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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 10:30
De nombreuses rues de France portent le nom du «Quatre Septembre». Quel touriste en connaît le sens ? Un peu d'Histoire...
Tout le monde connaît de nom la IIIème république française, souvent considérée comme modèle repoussoir d’instabilité politique et gouvernementale. Et pourtant que de choses ont été réalisées pendant cette période. De l’enseignement laïque et obligatoire aux congés payés pour n’en citer que deux.
Elle a commencé et fini pendant une période particulièrement troublée de l’Histoire.
 
Après avoir appris la capture de l'empereur Napoléon III par les Prussiens à Sedan les républicains de la capitale ont pris le pouvoir. Ils ont été devancés de quelques heures par leurs homologues de Lyon et Marseille. C’était le 4 septembre 1870. Et c'est donc en souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du «Quatre Septembre».
 
Comment en est-on arrivés là ?
Quelques mois plus tôt, le 8 mai, Napoléon III est sorti renforcé d'un plébiscite qui lui avait donné 7.336.000 oui contre 1.560.000 non en confirmant l'orientation libérale de l'empire. A Paris, toutefois, à la différence du reste du pays, une majorité républicaine s'était prononcée contre le régime.
 
Lors de la déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, certains républicains n'hésitent pas à souhaiter qu'une prompte défaite. Pour eux, celle-ci consacrera la ruine du régime et hâtera l'avènement de la République. C'est ainsi que Le Rappel (Ce journal appartient aux fils de Victor Hugo - lequel est en exil à Jersey ) écrit: «Le danger le plus sérieux, c'est celui de la victoire. L'Empire fait le mort. Les Prussiens battus, il ressuscitera».  La défaite de Sedan comble au-delà de toute espérance les vœux de ces curieux patriotes !
 
Dès l'annonce de la défaite, les députés se réunissent au Palais-Bourbon dans la nuit du 3 au 4 septembre. Ils refusent de confier la régence à l'impératrice Eugénie, et s'interrogent sur la conduite à suivre. Dans le petit groupe républicain, plusieurs députés se préparent : Jules Favre, Jules Grévy, Jules Simon et Jules Ferry, qui fonderont la «République des Jules». Il y a aussi Adolphe Crémieux et surtout Léon Gambetta.
 
Les Parisiens envahissent le Palais-Bourbon et exigent l'instauration de la République. Jules Favre suggère aux députés craignant d'être débordés par l'insurrection de proclamer eux-mêmes la République à l'Hôtel de ville de Paris, comme aux plus beaux jours de la Révolution de 1789 ou de celle de 1848. Ils se rendent à l'Hôtel de ville devancés par un groupe d'agitateurs révolutionnaires, jacobins ou socialistes (Delescluze, Blanqui, Flourens,...).
 
Pour séduire et rassurer la foule, Jules Ferry a l'idée de constituer un gouvernement composé de députés républicains de Paris. C'est ainsi que Léon Gambetta et Jules Favre proclament la République au milieu d'une liesse générale (un peu surréaliste quand même vu la situation militaire du pays !).
 
Beaucoup de Parisiens croient naïvement que la déchéance de l'empereur et l'avènement de «Marianne» rendront les Prussiens plus accommodants. Certains imaginent au pire un sursaut général comme aux temps héroïques de Valmy. La résistance de l'armée de Bazaine à Metz leur donne quelques motifs d'espérer. Un «gouvernement de la Défense nationale» est placé sous la présidence du gouverneur militaire de la place. Mais la situation s'aggrave le 19 septembre avec l'encerclement de Paris par les troupes ennemies.
Le 7 octobre, le fougueux Gambetta (32 ans), ministre de l'Intérieur, s'enfuit de Paris (à bord d'un ballon). Il organise ensuite depuis Tours une armée en vue de secourir la capitale et de mener une «guerre à outrance».Malgré l'inquiétude des populations rurales qui rêvent surtout du retour à la paix
 
Les troupes inexpérimentées et hâtivement rassemblées par Gambetta sont sans difficulté battues par les Prussiens après la reddition honteuse de l'armée de Bazaine, à Metz. Pendant qu'affamés par un siège impitoyable, les Parisiens tentent mais en vain et dans un effort désespéré une «sortie torrentielle» à Buzenval, le 20 janvier 1871.
 
Dans un ultime effort, Adolphe Thiers (73 ans), vieux député conservateur doté d'un très grand prestige en Europe, entreprend une tournée des capitales européennes en vue d'obtenir une intervention militaire en faveur de la France. Il se heurte partout à un refus poli... au grand soulagement du chancelier Bismarck. A Saint-Pétersbourg, le tsar Alexandre II accueille même avec une secrète jubilation les nouvelles de France. Il y voit la vengeance de son humiliation dans la guerre de Crimée et le soutien des Français à la Pologne.
 
L'armistice est finalement signé par Jules Favre le 28 janvier 1871 pour une durée de quatre semaines. Bismarck veut ainsi donner le temps aux vaincus d'élire une assemblée nationale. Il a besoin en effet que le traité de paix définitif soit entériné par une autorité légitime afin de ne pas être plus tard contesté. Dix jours plus tôt, le 18 janvier, les envahisseurs ont proclamé triomphalement l'Empire d'Allemagne dans la Galerie des Glaces de Versailles…
 
Le 8 février, les élections générales amènent à la nouvelle Assemblée nationale une majorité favorable à la paix.
Les ruraux des provinces, peu au fait du siège de Paris et des événements militaires, ont manifesté massivement leur volonté d'en finir au plus vite avec la guerre en reportant leurs suffrages sur les notables. Elisant à l'Assemblée une majorité écrasante de monarchistes (un député sur trois est noble!). Mais ces députés sont divisés entre partisans du comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe 1er, du comte de Chambord, petit-fils de Charles X, et de Napoléon III.
 
Paris étant entourée de troupes allemandes et la population trop agitée au goût de l'Assemblée nationale, celle-ci se réunit au Grand Théâtre de Bordeaux avant de se transférer à Versailles. Le « gouvernement de la Défense nationale » lui remet sa démission. le 17 février, l'Assemblée désigne Adolphe Thiers comme «chef du gouvernement exécutif de la République française» en attendant de statuer sur la nature du régime futur : monarchie ou république.
 
Ainsi naquit la IIIème République, dans la détresse et la confusion... Elle mourra de même 70 ans plus tard, en 1940…
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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 08:45

Dans une brochure électorale outrageusement luxueuse, financée par les deniers publics et distribuée dans tous les foyers de la commune de Mons, Elio Di Rupo s'affiche en double page avec le roi Albert II.
Selon La Libre Belgique de ce week-end, Di Rupo aurait obtenu l'accord du Palais pour exploiter cette photo dans le cadre de sa campagne électorale.

Ce faisant, le roi faillit lui-même à l'interdiction générale de découvrir la couronne. Il associe, en parfaite connaissance de cause, son nom, sa fonction et son image à la propagande du PS.

On savait déjà, parce que la Constitution l'impose, que le roi règne mais ne gouverne pas. On sait aussi, depuis quelques mois, que le Palais s'accroche à de vagues sondages, dont il ne cite pas la source, comme un infirme à sa béquille. Il semble aujourd'hui que, pour protéger son boulot (et son logement... "social" ?), le roi fasse "comme tout le monde" : il s'encarte au PS.

Anodin ? A chacun d'en juger.

Sale coup en tous cas pour ceux qui, défenseurs du principe monarchique, prétendent encore qu'un roi est au dessus des partis et qu'un président, lui, ne peut être que partisan...

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3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 09:56

Le site RésistanceS  publie tout un dossier consacré aux élections communales d'octobre prochain.

