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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 10:13
… tout en restant prudente et subtilement « ultra-belgicaine ».
 
En résume,  la RTBF a brusquement interrompu ses programmes hier soir en début de soirée pour annoncer que la Flandre faisait sécession, que le Parlement régional flamand venait de déclarer l’indépendance, laissant gros jean comme devant des francophones ahuris et un roi émigrant à l’étranger. Amusant…
S’est ensuivie une « émission spéciale » dans laquelle se sont enchaînés des décrochages « en direct » devant quelques bâtiments officiels et des reportages préparés.
Un débat belgo-flamand a terminé la soirée. Comme d’habitude, un double monologue. Agrémenté de quelques messages choisis de téléspectateurs clamant leur amour de la « Belgique immortelle »… à l’exclusion de tous les autres.
 
Le premier enseignement de cette affaire, c’est donc que l’histoire est tout à fait crédible, de façon somme toute assez surprenante, aux yeux de suffisamment de personnes pour provoquer un tollé d’envergure voire susciter des réactions émotionnelles passablement démesurées de la part de certains, au point que la RTB(f) a ajouté au bout de quelques minutes un bandeau rouge titrant : « Ceci est une fiction ». Pour beaucoup, l'hypothèse de la fin prochaine de la Belgie-que est passée de posssible à probable. Dur réveil !
Amusant aussi de constater  que la principale indignation venait des crédules qui ont bien du constater qu’ils se sont fait berner de la plus grossière des façons. Il est vrai, à leur décharge, que c’était par la première chaîne de télévision officielle du régime. Mais, ni plus, ni moins, que lors d’autres dérives qui se produisent chaque jour à la RTB(f) comme ailleurs. Volontairement ou pas. La propagande et le bourrage de crâne (mais n’est ce pas lavage de cerveau ?) fonctionne ainsi en coulée continue.
 
La mission du service public, c’est d’élever les gens, de les faire réfléchir et de faire cela tout en touchant un peu plus qu’une élite intellectuelle qui ne regarde de toute façon plus beaucoup la télé. Tout en renforçant, avec beaucoup de subtilité, leurs croyances dans la pensée unique pourrais-je ajouter. Paradoxe difficile ! Le coup a bien réussi. Elle a testé l’intelligence de ses téléspectateurs et leur esprit critique tout en faisant preuve d’humour. L’indignation de ceux qu’elle a contribué à endormir pendant des années est à la mesure de cette réussite.
 
Le plus fort, c’est que cette action a fait un autre coup double : non seulement elle a imposé le débat sur une question politique qui est celle de l’avenir de la Belgique dans la population, mais elle a implicitement mis le doigt sur un autre problème politique encore plus problématique et dont, surtout il n’est quasiment jamais question, qui est celui du rôle politique des médias. Rôle que nous ne manquons pas de dénoncer régulièrement. Si tous ceux qui se sont laissés berner hier soir pouvaient prendre conscience du fait qu’on les abuse si facilement, pouvaient réaliser à quelle point leur passivité devant l’information est devenue dangereuse, et développer en conséquence quelques défenses critiques face au contenu médiatique... Or, c’est justement tout le reste du temps, quand elle ment par omission, quand elle manipule réellement l’opinion publique, ce qu’elle fait chaque jour, que la télévision est dangereuse. Avez-vous remarqué que l’option réunioniste, pourtant bien présente dans le sondage (cliquez-ici) (46 % des Wallons déclarant spontanément vouloir la réunion à la France en cas de sécession... même si l'échantillon est totalement non-représentatif suivant l'IPSOS) n’a même pas été évoquée ?
 
Dernier point. Dans l’émission, une question du sondage portait sur les responsabilités. Pour la majorité des répondants comme pour les politiques francophones présents sur le plateau, c’est la « faute des politiques flamands », le peuple, lui ne veut pas ça ! Foutaises ! Comment croire que des politiciens professionnels ne suivraient pas l’opinion de leurs électeurs ? En Flandre, comme ailleurs ?
 
