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13 juillet 2006 4 13 /07 /juillet /2006 09:53
Répondant à la demande de nombreux internautes, et pour compléter l’article précédent, voici les communes ou parties de communes qui font l’objet de la convoitise de nos « amis flamands » comme dirait le Président-Ministre-Président de la Région wallonne.
 
Vigilance donc !
 
Province de Hainaut
Les anciennes communes d'Orroir, Amougies et Russeignies sont distraites de la commune du Mont-de-l'Enclus, arrondissement de Tournai, et rattachées à la commune de Kluisbergen, dans l'arrondissement d'Audenarde.
 
Le hameau des Quatre-Vents est distrait d'Ellezelles en Hainaut et rattaché à Maarkedal, arrondissement d'Audenarde, dans la province de Flandre orientale.
 
Le hameau de La Houppe est distrait de Flobecq, dans la province de Hainaut, et rattaché à Brakel, arrondissement d'Audenarde, dans la province de Flandre orientale.
 
Le hameau de Te Levieren, qui comprend la portion de territoire située entre le Verrebeek et le Buistemberg, est distrait de Flobecq, dans la province de Hainaut, et rattaché à Brakel, arrondissement d'Audenarde, dans la province de Flandre orientale.
 
Les hameaux du Vert-Chemin et de Warresaix sont distraits de Bassilly, commune de Silly, et rattachés à la commune de Biévène, dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde.
 
La nouvelle commune de Comines, composée de Comines, Houthem, Bas-Warneton, Warneton et Ploegsteert, est distraite de la province de Hainaut et rattachée à l'arrondissement d'Ypres, dans la province de Flandre occidentale.
La nouvelle commune de Mouscron, composée de Mouscron, Luingne, Herseaux et Dottignies, est distraite de la province de Hainaut et rattachée à l'arrondissement de Courtrai, dans la province de Flandre occidentale. L'arrondissement administratif de Mouscron est supprimé.
 
La nouvelle commune d'Enghien, y compris les anciennes communes de Marcq et de Petit-Enghien, est distraite de la province de Hainaut et transférée à l'arrondissement de Hal-Vilvorde, dans la province du Brabant flamand.
 
Province de Liège
Le hameau « Ferme de La Bosquée » est distrait de Cras-Avernas, commune de Hannut, arrondissement de Waremme, et rattaché à Kortijs, commune de Gingelom, dans la province de Limbourg.
 
Les anciennes communes de Rosoux (sans Crenwick) et de Corswarem sont distraites de Berloz et rattachées à Gingelom, dans la province de Limbourg.
 
Otrange, commune d'Oreye, arrondissement de Waremme, en est distraite et rattachée à la commune de Tongres, arrondissement de Tongres, dans la province de Limbourg.
     
La nouvelle commune de Lincent (comprenant aussi les anciennes communes de Pellaines et de Racour) est transférée de l'arrondissement de Waremme (province de Liège) à l'arrondissement de Louvain (province du Brabant flamand).
 
Les nouvelles communes de Bassenge (comprenant aussi Eben-Emael, Roclenge-sur-Geer, Wonck, Boirs, Glons) et de Visé (comprenant aussi Lanaye et Lixhe, mais à l'exclusion des ancienne communes de Richelle, Argenteau et Cheratte) sont distraites de l'arrondissement de Liège, dans la province de Liège, et rattachées à l'arrondissement de Tongres, dans la province de Limbourg. Les anciennes communes de Richelle, Argenteau et Cheratte restent dans l'arrondissement de Liège et constituent la commune de Cheratte.
 
Les nouvelles communes de Plombières (comprenant Sippenaeken, Gemmenich, Moresnet, Hombourg et Montzen), de Welkenraedt (comprenant aussi Henri-Chapelle), de Baelen (comprenant aussi Membach) et d'Aubel sont distraites de la province de Liège et rattachées à l'arrondissement administratif de Tongres, dans la province de Limbourg.
 
Vous aurez remarqué que les transferts proposés se font toujours dans le même sens…
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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 11:54
Au lendemain de la « fête nationale » flamande, le brave Christian Laporte dans « La Libre » a repris le flambeau de ceux qui cherchent encore le « bon flamand ». Il n’a rien vu ce 11 juillet… « Pas une once de musculation hypercommunautaire à 90 jours des «communales!» se réjouit-il. Poursuivant : « On est loin des accents guerriers du «Vlaamse Leeuw» qui montre les dents et sort les griffes.  Norbert De Batselier a même mis sa communauté en garde contre un repli nationaliste dépassé. Et l'a invitée «à ne pas se couper et se protéger du monde extérieur».
 
Béat, il observe que : « A y regarder de plus près, en ce 11 juillet 2006, la Flandre est moins que jamais un bloc compact mais une société multiculturelle qui se cherche dans une Europe peu à l'aise dans ses baskets. »
Se permettant même de faire la leçon à ces Wallons et Bruxellois francophones bornés : «  Il serait temps que les francophones se débarrassent de leurs préjugés: les hommes politiques flamands ne sont pas tous, loin s'en faut, des conservateurs transis, voire des quasi-fascistes prêts à chanter le «Horst Wessellied»! »
 
Heureusement tous ne s’y sont pas laissés prendre…
 
Le Soir, plus circonspect, plus lucide, estime plutôt que « La Flandre change le ton, pas la chanson »… Précisant : « pas, ou nettement moins, d'attaques frontales à l'endroit de la Wallonie, ce boulet de toujours. Mais attention : cela est un intermède, une tactique, une diversion presque. Parce que, dès 2007, l'affrontement communautaire est garanti. Et pas à fleurets mouchetés. La Flandre, donc, sur l'échelle de Richter de ses revendications indépendanto-autonomistes, s'accorde juste une petite pause. Pour mieux viser les scissions de l'emploi et du chômage, des soins de santé et de la concertation sociale. Et faire main basse sur Bruxelles. ».
 
