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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 17:03
Si la commune est le pouvoir politique le plus proche du citoyen, ce n’est ni le mieux connu ni le plus simple. La commune est à la fois un pouvoir autonome et un pouvoir subordonné. De nombreuses institutions gravitent autour d’elle, dont les CPAS, les zones de police et les intercommunales. Elle est soumise à des contrôles et exerce des contrôles. L’implication du citoyen dans la vie communale prend des formes très variées.

Le 1er janvier 2002, la quasi-totalité de la législation organique des communes a été transférée aux régions, y compris la loi électorale communale et le contrôle des dépenses pour les élections communales. Les régions sont donc compétentes pour régler la composition et le fonctionnement des institutions communales, y compris la nomination et le salaire des bourgmestres et échevins. En 2004 le législateur wallon a adopté le Code de la démocratie locale et de la décentralisation, qu’il a modifié par le décret du 8 décembre 2005, alors que la Région bruxelloise n’a pas modifié sensiblement la législation pour ses dix-neuf communes. La Région flamande a quant à elle adopté un décret le 15 juillet 2005.

Ce Dossier explique le fonctionnement de la commune, la composition de ses institutions, y compris les élections, la constitution du conseil et du collège communal et la nomination du bourgmestre. Il expose également la relation de la commune avec la police locale, le CPAS, les régies et les intercommunales.  Il présente les finances communales ainsi que la tutelle et le contrôle des communes. Enfin, il analyse les formes de participation citoyenne au niveau communal.
 
La Commune par M. Collinge, 116 p., 7,50 EUR.
 
Un document qui ne manque vraiment pas d'intérêt. Vous pouvez le commander sur le site du CRISP 
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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 12:59

Depuis le 7 juillet, la campagne électorale communale et provinciale est lancée officiellement. Jusqu’ici, peu de choses se sont passées. Vacances obligent.   

C’est l’occasion de revenir sur « la règle » qui veut que tous ceux qui sont candidats ne soient pas égaux dans ce pays. 

Le 11 mai 2005, la Ligue des Droits de l’Homme et l’asbl RésistanceS (dont l’une des raisons sociales statutaires est d’être un « centre d’études et de formation pour l’action démocratique ») proposaient une conférence-débat : « Démocratie représentative ! Que reste-t-il de notre droit de vote ? »  C’est que régulièrement, la loi électorale change ! Et toujours pour favoriser les « grandes formations » en place. 

C’est que la Belgique est devenue le pays de la non-pensée politique. On en est arrivé finalement à une caricature de la citoyenneté où le seul moment important se limite à la minute de l’exercice du droit de vote. On assiste ainsi à une démocratie minute comme il existe aussi des cocottes minutes. Plus que dans les autres pays européens, la Belgique vit dans le régime des partis. Et en interne, au sein même des partis, une oligarchie avec un chef, son entourage et son cabinet détiennent tous les pouvoirs. Aujourd’hui, les présidents de partis sont plus puissants que les ministres. Le vote n’a ainsi plus d’effet sur l’alternance puisqu’elle n’existe pas. On vit aujourd’hui dans une particratie monocolore avec un parti unique où règne un populisme rassurant et bon enfant. Ce parti use d’un populisme conservateur où il suffit d’avoir de bonnes têtes et impose un régime du prêt-à-penser. Si quelqu’un a des idées, c’est un original. Il n’existe qu’un seul autre parti toléré dans ce système, c’est le FN car c’est un parti utile pour lui. Le Front national est en réalité la justification de ce parti unicolore unique. On ne peut certes plus vous promettre le grand soir mais on pourra quand même vous dire que l’extrême droite ne passera pas. On y parque simplement les mécontents et les déçus qui n’ont plus d’autres choix. La complicité des médias est également frappante dans ce système où on ne vous parle que des 4 partis et de l’autre parti utile avec les conséquences qu’on imagine. Tout est bon pour autant que cela serve le pouvoir en place.  

 

Et pourtant nous serons présents ! 

Et pourtant, les difficultés ne manquent pas. En voici un petit résumé : 

1. Trouver des candidats qui acceptent ! Il existe une forte pression du parti dominant pour empêcher les personnes de se présenter sur d’autres listes. Ainsi, le PS a fait pression financièrement sur certains de nos candidats en précisant qu’ils pouvaient oublier les subsides régionaux pour leur association s’ils décidaient de se présenter sur nos listes... 

2. Recueillir des milliers de signatures ! Il faut compter en moyenne trente minutes pour avoir une seule signature. Le travail consiste à convaincre la personne qu’il ne s’engage pas à voter pour nous. Que ses coordonnées ne seront pas divulguées dans le public. Mais si nous devons recueillir ces signatures, pourquoi en dispenser les partis sortants ? On devrait être à armes égales… Les élus sortants ne donnent même plus de signatures pour les nouvelles listes alors que les règles électorales le prévoient. 

3. Obtenir l’authentification des signatures dans les communes. Il faut vérifier que chaque signataire est bien électeur pour l’élection concernée dans sa commune de résidence. Certaines communes refusent. De plus, tout le monde n’est pas électeur pour chaque scrutin. 

4. Trouver de l’argent ! Comme chaque parti, on peut compter sur des cotisations et des réserves personnelles mais les dépenses sont limitées en vertu de la loi. Par contre, les autres partis reçoivent non seulement un financement légal mais en plus un montant fixe de 1,25 euros par voix obtenue. Ainsi, le FN et le VB touchent 1,25 euros pour chaque voix obtenue en plus du financement légal des partis. Les petits partis ne reçoivent rien mais en plus ils doivent remettre des déclarations de dépenses. On le fait sans problème, mais c’est particulièrement injuste. 

5. Numérotage. Les nouveaux partis reçoivent les numéros quinze jours plus tard que les grandes formations. Le tirage était le même pour tout le monde jusqu’en 1981. C’est l’année où une petite formation le « POS » a tiré le numéro 1 tandis que le PS portait le numéro 11. Du coup, ils ont décidé de modifier le système du tirage au sort… Ici, les partis traditionnels auront leur numéro le premier septembre. Nous devrons attendre jusqu’au 18 septembre ! 

