggérer à l’Etat fédéral d’adapter -si cela est encore possible- la déontologie en fonction des règles applicables à ses propres agents.

 

Par ailleurs, rien n’empêche chaque entité fédérée d’insérer dans le statut de son personnel les mêmes règles que l’Etat fédéral.

 

3. L’Etat et les services publics, en ce compris les communes, les provinces et l’enseignement public, doivent respecter le principe de neutralité et d’impartialité et interdire tout signe ou tout comportement qui porterait atteinte à ces principes. En conséquence, le GERFA estime que le port du voile (foulard) doit être formellement interdit dans les services publics et qu’il n’y a pas lieu d’être tolérant quand la neutralité et l’impartialité sont en jeu.

 

Enfin, la diversité - qui n’est pas une fin en soi pour le service public - est avant tout assumée par l’organisation de concours sérieux qui permettent à tous les Belges d’entrer dans la fonction publique. C’est d’ailleurs le concours qui assure à la fois la meilleure objectivité, la meilleure diversité et la promotion des plus compétents, quelles que soient leur origine ethnique ou leur conviction religieuse.

 

Un vrai Etat neutre, à défaut d’être laïc, ne se marchande pas !

 

(1) Relevons que cette limite est de plus inapplicable dans les faits, dans la mesure où tout  agent est susceptible d’être en contact avec le public.

 
Le Bureau du GERFA 7 juillet 2009

 
Gageons que certains politiciens opportunistes ne vont pas tarder à s’emparer du problème.

Il y a, en effet matière à débattre. En dehors des secteurs de l’enseignement ou des services publics, il ya d’autres domaines où les activistes des intégrismes de tous type posent problèmes, pensons au monde de la Santé, ou de la sécurité publique. Sans parler du statut de la femme…

La laïcité dont je parle sur ce blog, c' est la laïcité politique. C'est la séparation des religions et de l’Etat, du Droit et de la foi et ne signifie certainement pas athéisme ou hostilité aux religions.
La laicité politique n'est pas opposée aux religions, c'est le droit d'avoir une religion si on le souhaite.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 22:08

Comme chaque année, le pèlerinage de l'Yser (Ijzerbedevaart), rassemblement annuel du mouvement flamand modéré, s’est tenu ce dimanche.

La presse francophone fait mine de s’inquiéter des propos qui ne sont parfois que de bon sens comme la suppression des élections fédérales, mais surtout de la présence de politiciens flamands importants lors de cette manifestation.

 

Dame, c’est que l’évolution péjorative de la Belgique a de quoi alimenter les pires fantasmes. Pas de quoi rassurer ceux qui veulent « laver plus belge » comme les instances dirigeantes de la RTB(f) qui ont annoncé au cours d’une grande fête que « leurs programme seraient encore plus belge » désormais. Diable, ça promet…

 

L’inquiétude est d’autant plus grande que les partis radicaux, ouvertement indépendantistes (ou, en tous cas, ceux présentés comme tels), attirent plus de 30 % des électeurs flamands. Et que l’un d’entre eux participe au gouvernement de la Flandre.

 

Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ?  Comme souvent, l’Histoire nous éclaire.

 

Si depuis 1830, un mouvement d’émancipation contre la bourgeoisie francophone se développait en Flandre, ce n’est qu’à partir de 1880 que le mouvement flamand prend son essor. D’orientation essentiellement culturelle et linguistique, il n’accordait que peu d’intérêt aux questions économiques. Ce qui n’a pas duré, la bourgeoisie flamande ayant très rapidement compris l’intérêt de lier revendication culturelle et indépendance économique pour s’émanciper de la bourgeoisie francophone (et donc aussi flamande, mais s’exprimant en français) centralisatrice et concentratrice. Permettant ainsi un rapport spécifique entre les forces sociales fort différent de ce qui s’était passé en Wallonie depuis le XIXème siècle.