Parmi une mine d'informations, un article qui aborde une réalité cachée : L'extrême droite chez les ''immigrés'' sur les listes des partis traditionnels : Une réalité tabouisée.

Je ne résiste pas sà copier ici cet article et à vous inviter à lire le dossier complet sur leur site.

C'est une Interview de Mehmet Koksal (*)

Victimes en premier lieu du racisme, au sein des populations issues de l'immigration, il existe aussi des racistes et des partisans d'une société liberticide

Pour les communales du mois d'octobre, figurent sur les listes électorales de formations dites ''démocratiques'' des candidats issus de l'immigration, mais provenant d'organisations ''non démocratiques''. Ces dernières développent souvent une doctrine politique à l'opposé de celles du PS, du MR, du CDH... Cet aspect de la realpolitik est dénoncé depuis bien longtemps par Mehmet Koksal. Pour ce journaliste belge d'origine turque et animateur de plusieurs sites Internet consacrés aux populations immigrées : ''la 'peste brune' touche toutes les composantes de la société, y compris les personnes d’origine étrangère''. Nous l'avons rencontré. Interview.

Q : Listez-vous systématiquement les candidats d'origine étrangère provenant d'organisations ''antidémocratiques'' et présents sur des listes électorales de formations dites ''démocratiques'' pour les élections communales du 8 octobre prochain ?
MK: Non, je n’aborde le sujet que lorsque le candidat fait justement lui-même campagne sur ces thèmes. Dans le climat actuel, si au moins les candidats belges d'origine turque s'abstenaient de faire campagne sur le génocide arménien, ce serait déjà un bon début. Si en tant que personnalité politique, vous manifestez pour le démantèlement du monument au génocide arménien (Emir Kir du PS et consorts), si vous vous affichez ouvertement négationnistes (Sevket Temiz PS ex-MR, Sait Köse du FDF, Derya Bulduk du FDF) afin de jouer la surenchère communautariste, si en plus vous écrivez des livres pour défendre l'indéfendable (Mustafa Öztürk du MR-Liste du bourgmestre), permettez alors aux journalistes de vous interpeller sur le sujet ou au minimum de rapporter vos propos dans une langue que tout le monde comprend (ou presque) en Belgique.

Q : Aujourd'hui, grâce à vos enquêtes journalistiques, les directions du PS, du MR, du FDF et du CDH sont au courant des ''CV'' politiques de leurs candidats issus par exemple de la droite nationaliste turque ou de la mouvance nationaliste marocaine anti-algérienne. Comment ont-ils réagi ?
MK: Par le silence radio. Aucune des formations politiques démocratiques n’ose faire le ménage, malgré les preuves irréfutables mis en avant. C’est la politique de l’autruche jusqu’après les élections. Pire, on accuse les journalistes indépendants de calomnie et de diffamation, on les traîne en justice. Parmi la classe politique et certains journalistes de grands médias règne un climat de crainte d’être accusé de racisme dès qu’il faut relater le communautarisme antidémocratique des candidats et élus d’origine étrangère. Il y a aussi la volonté légitime de soutenir les candidats issus des minorités. Mais doit-on le faire à tout prix ? Ce n’est pas parce qu’on est d’origine étrangère qu’on est automatiquement immunisé face au discours d’extrême droite ou aux fréquentations douteuses. Le racisme n’est pas uniquement le refuge de l’ouvrier blanc en mal contre la mondialisation, la ''peste brune'' touche toutes les composantes de la société, y compris les personnes d’origine étrangère ou les hommes d’affaires.

Q : Vos enquêtes journalistiques dérangent certainement les tenants de la realpolitik, ceux qui par opportunisme, pour gagner les élections, ratissent tous azimuts, y compris en s'adressant à l'électorat immigré via des candidats pourtant forts proches des thèses antidémocratiques du Vlaams Blok/Belang et du Front national. Selon vous, sont-ils dès lors en infraction morale vis-à-vis du cordon sanitaire mis en place contre l'extrême droite ?
MK: Certainement, le débat sur le cordon sanitaire garde sa pertinence pour autant qu’on soit cohérent avec soi-même. Il est, par exemple, moralement inacceptable de maintenir à sa place un secrétaire d’Etat qualifié par nous de menteur, délinquant et négationniste après qu’un jugement confirme nos enquêtes. Il est moralement inacceptable d’assister à des réunions organisées par l’extrême droite alors qu’en mai 2001, le ministre flamand de l’Intérieur, Johan Sauwens, avait dû se démettre de ses fonctions à la demande de son parti (feue Volksunie) pour avoir participé à une réunion de sympathisants d’extrême droite et d’anciens SS. Vous n’aimez pas l’extrême droite ? Très bien, mais alors renseignez-vous avant d’accepter un petit-déjeuner avec ses lobbies et ses organisations installés en Europe.

Q : Constatez-vous une montée du racisme parmi les populations héritières de l'immigration, victimes pourtant en premier lieu du racisme ambiant de notre société ? Comment s'exprime-t-il ? Quelles sont les communautés les plus touchées par ce fléau ?
MK: Je ne suis pas sûr : pour confirmer ou non une montée du racisme dans ce segment, il faudrait comptabiliser le nombre de plaintes introduites au Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, le MRAX, et au Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme. Parmi les populations immigrées, on dirait qu’il existe le principe du « last In, last served » (dernier arrivé, dernier servi) où les stéréotypes négatifs sont d’abord véhiculés parmi la précédente vague contre les derniers arrivés comme les Polonais, les Bulgares ou les Roumains. Est-ce déjà une preuve d’intégration dans la société belge ? Il faut alors remettre en cause le modèle d’intégration (inexistant) à la belge. Plus généralement, je constate simplement que plus les Etats-Unis restent en Irak, plus le recrutement de candidats jihadistes se facilite en Europe ; plus Israël viole le droit international, plus le discours antisémite se propage principalement parmi les personnes d’origine arabe, etc.

Q : Contre les racisme inter-communautaire, anti-Belges et anti-''immigrés'' : que faire ?
Il faut en tout cas être très ferme contre ceux qui agissent ou diffusent des discours d’extrême droite, quelle que soit la langue utilisée. Le double discours des partis politiques à ce sujet n’aide pas les militants antifascistes dans leur combat légitime.


(c) ResistanceS -  Propos recueillis par Manuel ABRAMOWICZ

(*) Qui est Mehmet Koksal ?

Journaliste de profession (notamment à l’hebdo ''Courrier international''), Mehmet Koksal est né en Belgique de parents turcs. Il vit à Bruxelles. Diplômé de l'Université libre de Bruxelles (ULB), ce multilingue (outre nos langues nationales, il parle le turc, l'anglais et le russe) anime plusieurs sites Internet. Ces derniers sont des médias de référence en matière d'études et de recherches sur les populations immigrées. Mehmet Koksal travaille également en étroite collaboration avec Pierre-Yves Lambert, le spécialiste belge de la politisation des populations issues de l'immigration. Ensemble, ils co-animent le site ''Suffrage Universel''.

Maintenant, il n'y a aussi des candidats "belges" bon teint qui tiennent - souvent en privé - ds propos inadmissible. Il faut les dénoncer.

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3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 08:26

C'est le titre de l'article de politique intérieure que signe Vincent Engels dans "Le Vif" de cette semaine.

 

Titre qui rappelle l'excellent analyse publié par René Swennen : "Belgique requiem" (Paris, Julliard, 1980 - épuisé - mais à lire dans toutes les bonnes bibliothèques publiques de la Communauté française).