Les réactions indignées des « dignitaires » des partis francophones traditionnels sont de la poudre aux yeux. De la comédie à destination de leurs électeurs qu’il faut surtout rassurer. Aller dans leur sens.
Soyons sérieux, cette émission est en préparation depuis 2 ans. Comment imaginer que des politiciens qui ont joué leur propre rôle dans cette fiction n’aient pas été au courant ? De même que leurs présidents de partis ?
Moi-même, j’ai rencontré le journaliste Philippe Dutilleul en début 2005 dans le cadre de la préparation du scénario. Nous aurions pu nous revoir si le Bureau de mon parti n’en avait décidé autrement. Il est vrai que les raisons de se méfier étaient grandes. Ceux qui ont réalisé cette émission sont aussi ceux qui réalisaient « Streap-Tease »…
 
Avons-nous raté là une occasion de faire parler de nos idées ? Aurions-nous du prendre le risque ? Je le pense, même si, comme je le décode, de toute façon, l’objectif était bel et bien de raviver le "patriotisme" de l’opinion francophone à quelques mois d’une négociation institutionnelle importante.
 
Le régime se défend !
 
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12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 13:20

Le parlement européen vient de débattre de la réglementation issue des travaux de la commission Reach (acronyme anglais pour "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques"), Greenpeace lance une nouvelle campagne contre les méfaits des subtances chimiques utilisées par l'industrie.
 
Le site de Greenpeace revient sur les raisons qui doivent nous amener à nous mobiliser en faveur de la réglementation REACH. Greenpeace défend en particulier le principe de substitution qui obligera les industriels, qui produisent ou utilisent les substances chimiques dangereuses, à les remplacer quand des alternatives plus sûres existent.
 
Difficile de savoir ce que l'on doit penser de cette réglementation. Certains se disent rassurés de ce durcissement de la réglementation car cela leur permettra de rassurer leurs clients. D'autres dénoncent ses excès. Je pense que l'on peut se féliciter des principes posés par cette nouvelle réglementation. Désormais, les industries chimiques devront fournir les données de sûreté sanitaire et environnementale sur toutes les substances qu'elles produisent. Souhaitons que cette commission aura les moyens de pouvoir réaliser son travail dans de bonnes conditions.

Pour en savoir plus sur
REACH.
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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 23:55

Je ne suis plus président du RWF depuis ce samedi. J'avais accepté cette charge pour deux ans. 
 
Je pense ne pas avoir à rougir de mon mandat. Quand je suis arrivé à la présidence, le parti était en quasi faillite, après deux coûteuses années de campagne électorale. Les caisses étaient plus que vides (nous ne bénéficions pas de subventions, n'ayant pas d'élus dans deux chambres fédérales). L'énergie déployée entre et pendant ces deux campagnes (législatives et régionales) n'avait pas permis de mettre l'accent sur le recrutement de nouveaux membres. Nous avions également chaque fois perdu des voix et reculé en pourcentage. 
 
Je suis fier de laisser le RWF en état de marche à mon successeur. Nous avons retrouvé quelques moyens financiers (certes, pas à l'échelle des partis traditionnels subventionnés. Mais ce qui nous manque en moyens financier, nous le compensons par la qualité de nos militants qui n'hésitent pas à donner de leur temps sans rien attendre en retour), les sections d'arrondissement sont revitalisées et fonctionnent bien. Nous avons progressé presque partout lors des dernières élections provinciales bien que n'étant n'étant pas présents dans tous les districts. Un scrutin pourtant difficile. Nous avons également des résultats homogènes dans toute la région, preuve de notre implantation. Il reste maintenant à concrétiser cet acquis.
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Profondément attaché à la Wallonie, j'ai voulu adoucir le message du RWF pendant ces deux années dans le sens du respect des convictions des Wallons. Mettant en valeur leurs qualités. Préférant la pédagogie à la démagogie. Insistant par ailleurs sur la complémentarité et la cohérence naturelle entre identité wallonne et identité française, j'ai souhaité marquer la rupture avec la position traditionnellement défensive du Mouvement wallon. Cette position se justifiait lorsqu'on voulait défendre l'existence de la Belgique face à un Mouvement flamand arrogant. Notre choix de la France est un choix positif, nous respectons les Flamands en leur qualité de voisins et les laissons libre de se choisir leur destin. Mais nous ne nous laissons pas marcher sur les pieds. Nous choisissons pour notre Peuple une Nation, un régime politique, en toute liberté et connaisance de cause.
 
