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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 12:04

« Les fondamentaux de la Belgique sont bons »… propos rassurants mais imprudents en réponse à l'agence de notation Fitch qui vient de mettre la note de la dette publique de l'état belge sous implication négative. Il s’agit généralement d’une étape formelle qui précède de quelques semaines la décision de dégradation. Or, la « note » à long terme appliquée à la dette fédérale est déjà AA+. Concrètement, si une implication négative se transforme en dégradation, ça veut dire qu’un état qui se présente sur les marchés financiers pour placer les titres de sa dette publique devra rémunérer plus cher les prêteurs - de l’ordre d’un quart de pourcent - pour lever la même somme ce qui est considérable (actuellement, 4,2 %.pour la Belgique et un peu au-dessus des 3 % pour nos voisins). Le différentiel avec les pays voisins notés AAA va aggraver au risque de rendre plus difficile le financement du contrat social, qui est parmi les fonctions redistributives de l'état, celle qui consomme le plus de ressources.

 

Fitch a donné les raisons de cette dégradation possible : « l’absence de perception de solution à la crise institutionnelle », démontrant ce que les promoteurs wallons du fédéralisme avaient clamé : le socio-économique et l’institutionnel sont inséparables. Penser que ces volets puissent être traités séparément est une erreur. On ne peut concevoir une politique économique, sociale et fiscale en dehors d'un cadre institutionnel stable. Les Francophones qui se disent très attachés au contrat social doivent se méfier.

 

Et, guidés par l'émotion, c’est le moment que choisissent nos apprentis sorciers pour donner le jour à une « fédération Wallonie-Bruxelles » dont le ministre-président bruxellois dit qu’il faut voir dans cette initiative - embryon d’un état hybride - la manifestation d’une volonté de coopération entre les Régions wallonne et bruxelloise « en réponse aux revendications flamandes ». On n’est plus là dans le débat « communautaire » puisqu’on est clairement sorti du cadre culturel de la Communauté française, la Région de Bruxelles, partie prenante de la dite fédération, étant officiellement bilingue et se voulant « multiculturelle ». ue deviennent les bruxellois des autres cultures, à commencer la Flamande dans ce machin ? Pensons simplement aux propos de Demotte qui a annoncé que l'enseignement flamand à Bruxelles serait... géré par la fédération nouvellement créée... Certes, il existe une identité bruxelloise (réelle, au-delà des appartenances linguistiques des bruxellois flamands ou francophones) qui différencie cette région des deux autres avec même un parti politique objectivement et régionaliste et bruxellois qui les représente. Mais dans ce cas, pourquoi aller aussi loin et donner corps à ce qui n’était qu’une hypothèse alternative au fédéralisme actuel sous forme d’un début d’application d’un « plan B » ? Une alliance de fait, Bruxellois et Wallons contre Flamands, favorisant une logique d’affrontement risquant de faire de Bruxelles en un Sarajevo potentiel ? Si ce machin avait été renommé « Fédération des locuteurs francophones de Wallonie et de Bruxelles », c'eût été plus correct et j'aurais évidemment réagi différemment. Or, ce n'est pas le cas, loin de là, le site Internet de l'aile bruxellisssime unitariste (et annexionniste !) du MR parle à plusieurs endroits d'un « état Bruxelles-Wallonie », allant à l'encontre de son sympathique slogan des années '70 : « Bruxellois,   Maître chez toi»,  et surtout de l'opinion publique locale majoritaire de la population qui n'en veut pas si l'on en croit les sondages répétés...  

 

On le voit, dans le choix politique qui a été fait, il ne s’agit ni de recentrer l’organisation de ce pays sur des régions homogènes, ni d’affirmer le principe du fait régional que ces partis n’acceptent qu’à contre cœur.

 

Il est temps de se ressaisir. Les partis traditionnels sont tombés dans la logique de l’affrontement communautaire, piégés par la volonté de concilier les intérêts de leurs deux ailes régionales. Et plus particulièrement par les calculs électoraux de partis sociologiquement bien implantés en périphérie bruxelloise. Dans ce cadre, leur politique de refus d’admettre que les frontières des territoires ont été fixées par les lois linguistiques de 1873 à 1963 et de maintenir l’acquis de ce qui a été négocié depuis des décennies est suicidaire. Il faut arrêter la folie de dire que l’on va élargir le périmètre de Bruxelles. Evidemment, il faut du courage pour changer de discours et reconnaître que l’on a trompé « à l’insu de leur plein gré » ceux qui habitent la périphérie et qui parlent français tout en sachant parfaitement que la langue de la région est le flamand.

 

Or, seule une refondation du pays sur base de quatre (états ?) régions égales en compétence et en droit permettrait de sortir des ressentiments linguistiques ou ethniques en objectivant des territoires sur base d’espaces définis. C’est le cas partout en Europe. C’est le territoire qui détermine la citoyenneté, non la langue. Il faut pouvoir en finir avec les combats symboliques. C’est la clé de la paix. Sinon, une seule chose reste sûre et prévisible. Ce n’est pas le contenu des nouvelles réformes de l’État, ni la nouvelle clef de répartition des richesses du pays ou la liste des domaines préservés à l’issue éventuelle des négociations qui poseront problème. Quelle que soit la liste définitive des revendications flamandes qui seront acceptées par les partis francophone, la seule chose qui soit prévisible, c’est que les Flamands se percevront toujours comme les perdants à l’issue de toutes ces tractations, et il y a fort à parier qu’ils cultiveront encore longtemps ce ressentiment. En d’autres mots, demain, rien ne sera définitivement réglé car ce ressentiment est devenu à ce point obsédant qu’il structure toute la vie politique.