Christian Carpentier dans la  « DH » ne dit rien d’autre quand il écrit : « la Flandre n’en démord pas : une nouvelle avancée institutionnelle est inscrite dans les astres. Et les agendas. Le matin, le président sortant du Parlement flamand, Norbert De Batselier (SP.A) qui s’en va siéger à la Banque Nationale, a appelé à conclure un “contrat entre les Communautés flamande et française” pour “garantir la solidarité entre le nord et le sud du pays et objectiver les différends communautaires”. Il a aussi demandé un Sénat représentant les Communautés. Mais surtout une régionalisation de l’emploi, de la santé et de la fiscalité. Rien de moins. Mais, promis, “cela ne doit pas se faire en vertu de sentiments anti-wallons”. »
 
Bien vu !
 
Il ne faut pas oublier qu’il y a à peine un mois, les mêmes bons Flamands de Christian Laporte, unanimes, votaient à la Chambre (Parlement fédéral) la prise en considération d’une proposition de résolution (du Vlaams Belang ! - 25 à 30 % des électeurs flamands) visant au démembrement de la Belgique. Le document : http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/51/2494/51K2494001.pdf est intéressant à lire pour mieux comprendre leur point de vue. On en a évidemment très peu parlé en Communauté française ou alors pour en minimiser la portée. Il faut toujours rassurer nos concitoyens. C’est qu’on est encore et toujours, contre toute évidence dans une logique de maintien de la Belgique. Alors qu’au fond presque plus personne n’y croit encore vraiment. En tous cas pas parmi ceux qui observent, pèsent, dissèquent, l’actualité.
 
C’est pourquoi il est bon de s’y préparer. Les choses peuvent (et vont certainement) s’accélérer. Et en prévision de la grande négociation de 2007, il est bon de savoir que notre Brabant wallon est menacé. Loin des naïves propositions de certains de recréer une province du Brabant unitaire, préparons-nous. Il est toujours intéressant de relire de vieux documents comme celui-ci :
http://www.senate.be/www/?MIval=/publications/viewPubDoc&TID=16780687&LANG=fr retrouvé dans les archives du Sénat de Belgique - Session de 1997-1998 - 4 décembre 1997… (Vous aurez remarqué le choix de l'anglais pour l'adresse du site...)
 
Il concerne une rectification de la frontière linguistique et voici les propositions de transfert de territoires revendiqués par la Flandre à cette époque :
 
1. Le lieu-dit Curé-la-Flûte, situé sur la route de Rhode à Sept-Fontaines, et le quartier de Sept-Fontaines sont "distraits" de la commune de Braine-l'Alleud et rattachés à la commune de Rhode-Saint-Genèse, dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde.
 
2. La bande de territoire située à l'extrême nord de Wavre, entre Ottenburg et Tombeek (Overijse), et comprenant les fermes Bilande et Petite-Bilande et la ferme des Templiers, est "distraite" de la commune de Wavre et rattachée à Ottenburg, commune de Huldenberg, dans l'arrondissement de Louvain.
 
3. L'ancienne commune de L'Écluse, à l'exclusion du quartier de Sclimpré, est distraite de la commune de Beauvechain et rattachée à Meldert, commune de Hoegaarden, dans l'arrondissement de Louvain.
 
4. L'ancienne commune de Bierghes est distraite de la nouvelle commune de Rebecq. L'ancienne commune de Saintes est "distraite" de la nouvelle commune de Tubize. Bierghes et Saintes sont rattachées à Enghien.
 
5. La commune d'Hélécine (comprenant Opheylissem, Neerheylissem et Linsmeau) est transférée à l'arrondissement de Louvain, province du Brabant flamand.
 
Et ça, c’était en 1997 !
 
Il n’est pas tenu compte de la forte immigration économique flamande que certaines communes ont connues depuis lors. Quand je vous disais qu’il est plus qu’urgent de défendre l’intégrité française de notre Brabant wallon !
 
Bien sûr, ceux qui auront lu le texte en entier auront vu qu'il a été proposé au Sénat par le Vlaams blok. Mais quand on sait que celui-ci est à la pointe du combat flamand et que les autres partis finissent toujours par se ralier à ses idées...
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11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 00:00

Il y a 702 ans, le 18 août 1304, le roi de France défait le comte de Flandre, Guy de Dampierre, à Mons-en-Pévèle. Qui le sait en Wallonie ? Voilà qui rétabli la vérité sur un des mythes fondateurs de l'ancienne Belgique (celle de Pirenne..) et de la Flandre glorieuse et conquérante..


Par Gérard Hugot

Parmi les tableaux de la Galerie des Batailles du château de Versailles, figure une oeuvre peinte par Jean-Baptiste Larivière, sur la demande de Louis Philippe, intitulée Bataille de Mons-en-Puelle gagnée par Philippe le Bel - août 1304 . Il s'agit du village de Mons-en-Pévèle, non loin de Lille.
 