C'est, à Charleroi, dans la même
salle où, - ce n'est évidemment pas une coïncidence - Paul-Henry Gendebien avait fondé le RWF en 1999, qu'il a été réélu à la Présidence avec près des 3/4 des voix des membres présents. Je lui souhaite, ainsi qu'à l'équipe dont il s'est entouré, plein succès pour les combats électoraux qui s'annoncent.

Je redeviens donc un membre ordinaire du RWF. Pour ne pas géner le travail de la nouvelle équipe de la présidence, je m'abstiendrai de toute prise de position ou tout commentaire qui pourrait impliquer le parti. Il n'y a rien de pire qu'un ancien dirigeant qui intervient dans l'action de son successeur. Il faut savoir partir. J'ai voulu être un président rassembleur. C'est toujours difficile et inconfortable mais préférable à une confiscation de tous les pouvoirs au profit d’un clan, d’une bande, d’une faction qui veut tout, qui prend tout, qui écrase tout, qui brise tout. Ce qui mènerait le parti à l'échec. On y est vite. Heureusement, Paul-Henry Gendebien a beaucoup d'expérience et saura ce qu'il faut faire.
Le Président a désigné un chargé de communication qui prendra, dès aujourd'hui la responsabilité des publications (tant dans la forme que le fond), particulièrement du site Internet que j'ai porté, seul, pendant ces deux années de présidence.

Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui m'ont apporté leur soutien pendant ces deux années.
 

Un certain nombre d'entre vous m'ont demandé de publier mon dernier discours en cette qualité. Celui qui ouvrait le VIIème congrès de ce 9 décembre. Je le fais volontier, tout en remerciant tous ceux qui m'ont soutenu pendant ces deux années. 

Grâce à Yves Glotz, voici une copie "brute de fonderie" de mon discours. Il manque un passage suite à un changement de cassette... Il se retrouve dans mon texte.

P.-H. Gendebien a également eu quelques mots aimables à mon égard, les voici :

 Et voici, pour mémoire, mon premier discours lors de mon élection en décembre 2004. 

 

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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 08:36
Le Parlement flamand a adopté le projet de décret instituant un nouveau Code flamand du Logement. l'exigence flamande d'obtenir des candidats à l'obtention d'un logement social qu'ils « affichent leur disposition à apprendre le néerlandais ».
Le ministre compétent Marino Keulen (VLD) justifie cette exigence par un objectif d'amélioration de la communication et de la viabilité des ensembles de logement social.
 
Les candidats locataires « francophones » sont bien entendu les premiers visés puisque « ne disposant pas des capacités intellectuelles nécessaires » suivant l’avis de Monsieur Leterme.
 
Une preuve surtout de la recherche d’homogénéité du territoire flamand et d’une politique de rejet de ce qui lui est étranger. Curieusement le Vlaams Belang a voté contre… Le projet n’irait-il pas assez loin ?
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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 01:42

" Nous devons avoir l'ambition d'une grande chaîne d'information continue internationale en français, à l'égale de la BBC ou de CNN pour les anglophones. C'est essentiel pour le rayonnement de notre pays. Et pour les expatriés, ce serait un lien vivant et immédiat avec la métropole. "

Discours de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, devant les représentants des Français de l'étranger, Paris, Palais du Luxembourg, 7 mars 2002

Première chaîne de télévision française d'information en continu destinée à une audience mondiale, France 24 se lancera ce 6 décembre, à 20H20, dans la cour des grands, aux côtés de l'américaine CNN International, la britannique BBC World ou la qatarie Al-Jazira. Selon ses dirigeants, elle touchera "potentiellement" dès son lancement 80 millions de foyers, soit 190 millions de téléspectateurs.
 
La chaîne ne sera pas directement lancée sur les écrans des téléviseurs, mais en "streaming" (diffusion sans téléchargement) sur les écrans des ordinateurs.
 
Demain, 7 décembre, les premières images, par câble ou satellite, apparaîtront sur les téléviseurs d'Europe, du Proche et Moyen-Orient et d'Afrique. On pourra aussi regarder France 24 à New-York et à Washington, sièges des principales organisations internationale (ONU, FMI, Banque mondiale), et sur les téléviseurs de grandes chaînes hôtelières. Il était temps !
France 24 se propose aussi, selon la devise gravée sur sa façade, de "montrer ce que le public n'est pas censé voir, savoir ou comprendre".