 

Si une réforme institutionnelle transparente, simple et cohérente, n’est pas rapidement décidée, l’évaporation de l’Etat sera le fait de décisions prises ailleurs. La crise perdurant, la bataille du socio-économique sera perdue parce que la crédibilité de la capacité belge de remboursement de sa dette aura été dégradée. Pensons à l'Irlande où les prêts de restructuration ont été consentis à ...5,5 %, correspondant à un arrêt de mort pour les finances de ce pays exsangue. Chez nous, mourir pour BHV, ce sera rendre le fonctionnement du contrat social impossible. Tous les belges seront perdants, les plus faibles en premier. C’est aussi ruiner les effets du redressement de la Wallonie.

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 06:25

Contrairement aux propos lénifiants des décideurs publics, ou ceux relayés par la presse, il ne s’agit absolument pas d’un simple conflit social purement interne au groupe SNCB dans l'affaire de la gare de triage de Ronet .

 

Le « pillage de type colonial » de la Wallonie, comme l’a appelé Michel Quévit, au profit de l’axe Bruxelles-Anvers, puis de la seule Flandre jusque dans les années ’70, se poursuit sous couvert d’expressions « politiquement correctes » comme « réorganisation »… Le conflit de Ronet n’est qu’un épisode de plus dans la véritable «  guerre civile froide » que mène une Flandre prédatrice à la Wallonie.

 

Sans vouloir rappeler les injustices flagrantes et les détournements de fonds dont fut victime la région wallonne dans un passé récent, pensons simplement aux « réorganisations » des secteurs nationaux comme la sidérurgie et les charbonnages, les travaux publics, les infrastructures portuaires et les voies d’eau. Malgré çà, selon les hommes politiques flamands, le déséquilibre des subsidiations fédérales des secteurs nationaux auraient entraîné des transferts scandaleux d'argent flamand (traduisez fédéral) vers la Wallonie. Subsides répartis entre 1977 et 1980 de la façon suivante: 76,7% pour la Flandre et 23,3% pour la Wallonie.

 

Aujourd’hui, la Flandre met en priorité l’accent sur la réalisation de ses infrastructures et de ses équipements ferroviaires avec l’arrière pensée de contourner et de vassaliser la Wallonie (« Diabolo », axe Cobra Anvers-Ruhr...).

Mais il n’y a pas que les chemins de fer, le même jeu stratégique se poursuit avec le raccordement à Anvers du canal Seine-Nord-Europe mis à grand gabarit.

 

Par ailleurs, les délocalisations des unités et activités militaires (Florennes, Arlon, Liège), des services postaux, etc... ne sont pas l’effet du hasard. L’évaporation de l’Etat belge se poursuivant, la Flandre donne un coup d’accélérateur à son objectif de récupérer à son profit les reliefs de la Belgique. Avec quelle complicité des partis traditionnels qui ne semblent pas s’y opposer, ou alors seulement verbalement ?

 

Demain, il n’est pas douteux que cette politique de spoliation va continuer et que d’autres secteurs demeurés fédéraux suivront. Des instituts scientifiques fédéraux à la régie des bâtiments, par exemple. Jusqu’à la disparition complète sur notre territoire des établissements fédéraux et surtout des milliers d’emplois qui y sont liés.

 

Le fédéralisme, même incomplet, a évité à la Wallonie de devenir un désert économique. Mais le combat n’est pas fini, les partenaires ne respectant pas leur part du « compromis des Belges ». Aujourd’hui, malgré les difficultés passagères que nous rencontrerons peut-être, appelons les Wallons à aller plus loin dans la voie de l’autonomie. 

 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 12:00

Un communiqué du Rassemblement Wallon :

 

Le Comité directeur du Rassemblement Wallon, réuni à Namur le 8 mai 2011 :

 

Salue le « printemps des peuples de la communauté (Umma) arabe » comme sont qualifiées les révoltes contre les despotismes locaux. Et – s’il approuve totalement l’intervention, sous mandat de l’O.N.U., en soutien au mouvement de révolte libyen – regrette que des considérations géostratégiques motivent le peu d’empressement apporté par la « communauté internationale » au Peuple syrien, comme ce fut également  le cas pour le Bahreïn aujourd’hui sous occupation saoudienne.

 

Maintenant que les organisations politiques palestiniennes affirment vouloir faire l’unité et qu’il devient urgent de reconnaître l’indépendance et la souveraineté de l’État palestinien, il s’impose tout autant que la démocratie s’installe dans cette partie du globe, dans le respect du droit à l’existence de chaque Etat pour que la Paix y devienne enfin réalité.

 

Mais il n’y a pas que le printemps des Peuples arabes. Celui des Peuples européens est, lui aussi, en marche.

 

Le Rassemblement Wallon salue l’éclatante victoire du Scottish National Party (Pàrtaidh Nàiseanta na h-Alba, membre de l’Alliance libre européenne) et la promesse d’une indépendance de l’Écosse qu’elle recèle.

 

Il salue aussi, à travers aussi bien les référendums locaux qu’à travers les récentes élections législatives, le succès du mouvement catalan de Libération, notamment illustré par l’arrivée à la tête de la Generalitat d’un président aux convictions indépendantistes affirmées.