A la fin du XIIIe siècle, Philippe IV le Bel doit faire face à un redoutable défi : au sud-ouest, Edouard Ier, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, caresse le rêve de rompre ses liens de vassalité avec le roi de France, tandis que, tout au nord, le comte de Flandre, Guy de Dampierre, aimerait bien, lui aussi, ériger ses domaines en territoires indépendants. Les deux puissants seigneurs s'entendent pour former une alliance dirigée contre Philippe le Bel. Celui-ci s'en inquiète et, pour desserrer l'étau qui se met en place, entre en Flandre en juin 1297.

Le comté est occupé, puis une trêve intervient qui court jusqu'au début de l'année 1300. Le roi installe des garnisons dans les villes et ordonne la construction d'une forteresse au sein même de Lille, clé de la Flandre. Parallèlement, ses diplomates réussissent, en 1299, à rompre l'alliance entre Edouard d'Angleterre et Guy de Dampierre. Dès janvier 1300, la guerre reprend. De nouveau, la Flandre est occupée. Le comte, deux de ses fils et cinquante chevaliers se rendent et sont emprisonnés dans des forteresses royales.

Philippe le Bel et la reine Jeanne de Navarre visitent la Flandre en mai 1301 où ils peuvent constater la richesse des cités, mais aussi se rendre compte des divisions qui opposent les classes sociales ; les riches bourgeois tiennent pour le roi, tandis que le peuple marque sa fidélité au comte. Deux tribuns attisent ces divisions ; des émeutes éclatent et, dans la nuit du 17 au 18 mai 1302, les hommes d'armes du gouverneur royal, Jacques de Châtillon, sont massacrés : ce sont les Matines brugeoises. Horrifié, Philippe le Bel confie une armée au prince Robert d'Artois. Une bataille, dite des Eperons d'or, a lieu sous les murs de Courtrai, le 11 juillet : les Français sont lourdement défaits, le prince et bon nombre de nobles, tués.

Durant l'année 1303, le sud de la Flandre et la frontière de l'Artois connaissent de nombreuses chevauchées et des coups de main meurtriers. Le roi constitue un trésor de guerre afin de disposer de vaisseaux et de troupes qui seraient en mesure d'assouvir sa vengeance. Les 10 et 11 août 1304, dans les eaux du sud de la Hollande, la flotte royale, commandée par l'amiral Rainier Grimaldi, vainc celle des Flamands. Philippe le Bel apprend la nouvelle alors qu'il se trouve déjà en Flandre. Il a quitté Arras le 29 juillet afin de rejoindre Tournai, par le Hainaut, pour se rabattre ensuite en direction de Lille, son principal objectif.

Non loin d'Orchies, les deux armées se rencontrent, aux alentours du village de Mons-en-Pévèle, dominée par une colline. Les historiens estiment qu'environ 150 000 hommes se trouvent là, dont un peu plus de Flamands que de Français. Des négociations ont lieu les 14, 15 et 16 août, mais elles échouent ; le 17, chacun se prépare ; toutefois, la bataille ne sera livrée que le lendemain. Elle durera toute la journée, par une chaleur caniculaire.

Les jets de carreaux et les pierres lancées par les frondes, font de nombreuses victimes ; la cavalerie française réussit à contourner le front ennemi et à occuper le sommet du mont, s'emparant des provisions de bouche. Les combattants flamands se trouvent ainsi privés de nourriture et de boisson durant toute la journée : ils sont évidemment assoiffés. Par ailleurs, ils ne disposent d'aucune cavalerie car les partisans du comte se méfient des nobles - susceptibles de rallier le roi - et ont interdit tout combat à cheval.

L'armée de Philippe le Bel fait de nombreuses victimes chez les Flamands grâce à des machines de jet ; néanmoins ceux-ci réussissent à en détruire quatre sur cinq. La fatigue est générale, une pause s'instaure, chacun étant persuadé que les combats ne reprendront que le lendemain. Deux contingents flamands, épuisés, décident de quitter le champ de bataille et, sous la conduite des fils du comte, Jean et Henri de Namur, vont se réfugier à Lille. A ce moment, les Flamands se concertent et deux actions sont entreprises. La première, menée par le petit-fils du comte, Guillaume de Juliers, réussit à bousculer l'armée royale, mais la cavalerie parvient à encercler les assaillants et Juliers est tué. Le second assaut, celui des Brugeois, manque tourner au drame pour le roi : ils parviennent près de lui alors qu'il n'est entouré que d'une cinquantaine de ses hommes, et il doit se battre comme un forcené pour écarter le mortel danger qui le menace : c'est le thème du tableau du château de Versailles. Ici également, la cavalerie sauve la situation, en repoussant les Flamands.

Ceux-ci se regroupent sur le mont puis repartent vers Lille, abandonnant le champ de bataille et laissant ainsi la victoire au roi. Le 20 août, Philippe le Bel prend la route de la grande cité, en passant par Seclin, qui subit des déprédations pour prix de sa fidélité au comte. Le siège de Lille dure un mois, puis la ville capitule. La Flandre, peu à peu, se trouve de nouveau sous l'autorité du roi.

Des négociations aboutissent, en juin 1305, au traité d'Athis-sur-Orge. La Flandre sauvegarde son indépendance mais se trouve condamnée à de fortes amendes. Le traité est révisé en 1310, en 1312 puis en 1320. Robert de Béthune, qui a succédé à son père, Guy de Dampierre - décédé en captivité en 1305 -, renonce aux châtellenies stratégiques de Lille, Douai et Orchies. Elles passent sous domination bourguignonne en 1369, mais restent sous la suzeraineté française jusqu'au règne de François Ier.