 

Revenant sur les propos de Leterme, il reprend le commentaire d'un parlementaire expérimenté mais discret : "Dans l'ensemble, les réactions francophones à ces propos incendiaires ont été naïves et presque ridicules. Bien entendu que les francophones éprouvent des difficultés à s'exprimer en néerlandais. Rares sont les Canadiens anglophones qui savent engager une conversation en français : ils n'en font pas l'effort ; ils n'en ont pas l'usage. Au lieu de crier au scandale, les francophones devraient admettre cet état de fait..." Propos de bon sens qui vont à l'encontre de la légende (hystérie collective ?) qui veut que sans connaître le flamand (pas le néerlandais) on n'arrive à rien dans ce pays. Qu'on a peu de chance de trouver du travail, etc...

 

Intéressant parce que passé inaperçu, on apprend qu'en 2004, lors de la formation du gouvernement de la Communauté française, Elio Di Rupo et Joëlle Milquet ont été incapables de donner au néerlandais le statut de deuxième langue, avant l'anglais...

 

Allons, ces deux informations montrent qu'il y a encore un peu de bon sens dans notre classe politique. Que la résistance à la pensée unique, même si elle semble très discrète, ou relève actuellement de le force de l'inertie, elle n'est pas morte. C'est là que nous pouvons espérer trouver des alliés le moment venu.

 

Le temps presse pourtant, la Flandre fourbit ses armes, le rouleau compresseur ne ralentit jamais...

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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 22:20

Angela Merkel veut une référence à Dieu dans la constitution de l'UE

BRUXELLES 29/08 (BELGA) = La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite favorable à ce que la Constitution européenne fasse référence à la chrétienté ainsi qu'à Dieu.
"Nous avons besoin d'une identité européenne sous la forme d'un traité constitutionnel, et je pense qu'il devrait faire référence à la chrétienté et à Dieu vu que la chrétienté a forgé l'Europe de manière décisive", a déclaré Mme Merkel à la presse après une entrevue lundi avec le Pape Benoît XVI.
Toujours en phase de réflexion, le processus constitutionnel européen devrait déboucher en juin prochain sur de nouvelles propositions en vue de relancer la constitution, rejetée en juin 2005 par la France et les Pays-Bas.
L'Allemagne, qui reprendra les rênes de l'Union européenne le 1er janvier prochain, entend mener ce débat délicat à bon port.
Interrogé mardi, le président du Parti populaire européen (PPE), le Belge Wilfried Martens, a dit appuyer l'opinion de Mme Merkel, dont le parti est membre du PPE. "Cette déclaration de Merkel me satisfait car cela prouve l'engagement de Merkel pour la constitution", a ainsi affirmé l'ancien Premier ministre belge.
Plusieurs autres figures du parti conservateur européen ont toutefois jusqu'ici toujours refusé cette référence à Dieu dans la Constitution, dont Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien commissaire Michel Barnier ou Jean-Luc Dehaene, vice-président de la Convention qui a accouché du projet constitutionnel. M. Martens ne s'inquiète toutefois pas trop de ces adversaires. "Au sein du PPE, les opposants à une référence à Dieu ne sont qu'une petite minorité. En fait, il ne s'agit que de personnes isolées", a-t-il dit.

Diable !

Et moi qui croyais encore que les grandes contributions originales européennes ont été l'invention de la Démocratie dans la Grèce antique et la Laïcité, mettant l'Homme devant ses responsabilité, avec son principe de séparation des rôles de l'Etat et des Eglises à l'époque des Lumières... Suivant en ça le principe "Rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à Rome (L'Etat de l'époque et pas le Vatican qui n'a été construit que bien plus tard) ce qui est à Rome et qui, il es vrai n'existe pas dans les religions monothéistes autres que chrétiennes.

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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 09:48
Voici une "lettre ouverte" qui circule actuellement sur Internet.
L'auteur y fait une analyse rapide et parfois forcément sommaire des relations Flamands-Wallons sur le petit territoire que constitue encore la Belgique. Avec quelques inexactitudes historiques, mais comment lui tenir grief d'avoir été imprégné par l'enseignement d'une version de l'Histoire faisant remonter le territoire de la Belgique à la plus haute antiquité, par exemple ? La Champagne et la Normandie faisait également partie des tribus "belges" de la nation gauloise et c'est ce nom générique qui a survécu au travers des âges jusqu'à se confondre avec le territoire d'un petit Etat qui n'existe que depuis 1830. Il donne, comme les nationalistes belges avant les flamands, des visions politiques de notre époque aux Comte de Flandre, de Namur ou Duc du Luxembourg qui n’étaient – à l’époque de la bataille dite des « éperons d’or » - que de vulgaires chefs de bandes. Mais bon… Là n’est pas l’essentiel.
On sent surtout dans son texte toute la déception, le rage même de ceux qui voient leur échapper une Belgique mythique à laquelle ils ont cru, comme de nombreux Wallons et Bruxellois francophones ou encore ceux qui plus récemment ont opté pour notre langue face à la montée du nationalisme flamand et qui commencent seulement à entrouvrir les yeux. Vont-ils se rendre compte de tout ce que le Régime leur a caché ? Vont-ils enfin se rendre compte de l’énorme manipulation que nous subissons ? Vont-il se réveiller et constater qu’il n’y a plus de « Nation belge » ? Et depuis longtemps ?
Et pourtant les avertissements n’ont jamais manqué, de Jules Destrée dans sa « Lettre au Roi » au premier vote historique du Congrès Wallon de 1945, des fondateurs du Rassemblement wallon par qui l’essentiel a été préservé grâce à la revendication du fédéralisme économique jusqu’au manifeste fondateur du Rassemblement Wallonie-France qui tire les conclusions nécessaires à la renaissance d’un espoir d’avenir pour les Wallons et les Francophones (puisque cet adjectif est devenu un substantif) de ce pays.
Dans son dernier paragraphe, l’auteur fait un vœu, écrivant : « l’avenir pourrait être meilleur et l’union ferait une meilleure force pour les deux communautés. Mais pour cela, il faut que l’électeur décide de mettre fin à deux univers carcéraux : la xénophobie raciste en Flandre et la servilité de l’assistanat en Wallonie. Est-ce encore possible ? »  « Ce sera difficile » dit-il. Et il a raison.
 
Pour Romain Gary, " Le patriotisme, c'est l'amour des siens; le nationalisme, c'est la haine des autres ". Tout le passé, le présent et l’avenir des différentes composantes de la Belgique y est résumé. J’aurais aimé que l'auteur de la lettre termine par un autre vœu, celui de retrouver une patrie à aimer.
Parce qu’elle est là, elle nous attend. C’est la France !
 
Voici le texte reçu :
 
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LETERME
 
Ainsi donc, Monsieur Leterme, vous n’avez, une nouvelle fois, pu cacher la haine méprisante que vous ressentez à l’égard de vos voisins francophones. Je n’ose dire compatriote car pour vous la Belgique n’est qu’une poubelle de l’Histoire abandonnée sur le trottoir de la Flandre. Cela fait longtemps, trop sans doute, que les francophones acceptent d’écouter les propos injurieux et mensongers des flamingants. Il ne faut pas exciter davantage les bêtes furieuses, mais trop de patience peut nuire à une solution équilibrée. Il est donc temps de répondre de manière pondérée mais ferme à votre discours fondé sur une vision faussée et mensongère de la Belgique et de ses habitants.
 