6. Mesures réglementaires de dernière minute. Aux dernières élections régionales, le Président du Bureau principal a inventé que les listes de candidats devaient figurer sur formulaires signatures d’électeurs !   Il est impossible de réagir au moment du dépôt des listes (voir 2 ci-dessus). 

7. Le « seuil démocratique » des 5 %, une « franchise » introduite dans la Loi électorale en dessous le laquelle un parti ne peut avoir d’élus (concrètement, ça veut dire qu’en se basant sur les résultats des élections précédentes, il y a donc désormais entre 10 et 17 % des électeurs qui ne sont plus représentés). L’objectif annoncé était d’exclure les mouvements extrémistes. Pourquoi alors avoir attendu que le FN ait des élus dans trois assemblées et dépassé ce seuil dans de nombreux arrondissements pour la voter ? N’a-t’on pas instrumentalisé, d’une manière très démagogique, la menace du FN pour, en réalité, freiner l’apparition de partis nouveaux qui, eux, ne sont pas du tout extrémistes ?  

Or, l’histoire de la Belgique (Valeur dépassée comme dirait Yves Leterme) a montré que ces partis émergents ont toujours contribué à éviter une trop grande connivence entre les partis traditionnels associés à l’exercice du pouvoir.  

On a le droit – le seul encore ? – de se poser des questions. D’autant plus, qu’au contraire des pays démocratiques voisins tel que la France , l’Allemagne, l’Italie... où des dispositions existent pour aider les partis émergents à se faire connaître et où les partis non représentés ont un accès aisé à la presse - surtout télévisuelle - pendant la campagne, la Belgique n’a rien prévu de tout cela, bien au contraire. (Voir ci-dessous)  

Curieusement aussi, nous entendons peu les vieux partis dénoncer le risque que fait courir à la démocratie l’extrême droite. Tout semble bien fait pour que les électeurs déçus, perdus, mécontents, n’aient plus d’autre choix que l’extrême droite. Un parti poubelle en quelque sorte. Etait-ce volontaire dans le chef de ceux qui ont voté cette loi ?  

8. Les médias RTB(f) ou RTL, c’est le régime de la télévision d’Etat. Mépris, arrogance, on vous répète sans cesse que « vous ne représentez rien ». Or, un Parlement sortant est bien sortant, donc nous devrions être tous sur un même pied. Voir ce qui se passe dans les pays démocratiques voisin où chaque parti a le même temps d’antenne. Lors des dernières élections, la RTB (f) nous aurait accordé deux minutes d’émission à condition de payer sa fabrication et en louant 2.500 € un studio vide... Pour les autres partis, c’est évidemment gratuit et durant des heures d’émission.  Sachant que la diffusion de notre message n’aurait lieu que vers minuit moins quart entre la météo et un spot publicitaire débilitant…  

Le "lissage démocratique" !

Finalement, le régime a transposé au principe d'égalité théorique des droits des citoyens (devant la Loi, d'association...) ce qui est appliqué en matière d'indexation des salaires. On se base sur le passé en appliquant un système de lissage permettant de supprimer ce qui gène et en n'intégrant pas les principales et nouvelles causes d'augmentation des prix. Les citoyens s'appauvrissent. Pareillement, le "lissage démocratique" apprauvrit la démocratie !

 

Dernier avatar : les effets pervers de la Loi sur les incivilités qui est utilisée pour limiter la diffusion de notre message.  

 

Cette loi permet de sanctionner administrativement certaines incivilités qui ne font plus l'objet de poursuites pénales. Et c’est une bonne chose ! Les infractions faisant le plus souvent l'objet de sanctions administratives sont l'affichage sauvage, les graffiti, les nuisances sonores ou encore la non tenue en laisse des animaux. Là où ça devient tordu c’est ce qu’en font certaines majorités communales. Les panneaux officiels sont mis à la dernière minute. Sur certains les espaces sont clairement réservés aux partis traditionnels, laissant un minimum à tous ceux qui sont qualifiés d’« autres »…  

 

Bien sûr, des tolérances existent, mais elles sont à géométrie variable suivant les communes et surtout les responsables d’affiches. Il est impossible de savoir si vous serez poursuivi ou non. Un exemple ?  

 

Le Bourgmestre de la commune d’Auderghem, un quartier de Bruxelles où je ne me souviens pas avoir mis les pieds, m’a informé avoir : « sali l’espace public en fixant 4 affiches » sous un viaduc du nom d’« Herrmann-Debroux » le 19 juin… Je ne vois pas très bien où ça se trouve. Et il doit s’agir d’anciennes affiches dont j’étais éditeur responsable, puisque nous ne présentons pas de candidats à Bruxelles… Plus comique, ce monsieur me parle d’un constat qui aurait été fait et mentionnant que ces affiches ont été appliquées « à la colle soluble à l’eau ». J’ai demandé une copie de ce constat et une copie du règlement communal. Par curiosité (Clochemerle et Courteline ne sont pas morts) parce que renseignement pris, les piles de ce viaduc servent à l’affichage de nombreuses manifestations. Et aussi parce que j’ai reçu une invitation à payer une taxe de 25 Euros par affiche… Autant vous dire tout de suite que je n’ai jamais reçu de réponse. C’est donc bien le règne de l’arbitraire. A moins que ce ne soit celui du mépris…  

Mieux encore ! Le Gouverneur de la province de Liège a publié un arrêté stipulant que : « Tout collage est interdit de 22h à 7h du matin (ce que je peux comprendre, il s’agit d’éviter les heurs entre certains militants) jusqu'au 8 octobre et que « le transport d'affiches ou de matériel de collage est interdit de 22h à 7h ». Diable ! Il lui reste à ajouter la détention d'affiches ou de tract et ce sera parfait !  