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 16:15
La RTB(f) a semble-t-il décidé d’adopter une attitude de « neutralité distante » à l’égard des résultats de l’équipe de France de football lors de la coupe du Monde qui se joue en ce moment en Allemagne.. Cette attitude se traduit par une information factuelle en ce qui concerne le déroulement des rencontres. Ni plus, ni moins. Quasi du désintérêt.
Mais, ça ne l’empêche pas de systématiquement donner la parole aux supporteurs de ses adversaires interrogés à la sortie de leurs cafés préférés. On l’a encore vu après le match contre le Portugal où ces derniers exprimaient (en français et avec l’accent de qui habite depuis longtemps à Bruxelles...)  leur déception dans ces termes : «  Ça ne nous aurait rien fait de perdre contre n’importe quelle équipe, mais pas la France ! » « C’est une honte ! » Les aurait-on choisis ? Par contre aucun avis du moindre quidam se réjouissant de la victoire française.
Plus fort encore, ce matin on interrogeait le correspondant de la chaîne à Paris à propos de la « scandaleuse récupération » des mérites de ces joueurs par les politiques de tout bord. Pourtant, pas de quoi fouetter un chat ! Derrière l'enthousiasme, il y a autre chose : C'est ce que dit Nicolas Dupont-Aignan : " Au-delà de l’exploit sportif et de sa médiatisation, il y a un besoin de France qui peut enfin s’exprimer. Après des mois d’autodénigrement, de déstabilisation forcenée, soudain les Français relèvent la tête et sont enfin fiers de quelque chose. De plus, dans nos banlieues beaucoup de jeunes se reconnaissent dans cette équipe diverse".
Ce qu’on voulait nous faire comprendre, c’est qu’il n’y a en France que ce genre de récupération se produit. Les deux journalistes, comme larrons en foire, s’étonnaient de concert et se rejoignaient dans la critique, en bons donneurs de leçons qu’ils étaient. Ça doit être ça la vraie neutralité.
C’est que bien évidemment, il est totalement inconcevable que ça se passe « chez nous » ! Aucun politique ne récupère les résultats d’un sportif. On ne verra jamais, par exemple, Albert II, Verhofstadt, Reynders, Michel(s), ou Di Rupo-Milquet-Onkelinkx, se précipiter à Roland Garros ou Wimbledon pour assister à une finale de tennis… Où alors, c’est un hasard. Quand à s’en féliciter publiquement à la sortie du Conseil des Ministres et ne parler de rien d’autre, j’ai du avoir une hallucination…
 
C’est qu’on a le triomphe modeste, nous (les belges) ! On sait prendre du recul. Pas de délire collectif avec drapeaux, chants et beuverie quand par hasard une équipe de football se qualifie pour l’une ou l’autre phase d’un quelconque championnat. Où alors, c’est bon enfant ! D’ailleurs la Grand Place de Bruxelles est plus petite que les Champs-Élysées. Le sport garde toujours sa juste place dans l’actualité, jamais plus de 25 minutes sur les 30 que dure un JT.
 
C’est que comme les autres nations du monde, y compris l’Italie, l’Angleterre (Ah ! Le franc-jeu - fair-play comme ils disent - des supporteurs de football anglais !), le Brésil, etc… nous (les belges) savons nous tenir. Nous (les belges) savons respecter nos adversaires avec dignité (Quoi, les affiches financées par une banque publique pour les campagnes des « diables rouges » ? Ce n’est que de l’humour de bon aloi, voyons ! N’y voyez rien d’autre..). Nous avons du bon sens, de la retenue. Les Français eux, sont naturellement, définitivement, chauvins (*) !
 
Curieux, non ? Un même comportement de part et d’autre d’une frontière n’a pas le même sens moral.
Un Américain du Nord se réjouit d’un succès de son pays ? Il est patriote (**) ! L’Angleterre ou les Etats-Unis d’Amérique protègent leurs marchés intérieurs et leurs entreprises ? Rien à dire, c’est normal. La France fait de même ? C’est du « patriotisme économique » (***), quelle honte !
 
Aucun chauvinisme chez nous (les belges) ! Nous avons la chance d’habiter un pays merveilleux, tolérant, respectueux des autres nations. Pas de chauvinisme ici, ou alors on fait semblant bien sûr ! C’est pour rire ! On ne se prend pas au sérieux, soyons sérieux ! Nous partageons des valeurs communes de solidarité (Quoi ? Euh, je m’emballe un peu là, non ?). Bon, d’accord, les Flamands ont un autre point de vue, mais ce n’est pas grave, on est tous belges, non ? Non ?
Quoi, ils préfèrent leurs sportifs ? Et alors, les belges (par défaut, les Wallons et Bruxellois francophones quoi !) aussi ! On n’est jamais aussi heureux que quand c’est un Flamand qui gagne ! Surtout s’il gagne contre... un Français ! C'est pas une preuve ça ?
 
Chauvins les Français ? En un temps où la France doute, où le sentiment d’appartenance à la Nation s’effrite, où la tentation du communautarisme menace d’enfermer chacun dans ses origines, sa religion et sa couleur de peau, en un temps où la mémoire collective se rétrécit, où le patriotisme est dénigré, ça fait tellement de bien de retrouver cette fierté collective. Tellement conforme à l’esprit républicain basé sur le choix volontaire de vivre ensembles !
 
Allez les Bleus !
 