La Terre promise
Le Vlaamse grond représente le fondement idéologique du flamingantisme. Ceux de votre bord croient dur comme fer que la région occupée par la population flamande est un sanctuaire qui lui appartient depuis toujours et pour l’éternité. C’est oublier, un peu vite, que les populations actuelles de l’Europe du Nord proviennent des multiples invasions provenant d’Asie. Les peuplades germaniques, auxquelles appartient la population flamande, sont arrivées de l’est après les ancêtres des wallons et l’invasion a été stoppée à la frontière des forêts de l’époque, qui est, à peu de choses près, la frontière linguistique d’aujourd’hui. Ne me dites pas que cela n’est pas vrai. Un flamingant m’a dit récemment que nous avions eu la chance d’avoir des forêts pour nous protéger…L’esprit de conquête et de domination du peuple flamand n’est donc, semble t-il, pas une nouveauté.
Bref, la tribu germanique flamande est arrivée un peu tard et s’est emparée d’un territoire qui ne lui appartenait pas pour s’y installer et le considérer ensuite comme sa terre promise, son sanctuaire inviolable. Cette appartenance quasi mystique d’une terre éternellement réservée à l’homo flamandicus est donc une première déformation de l’Histoire.
 
La Belgique de Jules César
Les braves peuplades qui vivaient dans la partie septentrionale de la Gaule avaient, sans doute fini par s’entendre et devaient présenter suffisamment de traits communs pour que Jules César n’hésite pas à les appeler collectivement « Belgae ». Si pour vous, Monsieur Leterme, la Belgique est un accident de l’Histoire, ce fut alors un très ancien accident. Une chose me rassure cependant. Dans sa fameuse chronique « de bello galico » Jules César ne dit-il pas à propos des gaulois que « de tous, les belges sont les plus braves ». En réalité, les manuels ont extirpé la fin de la phrase qui se terminait par « mais sont aussi les plus bêtes ».En d’autres termes flamands et wallons étaient aussi stupides l’un que l’autre. Voilà une égalité qui ne doit pas vous faire plaisir, Monsieur Leterme, pas plus que l’existence lointaine d’une Belgique que vous semblez ignorer..
 
Jérusalem
De nombreux nobles flamands ont participé aux croisades et je ne doute pas qu’ils y ont fait preuve de hardiesse et de bravoure. Pas de chance, Monsieur Leterme, c’est un chevalier né à Baisy-Thy, un wallon donc, qui eut l’honneur de prendre la ville de Jerusalem en 1099. Plus personne d’autre ne réussit cet exploit une seconde fois. Vous le connaissez peut être. Allez, je vous mets sur la piste, il a hérité de terres dans les ardennes et y a bâti un remarquable château fort. Vous y êtes ! C’est bien de Godefroy (orthographe exacte) de Bouillon qu’il s’agit. Comme quoi certains wallons peuvent parfois se montrer courageux et téméraires. Au fait, savez vous quels étaient ses « chefs d’état major » ? Beaudouin II de Hainaut et …Robert II de Flandre. Vous ne vous souveniez pas ? Décidément, vous avez la mémoire sélective, Monsieur Leterme.
 
La bataille des éperons d’or
Ce haut fait d’armes est la victoire symbolique pour les flamingants de la supériorité des courageux vassaux flamands contre leur détesté suzerain, le roi de France. Voilà encore une présentation pour le moins déformée de l’Histoire car la bataille des éperons d’or n’opposait pas la Flandre à la France mais bien la Belgique à la France. Mais oui, vous ne rêvez pas, Monsieur Leterme, le comte de Namur et le Duc du Luxembourg ont participé avec leurs troupes à la bataille et certains historiens prétendent même que le comte de Namur était le commandant en chef des coalisés. Vous n’y croyez pas ? que soit…Vous ignorez, sans doute aussi, que deux années plus tard une seconde bataille eut lieu à Mons-en-Pévèle opposant une nouvelle fois la France à la Flandre aidée par les seuls namurois. L’issue de la bataille fut cette fois à l’avantage des français. N’ayez crainte, les manuels d’Histoire flamands n’en font jamais état, car l’histoire a été entièrement revisitée par les nationalistes flamingants. Comme nous allons le voir, ce n’est pas la seule falsification, loin s’en faut !
 
Les multiples occupations
Les troupes étrangères ont défilé pendant des siècles dans nos belles régions et, flamands comme wallons, ont été dominés par de multiples nations étrangères. Nous avons été français, espagnol, germanique autrichien, français à nouveau et finalement hollandais. Bien sur, il y eut quelques particularités intéressantes à signaler. Le premier roi de France fut un franc de nos ancêtres, un certain Clovis natif de Tournai. Cette ville, à l’histoire aussi riche que Bruges, fut aussi un certain temps sous domination anglaise. La principauté de Liège eut aussi une histoire différenciée des autres provinces belges. Je rappellerai que des villes flamandes comme Tongres ou Saint Trond firent partie, et de bon gré, de la principauté liégeoise. Une nouvelle preuve que les populations flamande et wallonne pouvaient vivre ensemble sans heurt et dans le respect réciproque. D’ailleurs, ces deux populations se retrouvèrent ensemble dans les provinces unies catholiques séparées des Pays-Bas réformistes. Que de parcours communs, vous ne trouvez pas, Monsieur Leterme ?
La dernière domination, celle du Prince d’Orange Nassau, ne fut pas au goût des belges. L’économie belge devenait vassale des hollandais et les anversois n’appréciaient pas particulièrement l’étouffement de leur port au bénéfice d’Amsterdam et surtout de Rotterdam.
 
L’indépendance de la Belgique
Le soulèvement de la population belge en 1830 ne fut donc pas, comme vous souhaitez nous le faire croire, un accident de l’Histoire. Bien au contraire, le mouvement indépendantiste toucha toute la population belge qui incluait le Grand Duché du Luxembourg actuel. Si ce mouvement naquit à Bruxelles et fut surtout soutenu par liège, il reçut l’approbation des autres régions dont aucune ne se rangea aux côtés des bataves.
 
Le choix de la langue nationale
Le choix d’une langue nationale s’imposait alors pour asseoir les structures administratives du jeune Etat. N’oublions pas que la conception de la gestion de l’Etat était forcément centralisatrice à cette époque. La décision fut prise par le premier parlement du royaume. Je vous entends déjà, Monsieur Leterme, rager contre le caractère purement francophone de ce parlement. Nouvelle falsification scandaleuse de la vérité historique ! Bien entendu, ce parlement était francophone pour la simple raison que nous étions à l’époque du vote censitaire et que donc seules la noblesse et la bourgeoisie avaient accès au pouvoir. Il se fait qu’à cette époque, les deux parlaient exclusivement français, la langue diplomatique européenne de l’époque. . Rappelez-vous, Monsieur Leterme, nous sommes en 1830. D’ailleurs les devises de pays non latins étaient parfois exprimées en français. Avez-vous connaissance, Monsieur Leterme, du « Je maintiendrai » hollandais et du « Honni soit qui mal y pense » anglais ?
Autre précision, la participation flamande au premier parlement belge équivalait à celle des bruxellois et wallons, mais elle n’est pas apparente pour les flamingants puisque les parlementaires flamands, bourgeois et nobles, étaient francophones. Les manuels d’Histoire flamands travestissent donc totalement l’Histoire en faisant croire que le français fut imposé aux flamands par les ancêtres des francophones actuels. C’est, en réalité, l’ensemble de la classe dominante qui choisit à l’époque la langue française sans que cela ne suscite de débats passionnés. Et pour cause car, dans le contexte de l’époque, ce choix était simplement logique. Comme je l’ai dit, le français était à l’époque la langue des classes dominantes non seulement en Belgique mais sur l’ensemble de l’Europe. On parlait même français à la cour de Russie. D’autre part, les classes inférieures ne parlaient, en Belgique, qu’une multitude de dialectes locaux. Il n’y avait à l’époque pas plus de langue flamande que de langue wallonne. La langue flamande fut unifiée bien plus tard sous le sigle ABN après des décennies d’effort. Ne vous en déplaise, Monsieur Leterme, il n’y eut pas de véritable choix, et le français ne fut pas imposé par la population wallonne à la population flamande mais bien par les classes supérieures aux classes inférieures, au sud comme au nord du pays.
 