La démocratie est bel et bien enrayée comme l’écrivait déjà François Perin en 1960. Et encore, la situation a empiré depuis...  Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras ! Nous sommes là ! Le R.W.F. sera présent aux élections provinciales.

Votez utile !

 

 

 

Aux élections communales, nous demandons à nos électeurs d’user de leur droit de vote en faveur d’une liste démocratique, à leur choix.

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 13:53
Après les dirigeants économiques importants regroupés dans le groupe de la « Warande », les PME flamandes se prononcent  pour une régionalisation accrue.
Selon une enquête menée par l'Unizo (classes moyennes flamandes), les dirigeants de PME flamandes sont massivement acquis à une régionalisation plus que poussée.
 
Huit entrepreneurs sur dix veulent que les règles sur l'accès aux allocations de chômages, les salaires, les conditions de travail, les soins de santé, les allocations familiales, l'impôt des sociétés et tout ce qui a trait aux formations soient du ressort des régions ou communautés. L’Unizo défend déjà ces positions, hormis en matière de salaires et de conditions de travail. L’Unizo dit constater que l'autonomie ne va pas assez loin et que cette situation se traduit par une perte en matière de bien-être, que ce soit au nord ou au sud de la frontière linguistique.
Détail amusant (encore que…), cette enquête date un peu, les dirigeants de l’Unizo ont hésité à la publier… "On est en commerce" disent-ils...
Une première conclusion : Achetons Wallon et Français !
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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 10:19

Ce qui est étonnant dans les propos d'Yves Leterme à Libération, c'est que certains fassent mine de s'étonner ! 

Sa sortie médiatique fracassante (pour certains francophones qui ne se rendent pas encore compte que, pour les Flamands, la Belgique c'est bientôt "Leterminus" - d'accord, ce n'est pas très bon comme jeu de mot mais...) de ce jeudi ne permet plus le moindre doute sur ses intentions quant au devenir de l'Etat Belgique. Rien de neuf sous le soleil gris de la faillite belgicaine. Leterme est resté très modéré, très en deçà de ce qui se dit habituellement,t en Flandre.  

Les réactions indignées de vierges effarouchées des présidents de partis traditionnels wallons et bruxellois francophones traditionnels oscillent - laborieusement - entre l'indignation "à tout hasard" et le constat "vaille que vaille". Quand ce n'est pas carrément de l'hypocrisie pure comme ce Ministre président wallon qui, connaissant fort bien Leterme et sa parfaite connaissance de français, estime pourtant que les propos rapportés par le journal "doivent découler d'une erreur de traduction ou d'une mauvaise utilisation de la langue française"...  Ou encore comme ce président d'une section francophone bruxelloise du MR qui menace de déposer une plainte sachant parfaitement que ce n'est que de l'esbrouffe parce qu'elle n'a aucune chance d'être prise en considération.

Certains m'écrivent pour nous apporter leur soutien ou pour nous demander de réagir. La réponse est simple. La philosophie générale de notre message repose sur la positivité de notre projet politique. Yves Leterme et les autres se chargent, bien mieux que nous le ferions nous-mêmes, d'entretenir la sinistrose. sans précipitation. Dans le marasme ambiant, notre objectif, en tant que parti radical, doit être d'observer, de dénoncer, mais aussi et surtout de préparer. Notre choix est un choix positif.  

Enfin, Leterme a particulièrement tort sur un point, on reverra bien la frontière linguistique... lors du partage des dépouilles de l'ancien Etat belge entre les Etats successeurs : La Flandre et la France !


 