Il est vrai ausi que ce n'est pas demain que  la Wallonie pourra retrouver cet esprit. Pas dans la Belgique en tous cas.
(*) Vient de « Nicolas Chauvin » : soldat mythique, enthousiaste et naïf de la première République et de l’Empire… Est chauvin : celui qui manifeste un patriotisme fanatique et belliqueux. Admiration outrée, partiale et exclusive pour son pays. Nationaliste et xénophobe.
 
(**) Le patriotisme est un sentiment partagé d'appartenance à un même pays, la patrie, sentiment qui en renforce l'unité sur la base de valeurs communes. Il conduit à ressentir de l'amour et de la fierté pour sa patrie.
 
(***) Le "patriotisme économique" est un comportement des consommateurs, des entreprises et des pouvoirs publics qui, dans un contexte de mondialisation de l'économie, cherchent à favoriser les biens et services produits dans leur pays. Il est basé sur le concept de la légitime défense économique. Une de ses manifestations récentes est le protectionnisme financier face à des multinationales étrangères voulant acquérir des entreprises considérées comme "stratégiques" pour l'économie du pays. L'expression est apparue en 2003 dans le rapport parlementaire "Intelligence économique, compétitivité, cohésion sociale" du député (français !) Bernard Carayon.
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4 juillet 2006 2 04 /07 /juillet /2006 12:35
Comme chaque année, dès que la température estivale augmente, les médias belges remettent l’accent sur le drame vécu en France en 2006 lors de l’épisode exceptionnel de canicule qui a touché ce pays et seulement lui. Cette catastrophe a permis de mettre en place des mesures de prévention qui permettront de faire face à tout nouvel épisode. En France (voir : La crise sanitaire et sociale déclenchée par la canicule) et, espérons le, ailleurs en Europe.
 
Si nos médias insistent sur la gravité de la situation française de l’époque, ils oublient systématiquement de préciser qu’il conviendrait de prendre en compte la gravité comparée des épisodes caniculaires selon les pays...
Il est bien démontré que sinon toute la France, du moins l'Île-de-France, a connu des conditions exceptionnellement sévères par rapport à celles supportées dans le reste de l'Europe (http://www.grid.unep.ch/product/publication/download/ew_heat_wave.fr.pdf ).
L'Espagne et l'Italie ont aussi été concernées par la canicule de la première quinzaine d'août. Seule l'Andalousie a connu une canicule plus sévère que la France, mais la population de cette région a un seuil biocritique de température supérieur à celui du nord de la France (26°C pour la Belgique, à comparer à 41°C pour l'Andalousie).
 
On constate que la surmortalité a été la plus élevée dans une vaste zone qu'on pourrait définir comme « l'intérieur » de la moitié nord de la France métropolitaine, mais que les régions côtières, les régions méridionales, mais aussi l'ensemble des régions frontalières ont été, en termes relatifs, moins touchées. Les comparaisons transfrontalières immédiates ne sont donc pas possibles.
 
Il est intéressant de savoir également que contrairement à une rumeur systématiquement répandue, l’alerte a été donnée tôt : Le 1er août 2003, le communiqué du 1er août de Météo France évoquait la « forte chaleur » à venir. Celui du 7 août, titré « poursuite de la canicule », a été beaucoup plus explicite ; le caractère exceptionnel de la situation et les risques sanitaires pour les personnes sensibles, notamment les personnes âgées, y sont clairement mentionnés. Entre-temps, le 4 août, l'organisme a diffusé sur son site Internet un ensemble de conseils très complets pour faire face aux fortes chaleurs. Les médias en ont rapidement fait écho.
Certes, la prise ne compte de la gravité par les autorités françaises a été tardive. Prévoir l'imprévisible n'est pas chose aisée. D’autant que les premiers messages venant des hôpitaux évoquaient surtout l'encombrement structurel des services d'urgence en été, lié aux fermetures incontrôlées de « lits d'aval » et à l'absence de certains médecins libéraux. Il y a eu, comme souvent en situation de crise, un décalage temporel entre l’événement et la prise de conscience de ses conséquences…
 
La plupart des pays européens ne semblaient pas disposer en 2003 (et maintenant ?) de systèmes rapides de recueil des données sur les décès et il a fallu attendre plusieurs mois pour disposer d'éléments de comparaison fiables.
Pour la Belgique, il a fallu plus d’un an.. : (http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/ozonefr/surmor03.pdf)...
 
Alors que le « coup de chaleur » belge ne peut pas être comparé à la canicule française (image de la canicule_en europe), il y a bien eu, en Belgique, une surmortalité significative par rapport à la « mortalité attendue ». Par exemple, pour la période du 3 au 17 août, elle était de 19 %. Ce qui fait quand même de 592 à 617 décès… Les estimations font état de 1258 à 1297 décès pour la classe d’age de 65 ans et plus au cours de l’été 2003.
Sans véritable surprise, en rapport avec les cartes météorologiques indiquant la localisation des zones de périodes de forte chaleur, la surmortalité a été plus importante en Région Wallonne (27,7 %) et Bruxelloise (20,3 %) qu’en Flandre (14,4 %)… du 3 au 17 juillet. Mais curieusement, passé cette date, la surmortalité s’est observée uniquement en Flandre (7,8 %). Ce qui ne s’est pas expliqué, à ma connaissance…
 
La parution tardive de ces chiffres suffit-elle à expliquer l’amnésie (volontaire ?) de nos médias ?
 
