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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 18:31

Discutant récemment avec Guido Fonteyn, l'éditorialiste flamand de gauche bien connu, celui-ci me soutenait que nous avons une vision tronquée de la Flandre. Que le Peuple flamand de gauche s'opposerait à toute indépendance, entre autres, parce que dans ce cas, ils se retrouveraient avec un régime de droite assez dur.
Le
Manifeste des intellectuels réunis dans le "Gravensteengroep" montre au contraire qu'il y a certainement plus que des convergences entre les deux côtés de l'échiquier politique en Flandre. Ils ont une même vision de l'Histoire et des revendications communes pour le tout proche avenir. Et bien l'intention de les voir aboutir... Je n'avais pas encore eu l'occasion d'en parler.

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 10:23

Je ferais un bilan en demi-teinte. Tout d’abord, il y a très longtemps que des Wallons ne se sont plus réunis aussi nombreux pour réfléchir à leur identité , mais curieusement ce mot n’a pas été prononcé de toute la soirée.

Mais si le thème était de présenter « un projet politique de la société wallonne pour son avenir », je reste sur ma faim. L’assistance était certes composée de militants wallons sincères (des rattachiste au partisans du "tout en wallon refondu", j'étais assis à côté de l'un d'entre-eux...) et d’une grande délégation de Fouronnais, mais n’avait attiré que peu de politiques, quelques syndicalistes et pas de représentants du monde économique. En particulier,seul des adhérents ( ?) du PS (si on peut encore qualifier ainsi les Van Cau, Dehousse, Eerdekens, Happart plutôt régionalistes et l’ultra-belgicaine Lizin - qui est juste passée le temps de se faire photographier - de « représentants du PS ») et quelques un de leurs apparatchiks représentaient le monde politique. Certes, des dirigeants ou militants de partis wallons ou confidentiels étaient présents (RWF, WALLON…). bravant leurs instances officielles. Seule bonne surprise, la présence  de quelques universitaires. Le pari de réunir la « Société wallonne », s’il a jamais existé n’est donc pas encore gagné… Mais c'est un premier pas.
 
Petit résumé des interventions (Je n’ai pas entendu celle de Jean Louvet…) :
 
Jean Pirotte, président de la Fondation wallonne a été clair et son discours, repositionnant le mouvement wallon, dans son histoire. (Le texte de son intervention est publié sous forme decarte blanche dans "Le Soir" du 4 mars)
 
Les différents dirigeants syndicaux présents - et leur présence est un fait important - ont mis l’accent (avec redondance et un ton très syndical) sur ce qu’a apporté la régionalisation des compétences économiques à la Wallonie, mais, curieusement tout en se référant à la pensée d’André Renard qui a eu (lui !) l’intelligence de lier le combat syndical au combat wallon. Ceux qui s’en réclamant maintenant ont tapé sur la Communauté française, sur la concentration des moyens à Bruixelles, sur leurs excellentes relation avec les "camarades flamands" tout en se livrant à des incantations pour le maintien de la solidarité fédérale et des professions de foi fédéralistes dont tout le monde sait que la Flandre - qui s’édifie en nation - n’en a plus rien à cirer. L’un d’eux à même parlé de symbiose, alors que le terme parasitisme eût mieux convenu. Clamant enfin leur solidarité avec Bruxelles mais tout en exprimant un certain malaise vis à vis du statut de cette ville-région.

Evidemment, ils font partie du système, il est bien loin le temps où les syndicats étaient des structures révolutionnaires. Wallons ? Oui, mais solidaires avec nos amis Flamands qui eux ne le sont pas. Il n’y a pas d’autre horizon que les frontières de la Belgique unie. En tous cas officiellement... Pour eux.
 
De l’intervenant présenté comme venant du « monde économique », en réalité le secrétaire adjoint à la fédération wallonne de l’agriculture et ancien membre du Cabinet de José Happart, alors ministre, il y a peu de chose à retenir, sauf une confirmation : c’est que la Wallonie est capable, après une période d’adaptation, d’absorber n’importe que transfert de compétences. Mais qui en doutait ?
 