 

Le Rassemblement Wallon constate avec plaisir que, après plusieurs années de déni de démocratie, le Tribunal constitutionnel castillan vient enfin d’autoriser – contrairement au souhait des partis (socialiste ou post-franquiste) « espagnolistes » – une libre expression de la volonté du Peuple basque en Euzkadi-Sud.

 

En regard de toutes ces évolutions, la situation « belge » fait, une fois de plus, la démonstration de l’absurdité que constitue la persistance d’un État belge.

 

Face à un mouvement flamand de Libération en pleine vivacité et qui ne reculera plus jusqu’à la victoire finale, l’attitude des partis communautaires francophones relève (au mieux) de l’absurde (ou de la politique de l’autruche) et (au pire), de la lâcheté la plus totale.

 

Enfin, le Rassemblement Wallon s’en voudrait de ne pas, tout particulièrement, saluer l’insuccès total des initiatives belgicaines du genre pic-nics « Niet in mon nom » (et autres sachets de frites), pourtant soutenues à bout de bras par l’ensemble de l’establishment médiatico-politique belgicain, soi-disant démocratique mais paradoxalement prêt et nullement gêné, en la circonstance, de se trouver l’allié des formations politiques de (l’extrême-) droite ultra-belgicaine et d’une formation tentaculaire d’extrême-gauche post-stalinienne.

 

Les Peuples wallon, bruxellois, germanophone et flamand ont mieux à espérer que ces petits jeux d’arrière-garde. Leur salut et leur développement ne viendra que de leur pleine souveraineté.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 17:31

Sans commentaires de ma part évidemment !

 

Communiqué de presse du Rassemblement Wallon du 23 février 2011

 

Le Rassemblement Wallon est en ordre de marche !

 

 Le Rassemblement Wallon a tenu son Assemblée générale statutaire à Namur. Celle-ci a approuvé les statuts, désigné les membres de son Comité directeur et élu Claude Thayse à la présidence.

 

Analysant la situation politique, près de 300 jours depuis la démission du gouvernement fédéral :

- Le RW déplore l’absence totale de référence à la Wallonie dans les préoccupations des négociateurs francophones, tous partis confondus. Pour eux, la Wallonie ne semble plus être qu’une monnaie d’échange. Face aux menaces de dépeçage évoquées par certains, il rappelle sa volonté de défendre l'intégrité territoriale de la Wallonie et sa souveraineté politique, économique, sociale et culturelle.

 

- Le RW constate que la modification du paysage économique wallon caractérisée, ces dernières années, par un redressement prenant des allures toujours plus vigoureuses, confirmées dans les milieux industriels, est encore, soit ignorée, soit tout simplement niée par certains « spécialistes francophones du catastrophisme ».

Le RW se réjouit de constater que malgré un contexte international défavorable, la persistance des risques de dysfonctionnement liés à la poursuite de la politisation dans la fonction publique, l’inachèvement du fédéralisme marqué par des transferts insuffisants ou incohérents de compétences et le maintien d’une Communauté française de Belgique, facteurs entravant son redéveloppement, la Wallonie poursuit son redressement et fait même souvent mieux que les régions voisines. Le RW y voit une preuve supplémentaire que les Wallons ont tout à gagner à augmenter leur autonomie régionale tout en approfondissant la réforme des structures et pratiques politiques.

 

- Le RW se réjouit d’entrevoir un début d’évolution de la pensée politique en matière de finalité des réformes de l’Etat puisque, conscient de l’impasse des négociations fédérales, l’ancien « conciliateur royal », propose d’organiser « l’union belge » sur base de quatre entités. Reprenant à son compte un point central du programme du RW.

Pour rappel, lors de son congrès électoral du 30 mai 2010, W+ devenu depuis lors Rassemblement Wallon « préconisait d’urgence l'émergence de quatre Régions autonomes par le transfert de nouvelles compétences et des moyens correspondants de l’Etat fédéral » Ajoutant que « dans un souci de cohérence, de simplification de dynamisation et surtout d’efficacité, nous réclamons le transfert des compétences de l'actuelle Communauté française aux Régions, wallonne et bruxelloise. Régions égales en Droits, libres et autonomes. Pour la Wallonie, cette maîtrise indispensable de compétences essentielles, comme l’enseignement et la culture, renforçant une identité négligée, mais historiquement fondée sur la fraternité et l’égalité, agira comme un puissant moteur de progrès social, culturel et économique ».

 

En respectant ainsi les principes de territorialité et de solidarités négociées, sortant du chantier sans fin, parce que sans finalités ni projet clair, des réformes institutionnelles, le RW a fait le choix de prévenir plutôt que subir.

 

- Tenant compte de ces points, le RW constate qu’il est le seul parti centrant son discours et son action sur la Wallonie.

Il est le parti nécessaire pour préparer et assurer la transition entre les vicissitudes d’un Etat belge en évaporation et un avenir prometteur et responsable pour les Wallons.

 

 

http://www.rassemblementwallon.be

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 23:59

Merci de votre fidélité, des rendez-vous importants nous attendent.

 

Gardons le moral, les choses avancent !

 

Sifflez compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute!

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 12:23

Six mois depuis les dernières élections fédérales...

Je peux comprendre que ceux qui n’ont pas encore compris – et il ne faut pas demander à des pseudos experts en finances autoproclamés et surtout américains  - de comprendre le mode de fonctionnement d’un micro-état européen connu pour son chocolat, ses gauffres et ses « french fries »… Il est vrai qu’un état « normal » sans gouvernement, ça craint d’habitude.