DOCUMENT IN EXTENSO - "D'un Etat unitaire à un Etat fédéral"
Yves Leterme, ministre-président de la Flandre, envisage l'autonomie de sa province et souligne les différences entre néerlandophones et francophones. Son interview paru dans le journal Libération, ce jeudi 17 août.
Yves Leterme est le ministre-président de la Flandre depuis 2004. Membre du "Christen-Democratisch en Vlaams" (CDV: démocrate-chrétien et Flamand), de père francophone et de mère néerlandophone, il porte sans complexe les revendications flamandes vers une autonomie toujours plus grande. Il reconnaît qu'il envisage sereinement l'indépendance de la Flandre, mais pas "à court terme".
La notion de "frontière linguistique est-elle une création belge?
Tout à fait. Cela étant, lorsque nous avons fixé définitivement cette frontière entre les néerlandophones et les francophones, en 1963, on a consacré une réalité qui remonte à la chute de l'Empire romain, lorsque les Gallo-Romains ont été repoussés par les peuples germaniques. La différence linguistique entre le Nord, qui a adopté la langue des envahisseurs, et le Sud, qui a continué à employer le latin, date de cette époque. La réalité, très simple, est que la Belgique est une construction infiniment plus récente que la frontière linguistique.
C'est une fois l'espace linguistique néerlandophone reconnu qu'on a commencé à lui donner un contenu politique: il n'y a pas d'autre exemple historique où une frontière linguistique précède ainsi une frontière politique.
En règle générale, les systèmes fédéraux tendent à être davantage fédérateurs. En Belgique, c'est le contraire: nous sommes passés d'un Etat unitaire à un Etat fédéral, et chaque entité fédérée conquiert, au fil des ans, toujours plus de pouvoirs. C'est ce que j'appelle le "fédéralisme centrifuge". Il faut aussi bien voir que cette autonomie grandissante de la Flandre est tout à fait conforme à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, qui estime qu'un peuple a droit à un territoire incontesté, ce qui est valable pour les Flamands et les Wallons. Dans la réalité belge, cela suppose des frontières, des démarcations.
N'aurait-il pas fallu rectifier cette frontière pour tenir compte de l'évolution de la réalité linguistique et politique? Par exemple, Rhode-Saint-Genèse, au sud de Bruxelles, est très majoritairement francophone bien qu'en territoire flamand.
Il n'est pas question de toucher à cette frontière! Si on le fait, je remettrais aussitôt en cause la parité entre francophones et néerlandophones au sein du gouvernement fédéral, où les francophones sont surreprésentés par rapport à leur poids réel dans la population belge. Il est cependant exact qu'il y a des communes en territoire flamand qui sont à 70 ou 80% francophones. Mais l'usage du français y est toléré: c'est ce qu'on appelle les communes à facilités. Cela étant, au départ, l'idée était que beaucoup de francophones allaient s'adapter à la nouvelle réalité linguistique. Mais apparemment les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais, d'où la prolongation de ce statut d'exception.
Pourquoi avoir constitué deux espaces monolingues et non un espace bilingue?
La Flandre, pas plus que la Wallonie, n'a jamais été un espace bilingue, sauf pour la bourgeoisie. Pis: l'Etat belge a longtemps opprimé les néerlandophones en refusant de reconnaître leur langue, considérée comme un simple patois. Aujourd'hui, il est trop tard pour changer cette réalité. Regardez les difficultés des leaders francophones, et même du Roi de ce pays, à parler couramment le néerlandais! Comprenez-moi bien: je suis prêt à discuter de la création d'un véritable espace bilingue, mais je ne crois pas qu'il existe une telle volonté politique du côté francophone.
Aujourd'hui, le fossé entre Flamands et francophones n'a jamais paru aussi profond.
Oui, les différences s'amoncellent, le fossé se creuse. Que reste-t-il en commun? Le Roi, l'équipe de foot, certaines bières...
Est-ce dramatique?
Non. La Belgique n'est pas une valeur en soi, ce sont des institutions au service d'une population. Si les institutions n'évoluent pas pour s'adapter aux désirs des citoyens, ce pays n'a pas d'avenir. Je veux être clair: mon parti ne participera pas à un gouvernement, après les élections de 2007, s'il n'y a pas de nouveaux transferts de compétences vers les régions. La nécessité d'avoir un gouvernement fédéral passe au second plan par rapport aux intérêts de la Flandre. Vous savez, des gens ont vécu ici depuis des siècles et des siècles sans être Belges... La Belgique est née d'un accident de l'histoire, il ne faut pas l'oublier.
Bruxelles, ville francophone, est une épine dans le pied de la Flandre.
Elle compte entre 80 et 90% de non néerlandophones. Mais Bruxelles est à la fois un problème et une opportunité. C'est une ville à vocation internationale qui devrait voir son statut évoluer dans ce sens.
Ecartez-vous la création d'un Bruxelles "district fédéral" sur le modèle de "Washington, D.C.", qui échapperait à l'autorité des Flamands et des Wallons et serait géré par les Bruxellois et les Européens.
Je n'écarte absolument pas cette idée car c'est une possible solution à l'imbroglio actuel.
Une Flandre indépendante changerait-elle beaucoup la réalité politique actuelle d'une Belgique qui ressemble de plus en plus à une coquille vide?
Cela changerait très peu de chose, c'est vrai. Mais je ne suis pas séparatiste par principe: je ne vois pas la valeur ajoutée à court terme d'une Flandre indépendante, même si elle pourrait parfaitement se débrouiller seule. Il y a certaines choses que l'on peut encore faire en commun, par exemple, la solidarité interpersonnelle pour les retraites et les malades. Et puis, vous savez, pour divorcer, il faut être deux.
Recueilli par Jean Quatremer, Libération
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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 09:57
J'ai reçu le message suivant :
 
"Beaucoup de gens craignent d'afficher publiquement leurs sympathies pour votre parti.
 
La cause en est le clientèlisme dont presque tous subissent les effets.
Qui n'a pas eu recours à tel ou tel homme politique pour obtenir un emploi ou un quelconque piston ?
 
C'est comme ça que les barons magouilleurs des partis traditionnels obtiennent la "fidélité" des électeurs.
La Wallonie ressemble à un pays médiéval que se partagent des barons locaux qui se ralient plus ou moins à des seigneurs aux étendards rouge, bleu, orange ou même vert.
 
Il serait, il me semble, utile de dénoncer ceci avec encore plus de force et d'y opposer ce qui ce passe en France où, à part à très haut niveau, la politique s'arrête aux portes des administrations."
 
Comment ne pas être d'accord ?
Ayant fait un bref passage dans un Cabinet ministériel "compétent" en matière de fonction publique (pour ne reprendre que cet aspect de la particratie), j'avais, après avoir en vain tenté de faire admettre des propositions dépolitisant le fonctionnement des administrations wallonnes, proposé en dérision (mais en était-ce ? Provocation plutôt...) de sortir de l'hypocrisie en déclarant que toute décision de nomination, proposition, embauche, etc.. soit clairement une décision politique. Comme ça, tout le monde serait sur pied d'égalité. La politisation devenant la règle ! Mais ça ne pouvait pas marcher... le Pouvoir étant compris dans ce pays comme celui de transgresser les règles. Et en plus, quel bénéficiaire de ces transgressions ira à l'encontre de ses propres intérêts. Et tant pis pour la collectivité !
Tant que la Belgique existera, le système perdurera !
 
Ce qui n'empêche pas de le dénoncer !
 
-------------------
  
Pour information, voici un extrait du programme régional wallon du RWF :
 
Une administration publique de haut niveau. C’est une des conditions de la relance économique wallonne. Il y a une élite de jeunes Wallons, mais elle est d'abord attirée par le privé et quitte souvent la Wallonie pour Bruxelles ou l'étranger. Elle déserte la fonction politique ou administrative. En Wallonie, il faut regagner la bataille des ressources humaines de qualité au profit des services publics et pas seulement du privé. Le Gouvernement wallon doit cesser de politiser ses administrations et doit les respecter. Il faut qu'il sélectionne des jeunes par concours et les envoie en formation complémentaire dans les hautes écoles françaises de type ENA (Ecole Nationale d’Administration).