De Thierry Haumont, romancier, présenté comme parlant au nom du monde culturel et associatif, je ne retiendrai qu’une chose d’une intervention laborieuse, confuse,  maladroite et improvisée (Méforme ou stress ?) : il n’y a presque rien qui a changé en 25 ans… Pour le reste, mieux vaut oublier, il est même parvenu à choquer un authentique résistant wallon de la guerre 40-45 et militant de la Wallonie libre !

 
Christophe Collignon, a sauvé la mise en résumant sa carte blanche publiée dans « Le Soir ». 

Bref, non au communautarisme, oui au régionalisme (3 régions distinctes et disparition de la Communauté française) mais dans le cadre de la Belgique… tant qu’elle assure la sécurité sociale. Point ! Rien de bien neuf, une position connue.
Alors que dans quelques mois, nous allons probablement assister à la grande rupture… On voudrait relancer le débat entre communautaristes et régionalistes qu’on n’aurait pas fait mieux. Certains cachaient mal une certaine jalousie à l’égard de Bruxelles tout en l’assurant de leur solidarité indéfectible. Il faut dire que la sortie provocatrice et méprisante de Maingain sur son projet d’Etat francophone était dans tous les esprits.

Tout ça manquait furieusement de hauteur.

Un pause bienvenue a permis à aux spectateurs de se rencontrer… Et d’échanger leurs points de vues.

Après une rapide présentation rapide de la « Déclaration pour un projet politique mobilisateur de la société wallonne » (ICI en pdf pour que vous puissiez vous en faire une idée et éventuellement réagir) un court débat avec la salle a surtout permis aux politiciens présents de s’adresser à l’assemblée pour leur dire – comme d’habitude – ce qu’elle souhaitait entendre. Van Cau plutôt régionaliste, Eerdekens partisan du rattachisme, Dehousse osant rappeler que c’est grâce à la Communauté française (omettant de dire qu’elle fut obtenue par F. Perin dans cet objectif) que la Région wallonne a pu exister. Pour ceux qui l’ont oublié, les Flamands voulaient un fédéralisme basé sur les Communautés linguistiques, les Wallons mettant en avant la maîtrise de l’économie par les régions. Le résultat fut un compromis boiteux dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences. (1) Particulièrement en matière d’enseignement où il faudrait adapter les programmes en fonction des besoins locaux. J’aime bien utiliser l’image suivante : « Un sanglier ne se chasse pas de la même manière dans le bois de la Cambre et dans les forêts d’Ardenne… »

Happart a conclu à sa manière inimitable. Dans un discours disant tout et son contraire.
Petit florilège :
- La Belgique vivra encore longtemps et la rupture risque de se faire dans les 6 mois qui viennent.
- La Wallonie Région de France ? Pourquoi pas, je n’y suis pas opposé (Ah bon ?) ? Mais les Français n’en veulent pas. (Ah booonnnn  ?)
- Il faut préparer l’avenir, mais le Parlement wallon ne veut pas en parler.
- Les politiques ont bien compris qu’on va dans le mur, mais ils doivent suivre l’opinion publique qui ne l’a pas compris.
 Bref une soirée décevante d’une part, ne représentant qu’une partie de la société civile wallonne et une fraction (en rupture de ban ?) du monde politique les orateurs inscrits au programme persistant à croire (ou à vouloir faire croire) à la poursuite d’une Belgique fédérale pourtant illusoire. Tandis que dans la salle, et autour d’un verre ensuite, les militants wallons se retrouvaient pour dire qu’il est temps de préparer l’avenir parce que le moment de la rupture est très proche. Le débat entre régionalistes et communautaristes risque d'être très vite dépassé... "On ne fait pas les cuivres quand la bateau coule"...