Prétendre comparer les situations française et belges en 2003 et en tirer systématiquement des conclusions visant à discréditer le système sanitaire français est donc assez malhonnête.

Quelques définitions tirées du site de l'IRM

Vague de chaleur

En climatologie, il n'existe pas de définition précise de la notion de « vague de chaleur ». La définition proposée par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) est la suivante : « une vague de chaleur est un réchauffement important de l'air, ou une invasion d'air très chaud sur un vaste territoire, généralement de quelques jours à quelques semaines ».

Une telle imprécision provient en particulier du fait que chaque région est caractérisée par des valeurs extrêmes de température qui lui sont propres. Ainsi, en Belgique, les valeurs extrêmes des maxima tout au long de l’année ne sont pas les mêmes que celles que l’on peut attendre dans le sud de la France ou le Nord de la Norvège. De plus, les maxima les plus importants que l’on puisse généralement attendre sont différents au Littoral, dans le "centre du pays", en Campine ou encore dans les Hautes-Fagnes.

La convention en Belgique est d’appeler « vague de chaleur » une période d'au moins cinq jours consécutifs avec une température de 25°C ou plus à Uccle et comprenant au moins trois jours avec 30°C ou plus.(Tout est donc relatif !).

Canicule

Tout comme pour la vague de chaleur, il n'y a pas de définition précise pour un «jour de canicule". En Belgique, un jour de canicule est, par convention, un jour où la température atteint ou dépasse 30°C à Uccle. On rencontre aussi l’expression « jour d'été », utilisée lorsque la température atteint ou dépasse 25°C.

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29 juin 2006 4 29 /06 /juin /2006 10:44

J'ai reçu l'adresse d'un site très sympa : http://www.antipub.be/ .

C'est le site de l'association "Résistance à l'agression publicitaire". Ils donnent quelques conseils intéressants pour agir au quotidien...

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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 13:26
Triste nouvelle !
 
La presse annonce ce midi la découverte du corps d’une des fillettes disparues depuis la nuit du 9 au 10 juin à Liège.
Comme beaucoup, j’ai espéré que cette fois cette disparition se termine heureusement pour les deux petites. Faut-il accuser la fatalité ? Ou l’irresponsabilité d’une société qui accepte la présence de fillettes de 8 et 11 ans dans un lieu tel qu'un café et ce, à des heures auxquelles elles auraient dû être depuis longtemps au lit pour leur santé et leur bon développement.
Devant de tels drames, on ne peut qu'appeler à des politiques nouvelles, cohérentes, initiant des changements sociaux indispensables pour une prévention des situations d'où découlent des drames : politique du logement, de l'emploi, de la santé, de la famille, de l'enseignement, etc..
 
Politiques réelles aussi !
 
Au décours de l’affaire Dutroux, j’ai interrogé un des membres de la commission – Jacqueline Herzet - lors d’un débat organisé à Nivelles. A la question : « Qu’avez-vous fait pour que de telles situations ne se représentent plus ? », la réponse fut : « Ha ! Mais nous avons légiféré ! ». Comme je répliquais que, à mon sens, les prédateurs, comme en général les criminels, ne sont guères impressionnés par les lois, qu'il faudrait penser à de la prévention, elle n’a pu me répondre. Cruel aveu d’impuissance.
 
Nos sociétés réagissent en légiférant en réponse aux dysfonctionnements au fur et à mesure de leurs apparitions. Ce qui abouti parfois à des situations, comme ici, de décision de  déchéance de l'autorité parentale qui frappait déjà partiellement la maman d'une des deux fillettes disparues. Inutilement, hélas.
 
Il n’y a pas de politique de prévention. On se contente de mesures rapides, immédiates, parfois spectaculaires (comme la réforme des polices combien critiquée par les policiers eux-mêmes) et puis on passe à autre chose.
Jusqu’à la prochaine fois…
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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 20:27
La RTB(f), chaîne de télévision officielle de la Communauté française de Belgique, donne chaque jour les résultats de sondages d’opinion effectués dans les grandes villes de Wallonie. Ces sondages commandés à la société « dédicatette riseurche » ont officiellement pour but de nous informer sur les intentions de vote de nos concitoyens.
 
Sans vouloir critiquer l’inévitable et bien connu côté prédictif de ce genre d’exercices, il faut reconnaître que cette fois, ils font vraiment fort !
 
Chaque jour, la RTB(f) nous donne les (consignes) intentions de vote, communes par communes. Détaillant, parti par parti, les variations par rapport aux élections d’il y a six ans.
Ce qui me gène, c’est qu’en dehors de cinq formations (PS, MR, CDH , Ecolo, FN), ils ne semblent pas proposer d’autres choix. Que deviennent les traditionnels « Intérêts communaux », « Listes du Bourgmestre » et autres ?
Plus grave, mais c’est peut-être le but caché, ils annoncent systématiquement des résultats confortables pour le Front national, insistant (appel à peine discret) pour signaler « qu’on ne sait pas s’il se présentera ». Curieux, non ?
 
De deux choses, ou bien le pouvoir en place utilise la RTB(f) pour dramatiser les choses dans le climat actuel ou bien, il s’agit bien d’une tentative pour appeler le FN à présenter des listes pour racoler les voix des mécontents ou des déçus pour qu’elles ne s’égarent pas dans une direction qui mettrait à mal le régime. Stratégie que j’ai décrite dans cet article : « Une extrême droite à près de 10 % en Wallonie ? » et qui a été reprise dans le guide de lutte contre l’extrême droite publié par Manuel Abramowicz et le mouvement « Résistances ».
 