Enfin, les agents publics doivent être dotés d'un statut syndical démocratique, fondé sur des élections sociales ouvertes.

Dépolitiser, c’est aussi revoir le statut administratif des agents de la Fonction publique dans le sens d’une plus grande égalité des chances. C’est organiser la mobilité entre niveaux de pouvoir (Région, Communauté, Provinces, Communes). C’est, lorsqu’il y a des emplois vacants, ouvrir l’administration (tous les niveaux) à du sang neuf par des concours accessibles à tous, aux agents mais aussi aux simples citoyens.

 

Assainir en profondeur les Intercommunales, Invests et autres outils de développement dont la politisation est l'une des causes de stagnation économique pour la Wallonie quadrillée dans chacune de ses provinces par une mainmise à but politique. On sait que les divers clans des quatre partis officiels se déchirent pour obtenir des parcelles d'un pouvoir économique non transparent et peu performant. Il en va de même dans les TEC.

Il est impératif de :

·   remplacer les Intercommunales gestionnaires de services publics par des établissements publics unifiés au niveau de la Wallonie

·   intégrer dautres Intercommunales dans les futures Communautés urbaines

·   supprimer les filiales provinciales TEC, sources de mandats politiques parasitaires et les transformer en simples directions territoriales de la Société Régionale wallonne des Transports

·   Intégrer les trop nombreux O.I.P. (Organismes d’Intérêt Public) wallons dans les ministères wallons (ce sont des nids à parachutages politiques).

 
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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 11:54

374 mandataires publics n’ont pas remis leur déclaration de mandats à la cour des comptes dans le délai imparti (15 juillet). Parmi ceux-ci figurent, quatre parlementaires issus du fédéral, des Communautés et des Régions, relatait mercredi le journal “Le Soir”.  Un progrès puisque l'an passé, ils étaient 532 réfractaires.
 
8.037 mandataires (parlementaires, ministres, bourgmestres, présidents de CPAS, administrateurs d’intercommunales,…) doivent remettre cette déclaration en vertu d’une loi de 2005 qui exige une mise à jour annuelle de ces fonctions.

La cour des comptes transmettra aux parquets les identités de ceux qui sont en défaut...

La dernière liste des mandats publics a été publiée au Moniteur belge du 12 août 2005. Un certain nombre de corrections ont été par la suite publiées au Moniteur belge du 9 novembre 2005.

Pour les curieux : ci-dessous un accès un peu compliqué, mais on y arrive !

http://www.staatsbladclip.be/lois/2005/08/12/loi-2005018092.html

Et voici, publiée le 11 août 2006 la denière liste :

http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/summary.pl (1)
http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/summary.pl (2)

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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 11:46
J’ai surligné les régions de vieille industrialisation, comparables à la Wallonie (pour mémoire :18,4 % en juin 2006)
 
1er trim
4ème trim
1er trim
 
 2005
 2005
 2006
Alsace
8,8
8,6
8,7
Aquitaine
10,1
9,6
9,3
Auvergne
8,7
8,3
8,3
Bourgogne
8,8
8,4
8,3
Bretagne
8,2
8,0
7,9
Centre
8,9
8,4
8,4
Champagne-Ardenne
10,5
10,2
10,3
Corse
10,7
10,1
9,9
Franche-Comté
9,0
8,6
8,9
Ile-de-France
10,0
9,3
9,0
Languedoc-Roussillon
13,9
13,1
12,9
Limousin
7,9
7,5
7,5
Lorraine
10,1
9,8
9,8
Midi-Pyrénées
9,9
9,5
9,4
Nord-Pas-de-Calais
13,3
13,1
13,0
Basse-Normandie
9,6
9,0
8,9
Haute-Normandie
10,9
10,3
10,2
Pays de la Loire
8,4
8,0
8,0
Picardie
11,0
10,7
10,5
Poitou-Charentes
9,5
9,1
9,0
Provence-Alpes-Côte d'Azur
12,0
11,5
11,3
Rhône-Alpes
8,9
8,4
8,1
France métropolitaine
10,1
9,6
9,5
Source :  INSEE 
Il est navrant de constater que des villes du Hainaut, proches de la frontière française, pourtant  sociologiquement semblables affichent des taux dramatiques. Mons : 24,72 ; La Louvière : 24,86 ; Charleroi : 28,78 !
Ce mal n’épargne pas le reste de la Wallonie : Liège : 30,21 % : Namur ; 17,28 % ;Tubize :15,31 % ; Nivelles, 13,4 % !
Source : FOREM
 
Et alors que les taux diminuent progressivement en France, ils augmentent plutôt régulièrement chez nous.
 
Le chômage de longue durée (12 mois et plus) demeure un problème dans toutes les régions. 59% des chômeurs à Bruxelles déclarent être à la recherche d’un emploi depuis déjà 12 mois ou plus. Ils sont 45% dans ce cas en Flandre, et 62% en Wallonie.
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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 11:41
J’ai retrouvé cet extrait d’une vieille interview du Professeur Henry Capron (Dulbea) publiée dans la Libre le 23/12/2005 suite à la publication du Manifeste du club de la Warande…
 
A la question : La Flandre serait-elle gagnante si elle prenait son indépendance ?
 
Henry Capron répond : "Le texte avance tous les gains d'un éclatement, mais il n'en évalue pas les pertes. En cas de séparatisme, la partie francophone du pays aurait peut-être intérêt à se rapprocher de la France et à contourner la Flandre. Elle pourrait, par exemple, intensifier ses flux commerciaux vers le port de Dunkerque plutôt que de transiter par Anvers".
 