Mais malgré ça, un moment important d’autre part simplement parce qu’il a eu lieu. J'espère que les organisateurs vont en tirer les leçons nécessaire et poursuivre en élevant le débat. Ceci dit, je pense que sans un relai politique fort et pluraliste, tout ça risque de n'être qu'un coup d'épée dans l'eau. Et à l'heure actuelle, ce relai n'existe pas. Il y a peut-être quelque chose qui est né ce vendredi soir de tempête à Namur...

Il est pourtant urgent maintenant de se réunir autour d’un vrai projet d’avenir pour la Wallonie, au-delà des partis et des divisions de la Société civile. Pour ça, il faut absolument une pression politique, une prise de conscience et une réflexion approfondie en mettant toutes les cartes sur la table. C’est l’objet de l’appel lancé dans le
Manifeste pour la convocation des Etats-généraux de la Wallonie.
Je n'aimerais pas que vous restiez sur une mauvaise impression. Il s'est passé quelque chose ce 29 février à Namur. Et vous verrez que c'est en rapport avec ce que j'écrivais sur l'identité dans un billet précédent. Je vous invite vivement à lire
ce qu'écrit mon ami François Lemaire sur "Debout la Wallonie !", tout comme le regard d'Arnaud Pirotte.
 
(1) Il faut aussi savoir que les Flamands n’ont pas renoncé à faire valoir leur point de vue. Les projets de Maingain et Consort les rejoignent curieusement. Si vous relisez les résolutions que le Parlement wallon a voté le 3 Mars 1999, ces résolutions proposent une structure binationale avec deux Etats fédérés à part entière, la Flandre et la Wallonie et deux régions à statut spécial, la Région de Bruxelles-capitale et la Région de langue allemande. (Jusque là on peut les suivre sauf pour les statuts spéciaux… qui sont en réalité une façon de nier
la Région de Bruxelles)  Mais ce qui est sous entendu également, c’est qu’à l’instar de la Flandre, la Belgique francophone pourrait également procéder à une fusion de la Région et de la communauté, ce qui entraînerait plus de transparence et d’équilibre. C’est avec quelques nuances ce que Maingain propose. Pour les militants wallons, il n’en est évidemment pas question.

 
 
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 06:24

En marge de la réunion organisée ce soir à Namur à l’appel du Manifeste pour la Culture wallonne, et de ce que j’ai appelé dans le billet précédent le frémissement de la Société wallonne, après Paul Piret dans « La Libre » d’hier, « Le Soir » consacre aujourd’hui la page 20 de sa rubrique « Forum »  à deux cartes blanches.
Sous le chapeau : 
Quel projet politique pour la Wallonie ?
Au sein de la « nation francophone » ? Dans un fédéralisme des régions ?
Ou au-delà de la Belgique ? Si les avis divergent, les Wallons donnent de la voix 
 
-
Vous pouvez dire à nos mères que nous sommes régionalistes
Christophe Collignon, Jacques Gennen, Charles Jansens, Guy Milcamps, Sebastian Pirlot et Eliane Tillieux, tous députés wallons PS
- Wallons, exigez la convocation d'Etats généraux !
Qui est une adaptation, une mise à jour de l'appel du « Manifeste pour la convocation d’Etats-généraux de la Wallonie » que j’ai co-signé avec mes amis Jules Gheude, Didier Melin et Thierry Ollevier. 
 
Et pendant ce temps là... Les sondages d'opinion continuent. C'est au tour de Vers l'Avenir. Tiens ? On y parle du RWF cette fois...