La période industrielle
Au moment de l’indépendance, l’industrie wallonne était en plein développement grâce aux charbonnages et à la sidérurgie qui généraient à leur tour de multiples ateliers mécaniques. Ce fut une époque de gloire pour la Belgique qui devint la seconde puissance industrielle du monde. C’est l’époque où l’arlonais Lenoir inventait le moteur à explosion tandis que le liégeois Gramme inventait la dynamo. Deux inventions majeures pour l’avenir, vous en conviendrez Monsieur Leterme, provenant de wallons paresseux et imbéciles. C’est à cette époque aussi que les wallons allèrent initier les suédois à la sidérurgie. Si vous vous promenez à Stockholm, peut être flânerez vous, sans le savoir, dans la rue des wallons. Le savoir-faire wallon fut exporté au Moyen Orient, en Chine, en Russie qui s’équipèrent de centrales électriques et de tramways conçus et réalisés chez nous. Ceci ne fut possible que parce que la Belgique existait car nombreux furent les travailleurs flamands qui vinrent en Wallonie pour participer à cet essor extraordinaire. La qualité de leur travail et leur apport à l’économie belge sont reconnues sans conteste.
Bien entendu, me direz vous, tout cela était finalement au profit exclusif des francophones. Nouvelle ignorance des réalités ! Le premier chemin de fer belge – qui était aussi le premier sur le continent – fut crée sur la ligne Bruxelles-Malines, en Flandre donc. Le canal Albert, travail gigantesque compte tenu des moyens de l’époque, fut réalisé pour exporter l’acier wallon via le port d’Anvers plutôt que le port de Rotterdam pourtant facilement accessible. Savez vous que, lors de la négociation avec les hollandais au moment de l’indépendance, pour obtenir la libre circulation sur l’Escaut pour le port d’Anvers, la Belgique s’est engagée à fournir actuellement un quota d’eau potable aux Pays-Bas ? Ignorez-vous que cette eau provenait et provient toujours (car l’engagement est encore respecté aujourd’hui) de Wallonie ? Des industriels wallons ont initié l’exploitation des mines du Limbourg, Acec a ouvert une succursale à Gand, la fabrication ferroviaire a été développée à Bruges, Sidmar a été créé pour donner à la Flandre une industrie sidérurgique. La côte belge n’était à la fin du 19 ème siècle qu’une suite de petits villages de pêcheurs. Ce sont essentiellement des francophones qui ont développé les cités balnéaires de la Vlaamse kust. Le rayonnement économique de la Belgique allait permettre à Ostende de devenir « la reine des plages » comme Spa devenait la ville thermale à la mode. La ville flamande de Louvain, héritière d’un brillant passé, connut, pour la même raison, un nouveau développement avec la notoriété internationale d’une université au développement de laquelle les francophones participèrent plus qu’activement. Peut être avez-vous entendu parler du chanoine Lemaître, le concepteur de la théorie du big bang ? Il n’y a pas à dire, nous n’avons jamais manqué pas d’imbéciles en Wallonie.
Le développement industriel et culturel fut bien partagé durant cette période de gloire internationale et il serait scandaleux de prétendre que la prospérité de l’époque fut au bénéfice exclusif de la Wallonie. La Flandre fut, sans aucun doute possible, largement bénéficiaire de l’indépendance de la Belgique.
 
La révolution sociale
L’essor économique de la Belgique ne se faisait pas par clivage Nord-Sud mais bien par clivage de classes sociales. Le travail dur et souvent inhumain dans les industries lourdes situées en Wallonie allait générer la naissance du socialisme. Les ouvriers demandaient, à juste titre, un meilleur partage des richesses revenant jusqu’alors exclusivement à la bourgeoisie. Comme les dialectes wallons étaient plus proches du français que les dialectes flamands, les classes laborieuses eurent plus facile dans le sud à comprendre et parler un français, même approximatif, que les travailleurs du nord du pays. L’opposition se marqua donc, en Wallonie, par un socialisme politique basé sur la lutte des classes ou, si vous préférez, sur l’opposition patron-ouvrier.
Cette révolution sociale se développa également en Flandre. Un socialisme assez proche de celui de Wallonie se retrouvait dans le Limbourg minier tandis qu’un socialisme linguistique se manifestait partout ailleurs. Pourquoi ? Tout simplement, Monsieur Leterme, parce que la classe possédante flamande parlait français tandis que la classe dominée parlait l’un ou l’autre des dialectes flamands. Le français devint donc le symbole de l’ennemi dominateur et le clergé flamand, qui souhaitait logiquement l’émancipation du petit peuple industrieux, devint ainsi le fer de lance du socialisme linguistique à la base du flamingantisme. Le clergé, mieux éduqué que le peuple s’appuya sur la vieille lutte du comte de Flandre contre le roi de France pour donner à cette lutte une justification historique. Le clergé fut aussi à la base de la fondation de l’ABN qui allait permettre la création d’une véritable langue flamande. La bourgeoisie flamande se mit progressivement à parler flamand et pour garder son pouvoir vis-à-vis de la masse vindicative prétendit, c’est de bonne guerre, qu’elle avait été forcée à parler français depuis l’indépendance. Cette explication fallacieuse allait aviver le flamingantisme et créer les bases du problème communautaire belge. Pourtant, il y avait eu large interpénétration entre les deux communautés. A preuve les multiples Dewael ou autres Dewaal au nord du pays et les innombrables Flamand, Flament ou De Vlaminck résidant aujourd’hui dans le sud du pays. Il est d’ailleurs piquant de constater que les ministres les plus flamingants aujourd’hui s’appellent Anciaux, Dewael ou…Leterme. De notre côté nous avons une multitude de politiciens d’origine flamande comme Cools, Spitaels, Vanderbist, Van Cauwenberghe, Despiegeleer, Daerden ou autre Onckelinckx. Comme vous le voyez, Monsieur Leterme, la Belgique que vous vous acharnez à détruire est bel et bien une réalité.
 
L’influence allemande
Peu d’historiens ont étudié l’influence allemande sur le problème communautaire belge. Elle ne fut pourtant pas négligeable, loin de là. On a beaucoup parlé d’ordres donnés en français et incompréhensibles pour le soldat flamand lors de la bataille de l’Yser, mais il y a, en réalité, très peu de faits concrets vérifiés. Il faut dire que les ordres militaires dans une tranchée ne peuvent être d’une variété et donc d’une complexité extrême. Les services allemands avaient tout intérêt, à cette époque, à répandre de telles rumeurs visant à diviser l’armée d’en face. En jetant le discrédit sur des officiers parlant français, on avait la possibilité de décapiter l’armée belge et de récupérer la sympathie de soldats appartenant à la famille germanique. Une telle volonté de subversion est bien compréhensible en période de guerre. Aucune enquête sérieuse n’a jamais été faite sur le sujet.
Durant la seconde guerre mondiale, vos amis nazis ont déporté en masse les prisonniers belges. Les ressortissants flamands furent rapidement libérés tandis que les wallons devaient rester en Allemagne. Cette différenciation marquait clairement la volonté des services allemands de diviser la Belgique. On peut s’étonner qu’aucune voix ne s’est élevée en Flandre pour s’émouvoir du sort des compatriotes francophones…
 