Encore un effort…
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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 12:42
Je serai l'invité de ce jeudi 20 juillet au matin (vers 8h15) sur BFM, la radio d’informations continues à orientation économique, financière, boursière, culturelle et politique (http://www.bfm.be).
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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 14:33
Les hommes colmatent les digues des croyances dont ils ont le plus besoin avec n'importe quelle boue qu'ils puissent trouver.
Cliffort Geertz, Savoir local, savoir global, PUF 1986
 

Nous savions qu'Hervé Hasquin n'hésitait plus à faire passer son engagement politicien avant la vérité historique. On l'avait vu lors de la publication du pamphlet sur " Les rattachistes et le régime de Vichy" dans lequel il n'hésitait pas à salir la Résistance en inventant de toute pièce des amalgames douteux.
Il n'a pas hésité à récidiver  ce 14 juillet (!) au matin lors de l'émission  "Matin première",  peu avant huit heures sur la RTB(f), Hasquin prétendait face à Paul-Henry Gendebien "qu' au dernières élections fédérales le Vlaams Blok avait fait plus de voix que le RWF dans le Hainaut, qui a pourtant une frontière commune de 300 km avec la France". 
 
C'est évidemment  faux.
Vous pouvez vérifier les chiffres ici   :  VB : 6198 ;  RWF : 10026 ;  France : 3035 
 
De la part d'un professeur d'université, historien et analyste politique, une telle erreur n'est pas possible, et ne peut relever que du mensonge politicien... à trois mois des élections.
A moins que ce sénateur MR, ancien Ministre -président de la Communauté française de Belgique, ne sache vraiment pas compter... Il est vrai qu'aux dernières élections, il avait du recomposer sa liste dans le Hainaut, ne s'étant pas rendu compte qu'il n'y avait pas la parité hommes-femmes...
 
Le Soir du 15 juillet résumait ainsi sa prestation : "Invité de "la première" hier matin, Hervé Hasquin (MR) n'a pas failli à cette règle sacro-sainte qu'il partage en toute équité avec Philippe Moureaux (PS).  Et à chaque fois, le jeu pour l'auditeur est désopilant. Combien de secondes Hasquin (ou Moureaux) va-t-il tenir avant de lâcher la sentence suprême: " En tant qu'historien, j'affirme que ...". Succulent ! et ça ne rate jamais (ici, il a tenu 58 secondes, un temps assez moyen...) !  Comme si ses deux éminents professeurs d'une science on-ne-peut-plus-humaine étaient devenus les ultimes détenteurs d'une vérité supérieure à celle d'un diplômé en médecine, en droit, en plomberie ou en rien. Une attitude qui tourne d'autant plus au ridicule lorsque ces deux hommes du passé ( historique) se piquent d'asséner leurs statut d'historien pour appuyer un point de vue idéologique... Hasquin et Moureaux, les  H&M du prêt à penser." (Pas mal !)
 
Par ailleurs, Hasquin est capable de lucidité autant que d'aveuglement. Voyez dans le texte ci-dessous :  
1ère citation, la lucidité : "je n'ai aucune illusion sur les sentiments de la Flandre à l'égard de la Belgique et je pourrais vous faire la démonstration que toute une série de statistiques que l'on donne faisant accroire à la population francophone que les flamands restent malgré tout belges, sont pipées, parce que qu'est-ce que ça veut dire encore être belge ?"
2ème citation, l'aveuglement : "ça n'empêchera pas que la Belgique puisse encore exister dans le cadre d'un espace Wallonie-Bruxelles"...

Voici le texte complet de cette émission copié du site de la RTB(f). Vous verrez qu'Hasquin a terminé l'émission sur sa contre-vérité.
 
JOURNALISTE: J-P JACQMIN
 
JPJA : Messieurs, bonjour. Voilà, Hervé Hasquin, vous êtes avec nous en direct depuis Mons, Paul-Henry Gendebien est à nos côtés en studio ici. Hervé Hasquin, la Marseillaise, ça vous fait vibrer ?
 
HH : Oui, c'est un grand chant patriotique et c'est tout de même le symbole de la révolution française qui nous a apporté la liberté à la fin du XVIIIe siècle, parce que comme je le dis souvent à mes étudiants, que l'aime ou que l'on n'aime pas la révolution française, il faut être parfaitement conscient qu'en tant que belges, nous en sommes les héritiers directs, puisque nous avons été citoyens français entre 1794 et 1814-1815 et que par conséquent toutes les grandes structures de l'état belge telles qu'elles ont existé, notre droit, les poids et mesures, les circonscriptions administratives, etc., l'organisation des tribunaux, tout cela est un héritage de la France, de même qu'un certain nombre de principes fondamentaux sur les libertés, et l'égalité. Voilà donc notre héritage par rapport à la France, c'est absolument considérable et à cet égard, sur le continent, nous sommes sans doute ceux qui sommes le plus tributaire de la France et de son histoire.
 
JPJA : C'est mieux que la Brabançonne ?
 
HH : Ecoutez, vous trouverez des paroles comiques et qui peuvent paraître choquantes aujourd'hui dans la Marseillaise, vous trouverez les mêmes excessives dans la Brabançonne, n'est-ce pas, "l'esclave sorti du tombeau" et des choses comme celles-là. C'est un rien comique également. Mais vous trouverez ce genre d'affirmation un peu rapide, sentimentale, excessive, romantique...
 
JPJA : Parfois sanguinaire ?
 
HH : Parfois sanguinaire, même souvent sanguinaire, dans tous les hymnes nationaux.
 
JPJA : Paul-Henry Gendebien, vous vibrez davantage avec la Marseillaise qu'avec la Brabançonne ?
 
PHG : Mais je vibre avec la Marseillaise et je ne vibre pas avec la Brabançonne que d'ailleurs plus personne ne connaît et que plus personne pratiquement ne chante. Je voudrais embrayer sur ce que vient de dire monsieur Hasquin. Il a parlé en tant qu'historien. Certes, nous sommes redevables à la France et à la révolution française d'un certain nombre d'idées de la liberté, de l'amour de la liberté, de l'amour de la démocratie. Mais ici, je pense que en ce jour, il ne faut pas uniquement faire référence à l'histoire et lorsque nous pensons que la Wallonie serait mieux à l'intérieur de la république française, ce n'est pas en raison de l'histoire parce qu'à ce compte là, nous avons été romains, grâce à un certain Jules César, ce n'est pas pour autant que nous devrions demander le rattachement à l'Italie.
 