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 12:34
« La Wallonie s’est classée cinquième du TOP 25 des régions et des villes les plus séduisantes d'Europe en termes d'investissement, derrière Londres, la Flandre, Paris et Leipzig. Elle est cinquième encore derrière l'Ecosse, la Flandre toujours, l'Irlande du Nord, et le Kent, si l'on s'en tient aux seules régions. »
 
C’est ce qu’annonce le journal  « L’Echo » en ligne ce jour.
« Ce palmarès annuel des pays et régions les plus performantes sur le plan du développement économique et les plus attractives sur le plan de l'investissement étranger émane de l'édition de mars du fDI Magazine. Filiale du « Financial Times», fDI Magazine est spécialisé dans la promotion des pays, des régions et des villes et dans la localisation d'investissements étrangers ». Voilà qui ne doit pas faire plaisir aux déclinologues et à tous ceux qui veulent minoriser notre Wallonie.
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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 06:23
Au lendemain (ou presque) de la déclaration du Ministre-président sur l'Etat de la Wallonie,

 

le Conseil Economique et Social de la Région Wallonne vient de publier Son édition 2007 des   "Regards sur la Wallonie", un portrait  des synthétique de la Wallonie économique, sociale et environnementale
 
Regards sur la Wallonie 2007 s'articule en 6 chapitres :
1. La Wallonie au coeur de l'Europe
2. Quelle croissance, quels investissements, dans quels secteurs, pour quels emplois 
3. L'emploi et la formation
4. La recherche et le développement
5. Les ménages
6. L'environnement et l'énergie

Au sein de ces grandes thématiques, plusieurs "zooms" ou "focus" ont été intégrés, choisis en fonction des enjeux qu'ils représentent pour la Wallonie. Un CD-ROM reprenant l'ensemble des données statistiques dans les différents domaines étudiés et sur lesquelles s'appuient les analyses est annexé à la publication.
 
Regards sur la Wallonie 2007 est disponible
en cliquant ici (format PDF) tout comme les annexes statistiques. La version imprimée peut être obtenue sur simple demande auprès du Service Communication du CESRW (04/232.98.64 - info@cesrw.be).
 
N'hésitez pas !

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 12:13

Avec trois amis, Jules Gheude, Didier Melin et Thierry Ollevier, nous avons publié hier un « Manifeste pour la convocation des Etats-généraux de la Wallonie ». La presse y a fait écho.

Constatant l’inéluctable évolution de la Flandre vers une forme d’indépendance quoi nous serait préjudiciable si elle se fait à ses seules conditions, nous y plaidons pour une analyse, sans a priori ni limites, des pistes d’avenir possibles pour les Wallons.
1° Un Etat wallon indépendant ;
2° Un Etat wallo-bruxellois ;
3° La réunion à la France ;
4° La réunion à une autre composante européenne que la France.
 
Nous y constatons qu’il n’y a pas actuellement vraiment de comparaisons objectives, de compilation de faits concrets qui permettent aux Wallons de choisir, en toute objectivité, quel avenir serait le meilleur. Nous souhaitons élargir le débat, par un appel à la constitution de dossiers objectifs, présentant les avantages, conditions et inconvénients de ces quatre formules. Ces dossiers seraient ensuite soumis à une Assemblée largement représentative des forces vives de la Région et de la société civile au travers de ses divers courants politiques et idéologiques.
 
Le fait que nous citions un « Etat wallo-bruxellois » parmi les quatre options, montre que nous ne nous désintéressons nullement de la donne bruxelloise. Mais nous estimons essentiel que les Bruxellois se déterminent également eux-mêmes quant à leur avenir.
 
Indépendamment de nos choix personnels et de nos convictions, nous avons fait cet appel parce que nous estimons que l’heure n’est plus aux chamailles partisanes, mais à la mobilisation dans la sagesse et l’entendement. Il est temps, pour nous, de réfléchir à une réponse de survie, digne, raisonnable et dans l’ordre. 
Qu’on ne se méprenne pas sur le sens de cette initiative. Elle ne vise nullement à mettre de l’ordre dans le paysage institutionnel francophone. Sans doute ce débat ne manque-t-il pas d’intérêt, mais il nous paraît totalement dépassé vu la précipitation des événements et la plus que probabilité d’une scission de l’Etat.
 