La nuance que ces « experts n’ont pas comprise, c’est que les Régions sont des états en voie de devenir et que ces états ont des compétences qu’ils utilisent au mieux en fonction des moyens dont ils disposent. A ce propos, en réponse à ceux qui habitant en Belgique qui n’ont pas compris que grâce au fédéralisme, la Wallonie a pu enrayer sa descente aux Enfers, il suffit de regarder les résultats (en pertinence et efficacité) de la politique économique mise au point par le Gouvernement wallon. Malgré ça, il y a encore bien du chemin à parcourir pour amener l’ensemble des citoyens de chez nous à abandonner les vieux clichés, l’image débilitante d’une Wallonie engluée dans la torpeur, la résignation, l’impuissance. D'autant plus que nous voyons , à la faveur de la crise, revenir les partisans du retour à un état unitaire dominé par une certaine Flandre et ses alliés belgicains.

Souvenons-nous, il fut un temps où les Wallons étaient fédéralistes, alors que les Flamands, majoritaires dans l'Etat unitaire, préféraient jouer la carte « du minimalisme ». Le fédéralisme, mis en place beaucoup trop tard ne pouvait évidemment pacifier la Belgique. Le fait d’être entré à reculons dans les réformes pourtant nécessaires et avec l’intention de les rendre les plus inopérantes possibles a abouti à un salmigondis institutionnel lourd et complexe, dont la propagande populiste belgicaine a fait ses choux gras. Que penser en effet de ces 49 % de Wallons qui, selon un récent sondage, souhaiteraient le retour à l'Etat unitaire avec suppression des Régions et des Communautés ?

Cette idéologie belge est devenue folle. Folle parce que amnésique : pour croire qu'un Etat unitaire, sans Régions ni Communautés, mettra un terme au conflit, il faut en effet n'avoir aucune mémoire, et n'avoir tiré aucune leçon des événements qui jalonnèrent les soixante dernières années. Folle parce qu'elle met ses espoirs dans un projet qui n'a pas la moindre chance de se concrétiser, qui va à l'encontre de toute solution raisonnable !

 

Le « patriotisme belge » trouve là son fondement, dans le conditionnement identitaire, l’ignorance volontaire par les élites et le rejet de l’Histoire (*). Par populisme, par suivisme d’une opinion qu’ils ont contribué à déboussoler, des Di Rupo, Javaux, Milquet, Maingain, Reynders-Michel et Cie jouent un jeu très dangereux. A cause d’eux, nous serons tous perdants.

  

Pour le reste, les négociations institutionnelles, qui se souvient qu’en réalité, elles durent depuis 4208 jours, soit 11 ans, 6 mois et 7 jours…? Depuis le 13 juin 1999, le gouvernement Verhofstad-Michel a mis subtilement la négociation au frigo tout en faisant semblant de négocier tout – on s’en souvient – n’étant demandeur de rien. Soyons sérieux, on s’et moqué des Flamands. Tant qu’il n’y aura pas d’accord sur l’institutionnel, il n’y aura plus de gouvernement fédéral.

Et si les Régions prenaient la relais ? Pour la Wallonie, il est urgent et nécessaire de créer le lien obligé entre l'économie, l'enseignement et la culture et ainsi travailler à l'appropriation de l'identité wallonne !

 

(*) « Nos sociétés démocratiques – et le journalisme – seraient fondées sur l’idée que les citoyens ont envie de savoir. Pourtant le refus de savoir l’emporte très souvent sur la quête de la vérité, comme si l’ignorance était plus convaincante et l’illusion plus confortable» . (JP Marthoz)

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 05:48

Au moment le « conciliateur royal » soumet ses réflexions (qu’il estime équilibrées) aux négociateurs pour l’éventuelle formation d’un gouvernement fédéral, il est bon de rappeler qu’il n’y a pas qu’au fédéral qu’il y a des choses importantes à changer. Réunis lundi soir à Charleroi, des militants wallons ont confronté leurs points de vue.  Voici la résolution proposée en fin de débats.

 

« La Wallonie par choix, non par défaut »

 

Nous, citoyennes et citoyens de Wallonie, issus du monde politique, économique, syndical, culturel et associatif, militants du Mouvement wallon et acteurs de notre société dans sa diversité, réunis ce 22 novembre20 10 à Charleroi, à titre individuel ou comme représentants de divers groupements, voulons faire entendre notre voix dans le débat institutionnel actuel qui influencera directement l'avenir de notre Région. A cette fin, nous avons adopté la présente Déclaration qui réaffirme les principes fondamentaux sur lesquels nous voulons construire l'avenir de la Wallonie:

 

§ 1 er Partant des constats que: 

1) La posture politique de n'être « demandeur de rien» a été néfaste aux intérêts des Wallonnes et des Wallons. Elle a même nourri, en Flandre, une forte frustration qui s'est traduite par l'émergence d'un puissant courant nationaliste: celui-ci accule les négociateurs fran9ophones à une grande réforme de l'Etat: ceux-ci n'y adhèrent que forcés et contraints, par reculades successives et sans grande préparation. Cela, c'est s'occuper de la Wallonie - et de Bruxelles - par soustraction, par dépit, la peur au ventre, par défaut d'une vie commune devenue bien difficile.