Une religion de l’insulte
Comme vous, Monsieur Leterme, j’ai usé mes culottes sur les bancs de l’école catholique. Même si je n’en ai pas conservé une foi vibrante comme la vôtre, les braves prêtres et petits frères de l’époque m’ont fait découvrir les valeurs de l’humanisme, du respect des autres, de la charité. Visiblement, l’enseignement catholique était quelque peu différent au nord du pays. J’ai pu observer, à l’époque, les scouts flamands, dont la couleur de chemise évoquait de mauvais souvenirs, défiler en chantant AVV-VVK. Tout pour la Flandre (donc rien pour les autres) et la Flandre pour le Christ. Un rien intégriste avec un zeste d’égoïsme bien marqué. Cela rappelait quelque peu un certain « Gott mit uns » de mauvaise mémoire…
Nous avons eu droit aussi aux « Mars op Brussel », la Flandre réclamant une part de gâteau toujours plus grande. Cela confirme, en tout cas, que, depuis l’indépendance jusqu’au début des années 1960, le transfert financier fut plutôt dans le sens Sud – Nord. Ces manifestations orchestrées par un parti catholique rabique étaient agressives et franchement anti-francophones. Ceux qui ont vécu cela se souviennent de la présence d’un militant bien connu à ces marches de santé. Il s’appelait Maertens, Wilfried de son prénom, et fut plus tard plébiscité par les wallons (vous avez raison, nous pouvons être très bêtes) comme premier ministre ! Il ne fallut pas attendre longtemps pour entendre « Walen buiten » à la très catholique université de Leuven. Ce rejet de l’autre était d’autant plus scandaleux que celui-ci avait largement contribué à renforcer le rayonnement international de cette vénérable institution.
Mais le pire était encore à venir. Des associations flamandes comme le TAK ou le VMO (organisation paramilitaire s’il en est) créèrent des troubles un peu partout. Plaques indicatrices barbouillées, voitures françaises taguées à la côte belge, pardon la Vlaamse kust, n’étaient que le reflet « amusant » des brutalités perpétrées par ces voyoux dans certains villages. Les insultes volaient : « Fransquiljoenen, waalse ratten ... »enzovoort Ces chemises brunes participèrent aussi à l’annexion des Sudètes, je veux dire les Fourons. Ces villages d’origine totalement wallons avaient attiré de nombreux résidents hollandais, ce qui permit aux flamands de les considérer comme appartenant au Vlaamse grond. Pas question de se souvenir dans ce cas de l’historique de cette région. Tout l’inverse de la dialectique flamingante à Bruxelles…Personnellement, Monsieur Leterme, j’aurais admis volontiers que ces villages soient à facilités avec un maximum de respect et de tolérance, le nombre de résidents des deux langues étant d’ailleurs à peu près à parité. Oui, je sais, vous n’acceptez pas une telle tolérance à des endroits où des francophones sont en large majorité. L’amour du prochain que vous a dicté votre foi catholique, sans doute.
Le CVP s’est emparé du pouvoir et le poste de premier ministre fut littéralement séquestré par ce parti compréhensif et généreux. Les affaires économiques furent aussi réservées à des ministres flamands. Ainsi, les représentations ou missions à l’étranger furent essentiellement au bénéfice de la Flandre. Les investissements en infrastructures furent aussi largement profitables à Moeder Vlaanderen : autoroutes, aménagement des ports d’Anvers et de Zeebrugge, création de zonings avec incitants pour les investissements étrangers, partout la priorité était au nord du pays. Jamais dans le monde, je n’ai pu observer une telle disparité entre deux communautés. La main mise sur le pouvoir politique et administratif était d’autant moins justifiée que la proportion 57/43% devait normalement s’accommoder d’un partage plus équitable. Mais tout était justifié par la fable de la revanche contre les vilains francophones qui avaient imposé leur langue aux gentils flamands et qui d’ailleurs ne voulaient toujours pas se mettre à la langue de Vondel.
 
Parler flamand ?
Nous touchons là au leitmotiv des flamingants : les francophones refusent de parler leur langue. Traduisons : un million de francophones de Bruxelles et de la périphérie ne veulent pas perdre leur identité et se laisser absorber par la notion flamande. Je vous concède que ceci doit vous agacer, Monsieur Leterme. Quel surcroît de puissance n’aurait pas la Flandre si elle pouvait se rendre maître de la capitale de l’Europe ?
Eh, bien, Monsieur Leterme, je ne me débrouille pas mal dans votre langue mais j’avoue ne pas avoir envie de la parler. Aimeriez vous parler la langue d’une nation dont l’attitude est agressive et insultante à votre égard depuis des décennies ? Et puis à quoi bon ? Malgré la promotion de l’ABN les dialectes restent très vivaces. Il m’arrive toujours d’obtenir des réponses en dialecte lorsque, par respect et par politesse, je fais l’effort de parler néerlandais en Flandre. J’ajouterai que la réponse est parfois donnée avec un petit sourire narquois pour me faire comprendre que je suis un étranger à la race flamande. Je ne suis toujours pas capable de comprendre deux limbourgeois ou deux westhoekers parlant ensemble. Chose rassurante, un westhoeker ne comprendra pas mieux que moi le limbourgeois. Vous pensez évidemment que j’exagère. Et pourtant, lorsque je dirigeais un département au sein d’une multinationale, j’ai souhaité traduire une série de documents dans les différentes langues des pays dont j’avais la charge. Tout s’est très bien passé, sauf en néerlandais car je n’ai jamais pu mettre d’accord la clientèle flamande et néerlandaise sur des textes communs. Les corrections de plusieurs flamands divergeaient même entre elles. J’ai donc pris la sage décision de continuer la distribution de textes en Anglais pour les Pays-Bas et la Flandre. Par chance, les textes dans la langue de Voltaire furent agréés aussi bien par les Français que les Wallons. Aucun de ces derniers n’exigea des connotations de Liège, de Charleroi ou d’Houtsiploux.
Désolé, Monsieur Leterme, mais vous comprendrez que votre langue manque d’attrait, en grande partie à cause du comportement même des flamands.
 
Le refus de toute objectivité
Excédé par la hargne et le non-respect de certaines libertés, les francophones ont demandé un examen neutre et objectif d’une instance extérieure. Une envoyée de l’Union européenne vint examiner la situation et conclut à l’excellent traitement de la minorité flamande à Bruxelles et au mauvais traitement des libertés dans la périphérie de la capitale. Cet avis émanait pourtant d’une femme respectable dont l’objectivité aux yeux des flamands semblait garantie par sa provenance ethnique. Cette dame respectable était pourtant d’origine germanique.
Le rapport de l’experte de l’Union européenne ne plut évidemment pas aux ayatollahs flamingants et fut donc jeté aux ordures. Avec raison, car la réaction francophone fut tellement faible qu’elle en fut ridicule. C’est vrai, Monsieur Leterme, à force d’être conciliants, nos représentants sont souvent de grands imbéciles. Ce qui est réconfortant c’est que vous ne manquez pas d’être cons également. La repeinture des poteaux de signalisation en jaune et noir est un signe de votre obsession nationaliste qui ne manque pas de ridicule.
 