La presse quotidienne, tant flamande que francophone y a fait écho.
Voici ce qu'en dit "Le Soir", journal sur lequel un débat des lecteurs est ouvert.
 
Vous pouvez lire et signer le manifeste à cette adresse : http://www.etatsgenerauxdewallonie.net 
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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 12:04

C’est fait ! Bruno Valkeniers, l’ancien patron du port d’Anvers, est devenu samedi le nouveau président du Vlaams Belang.  On le sait, il est favorable à un large front flamand : « Le Vlaams Belang doit être une organisation de combat efficace et attirante et non un club agréable d’old boys qui se maintiennent en place jusqu’à la pension. » a-t-il précisé. 
C’est le moment que choisit Herman Van Rompuy pour déclarer ce matin, à la RTB(f), que les « francophones » ont intérêt à lâcher du lest le plus vite possible s’ils ne veulent pas se trouver face à une coalition de battus (sous -entendu les partis dits démocratiques flamands) au lendemain des prochaines élections. Il a même évoqué la constitution d’une « Forza Flandria » capable d’obtenir une large majorité en Flandre !
Patrick De Waele allait dans le même sens si les « francophones » persistaient dans leur attitude.
 
Je suis d’accord avec ces deux politiciens pour dire que l’attitude des partis francophones est dangereuse et stupide… mais évidemment pas pour les mêmes raisons. Au lieu de participer à de vains palabres, il est plus que temps d’étudier et de préparer sérieusement des solutions d’avenir plutôt que d’essayer de sauver… Oui au fait, de sauver quoi au juste ?

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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 23:51
On le sait, le Vlaams Belang devrait bientôt avoir un nouveau président.  Jean-Pierrre Stroobants lui consacre un article assez neutre dans « Le Monde ».  Epinglons cette phrase qui montre une certaine évolution dans la pensée toujours prudente du chroniqueur : « De convictions ultralibérales, M. Valkeniers apparaît, sans doute, comme le candidat du consensus, dans une formation désormais divisée, mais il portera surtout les espoirs de certains milieux d'affaires, pour lesquels l'éclatement du pays est une nécessité politique et, avant tout, économique ». Tiens donc ?
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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 18:43
Pour comprendre la Flandre profonde, vous ne devez pas rater l’édito de Paul Geudens dans la « Gazet van Antwerpen » de ce jeudi 31 janvier.
Il est consacré à la chance extraordinaire que nous avons, Bruxellois comme Wallons, d’avoir de cet outil extraordinaire qu’est le port d’Anvers. Nous sommes des ingrats, et c’est peu dire !
Je vous invite à en lirte la traduction de Jules Gheude sur « Debout la Wallonie ! ». Un très grand moment, exceptionnel de mauvaise foi remarquable.
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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 10:05
Il s’agit du Communiqué de presse des Relations publiques du Parlement de la Communauté française suite à cette réunion. Je vous le mets en version intégrale. Il est intéressant en ce sens qu’on voit dans quel sens les débats s’orientent.
 
Ce mardi 29 janvier 2008, le Groupe Wallonie-Bruxelles a poursuivi ses auditions d'experts. Quatre professeurs et constitutionnalistes, dont l'expertise est largement reconnue en Communauté française Wallonie-Bruxelles, ont présenté aux membres du Groupe le fruit de leurs réflexions.
 