JPJA : Mais alors, la France qu'est-ce qu'elle pourrait nous apporter dans l'avenir ?
 
PHG : Je pense donc qu'il faut se situer en terme politique. L'adhésion à la France, c'est l'adhésion à une patrie, mais c'est aussi l'adhésion à un régime politique, essentiellement la démocratie républicaine. Et ça je crois que c'est extrêmement important à l'heure et à l'époque où le Wallon, le Francophone, ne croit plus dans l'avenir de la Belgique. Il faut le constater comme tout le monde. Il y a un malaise considérable dans l'opinion publique où on sent bien que la Belgique cela ne marche plus, où on sent bien que le fédéralisme belge est un échec et qu'il faut trouver autre chose.
 
JPJA : Alors, Paul-Henry Gendebien, allons jusqu'au bout. Vous rêvez quoi ? D'une prise de la Bastille et d'une décapitation de la monarchie ?
 
PHG : Je crois que le romantisme n'est plus de saison. Et il faut être réaliste. Il faut se rendre compte que la Belgique est au bout du rouleau, qu'elle vit probablement son dernier quart d'heure, elle est presque morte mais elle ne le sait pas encore officiellement. Il est donc urgent de chercher autre chose, de trouver une patrie, un état de rechange. Je crois donc que ce n'est pas, évidemment, par la violence, par une prise de pouvoir que vous évoquez que les choses se réaliseront. Il y aura, au contraire, à un moment donné un blocage du système belge et une négociation à l'amiable, raisonnable et pacifique à l'instar de celle qui a été menée entre les tchèques et les slovaques en 1992 pour trouver une solution, je dirais, civilisée à un conflit interminable et insoluble.
 
JPJA : Hervé Hasquin, votre analyse ? Votre réponse même ?
 
HH : Ecoutez, d'abord je dirais qu'il existe des républiques monarchiques et l'actuelle France tient encore beaucoup de Louis XIV et Napoléon et qu'il existe des monarchies républicaines et il m'apparaît que la Belgique en est un parfait exemple de démocratie. Deuxièmement, je crois que jusqu'à preuve du contraire, la Belgique existe toujours. Vous avez devant vous quelqu'un qui est fédéraliste depuis toujours. J'avais 17 ans quand je suis entré à l'université et les grèves de 60-61 éclataient et j'ai pu vivre concrètement, presque physiquement, moi qui suis un fils du pays de Charleroi, l'évolution de la Wallonie, sa crise, son ampleur, et le mépris que l'on avait à l'égard de cette Wallonie. Et ma conviction fédéraliste est née à ce moment là.
 
JPJA : Mais est-ce que vous n'avez pas le sentiment quand même, Hervé Hasquin, je vous ramène déjà à aujourd'hui et peut-être même à demain, c'est-à-dire à 2007, que l'on est dans un moment très important avec un round communautaire qui s'annonce particulièrement dur ?
 
HH : Oui, mais il y a une dimension que l'on oublie dans le débat actuel. Donc, pour ma part, je n'ai aucune illusion sur les sentiments de la Flandre à l'égard de la Belgique et je pourrais vous faire la démonstration que toute une série de statistiques que l'on donne faisant accroire à la population francophone que les flamands restent malgré tout belges, sont pipées, parce que qu'est-ce que ça veut dire encore être belge ? Si vous voulez régionaliser tous les impôts, si vous voulez régionaliser la sécurité sociale, etc. Il faut voir ce qui se cache derrière ce contenu. Ils veulent être belges encore à toute une série de conditions qui sont relativement inacceptables. Mais la Belgique, ce n'est pas que la Flandre et la Wallonie. Il y a Bruxelles. Et Bruxelles, il y a tout de même 90% de Francophones. Et il faut tout de même prendre conscience du fait que si la Belgique a évolué, et elle évoluera sans doute encore beaucoup, et que si un jour les flamands décident de larguer les amarres et de s'en aller, ils pourront peut-être le faire, ça n'empêchera pas que la Belgique puisse encore exister dans le cadre d'un espace Wallonie-Bruxelles, parce qu'on l'a déjà dit à plusieurs reprises, mais la démonstration en est faite au quotidien: la Wallonie a besoin d'une grande vitrine internationale qui est Bruxelles et Bruxelles a besoin, n'est-ce pas, de la Wallonie. Il y a là une masse de population francophone qui est un soutien extraordinaire à Bruxelles par rapport à une volonté de flamandisation de la ville. Donc, vous pouvez très bien déboucher sur un espace parfaitement cohérent.
 
JPJA : Un espace autonome, indépendant, Hervé Hasquin ?
 
HH : Ecoutez, on peut toujours spéculer sur l'histoire. En tant qu'historien-analyste politique, il faut tout de même savoir que les états naissent, évoluent, disparaissent et renaissent sous une autre forme. C'est ça l'histoire, c'est ça la vie. Après tout, un pays est composé d'hommes et de femmes qui, dit-on, dont les cellules changent tous les 7 ans, il n'y a pas de raison que l'état dans lequel ils vivent et qu'ils font n'évolue pas lui même. La vie, c'est le changement.
 
JPJA : OK. Je vais poser la question à Paul-Henry Gendebien, Bruxelles, qu'est-ce que vous en faites en cas de rattachement à la France ?
 
PHG : Mais nous proposons aux bruxellois de nous suivre et en tout cas de décider par eux mêmes librement de leur destin.
 
JPJA : Est-ce que ce n'est pas la guerre alors avec la Flandre qui fait de Bruxelles sa capitale ?
 