En Flandre dès l’origine du processus d’industrialisation l’économique est directement lié à la revendication culturelle, permettant le développement d’un sentiment d’appartenance au peuple flamand. C’est fort différent de la Wallonie où conséquence de l’antériorité et des luttes, l’appartenance s’exprime par rapport aux classes sociales. (*)

 

Les histoires des régions sont différentes, l’adversaire du peuple flamand n’est pas sa bourgeoisie, mais la bourgeoisie francophone et tous ceux qui en parlent la langue. En conséquence, il n’y aura que peu d’affrontement entre classes sociales à l’intérieur de la communauté flamande. Le conflit social fondamental, originel, est un conflit de communauté à communauté. L’adversaire est extérieur. (1)

 

Pour légitimer cette stratégie, la bourgeoisie flamande regroupée au sein du V.E.V. va favoriser l’adhésion des forces sociales à cet enjeu politique. (2) Les intellectuels flamands et le bas-clergé s’en sont fait les relais favorisant un antisocialisme par l’émergence d’une démocratie chrétienne plus propice à défendre des objectifs combinant à la fois une politique sociale modérée basée sur le respect de chaque classe sociale et surtout la défense culturelle du peuple flamand et donc, le contrôle de l’économie en faveur de celui-ci.  Une politique quelque peu populiste en quelque sorte. Stratégie qui va être développée et mise en application avec succès puisque poursuivie depuis sans discontinuer. Les récentes déclarations de Chris Peeters en faveur de plus d’autonomie économique et institutionnelle vont dans ce sens.

 

On comprend mieux pourquoi on voit cohabiter au sein des partis flamands et particulièrement le plus puissant d’entre eux, le parti catholique (devenu depuis CVP et ensuite CD&V) des tendances que tout aurait du opposer mais pour lesquelles la revendication culturelle (communautaire) est un puissant ferment d’unité au-delà des divisions sociales. D’ailleurs, lors de l’introduction du suffrage universel (et depuis !), rares ont été les politiciens flamands qui se seraient déclarés « anti-flamands ». Là où de nombreux politiciens wallons (les bruxellois, c’est normal…) se sont plus volontiers déclarés et ont agi en « belges » (au sens « internationaliste » qu’on peut maintenant donner à ce terme, favorisant les visées du mouvement flamand)…

 

A côté de ces partis traditionnels, largement acquis au programme du mouvement flamand, s’opposent des partis clairement nationalistes. C’est le début de la division entre minimalistes (ou modérés) et maximalistes (ou radicaux).

D’ailleurs, dans un souci d’unité de la lutte d’émancipation, un programme minimum a été élaboré en 1918 et proposé aux partis traditionnels avec l’assurance d’un soutien électoral :

- Flamandisation de l’Enseignement, de la Justice et des administrations publiques sur le territoire flamand ;

- division de l’armée en unités wallonne et flamandes ;

- réorganisation linguistique de l’administration centrale selon l’équilibre linguistique des régions.

Face à cette tendance majoritaire, diverses formations revendiquent des réformes institutionnelles plus radicales. Mais, même minoritaires, elles ont toujours eu une influence évidente sur l’électorat.

 

Les minimalistes majoritaires préférant une conquête progressive du pouvoir (3) au sein des structures existantes pour contrôler la décision politique et l’infléchir progressivement et durablement en faveur de la Flandre. (4)

 

On le voit, cette opposition entre minimalistes et maximalistes n’a jamais porté sur le processus d’autonomisation ou de prise de contrôle par la Flandre des leviers du pouvoir en Belgique à son profit mais sur la stratégie à suivre pour réaliser cette autonomie. La Flandre pourrait d’ailleurs se satisfaire de cette autonomie de gestion de l’ensemble belge par elle seule. Plus besoin alors de la revendication d’indépendance qui serait toujours le fait de partis minoritaires comme ça a été le cas depuis 1860… Heureusement le fédéralisme - revendication wallonne - nous en protège un peu tant qu’on ne cherchera pas un retour en arrière.

 

Ce billet n’est évidemment qu’un résumé de quelques faits historique et est forcément incomplet.
Notons simplement que la persistance de la revendication culturelle au sein des partis de la tendance minimaliste a eu pour effet de contenir la poussée nationaliste tout en consolidant (exacerber) l’identification flamande autour de l’opposition entre les communautés.  
Il est intéressant aussi de constater que les Flamands que l’on présente comme « sage et responsables » aujourd’hui (Martens, Dehaene, Eyskens, Van Rompuy...) ont tous été maximalistes dans leur jeunesse et dans la première moitié de leur vie politique (5) et malgré leur engagement dans des partis minimalistes ont bien pris leur part dans la conquête flamande. Béatrice Delvaux (dans son édito au journal « Le Soir » de ce lundi 31 août) que la présence d'Herman Van Rompuy au fédéral rassure… devrait le... méditer (?) Ils ont passé le relai à d’autres qui continuent le même combat et le pousseront plus loin.