Premier intervenant, le professeur Marc UYTENDAELE (ULB) a consacré son intervention à l'articulation des collectivités fédérées et la question de la sous-nationalité dans l'espace Wallonie-Bruxelles.
Après avoir énuméré les maladies de jeunesse de notre système fédéral, Marc Uyttendaele propose une nouvelle configuration de l'Etat autour de quatre autorités fédérées : l'autorité flamande, l'autorité de Wallonie et de Bruxelles, l'autorité bruxelloise et l'autorité germanophone. Dans ce contexte, il propose la création d'une fédération francophone dans la fédération belge, qui permettrait aux Francophones de parler d'une seule voix et de se préparer à un éventuel éclatement du pays, sans remettre en cause l'autonomie wallonne et l'autonomie bruxelloise. L'autorité bruxelloise, qui se substituerait à l'ensemble des institutions bruxelloises actuelles (Région, COCOF, COCON), se verrait confier, à l'instar de ce qui se fait au nord et au sud du pays, un ensemble homogène de compétences regroupant des compétences qui sont aujourd'hui qualifiées de régionales et de communautaires. Enfin, il propose l'instauration d'une citoyenneté culturelle qui est de nature à résoudre un certain nombre de problèmes politiques épineux
(scission des arrondissements judiciaire et électoral de BHV, accès des Francophones de la périphérie à l'enseignement et à la culture).
 
Le professeur Hugues DUMONT (Facultés Saint-Louis), s'est quant à lui penché sur l'exercice des compétences communautaires à Bruxelles.
A Bruxelles, outre les 19 communes bruxelloises, pas moins de six collectivités politiques sont en effet compétentes pour exercer les compétences communautaires. Quatre collectivités politiques gèrent les matières unicommunautaires. Il s'agit de la Communauté française, de la Communauté flamande, de la Commission communautaire française (COCOF) et de la Commission communautaire flamande, soit la « Vlaamse Gemeenschapscommissie » (VGC).
 
Les deux autres collectivités politiques gèrent les matières bicommunautaires qui intéressent tant les francophones que les flamands de Bruxelles. Il s'agit de l'autorité fédérale, pour les matières biculturelles et biéducatives, et de la Commission communautaire commune, principalement pour les matières bipersonnalisables. L'exposé a souligné les écarts qui séparent souvent les règles de droit qui répartissent les compétences entre ces diverses autorités et les pratiques sur le terrain. Plusieurs suggestions ont été avancées pour améliorer ces règles et ces pratiques. Il a notamment été proposé de transférer à la Région bruxelloise les compétences biculturelles et biéducatives
d'intérêt régional que l'Etat fédéral néglige d'assumer actuellement.
Le thème abordé par le professeur Marc VERDUSSEN (UCL) recouvre deux sujets différents : les frontières de l'espace Wallonie-Bruxelles et la protection des minorités. S'ils sont distincts, ils n'en sont pas moins liés, dans la mesure où, en Belgique, la protection des minorités mobilise, de part et d'autre de la frontière linguistique belge, deux visions a priori antinomiques du modèle fédéral, l'une personnaliste, l'autre territoriale.
 
Limitant l'examen de la problématique à la protection des minorités linguistiques et, plus particulièrement, de la minorité francophone établie dehors de l'espace Wallonie-Bruxelles, le professeur Verdussen envisage cette protection dans le cadre actuel du territoire de la Région bruxelloise et ensuite, dans l'hypothèse d'un élargissement du territoire de la Région bruxelloise. En effet, la mise en place d'un espace Wallonie-Bruxelles alliant efficacité et solidarité passe également par une prise en compte des valeurs identitaires des francophones établis sur une autre portion du territoire belge et qui y ont le statut de groupe minoritaire. De la ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales jusqu'à l'élargissement du territoire de la Région bruxelloise, des formules permettraient, d'améliorer les difficultés de la minorité francophone établie en dehors de l'espace Wallonie-Bruxelles. Elles se heurtent toutefois à des écueils politiques liés aux postulats d'homogénéité et d'intangibilité des régions linguistiques, auxquels les flamands paraissent indéfectiblement attachés.
 
Première observation. De toutes les formules, l'élargissement du territoire de la Région bruxelloise, englobant un nombre significatif de communes, pourrait conduire à une amélioration sensible des droits linguistiques de la minorité francophone et répondre à des impératifs socio-économiques, même si les communes ici concernées ne sont pas celles confrontées à un problème minoritaire. Cette formule n'est néanmoins pas la panacée, car ne concerne pas les francophones domiciliés dans en région de langue néerlandaise ou allemande. Elle doit donc être complétée par d'autres formules, comme la conclusion d'accords de coopération.
 