PHG : Je crois qu'il ne faut pas partir battu d'avance. Il ne faut pas décider que nous allons nous soumettre, nous qui sommes quand même majoritaires d'une façon écrasante à Bruxelles, nous allons nous soumettre à la volonté de la Flandre. Et d'ailleurs, à un moment donné, hésitera quant au fait de poursuivre sa main mise sur Bruxelles, parce qu'à un moment donné la Flandre devra choisir entre l’indépendance seule ou rester dans la Belgique avec Bruxelles. Or, la Flandre n'aime plus la Belgique, monsieur.
 
JPJA : Question aussi, Paul-Henry Gendebien, et je retourne vers Hervé Hasquin après, qu'est-ce que la France a intérêt à avoir une nouvelle province ?
 
PHG : Je voudrais constater avant cela, je voudrais constater que monsieur Hasquin accepte l'idée que la Belgique est menacée puisqu'il parle déjà d'une solution de rechange. Cette solution de rechange pour lui, c'est la mini Belgique. C'est le Wallo-Brux, pour faire court. C'est un ensemble indéterminé, indistinct, qui s'appellerait peut-être encore Belgique, mais qui serait réduit au territoire de Bruxelles et de la Wallonie, qui ne serait absolument pas viable n'étant ni une nation, ni un état.
 
JPJA : Vous acceptez cela Hervé Hasquin ?
 
HH : Ecoutez, nous n'en sommes pas encore là. C'est une hypothèse peut-être pour le futur parce que pour moi quelle est la question...
 
PHG : Mais vous l'acceptez, monsieur Hasquin, cette hypothèse là, vous entrez sur le terrain...
 
HH : Ecoutez, monsieur Gendebien, je ne vous pas interrompu, je vous en prie. Je dirais ceci en ce qui concerne la région de Bruxelles et la Flandre. C'est clair que quand on regarde la télévision flamande et les mémoires de Wilfried Martens ont provoqué ce genre de débat ces dernières semaines. Vous avez aujourd'hui deux groupes en Flandre parmi l'intelligencia flamingante en Flandre, il y a ceux qui estiment que la Flandre n'a pas d'avenir sans Bruxelles et ceux qui estiment que l'on peut aujourd'hui abandonner Bruxelles. Donc, c'est vrai que si la Belgique existe encore, c'est d'abord parce qu'il y a le lien monarchique et deuxièmement, c'est parce qu'il y a Bruxelles où 90% de Francophones habitent. Et les flamands, en tout cas une partie d'entre eux, se rendent compte du rayonnement extraordinaire de ce qui est la capitale d'une Europe de plus en plus grande et qui compte de plus en plus dans le monde.
 
JPJA : Alors ma question maintenant, la France quel intérêt a-t-elle de trouver une province comme la Wallonie ?
 
HH : Elle n'en a aucun. Et je vais vous expliquer pourquoi.
 
JPJA : D'abord Hervé Hasquin et puis vous monsieur Gendebien.
 
HH : Ecoutez. Quand, et monsieur Gendebien est bien placé pour le savoir puisqu'il a été le représentant de la Communauté Française, et je dois dire avec beaucoup de brio, je m'empresse de le dire à Paris pendant de très nombreuses années. Quand vous parlez avec les ministres français et les représentants politiques français, ils n'ont pas envie que la Belgique éclate. Parce que le gouvernement français et la république tiennent beaucoup à la pérennité de la langue française et au poids de la langue française à l'intérieur de l'Europe. Et ce qui permet encore aujourd'hui à la langue française d'avoir une grande importance dans l'Union Européenne, c'est le fait que les institutions soient à Bruxelles, capitale d'un royaume bilingue. Le jour où on fait de Bruxelles un district indépendant ou autre, la France sait que son influence, que l'influence de sa langue et de sa culture seront considérablement érodées.
 
PHG : Ce n'est pas notre hypothèse justement.
 
JPJA : Paul-Henry Gendebien, l'intérêt de la France ?
 
PHG : Ce n'est pas notre hypothèse. D'abord, nous ne serions pas une province, monsieur Jacqmin, nous serions une région à part entière et Bruxelles pourrait être également une région à part entière avec les mêmes droits et devoirs que les autres régions françaises. Ensuite, l'intérêt de la France y serait multiple. Je pense qu'il y a le discours officiel d'un ministre en fonction de la république qui évidemment ne peut pas menacer un état voisin et ami, mais les autorités françaises savent parfaitement ce qui se passe chez nous et elles se préparent d'une manière discrète, bien entendu, elles se préparent à l'hypothèse d'une disparition...
 
JPJA : Il y a des contacts ? 
 
PHG : Il y a des contacts entre tous les partis. Moi même, j'ai eu des contacts innombrables quand j'étais en fonction à Paris et je continue à avoir des contacts avec un certain nombre d'hommes politiques de gauche comme de droite.
 
JPJA : Dans le sens d'un rattachement ?
 
PHG : Dans l'hypothèse, effectivement, d'une disparition de l'état belge et les français sont beaucoup plus ouverts que ne le laisse entendre officiellement un certain nombre de ministres en fonction, non seulement dans la population, mais également dans la classe politique française. Ils y ont un intérêt économique. La France est massivement présente dans l'économie wallonne. 30 à 40 % des grandes entreprises en Wallonie sont sous le contrôle économique de la France. Il y a un intérêt politique à consolider la France dans une Europe…
 
JPJA : Une petite…Rapidement, en 10 secondes avant de vous laisser avec les auditeurs. Hervé Hasquin
 
HH : Je voudrais dire ceci: c'est que premièrement, n'oublions pas que le premier investisseur en Wallonie aujourd'hui, c'est l'économie flamande. Deuxièmement, il faut aussi demander l'avis de la population. Moi je constate qu'aux dernières élections, dans une province très francophile qu'est le Hainaut, une province en banane qui a 300 kilomètres de frontières avec la France, aux dernières élections fédérales en 2003, le Vlaams Blok à l'époque a fait plus de voix que les partisans du rattachement de la Wallonie à la France. C'est un élément qu'on ne peut pas ignorer.
 
 
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