 

Ecoutons donc bien attentivement  tout ce qui se dit dans la plaine de l’Yser. Les maximalistes de la cause flamande d’aujourd’hui sont les minimalistes de demain et les sages d’après demain. Le renouvellement est assuré. Il n’y a pas d’illusion à se faire. 

Je suis prêt à parier que dans quelques année, Bart De Wever qui est voué aux gémonies par les belgicains d' aujourd'hui sera considéré comme un sage, un homme d'Etat capable de sauver la Belgique. En atendant, il aura fait progresser la cause flamande et aura pu passer la main.
 

La seule façon de nous en sortir, c’est l’autonomisation de la Wallonie par rapport à la Belgique. En sortir. Et vite !


M. à J. : Un excellent billet sur le blog "Liège-France" du 1er septembre. 

 

(*) Il faudra bien en finir un jour avec ceux qui propagent et entretiennent à l’envi le « culpabilisme historique des Wallons » qui n’ont jamais dominé la Flandre mais ont été les premiers à souffrir d’un capitalisme industriel débridé à l’époque où la Flandre était encore essentiellement rurale.

 

(1) « Nous devons avoir conscience que notre organisme doit aider effectivement à l’émancipation morale et matérielle de notre peuple… Nous désirons (…) que la puissance économique qui jusqu’ici se trouve encore en grande partie entre les mains de nos adversaires, passe lentement mais sûrement entre les mains de Flamands convaincus et conscients, qui l’emploieront à revigorer et fortifier la communauté flamande ». (Lieven GEVAERT, discours inaugural du V.E.V.)

 

(2) Et peu importe finalement que derrière cette façade se dissimule une concurrence entre deux fractions de la bourgeoisie industrielle de l’époque (capitaliste francophone, belge centralisatrice, et industrielle flamande, la seconde ne souhaitant pas être absorbée par la première comme ce fut le cas de la bourgeoisie industrielle en Wallonie, perdant ainsi toute possibilité de réaction face aux nouveaux enjeux. Une des causes premières et lointaine de ce que Michel Quévit a décrite dans son livre : « les causes du  déclin wallon ». Dans la première partie, si je ne m’abuse).

Cette référence populiste a favorisé la cohésion sociale et a donc a donc permis le développement de relations sociales non-conflictuelles (ou, en tous cas rares) à l’intérieur du territoire flamand. Tout en donnant une légitimation sociale à la lutte contre la bourgeoisie francophone dans un premier temps contre tout ce qui parle français par la suite. C’est l’origine du « conflit communautaire »… Qui viendra encore dire, face à ces conséquences économique que « le communautaire, c’est un faux problème » et « qu’il faut s’occuper des vrais problèmes » ?

 

(3)Avec leurs alliés francophones, ces minimalistes vont ainsi consolider la logique de la centralisation institutionnelle.

 

(4) Mais on sait que ça s’est fait rapidement - et brutalement, j’y reviendrai un jour - induisant en retour une réaction d’auto-défense du mouvement wallon qui aboutira péniblement à la régionalisation.

 

(5) Van Rompuy en 1979… :

- « La survie de la Belgique a pour nous moins de valeur que le sort de centaines de milliers de Flamands qui devront construire demain leur avenir… » On dirait du Leterme, quasiment mot à mot.

- « Ce n’est un secret pour personne que les groupes de travail du CVP (sur la réforme de l’Etat) sont arrivés à la conclusion que seule une autonomie politique et économique très poussée permettra à la Flandre d’assurer sa prospérité à venir ». (Bart de Wever est un modéré à côté)

- A propos de Bruxelles pour ceux qui s'y font encore des illusions : « avant toute négociation, la Flandre exige la limitation de Bruxelles aux dix-neuf communes, la fusion de toutes les communes bruxelloises et une gestion paritaire… avec un statut spécial » et « La périphérie, ce n’est plus à discuter ; une des causes majeure de l’échec du pacte d’Egmont était le droit d’inscription ; aujourd’hui, on n’en parle plus ; les francophones ont compris… » Là aussi, l’histoire se répète… Avec une constance remarquable.

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 06:06

C’est sous ce titre que l’ASBL « Vivre en Wallonie » publie ses réflexions sur la crise que traverse le monde agricole. Traverse en permanence, la colère des producteurs de lait n’en est qu’un des aspects.