Nous plaidons, au contraire, pour un sursaut de fierté, pour la volonté d'assumer un choix: celui d'assumer notre destin, celui de rendre une ambition pour notre Wallonie, pour notre Région, seul cadre de référence à la fois comme élément d'identification et comme moteur d'une stratégie de développement.

 

2) L'institution communautaire francophone, basée sur une simple appartenance linguistique, est porteuse d'enfermement et de repli identitaires. Incapable de répondre aux aspirations des populations qui la composent, elle ne sera jamais à même de déclencher une mobilisation citoyenne capable de générer un «vouloir vivre ensemble ».

 

3) Rien n'émergera de la nostalgie de la Belgique de grand papa, où, dans les faits et durant plus d'un siècle, les décisions politiques nationales furent très souvent contraires aux intérêts wallons. Aujourd'hui encore, bien des compétences restées fédérales, sont gérées à l'encontre de nos intérêts: l'armée, le transport ferroviaire, la politique fiscale en sont des exemples récemment exposés dans l'actualité. Le risque d'appauvrissement ne tient-il pas surtout à un attentisme pénalisant, à un report continuel d'initiatives audacieuses au service d'un plan global ambitieux?

 

4) La Wallonie s'est construite sur des valeurs de solidarité et se conçoit autour d'un projet constructif de citoyenneté, davantage que sur un sentiment d'appartenance national.

 

5) Les discussions sur une hypothétique fédération Wallonie-Bruxelles, juridiquement inapplicable, constituent une impasse politique. Ce scénario ne répond pas aux véritables questions que la Wallonie doit affronter.

 

§ 2 Nous estimons que:

1) Il est temps de laisser derrière nous un État belge où deux Communautés se font face, pour mettre les institutions en phase avec la réalité de la population du pays, en permettant l'épanouissement des Régions, chacune avec son identité propre, des institutions cohérentes et la capacité de développer entre elles des coopérations efficaces, car tissées entre des partenaires égaux.

 

2) La demande des dirigeants germanophones de se constituer en une quatrième Région-Communauté doit être soutenue. Elle rejoint notre volonté de voir les Régions responsables intégralement de leur politique culturelle.

§ 3 Nous considérons que:

 

1) La liste des compétences fédérales devra être établie de manière limitative tout en garantissant une fiscalité identique dans l'ensemble du pays et en renforçant la solidarité interpersonnelle (la sécurité sociale) et l'unicité du droit au travail, appréhendés, tous deux, dans un sens large, et ce pour l'ensemble des travailleurs, indépendamment de leur lieu de travail ou de domicile.

S'il advenait, dans le cadre des négociations, que ces principes ne puissent être respectés ou que le prix de leur maintien soit insoutenable (tant financièrement qu'au plan des principes et de leur mise en œuvre concrète), il s'imposerait d'élaborer rapidement une alternative quant à la récupération des moyens, à leur affectation et au mode de contrôle des mécanismes à initier au plan des Régions.

 

2) La solidarité et la complémentarité entre la Wallonie et les autres Régions se matérialisera et se renforcera de manière réellement efficace par une collaboration large de Région à Région, sans impliquer, par définition, le recours à des institutions communes.

 

3) Le transfert complet à la Wallonie de compétences déjà largement régionalisées (mobilité, environnement, énergie, agriculture, santé, etc.) doit être considéré c6mme constituant une évolution logique dans une optique de renforcement de la cohérence et donc de l'efficacité des politiques régionales.

 

4) La tenue, à des moments distincts, des élections fédérales et des élections régionales est l'un des fondements du fédéralisme et doit donc demeurer en vigueur.

 

§ 4 Nous réclamons que:

 

1) Complémentairement au transfert prochain de nombreuses compétences fédérales vers les entités fédérées, soit mise en œuvre une réorganisation approfondie du paysage institutionnel francophone en consacrant la maîtrise et la gestion par les Régions, et donc par la Wallonie et par Bruxelles, des compétences culturelles au sens large à savoir l'enseignement, la recherche, la politique culturelle et sportive et les médias ; compétences essentielles pour relever les défis du redéveloppement global et durable spécifique à chaque Région.

 

2) Tout transfert de compétences s'accompagne des moyens financiers et humains requis, ils ne peuvent conduire à l'appauvrissement direct ou indirect des citoyens d'une ou de plusieurs Régions.

 

§ 5 Nous appelons :

 

1) Au lancement sans plus attendre d'un débat sur un projet politique mobilisateur pour la Wallonie, facteur indispensable à un développement cohérent intégrant les dimensions économiques, sociales, environnementales, éducatives, sportives et culturelles.

 

 

2) A ce que ce projet soit d'ores et déjà débattu au sein de toutes les institutions, organes, associations constituant la société civile wallonne dans toute sa complexité et sa diversité et ce dans le respect de nos valeurs de liberté, de solidarité et d'ouverture à l'Europe et au monde.

 

Nous, citoyennes et citoyens de Wallonie, issus des mondes politique, économique, social, culturel et associatif, militants wallons et acteurs de notre société dans sa diversité, prenons l'engagement, chacun à notre niveau de responsabilité, tant du point de vue personnel que collectif, de faire le choix de la Wallonie et de prendre part activement à toute réflexion ou action sur son avenir.

 

Fait à Charleroi, le 22 novembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 06:30

On savait Ivan De Vadder un peu… tiède dans son engagement pour l’autonomie flamande. L’émission de la VRT sur la possibilité d’un plan « B » (la scission de la Belgique) montre que l’unitarisme n’est pas encore tout à fait mort à la VRT. Ou plutôt – mais on le savait - que tous les Flamands ne sont évidement pas sur la même longueur d’onde. 