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 10:59
Dans l’émission « Matin Première » de la RTB(f) de ce lundi matin, Jean-Pierre Jacqmin recevait Herman Van Rompuy, ancien président du CVP et député CD&V.
 
Ce dernier n’y est pas allé par quatre chemins…
Quelques phrases saisies au vol :
« On sous-estime la radicalisation d la Flandre… »
« Le CD&V est à la pointe du Mouvement flamand… »
« Il y a un large consensus parmi les partis en Flandre… »
« La politique fédérale profite à la Flandre… » Et ça, c’est une confirmation de ce que le Mouvement wallon a toujours dénoncé alors que les partis traditionnels wallons et francophones ont prétendu le contraire.
 
Bref, une belle mise au point de la part d’une des têtes pensantes du premier parti démocratique flamand. Ceux qui espéraient que la rupture du cartel CD&V-NVA allait changer les choses en sont pour leurs frais !
 
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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 13:30
Dans un entretien publié par « La Dernière Heure » de ce dimanche. Le chef de groupe MR au Parlement wallon et ancien ministre wallon de l'économie, Serge Kubla, préconise "un audit généralisé des OIP, organismes d'intérêts public comme le Forem,l'Awiph, l'Awex... sans oublier les autres pararégionaux".
 
"Pour sauver la Wallonie", S. Kubla estime qu'"on n'a pas le choix" et prépare un texte en ce sens pour le parlement wallon. "De toute façon, il faut se retrousser les manches et il faut y aller une fois pour toutes. On traverse une période dont on ne finit pas. On peut chercher dans toutes les directions et on trouvera toujours des petites malversations ou dépenses illégales ou pas (frais de voyage, GSM, frais de représentation, ouvrier employé à titre privé...). Il faut tout remettre à plat", déclare S. Kubla. Pour l'ancien ministre wallon, il faut également "des sanctions rapides pour secouer le cocotier"
 
Mais qu’a donc fait Serge Kubla en sa qualité de chef de l’opposition au Parlement wallon pendant des années ?
 
Ou encore plus récemment pendant les cinq ans où il était vice-président du Gouvernement wallon (présidé par Di Rupo et Van Cauwenberghe avec qui il s’entendait comme larrons en foire) ?
 
Un peu facile, non ?
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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 13:15
Dimanche pluvieux… Je relis et classe de vieux journaux et tombe par hasard sur un « débat des lecteurs » consacré à la périphérie bruxelloise et plus globalement aux francophones s’installant en Flandre. Débat dans lequel s’affrontent des visions assez contradictoires.
La position flamande est claire. En Flandre, c’est la langue de la région qui s’applique et tout doit se passer dans cette langue, point.
Toute différente est la position francophone. C'est-à-dire des Belges francophones, sans que leur origine – Wallonie, Flandre ou Bruxelles – soit précisée. Je garderais donc, pour cet article ce terme général : "francophone".
 
Les réactions me font penser à ce livre écrit en 2003 par Marcel Bolle de Bal : « Immigré chez soi et malgré soi » (Ed. L’Armattan – Paris). Soit, l’incompréhension manifestée par les francophones de ne pouvoir s’installer n’importe où – mais uniquement en Flandre. Incompréhension de ceux qui n’ont pas encore compris qu’ils sont restés « belges tous seuls » - suivant la formule de François Perin - qu’ils ne sont plus dans leur propre pays.... Ils en sont restés à dire que, « pour le moment, que l'on soit francophone ou néerlandophone on peut "en principe" s'installer où on veut en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles ».
 
En principe seulement, car ils n’ont pas encore intégré ce que les militants wallons ont compris depuis longtemps. Il y a bien deux logiques et deux pays différents. (*)
 
Certains citent des exemples précis : à Vilvoorde, il n'est plus autorisé de vendre un terrain à un francophone. Que l'usage du français est interdit au-delà des administrations puisqu'il l’est sur les marchés dans certaines communes, comme à Dilbeek, tests de connaissance linguistique pour obtenir un logement social, etc…
D’autres s’étonnent que ces dispositions n'aient pas été dénoncées comme violant le droit européen. S’étonnant, je cite : « Est-ce qu'un anglais qui souhaite s'installer en France rencontre autant de problèmes qu'un francophone en Flandre? Je ne crois pas, à part peut-être un peu de grogne des habitants du coin, et encore. Lui fait-on passer un test de connaissance linguistique, Bien sûr que non! A lui de se débrouiller ensuite pour se faire comprendre, voilà tout. Nous devons être le seul pays de l'union où l'appartenance à une communauté linguistique aboutit à une telle discrimination : être étranger sur le sol de son propre pays, remarquons cependant que cette discrimination est à sens unique, les Wallons n'ayant jamais rendu la pareille aux voisins (cela nous semblerait terriblement risible et incongru) »
 