Ce que j’ai appelé dans un billet précédent le capitalisme financier international (celui qui a remplacé le capitalisme industriel, par définition plus localisable et  qui avait fini par s’humaniser) est le premier responsable de la crise. Le second étant la politique agricole européenne qui en cherchant à globaliser l’agriculture applique les volontés de ces financiers internationaux. Oui, ceux là dont même le président des Etats Unis d’Amérique lui-même dénonce le cynisme.

Devant le peu de réactions du monde politique et l’apathie dont nos sociétés font preuve, j’aurais voulu écrire un billet sur ce sujet, mais ce texte publié entre-temps cite certains arguments que j’aurais volontiers développés. Je le livre donc à vos réflexions :


« Il est bien vrai que la politique agricole européenne paraît bien orientée vers la disparition de l’agriculture familiale au profit de sociétés industrielles pouvant évoluer vers la domination de multinationales complètement indifférentes au sort des exploitants agricoles qui, aujourd’hui, contre vents et marées, bataillent chaque jour pour une production abondante et de qualité.

Les statistiques annuelles sont édifiantes à ce sujet. Elles indiquent une diminution constante des exploitations, alors que la superficie cultivée (agriculture et élevage) reste globalement stable.

Il est tout aussi exact que ce sont uniquement les producteurs (cultivateurs et éleveurs) qui sont frappés par la cascade des mesures européennes restrictives.

En fait, ils ont perdu toute possibilité d’intervention sur l’exercice de leur profession.


Le producteur agricole, depuis des siècles, voire des millénaires, devait apprivoiser la nature pour en tirer les moyens de subsistance de l’Humanité. Il devait fertiliser la terre, s’accommoder des caprices météorologiques, combattre les prédateurs animaux et les destructeurs naturels (insectes, champignons, plantes envahissantes….)

Ces fonctions, il les a exercées avec un savoir-faire, une ténacité et une efficacité qui ont permis d’assurer l’alimentation de milliards d’individus.

Mais il était le maître de ses choix de production, en liaison avec les besoins et la demande. Et il en fixait les prix, afin de se garantir un revenu correct.

Aujourd’hui, l’agriculteur n’a plus aucune maîtrise de ce genre. C’est l’Europe qui détermine des quotas de production ou les supprime à son gré suivant des critères supranationaux dont les justifications sont totalement opaques pour les producteurs. C’est elle aussi qui agit sur les prix  destinés à payer la rétribution du travail fourni. Toujours à la baisse, bien entendu.


D’année en année, l’agriculteur est ballotté d’une exigence de production à une autre, est pénalisé en cas de « trop bonne » ( !) récolte, doit se soumettre à des prix établis de façon à avantager, notamment, le secteur de la grande distribution et les divers intermédiaires qui prélèvent un juteux pourcentage depuis la culture et l’élevage jusqu’à la vente au détail. Et l’on ne peut même pas arguer du fait que c’est le consommateur qui y gagne.(*)

Citons un exemple. Face à la chute brutale des prix des céréales, à la réduction autoritaire des surfaces de betteraves sucrières, les cultivateurs ont accru le nombre d’hectares consacrés à la pomme de terre. Et voilà que s’annonce une récolte exceptionnelle. D’office, la prévision officielle tombe : le cultivateur devra réduire le prix de vente de la tonne de patates.

Cette réduction aura-t-elle un effet bénéfique sur le prix des produits offerts à la consommation ? Nous parions un magnum de champagne contre un verre d’eau du robinet que le sachet de frites ne diminuera pas d’un centime. Où va donc se retrouver  la différence de prix à la production ?

Il n’est plus question que de « transparence », de « visibilité » dans le langage économique autant que politique. Eh bien, chiche !

Que, d’une part, que des chiffres précis soient fournis aux citoyennes et citoyens sur la dégringolade des prix payés aux agriculteurs pour les céréales, les betteraves, la viande, le lait, et d’autre part, sur la hausse des prix des semences, engrais, produits phytosanitaires, sur les exigences en matière d’investissement afin de répondre aux obligations européennes ainsi qu’aux dimensions des exploitations, et que l’opinion publique puisse se faire une idée des efforts imposés au monde agricole.

Pour compléter le tableau, que soit mise en regard l’évolution des prix des marchandises correspondantes dans le commerce de détail.

Et que l’on fournisse une justification à l’écart grandissant entre la source et l’aboutissement.