  

Les « experts » invités – tous Flamands, même le « francophone » de service - ont joué le jeu comme le sifflaient les recommandations du groupe de la Warande. Globalement, leur message : « réalisable, mais pas réaliste et coûteux », comme l’ont compris les journalistes politiques de la presse francophone, conforte les tenants d’un statut quo qui pourrait se résumer pr on garde l’Etat belge, avec un Etat flamand qui dicte sa loi puisqu’il est « le plus riche », un Etat « pauvre », la Wallonie et un condominium géré par les deux premiers, Bruxelles. 

  

Bravo ! C’est très bien joué de la part des Flamands. Message clair pour leur Peuple : « pourquoi aller à la scission puisque de toute façon, nous avons tout, nous contrôlons tout ».

Ils ont ainsi mis en difficulté la N-VA, le parti démocratique le plus radical et finalement le plus honnête dans son message, et permis aux partis traditionnels de reprendre pied sur le terrain médiatique où leur traditionnelle hypocrisie (enfin, soyons politiquement correct, leur stratégie traditionnelle de conquête) fait merveille auprès des négociateurs de l’autre camp. 

  

Cette émission est un véritable coup monté. La preuve, sans prendre le moindre recul, tout ce qui s’exprime à Bruxelles comme « presse nationale » (et en Wallonie, mais que nous reste-t-il comme presse ?) ou comme commentateurs politiques s'engouffre dans la brèche pour souligner que le plan « B » a du « plomb dans l'aile ». Le meilleur en la matière – mais est-ce étonnant ? – étant Olivier Deleuze (Ecolo) qui estimait que l’explication télévisuelle d’hier est de nature à mettre de l’huile dans les rouages du dialogue communautaire… Je suppose que maintenant que l’on constate que ces braves gens ne méritent pas les reproches que nous leur faisons, ils vont vite aboutir à un « compromis satisfaisant toutes les parties »... comme on dit après chaque négociation… Une paix des braves. Flamande, évidemment. C’est qu’il faut « sauver la Belgique ». 

  

Pourtant, le feuilleton des négociations qui n'aboutissent pas tant les points de vue sont éloignés, l’extraordinaire volatilité de la situation politique, ce long psychodrame est un cruel aveu de faillite, de totale impuissance. Le marasme politique comme celui dans lequel nous vivons est une preuve de l'inexistence de toute nation belge.

L'Etat belge que nous avons connus et voulu réformer est voué à disparaître dans l’immense fossé qui sépare deux communautés antagonistes développant chacune une vision du monde spécifique. Et si pas à disparaître, à coller à la vision claire de la majorité « réaliste » flamande puisque si nos négociateurs ont abandonné leur incohérence stratégique en n’étant demandeurs de rien, ils n’ont pas pour autant un projet sérieux et crédible tant pour Bruxelles que pour la Wallonie, et surtout pas pour la Wallonie puisqu’ils restent englués dans la vision communautariste imposée par la Flandre et ce FDF ethnique à la stratégie tellement toxique pour l’existence de la Wallonie qu’ils suivent pourtant aveuglément. 

  

Il est aussi tout à fait extraordinaire de constater que la disparition de l'Etat belge soit si régulièrement évoquée. Aucune nation digne de ce nom ne mettrait ainsi en discussion l'éventualité de sa propre disparition. Imagine-t-on une émission examinant les possibilités de scinder l'Etat allemand ou l’Etat français, pour expliquer ensuite que ce serait difficile, couteux et que tout le monde y perdrait ?  Même des états, pourtant menacés, comme l’Espagne ou la Grande Bretagne n’y pensent même pas. 

  

On sait aussi que le… euh… conciliateur ( ?) peine à établir une liste de point communs entre les négociateurs. Imagine-t-on combien de nouvelles élections, alors que le gouvernement fédéral est toujours en affaires courantes, seraient en tant que tel un séisme politique tout à fait inédit.

 

J’espère que l’assemblée-débat qui se tiendra ce soir à Charleroi permettra vraiment « d’explorer les voies d’un Avenir wallon relié désormais aux choix conscients, positifs et solidaires, des citoyens, pour la Wallonie, et non plus aux simples enchaînements de contrecoups aléatoires liés aux pilotages de systèmes qui lui sont largement indifférents ou étrangers » comme l’annoncent les organisateurs.   

Ce serait un progrès énorme. Au-delà des analyses orientées ou théoriques, le politique doit reprendre sa place.

 

Irréaliste, difficile, couteux, impossible ? Ne sont pas les mots d‘une vision positive. Ils ne balisent pas un projet mobilisateur.

 

En 1789, en 1830, ils ne savaient pas non plus que ce serait difficile et couteux, pourtant, je suis certain que les mêmes augures ont du leur tenir un même langage que ceux d’aujourd’hui, avec les mêmes arguments. Et pourtant... La réunification allemande était aussi irréaliste et difficile pour les mêmes raisons...… 

  

Rappelons-nous aussi les paroles de Churchill à propos de ceux qui ont arrêté la puissante machine nazie : « ils ne savaient pas que c’était impossible, et ils l’ont fait. Et si l'avenir de la Wallonie ne demandait que cinq minutes de courage politique ?