Seconde observation. Les revendications des minorités linguistiques appellent-elles un même traitement ? Ces revendications se fondent généralement sur l'exigence du respect d'une identité culturelle, impliquant ainsi la nécessité d'une dynamique de contextualisation des droits fondamentaux. Mais l'utilisation d'une langue (minoritaire ou majoritaire) n'a pas en toutes circonstances un enjeu culturel aussi essentiel. En d'autres mots, le professeur Verdussen estime qu'il y a place pour une appréhension culturelle et fonctionnelle des droits linguistiques.
 
Le professeur Verdussen pose ainsi la question : « Est-il absolument irréaliste d'envisager un réaménagement des champs de compétences des communautés, en leur permettant de prendre des initiatives culturelles ou de créer des écoles en n'importe quel endroit du territoire national ? A l'évidence, le concept même de « frontières » s'en trouverait profondément revisité. »
 
Le professeur SCHOLSEM, de l'ULg, estime quant à lui que l'impact fiscal et financier du processus de réforme de l'Etat s'impose de plus en plus. Il suffit à cet égard de considérer les revendications flamandes actuelles.
Ces facteurs fiscaux et financiers ont véritablement modelé la structure actuelle du fédéralisme belge. Ceci est encore plus visible pour les institutions appartenant à l'espace Wallonie-Bruxelles en raison de leur complexité. Toutes ces entités sont connectées sur le plan budgétaire.
L'observation scrupuleuse des règles relatives aux dépenses doit permettre d'éviter que, par le biais d'accords de coopération, la compétence réelle ne glisse dans les mains d'un autre pouvoir. On pense plus spécialement au cas de la Région de Bruxelles-Capitale dont le sous-financement est admis par tous. La voie d'un accord de coopération "chargé" doit être exploré. Les Régions peuvent prélever des impôts et ce dans un cadre plus large depuis la réforme de 2001.
Les francophones doivent veiller à ce que les règles actuelles et futures ne débouchent pas sur une concurrence fiscale déloyale qui sera surtout sensible au centre du pays.
Le refinancement de la Communauté française via l'aide de la Région wallonne et de la Cocof suscite un problème particulier en ce qui concerne cette dernière, dont le financement doit être revu. Enfin, toute idée de fiscalité communautaire semble devoir être abandonnée.
Toutefois, les francophones devront être attentifs à toute tentative qui, sur le plan fiscal ou para-fiscal, introduirait à Bruxelles un concept s'apparentant à la création d'une "sous-nationalité".
 
Un large échange de vues s'en est suivi entre les membres du Groupe Wallonie-Bruxelles et les experts.
 
Prochaine réunion du Groupe Wallonie-Bruxelles : mardi 4 mars 2008
14h. Présentation des rapports intermédiaires des quatre groupes de travail et poursuite des travaux.
 
D'autres documents alimenteront leur site spécialement dédicacé : www.groupewalloniebruxelles.be
 
Ce communiqué est suivi d’un « APPEL A CONSULTATION ». Je ne peux que vous inviter à y participer. Suggérer dans ces matières une équivalence avec la France serait par exemple une bonne suggestion à faire…
 
Le Groupe de travail « Matières culturelles » du Groupe Wallonie-Bruxelles encourage toute personne concernée tant par les matières audiovisuelles, culturelles, d'emploi des langues ou encore sportives, à communiquer leur réflexion sur le renforcement des liens entre entités fédérées francophones afin d'assurer une cohérence en ces matières au sein de l'espace Wallonie-Bruxelles.
 
Cette réflexion synthétisée en maximum 2 pages, peut parvenir au secrétariat du Groupe de travail « Matières culturelles » avant le 15 février 2008 : sophie.charlier@pcf.be - boegaertsl@pcf.be
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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