Pour calmer quelque peu le jeu, des « aides » sont consenties – sans commune mesure avec les pertes de revenus, d’ailleurs. Cela part peut-être d’une bonne intention mais les agriculteurs les perçoivent comme une forme de mépris, comme une humiliation. Ils ne mendient pas la charité publique. Ils revendiquent un juste salaire pour le fruit de leur labeur. Comme n’importe quel travailleur. »


(*) Il suffit de voir comment et avec quelle célérité la grande distribution a immédiatement répercuté l’aumône faite récemment aux producteurs de lait dans ses prix.

La globalisation a également un effet pervers, celui de faire disparaître la diversité quand ce n’est pas la qualité. Le critère essentiel de décision des « acheteurs » étant le prix le plus bas, on finira par la grâce de la concentration par ne plus trouver que les mêmes produits dans tous les supermarchés du monde… Triste monde où l’uniformité du goût devient la règle !

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 11:17

Le 28 mai, j’écrivais « Un duel entre les deux premier a toujours l'avantage pour ceux-ci de faire oublier les autres et de drainer vers eux des voix qui sans ça se seraient portées ailleurs malgré l'appel à soutenir la progression annoncée d'Ecolo ». Les sondages ne s’étaient pas trompés, ils ont simplement contribué à resserrer les rangs durant les quinze derniers jours de la campagne. Ils ont donc bien joué leur traditionnel rôle stabilisateur.

 

Mes prévisions à court terme restent valables. En Flandre, les partis de l’ancien cartel, et principalement la N-VA, sont les grands vainqueurs des élections régionales en Flandre. Les électeurs flamands exigent une Flandre plus forte, plus autonome. Si l’extrême droite y recule un peu, la gauche y est réduite à un petit 20 %.

Il est à observer que seuls les partis demandeurs d’une réforme de l’Etat ont progressé. En face, chez-nous et à Bruxelles, rien n’a vraiment changé, la Belgique va donc s’engager dans une période de turbulences puisque il sera très difficile de discuter de la réforme de l’Etat malgré le retour prochain de BHV. Kris Peeters a déjà annoncé qu’il voulait un gouvernement flamand plus combatif.

Après la victoire des « demandeurs de rien » en Wallonie et à Bruxelles on peut s'attendre à de belles gesticulations.

Une élection cruciale pour notre avenir, donc.
 

Malgré le battage médiatique important et un climat favorable à l’idée, ce qui était prévisible, l’option du RWF stagne – ou progresse à peine en pourcentage - dans l’opinion. On peut toujours se dire que les électeurs ont fait ce qu’ils ont l’habitude de faire en période économique difficile, lorsque l’avenir est incertain, choisir le discours des partis qu’ils connaissent. Mais c’est un peu court comme raisonnement.  N'empêche, j'imagine que la faible progression en voix sera considérée là aussi comme une très grande victoire...
 

Une raison importante de se réjouir (mais provisoirement, hélas, la bête n’est pas morte), l’échec des listes d’extrême droite (FN, Wallonie D’abord ! ou encore de la droite extrême nationaliste comme Belgique positif ou BUB…)

 

Pour une première expérience, « Wallons » lancé fort tard, à quelques jours des élections pour ne pas laisser à l’extrême droite l’exclusivité des symboles du combat wallon ne s’est pas mal comporté malgré la confusion (parfois volontairement) entretenue dans la presse avec « Wallonie D’abord ! ». (*)


M. à J. Je ne m'y étais pas intéressé, mais à Bruxelles, les résultats de pro-Bruxsel et du FDF confirment l'émergence du nationalisme bruxellois dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler ici. C'est une donnée dont il faudra tenir compte à l'avenir. En matière de volonté d'annexion du Brabant wallon en particulier.

La campagne pour les législatives est commencée. Mobilisons nous. La roue politique tourne toujours. Mais n'oublions pas que la fatalité triomphe dès que l'on croit en elle (**). 
 

(*) Gregory Goethals, l’animateur du Talk-élections de RTL a avoué à Didier Melin qu’on ne l’avait pas invité plus tôt parce qu’il pensait que « Wallons » était d’extrême droite… Et il n’est pas le seul journaliste dans le cas. Comme quoi, on peut être journaliste et très mal informé… conséquence de la concentration et centralisation des médias ? Seuls "la Libre" et "Le Vif", mais toute fin en fin de campagne ont finalement attiré l'attention sur ce problème.

(**) Simone de Beauvoir

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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