National socialisme et front populaire
Une analyse lucide de la situation permet de résumer le problème actuel de la vie communautaire en Belgique.
Le socialisme linguistique de la Flandre a tourné à l’obsession, orientée habilement par la bourgeoisie flamande contre les francophones de Bruxelles et de Wallonie. Cette prise de position a été exacerbée par les activistes de certains milieux politiques et confessionnels. Le milieu catholique flamand a engendré la haine et le mépris et a provoqué l’éclosion d’un national socialisme flamand, mieux connu sous le vocable de flamingantisme.
Comme Hitler, votre politique est essentiellement basée sur la haine, le mépris et l’insulte alimenté par une excuse de revanche, supposée juste et nécessaire. Comme Hitler, vous cultivez la religion de l’Ubermensch et de l’Untermensch. Comme Hitler, seule la prospérité de votre nation compte, fut ce au détriment des autres. Comme Hitler vous multipliez les mensonges et reniez vos paroles le lendemain d’un accord conclu. Comme Hitler, vous pratiquez la politique des petits pas jusqu’à obtenir la suprématie qui doit vous permettre d’écraser l’autre. Permettez-moi de ne pas trouver cela très…catholique.
Les succès répétés de la Flandre à chaque remise en cause de sa parole provoquant l’ouverture de nouvelles négociations est facilitée par la faiblesse de la Wallonie dominée sans partage réel par un parti anesthésiant visant à asservir les gens par l’assistanat en vue d’asseoir leur pouvoir. Il s’agit, ici aussi, d’un socialisme mais d’un socialisme mou que j’aurai tendance à appeler « socialisme de St Nicolas ». Avec l’ennui que la distribution des jouets commence par St Nicolas lui-même. Aucune chance de redressement en Wallonie tant qu’un tel parti sera omnipotent et que les autres partis se disputeront la « chance » de pouvoir l’accompagner servilement au pouvoir.
Vous l’avez compris, Monsieur Leterme, la situation belge ressemble à un scénario déjà connu : le national-socialisme contre le front populaire. Rassurez-vous, l’issue de ce conflit ne fait pas de doute, mais une probable victoire de la Flandre n’est pas éternelle. L’Histoire nous apprend que la fortune est changeante. Sachez que nous n’oublierons pas de sitôt la veulerie du catholicisme flamingant.
Et pourtant, l’avenir pourrait être meilleur et l’union ferait une meilleure force pour les deux communautés. Mais pour cela, il faut que l’électeur décide de mettre fin à deux univers carcéraux : la xénophobie raciste en Flandre et la servilité de l’assistanat en Wallonie. Est-ce encore possible ? Ce sera difficile et vous faites tout ce qu’il faut pour le rendre impossible. J’aime les gens constructifs, compréhensifs, respectueux, corrects ; je déteste les gens destructifs, égocentriques, haineux, menteurs. C’est pour cela, Monsieur Leterme, que vous me dégoûtez profondément. Allez boire votre vin de messe et lire votre évangile. Assurez-vous au préalable de la présence du sigle AVV-VVK sur sa couverture.
Je n’ai pas l’honneur de vous saluer, Monsieur Leterme, car je ne voudrais pas que, par hypocrisie, vous n’ayez la politesse feinte d’enlever votre képi. Il vous va si bien.
 
                                                                                                                                             Paul Cobut
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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 16:36
« Faites de la Communauté flamande un Etat flamand membre de l'Union européenne, il y a un large consensus pour un pas en direction d'une Flandre indépendante » a déclaré ce midi le président (très modéré) du Comité du pèlerinage de l'Yser, Walter Baeten.
Il a appelé les partis flamands à ne pas former de gouvernement au fédéral en 2007 aussi longtemps que les partis francophones s'opposeront à une réforme de l'Etat.  Réforme lors de laquelle la Flandre veut des avancées « significatives » dans les matières économiques, mais aussi la régionalisation de la santé, la justice et les matières concernant les familles.
 
Fort remarquée au milieu d'autres ministres et personnalités, la présence d’Yves Leterme qui a y annoncé qu'il ferait part de ses objectifs électoraux au début de l'année prochaine… rejetant les excuses quémandées pour rassurer leurs électeurs par le président du PS Elio Di Rupo et la ministre de la Justice Laurette Onkelinx.
La vraie question sera bientôt celle-ci : Quand Yves Leterme sera-t-il élu Président de la République de Flandre ?
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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 11:26

Ce vendredi 25 août ont été remis au Parlement de la Communauté française les Prix Condorcet-Aron. Evénement essentiel en matière de soutien aux initiatives citoyennes et pédagogiques, ces prix sont proposés par le Centre de recherche et d'étude politique (Crep).

Dans la catégorie ''Meilleur livre'', le Prix a été décerné à Manuel Abramowicz pour son ''Guide des résistances à l'extrême droite''. Publié fin 2005 par l'asbl RésistanceS aux éditions Labor, ce livre a été reconnu par le jury du Crep comme un ouvrage didactique et militant permettant à tous les citoyens d'agir au quotidien contre l'extrême droite. Aujourd'hui, ce ''Guide'' sert en effet de référence à la majorité des associations démocratiques actives sur le terrain politique et social. De nombreux professeurs et organismes d'éducation permanente l'utilisent afin de sensibiliser leurs élèves et publics cibles à la résistances contre les partis, organisations et idées antidémocratiques. Son auteur est par ailleurs le coordinateur de la rédaction de RésistanceS et le président de son asbl de gestion.

Manuel Abramowicz m'avait fait l'honneur d'y reprendre une de mes analyses. 

http://www.crep.be/
http://www.resistances.be

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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 11:18

Si l'agence BELGA signale qu'i y a toujours plus de chômeurs sanctionnés. L'analyse des chiffres est intéressante :  Sur les six premiers mois de l'année, l'Onem a temporairement suspendu le versement des allocations de chômage à 10.955 demandeurs d'emploi qui ont refusé le travail qu'on leur proposait. Ce chiffre est en hausse de 12 pc par rapport à la même période en 2005.

Ces refus de travail sont majoritairement flamands: 65 pc des sanctions frappent ainsi des chômeurs du nord du pays, contre 25 pc des Wallons et 10 pc des Bruxellois ! 

Alors, plus paresseux que les Flamands, les chômeurs wallons ?

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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 10:40
J’ai été interrogé, comme la plupart des présidents de partis par la présidente de l’ASBL « seniorflex » <http://www.seniorflex.org>  qui défend et valorise les seniors (45ans et +) désirant continuer une activité lucrative selon leur choix. La demande visait plus particulièrement à connaître les engagements à leur égard, des candidats bourgmestres proposés à leurs suffrages le 8 octobre prochain.
 
Le RWF, n’étant pas un parti gestionnaire, n’a pas souhaité se présenter aux élections communales, sauf à Namur. Nous ne pouvions, et pour cause, répondre précisément à cette demande. La question était cependant importante, c’est que la « gestion » des secondes parties de carrière est une question à la fois politique, sociale et économique essentielle que nous faisons plus qu’évoquer dans notre programme général.
Voici donc de larges extraits de ma réponse dont certaines parties ne sont pas nouvelles pour les plus anciens visiteurs de ce blogue :
 
Nous sommes un parti nouveau n’ayant pas vocation gestionnaire. Notre raison d’existence est la préparation des Wallons et des Bruxellois aux bouleversements institutionnels qui arrivent. Nous n’avons donc pas de candidats bourgmestres désignés. (…) Nous appelons nos électeurs à reporter leurs voix, aux communales, sur les candidats de leur choix présents sur les listes des partis démocratiques.
Par contre, nous serons présents dans toutes les provinces wallonnes aux élections provinciales où nos listes intègrent des seniors particulièrement actifs. (…)
C’est que la « gestion » des secondes parties de carrière est une question à la fois politique, sociale et économique essentielle que nous faisons plus qu’évoquer dans notre programme général.
 
On l’a peu diffusé dans la presse belge, mais le gouvernement français a annoncé, en accord avec les partenaires sociaux, la création d’un contrat «de transition ». Il s’agit d’un  contrat à durée déterminée de 18 mois, renouvelable une fois, avec des clauses simplifiées de rupture, réservé aux chômeurs de 57 ans, afin de leur permettre de compléter leur nombre de trimestre nécessaire pour atteindre leur plein droit à la retraite (62 ans).
 