Tous les coups sont bons !
 
Autre chose, nous avons appris le décès de Raymond Devos. Quelle perte !
Là aussi, la RTB(f) qui ne pouvait pas faire autrement que de lui rendre hommage, s’est quand même singularisée en insistant sur son bref séjour (six mois !) lors de sa très petite enfance sur le « territoire national »…
Un homme fascinant, irremplaçable que ce Raymond Devos ! Il nous aura fait aimer notre merveilleuse langue française avec talent et poésie.
 
Adieu l’artiste !
 
L'hommage à Devos est plus que mérité, à l'opposé de ceux dont la chaîne est coutumière lorsqu'elle vante les mérites d'obscurs acteurs américains de série B disparus dans l'indifférence générale. Par contre, la RTB(f) n’a pas eu un seul mot pour la disparition de Bob Deschamps il y a quelques années. Il est vrai qu’il n’était pas un artiste international, et qu’il s’exprimait en wallon. Trop proche des petites gens sans doute…
 
Je ne sais pas si ça me fait du bien de regarder les infos de la RTB(f)…
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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 21:48
Christian Napen, Conseiller parlementaire wallon (PS) (et je pense commissaire du Gouvernement wallon au sein de la Société publique d'administration des bâtiments scolaires du Brabant wallon ?) publie ce lundi une carte blanche intitulée : « Comment peut-on être Wallon ? »
 
Cet homme, diplômé universitaire, occupant des fonctions importantes, impliqué dans le combat politique, au sein du parti qui a absorbé l’essentiel du mouvement wallon traditionnel fait dans son pensum un aveu terrible. Celui d’avoir été victime consentante et même active de la désinformation qui est l’essence du régime belge. Désinformation entretenue, amplifiée, par les médias et par l’enseignement.
Voici quelques morceaux choisis : « Il y a d'abord l'histoire scolaire. Grâce à elle et à ses omissions, Bovesse et Destrée ne furent longtemps pour moi que des noms d'avenues et de boulevards. J'ignorais que François Bovesse avait passé sa vie à affirmer la Wallonie et que Jules Destrée avait écrit une lettre au Roi dans laquelle il affirmait qu'il n'y avait pas de Belges. Bref, je ne savais rien de l'existence d'un mouvement wallon. Si j'en avais eu vent, j'aurais appris qu'en 1945, on parlait déjà de fédéralisme et même de rattachement à la France. J'aurais découvert que, dès 1897, des premières revendications fédéralistes se voulaient le remède pour qu'on ne nous « dépouille pas plus encore ». J'aurais lu que les premiers Congrès wallons avaient été précédés de sociétés de défense wallonnes qui visaient essentiellement à sauvegarder la suprématie du français dans l'État belge.
J'aurais peut-être alors compris pourquoi, aujourd'hui encore, nous traînons derrière nous les stigmates d'une affirmation wallonne retenue, dès l'origine, par une attitude défensive, l'obsession de l'unité nationale et les divergences de vues.
Mais de tout cela, je n'ai rien su pendant des années. Pas la moindre anxiété, pas le moindre soupçon que j'eusse pu être menacé d'une quelconque manière par la population du nord du royaume, dont la supériorité numérique ne demeurait dans mon esprit qu'une donnée démographique.
Insouciant, je gardais au fond des yeux l'image du ciel rougeoyant illuminant mes nuits d'enfance liégeoise de l'activité de hauts fourneaux que je croyais éternelle. Et je n'imaginais pas que la prospérité déserte un jour la Wallonie à coup de fermetures de charbonnages et d'usines sidérurgiques. Pour la question royale, je fus longtemps persuadé qu'il n'y avait pas eu de dimension communautaire dans cette crise et que l'essentiel du débat avait été d'ordre philosophique, ce qui en Belgique fait référence aux dissensions légendaires entre les mondes laïc et confessionnel.
De souvenirs personnels d'histoire wallonne, je n'eus longtemps que les piquets de grève et les troubles de l'hiver 60-61, suivis plus tard par un « Walen buiten » qui ne m'empêcha pas de fréquenter Louvain avant le transfert de l'Université. Le processus régionaliste ne fut d'abord pour moi, et pour nombre dé mes contemporains, qu'un article 59 bis de la Constitution instituant les Communautés et sur lequel, obligés, nous glosions sans le moindre fondement dans l'éther de nos examens de droit. Je demeure convaincu qu'aucun d'entre nous ne comprenait à ce moment ce que cet article signifiait réellement ».
 
Terrible, non ? Et pourtant, c’est le cas de beaucoup de nos concitoyens. Le « mal belge », c’est aussi ce processus d’amnésie effrayant. Un peuple qui n’a pas d’histoire peut-il vraiment avoir un futur ? La responsabilité des politiques est énorme.
Notre responsabilité de militants est aussi de rendre la mémoire à notre peuple.
 
Le cas de ce Monsieur n’est pas un cas isolé. Ce manque de connaissances, de références, se retrouve au plus haut niveau politique. Je citerai en exemple la surprise d’André Antoine, Ministre wallon ( !) apprenant, lors d’un face à face avec le journaliste-animateur vedette de RTL-TVi – Pascal Vrébos, que la Ligue wallonne de Bruxelles avait été créée, par des militants wallons dans un café de la place Fernand Coq à Ixelles. Vrébos reconnaissant de son côté l’avoir appris en préparant l’émission… Sans vergogne, Antoine en avait tiré une conclusion aussi rapide que fausse sur la solidarité francophone.
 