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 13:02

Lettre à des Wallons et à des Flamands,

démocrates, militant chacun pour sa patrie – la terre de ses aïeux – et pour l’Europe

sur le divorce belge

 

La présente lettre répond à un devoir qui m’incombe me semble-t-il à l’occasion de mes 90 ans et au bout de 75 années de militances diverses et complémentaires, pendant un demi-siècle en couple.

 

Jeune, j’avais découvert les mouvements wallon et flamand ;  plus tard, la nécessaire mise en cause des Etats-Nations – souverains-  et su pendant les années de guerre 1939-1945 et plus tard, agir avec des Flamands (1).

 

Quand des femmes et des hommes du nord et du sud de la Belgique ont ensemble dans la durée œuvré en faveur d’autres peuples, en particulier dans mon cas, les Kurdes et les Palestiniens, il devrait leur être plus facile de se respecter l’un l’autre dans ses différences d’hier et d’aujourd’hui et de dialoguer, les yeux ouverts, par rapport au « divorce belge », titre de l’ouvrage prémonitoire publié en 1968 déjà par mon ami feu Lucien Outers.

Autour de soi aujourd’hui, l’on voit beaucoup de couples divorcer mais ces échecs peuvent générer du bien ; il en est de même pour des communautés humaines plus larges.

 

Le présent message est donc un appel à un dialogue novateur au-delà des vaines oppositions et négociations entre formations politiques, mais comment réussirions-nous là où l’on a bien souvent échoué ?

 

En vue d’une nouvelle forme de dialogue, même si je vois bien des chevelures se hérisser, je crois devoir toucher à un tabou de part et d’autre, celui de la Région de Bruxelles, compte tenu des changements majeurs qu’elle a connus au fil du 20e siècle et surtout depuis 1957 avec l’installation des Communautés européennes et ses conséquences.

 

Beaucoup regardant surtout en arrière, n’ont pas vu comme je m’y essaie avec mon regard de sociologue de flagrantes réalités nouvelles :

-  Près de 100.000 fonctionnaires européens y compris les membres de leur famille,

-  Des milliers de membres de familles de diplomates auprès de l’Union européenne et de l’OTAN y compris des représentants de plus de 100 Régions d’Europe,

-   Des milliers d’agents de groupes de pression : syndicats agricoles, de travailleurs manuels ou intellectuels, organisations patronales, d’entreprises multinationales,

-    De nombreux emplois induits dans les services, 

-    Des dizaines de milliers de travailleurs venus de l’Europe des 27, donc avec un futur statut privilégié,

-    Aussi beaucoup venus d’Afrique et d’Asie,

-    Outre l’énorme caprice des dieux du Parlement européen, d’autres millions de m2 « européens »,

-    Plus de 40 % de naissances non belges.

-    Les mosquées plus fréquentées quotidiennement que les églises.

    

La situation est donc plus insidieuse que lors des marches flamandes sur Bruxelles des années 1960 et l’affrontement : Flamands contre Francophones. Mais c’est peut-être l’heure – rêvons – de leur solidarité par exemple contre le rouleau compresseur de l’anglais.

 

L’on semble ignorer que la donne des cartes a totalement changé ; et qu’il y a les contraintes du droit international : jamais la Flandre ne pourrait devenir indépendante « en emportant Bruxelles » « ni la Wallonie se rattacher à la France avec cette ville-région » la principale des trois capitales européennes.

 

Enfin, si l’on ne veut pas continuer à renégocier de décennie en décennie des réformes constitutionnelles frustrantes pour les uns ou pour les autres ou tous les deux, il faut négocier une séparation de corps par consentement mutuel en contournant la pomme de discorde qu’est Bruxelles.

 

De nouveaux Etats ne peuvent naître qu’avec l’assentiment de la majorité des membres de l’ONU et l’unanimité de son Conseil de Sécurité y compris deux de nos voisins. Il ne s’agit pas de courir l’aventure du Kosovo, donc il faudrait une requête commune des trois ou quatre composantes de la Belgique.

 

Il faut que la Commission européenne  se « mouille » dans cette affaire comme conciliateur et acteur, vers quoi ? Une entité européenne supranationale en évitant le piège des mots tel celui de district : Bruxelles-Europe, ou Bruxelles-Capitale européenne ou Bruxelles – Pluriel….

 

On y pondèrerait dans le Corps électoral, l’Assemblée et l’Exécutif :

-          les Belges francophones,

-          les Belges néerlandophones,

-          les citoyens des 26 autres Etats de l’Union,

-          les étrangers venus d’ailleurs ayant un statut régulier depuis x années.

 

Tout cela, c’est rejeter la plaisanterie indigne d’un grand juriste : le confédéralisme, c’est le fédéralisme des c…  .

Au contraire, il faudra l’imagination d’experts et d’hommes de terrain pour aboutir à un statut nouveau ainsi qu’à des relations et des interactions avec les territoires voisins des Wallons et des Flamands. Déjà, l’on peut participer aux élections municipales à Uccle et à Neuilly de même qu’ici ou là aux européennes.

 

Aux citoyens de Bruxelles, compte tenu de ma belle-famille en ce lieu où en outre j’ai vécu 12 ans et travaillé 30 ans, je dis : « la piste que j’essaie d’ouvrir ne fait pas de vous des citoyens de seconde zone mais de la toute première, l’européenne compatible avec un lien flamand ou wallon privilégié ».

 

Chers amis de notre peuple wallon, chers militants flamands,  mes voisins, plutôt que de nous affronter, agissons ensemble vers l’avenir.