Mais le gouvernement français  lui-même reconnaît que ce n’est pas suffisant.
 
Les études économiques montrent en effet que les seniors ne sont pas moins productifs que leurs cadets. C’est un message qui doit être porté dans la société en général et le monde de l’entreprise en particulier. Ce qui signifie qu’il faut à la fois convaincre les dirigeants, mais aussi les syndicats et les salariés eux-mêmes. Le message qu’il faut faire passer est double : les seniors sont compétents d’une part, et peuvent avoir une carrière après 45 ans dans l’entreprise. Ils ne sont pas inéluctablement condamnés à la pré-retraite, au chômage ou au bénévolat associatif. Il ne s’agit pas seulement de faciliter l’emploi des seniors mais de revoir l’ensemble de la gestion des âges. Tous les âges ! C’est un vrai défi que de mobiliser la société dans son ensemble pour faire face au manque d’effectifs qui s’annonce ou à la perte de savoir-faire essentiels. Ce qu’accomplissent déjà, en France, certaines grandes sociétés pilotes comme Renault ou Axa notamment. Le Social, le Politique et l’Economique doivent donc se rejoindre pour faire avancer concrètement ce chantier vital pour l’avenir que représentent les nouvelles organisations des entreprises autour de l’emploi des plus âgés, de la formation tout au long de la vie (où en sommes nous en Belgique ?). Ce qui inclut les relations entre les générations, la gestion des gisements d’emplois et de compétences (avez-vous entendu parler de ce projet français de reconnaissance de la compétence par un diplôme ?) ou encore, et on l’oublie trop souvent la prévention des phénomènes d’usure professionnelle (la Belgique utilisant le terme burn-out pour dire la même chose).
Bref, à l’instar du débat qui a lieu actuellement en France, pour nous, la discrimination par l’âge, que l’on constate sur le Marché du Travail - dès 45 ans, très tôt en Belgique -  n’est  ni socialement, ni économiquement admissible. Les seules mesures proposées (promesses électorales ?) de « mise à niveau des avantages sociaux » ne sont pas crédibles dans la situation économique et institutionnelle actuelle. Même si, par ailleurs, ces mesures doivent doit constituer une priorité immédiate pour lutter contre la paupérisation croissante des plus âgés.
Il ne faut pas se faire d’illusion. Le financement de la Sécurité Sociale est actuellement soumis à de terribles tensions. Tensions dues à une économie défaillante mais aussi, tensions dues à la pression nationaliste flamande qui a inscrit dans la Loi (dès 1989, avec l’aval des partis traditionnels francophones et en échange de la reconnaissance de la Région de Bruxelles, on l’ignore généralement) le principe du « juste retour ». C'est-à-dire que les richesses produites dans une Région doivent lui revenir sous une forme ou une autre. C’est donc la fin de la solidarité nationale qui est programmée là. Il suffit de lire les programmes des partis flamands ou d’écouter les propos des hommes politiques les plus en vue pour le comprendre.
La seule solidarité qui n’est pas, à l’heure actuelle remise en question, est celle concernant les pensions de retraite. Pour la simple raison que les pré-retraités et les retraités sont beaucoup plus nombreux en Flandre… et que là, les transferts leur sont plus favorables.
Notre parti souhaite anticiper les bouleversements qui se préparent. Même si en privé, les dirigeants politiques francophones et wallons reconnaissent la justesse de nos positions et de nos thèses, ils n’osent pas encore l’avouer publiquement. Il est donc essentiel de préparer nos concitoyens et de leur dire qu’il y a une vie après la Belgique à laquelle, comme nous, ils ont cru, ils ont consacré beaucoup de temps, d’énergie et disons le, d’amour. Avec les économistes sérieux, nous constatons que l’hypothèse de « Belgique continuée sans la Flandre » ne tient pas la route ou alors à un prix prohibitif du point de vue social. La seule solution qui nous garantira un maintien ou même une amélioration de couverture sociale est la réunion de nos régions à la France.
Il n'y a pas lieu de craindre une quelconque perte de protection lorsque la Wallonie et Bruxelles rejoindront la France. Les Wallons et les Bruxellois y seront des allocataires au même titre que tout Français, et y bénéficieront, dès lors, des mêmes droits sociaux.
Par ailleurs, lors de l'intégration de la Wallonie dans la France, cette dernière reprendra les obligations qui sont celles de la Belgique en assurant la continuité des prestations sociales comme, par exemple, dans le domaine des retraites. C’est une tradition républicaine. A titre d'information, l'Alsace-Moselle connaît un régime local complémentaire en assurance-maladie parce que son système de remboursement était plus favorable que celui de régime général avant la réunion.
En ce qui concerne les pensionnés et les petits revenus :
Le taux d'imposition le plus faible en Belgique est, malgré la réforme fiscale, de 25 % pour les revenus inférieurs à 6.730 euros. Il passe à 30 % sur les revenus compris entre ce montant et 9.580 euros, à 40 % entre ce montant et 15.960 euros, etc. Certes, tout contribuable bénéficie de quotités exemptées d'impôt et les pensionnés, soit sont exonérés d'impôt si la pension est la seule source de revenu et qu'elle ne dépasse pas 12.008,04 euros par an, soit bénéficient d'une réduction forfaitaire d'impôt pour autant que leurs revenus totaux ne soient pas trop élevés.

La fiscalité française est beaucoup plus favorable pour les revenus modestes. Si le revenu net imposable est inférieur à 4.262 euros, le taux d'imposition est nul. Si le revenu est compris entre ce montant et 8.382 euros, le taux d'imposition devient 6,83 % ; il passe à 19,14 % pour les revenus compris entre 8.382 euros et 14.753 euros, etc. (En outre, un pensionné bénéficie toujours, en France, d'un abattement de 10 % sur le montant de sa retraite au même titre que celui qui est appliqué pour les frais professionnels, et il bénéficie d'un second abattement de 20 % sur le solde. De ce fait, l'assiette d'imposition en France représente 72 % du revenu perçu en Belgique. Avec une espérance de vie de 15 ans, cela fait près d'un million et demi d'anciens francs belges d'économisés ! Pas négligeable lorsque l'on ne travaille plus !)

 
Salariés du privé
Fonctionnaires
Pension moyenne en Belgique
Durée de cotisation
40 ans
38,5 ans en 2005,
40 ans en 2008
45 ans
Age moyen de départ à la retraite
61 ans et 9 mois
57 ans et 9 mois
 
Pension moyenne
1 465 €
1 832 €
850 €-700 €
1Commission des Affaires sociales du Sénat et Commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Maintien et amélioration de la protection sociale, maintien de tous ceux qui peuvent et veulent rester actifs et intégration des plus âgés dans la vie sociale et professionnelle, voilà le défi que s’est donnée la Société française. Nous souhaitons y associer les Wallons et les Bruxellois lorsque le nationalisme flamand aura fini de détruire la Belgique. La France est prête à relever le défi dès qu’une assemblée représentative lui en fera la demande (On n’anime pas un parti aux positions radicales comme le nôtre sans avoir des garanties de mener notre politique à bonne fin). La réunion n’est pas synonyme « d’annexion » comme certains le craignent  puisque cette réunion sera négociée et les résultats de cette négociation soumis aux deux parties par referendum comme le prévoit la Constitution de la République.
Voici donc quelques informations sur nos positions en matière de respect, de choix, d’intégration et d’égalité des chances pour tous, en particulier les plus âgés. (…)
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
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La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

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