Napen continue en avouant qu’à partir de la fin de ses études, « (...) les images se font plus précises. Ce sont celles d'André Renard et de ses revendications économiques, de Freddy Terwagne voulant inscrire la Wallonie dans la Constitution, de José Happart rejouant pour un temps, et tous les dimanches, la Bataille des Éperons d'or. C'est aussi François Perin, Guy Spitaels, Robert Collignon ». Plus précises, mais encore combien partielles.
 
Venant enfin au thème de sa carte blanche, il découvre ou feint de découvrir et énumère les maux dont nous souffrons : « un système fédéral imposé au rythme des exigences institutionnelles flamandes, la loyauté fédérale, vertu essentiellement pratiquée en français, une Wallonie fustigée, des grands médias francophones pratiquant un « parisianisme » à la belge (là, c’est le vieux complexe belge qui revient au galop !) abordant la Wallonie comme une réserve folklorique ou une réalité calamiteuse,gangrenée par le clientélisme et le chômage »
 
Enfin écrit-il : « Comment peut-on être Wallon quand on manque cruellement d'une identité qui s'étiole parce que les Wallons ne sont maîtres ni de leur destinée culturelle ni de la scolarité leurs enfants ? Quand les Wallons eux-mêmes refusent leur identité ? »
 
Là, il rejoint les poncifs sans que je puisse déterminer s’il roule pour la nation francophone de Di Rupo et consort ou l’Etat wallon de Van Cauwenberghe et Happart. Puisqu’il écrit : « Oui à la culture française et partant à la nation francophone, mais la Wallonie, mon bon monsieur, vous ne trouvez pas que ça fait produit du terroir ? ». On dirait  presque du José Fontaine.
 
Mais, il ouvre une porte montrant qu’il n’est pas ou ne semble pas complètement acquis au système puisqu’il écrit : « Marre d'être orphelin de cette fierté que ma «wallonitude » étouffe inexorablement, des fins de règne qui n'en finissent pas d'en finir. Marre de me dire que c'est éminemment plus facile d'être Corse, Catalan ou Breton que d'être Wallon ». Et cette dernière phrase est très juste dans le ton et surtout dans les faits.
 
Concluant par : « je suis convaincu faut que cette réponse ne tarde pas. À défaut, il faudra peut-être l'improviser dans l'urgence d’une autonomie de hasard ». C’est le risque en effet ! Et nos politiques traditionnels pour qui il travaille en prennent le chemin.
 
Pourtant, il y a une solution qui permettrait de retrouver notre identité, notre fierté, c’est le premier et maître choix du Congrès wallon de 1945, la réunion à la France.
 
Rappelez-vous ces fortes paroles de Charles Plisnier en clôture du Congrès de 45 : « (…) lorsque nous aurons fait cette expérience ultime qui nous est demandée (1), lorsque nous l’aurons faite dans un sacrifice à la raison et au sens des réalités politiques. Lorsque nous aurons fait cette expérience ultime et si, comme je le crains, cette expérience avorte, alors – j’entends le dire aujourd’hui – nous serions justifiés à nous tourner vers la France et aucun reproche ne pourrait nous être adressé, car cette expérience, nous la ferons en toute loyauté et sans arrière-pensée d’aucune sorte. »
(1) Le fédéralisme
 
Encore un effort de mémoire et… de courage politique, Monsieur Napen !
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27 mai 2006 6 27 /05 /mai /2006 10:54

Pierre d'ARGENT, Professeur de droit international à l'UCL,  publie dans la " Libre" de ce samedi une réflexion intéressante sur le système institutionnel belge qui touche à ses limites. Il conclut en écrivant que la décision politique y est devenue virtuellement impraticable.

d'Argent fait remarquer " qu'il s'agit désormais de promouvoir les intérêts fondamentaux du peuple flamand par rapport à ceux du peuple wallon/ francophone, et réciproquement. que la question de l'émancipation linguistique est largement dépassée. (...)  Le communautarisme belge est devenu insupportable. Il fait insulte à l'intelligence et à la dignité des peuples qui composent cet Etat presque fantoche s'il ne devient bientôt fantôme. (...) Il est en revanche urgent de reconnaître, chacun pour soi, chacun chez soi, que la situation présente ne nous grandit pas, Flamands et francophones. L'égale et universelle dignité des personnes ne peut supporter que l'appartenance ethnique soit le facteur décisif de toute politique."  Propos joliment républicains !

Je regrette qu'il limite sa réflexionsur le communautarisme "à la belge" au débat Flamand/Wallons et Bruxellois francophones. Est-ce du au fait que la confusion sur le sens des mots est aussi une caractéristique propre au système belge/ La confusion "beulemansesque" entre "savoir" et "pouvoir" est bien connue. Celle entre "multiculturalisme" et "multicommunautarisme" l'est beaucoup moins. Or elle est une conséquence directe du choix d'ethnicisation de la politique. Dans d'autres pays, on aurait appelé ça : "apartheid".

Il limite aussi le choix d'avenirs possibles en écrivant : " Vivre «souverainement» séparés, côte à côte dans l'Union européenne, est peut-être plus digne moralement, plus respectueux de soi-même et des autres, plus démocratique aussi, que d'en être réduit à cette affreuse politique de préférence ethnique systématique." 

Il y a un meilleur choix qui exclut toute politique de préférence communautaire, c'est celui de la République , française en l'occurrence.

 

 

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

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