 

 

                                                                                              Louvain-la-Neuve, le 06/10/10

 

                                                                                               Jean-E. Humblet

                                                                                               

  

* Né à Liège le 07 octobre 1920.

Docteur en droit de l’UCL,

Docteur de l’Université de Paris,

Docteur en Sciences sociales de l’ULB,

Ancien Sénateur fédéral et Député wallon.

 

(1) Voir mon livre « Témoin à charge » Ed. Artel Erasme, Namur 1990 page 64a.

 

P.S. : Pour les curieux, voir :

- Wikipedia (très correct mais très incomplet),

- l’Encyclopédie du Mouvement wallon, Institut Jules Destrée, Charleroi 2000, dans la vingtaine des plus longues entrées, tome 2, pages 223-225,

- Fondation wallonne P.-M. et J.-F. Humblet, hommage à Jean-E. humblet, Louvain-la-Neuve 2000,

- Le Soir, samedi 9 mai 2010, page entière.

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 08:41

8 octobre 2010

 

 

Un plan A comme avenir !

 

La Belgique « de papa » est bel et bien morte. Le fédéralisme à la belge basé sur une confusion entre Régions et Communautés que les négociateurs ont essayé d’adapter jusqu’ici vient encore de montrer ses limites. Ce qu’on peut considérer comme un plan de sauvetage mitonné difficilement pendant plus de cent et quelques jours n’a mené nulle part, comme on pouvait le prévoir.  Les objectifs poursuivis, plus que contradictoires, rendaient en effet  illusoire tout accord équilibré. Certes, il y a bien eu quelques avancées ou pistes évoquées que d’aucuns, qui n’ont pas intégré l’évolution de la Belgique, obligée de se désunir pour prolonger son existence, considèreront comme des concessions. 

 

Le fait est qu’à l’heure actuelle, on n’est clairement nulle part.

 

Heureusement, les entités fédérées assument, malgré des compétences incomplètes et à géométrie variable, les missions qui leur ont été déléguées.   

 

L’option d’une Belgique communautaire - à défaut de rester commune - est dépassée, les Régions doivent maintenant prendre le relais.

 

Si aucune volonté de se doter d’une vision et de règles communes et – enfin ! – cohérentes ne se manifeste, il sera vain de continuer à imaginer des bricolages institutionnels en saupoudrant - surtout du côté wallon et bruxellois –  les compétences entre Régions et Communauté. La « fédération Wallonie-Bruxelles » – nouvel avatar de la Communauté dite française et Belgique résiduelle – dont certains rêvent sous forme d’un hypothétique « plan B » n’est  évidemment qu’une chimère.

 

L’unique façon d’en sortir et de répondre aux questions essentielles (économiques, sociales et culturelles) pour les citoyens est d’oser poser La question pertinente : « veut-on encore réellement  faire quelque chose ensemble ? » Et sur quelles bases cohérentes ?

 

Indépendamment des aspects institutionnels, il est plus que temps, de prendre vraiment en compte la défense des intérêts des Wallonnes et des Wallons, et permettre à toute personne habitant en Wallonie de bénéficier d’un environnement physique, psychique, économique et social, le plus favorable possible. Pour cela, il faut  mettre fin en priorité et une fois pour toutes aux Communautés linguistiques en tant qu’institutions distinctes en confiant toutes leurs compétences, ainsi que ce qu’il sera cohérent d’enlever du niveau fédéral, parce que transférables aux entités mieux adaptées pour les gérer et plus proche des citoyens : les quatre Régions qui doivent être égales en souveraineté et en droits.

 

Nous sommes attachés à l’homogénéité linguistique de notre territoire arrachée en son temps par le Mouvement wallon, et pensons qu’il est essentiel que la même règle s’applique aux autres. Ainsi, que le  néerlandais soit  la seule langue officielle reconnue et acceptée en Flandre et  l’allemand, dans  la Région germanophone, rendra les choses plus claires et plus simples pour les citoyens de ces territoires.  Quant à  la Région bruxelloise, seule région du pays que l’Histoire et la Constitution ont reconnue comme région bilingue où le français et le néerlandais sont langues officielles, elle doit logiquement disposer des moyens de continuer à fonctionner dans le respect et la cohabitation harmonieuse de ces deux cultures. Nous plaidons donc pour confier en priorité aux Régions les compétences de l’enseignement et des matières personnalisables comme la culture ou le tourisme sans oublier les matières sociales. Il n’y a plus à l’heure actuelle aucune raison de maintenir l’échelon communautaire.

 

Les quatre Régions, autonomes, égales en droits et en compétences, pourront ensuite, ensemble  décider de ce qu’il conviendra de confier à un niveau fédéral et de déterminer quelles solidarités elles souhaitent maintenir entre elles,  en fonction des besoins objectifs  de leurs populations.

 

Face à la dissolution accélérée de l’Etat belge, nous avons la conviction profonde que la meilleure manière de répondre aux défis du 21ème siècle est de recréer un projet politique durable et cohérent au départ du niveau régional. En particulier une Wallonie conforme aux valeurs morales, facteurs d’une forte cohésion sociale, économique et culturelle  qui ont fait notre Peuple   

 

Une société wallonne, disposant d’une situation géostratégique exceptionnelle et unique dans l’espace européen, sûre de son identité et maîtresse de ses moyens pourra œuvrer à une  coopération équilibrée avec les Régions et Etats voisins.

 

 

 

http://www.rassemblementwallon.be

 

 

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