Il est vrai que dans l’histoire récente, les méthodes de la Flandre n’ont été appliquées que par Franco contre les catalans et les basques, et encore, je ne pense pas que ce soit allé jusqu'à interdire la langue dans la vie quotidienne des gens. Quant aux anglais en France, il est vrai que certains profitent du fait que beaucoup de français parlent anglais pour faciliter leur installation, mais au bout d'un certain temps ils finissent par assimiler que le « French way of life » passe aussi par l'apprentissage de la langue.
Ce n’est pas évidemment, et pour cause, le même esprit qui habite les francophones qui vont s'installer en périphérie bruxelloise ou ailleurs en Flandre, puisqu’ils ne s’y sentent pas encore vraiment en pays étranger. A tort !
 
J’ai eu la curiosité de comparer les articles constitutionnels de France, Suisse et Belgique traitant des Droits des citoyens et des langues officielles.
 
En Belgique, il faut attendre l’article 10 (dix) pour qu’on évoque les Droits des personnes ! Les cinq premiers articles parlent de l’organisation de l’Etat ou des Régions et Communautés.
Art. 3- La Belgique comprend trois régions : la Région wallonne, la Région flamande et la Région bruxelloise.
Art. 4 -La Belgique comprend quatre régions linguistiques : la région de langue française, la région de langue néerlandaise, la région bilingue de Bruxelles-Capitale et la région de langue allemande.
Chaque commune du Royaume fait partie d'une de ces régions linguistiques.
Les limites des quatre régions linguistiques ne peuvent être changées ou rectifiées que par une loi adoptée à la majorité des suffrages dans chaque groupe linguistique de chacune des Chambres, à la condition que la majorité des membres de chaque groupe se trouve réunie et pour autant que le total des votes positifs émis dans les deux groupes linguistiques atteigne les deux tiers des suffrages exprimés.
Art. 5 -La Région wallonne comprend les provinces suivantes : le Brabant wallon, le Hainaut, Liège, le Luxembourg et Namur. La Région flamande comprend les provinces suivantes : Anvers, le Brabant flamand, la Flandre occidentale, la Flandre orientale et le Limbourg.
 
En suisse, les droits des personnes arrivent après l’énumération des langues nationales (Art 4 Les langues nationales sont l’allemand, le français, l’italien et le romanche) sans préciser les rapports avec la division politique de cette confédération.
Les Droits des personnes arrivent plus tard ( Art. 8,2 - Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa race, de son sexe, de son age, de sa langue,(…) et Art. 9 - Toute personne a le droit d’être traitée par les organes de l’Etat sans arbitraire et conformément aux règles de bonne foi.)
 
En France, les Droits des personnes sont précisée d’emblée. Et les choses sont claires dès les deux premiers articles :
Art. 1. - La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
Art. 2. - La langue de la République est le français.
 
Ce dernier paragraphe contient en lui-même la conclusion de cet article et le sens de mon combat.
 
 
(*) A ce propos, le « Vif » de cette semaine publie les résultats d’une enquête non scientifique (sur Internet par « Mediapoll », une société appartenant au même groupe de presse) montrant que même les faits historiques ne sont pas interprétés de la même manière, ou n’ont pas la même valeur. Bref, les francophones ont une guerre de retard. Quand les répondants sont limités à deux choix, les francophones privilégient l’indépendance (1830) et les Flamands la réforme de l’Etat (1970).
Les faits importants sont différents en dehors des grands événements qui dépassent les deux communautés comme les guerres. Ou encore les reliquats de l’influence de Pirenne et de sa « civilisation belge », lavage de cerveau collectif pendant trop longtemps.
Pour les Flamands, sont importants : la « loi d’égalité » qui reconnais le néerlandais comme langue officielle, la bataille des éperons d’or, la bataille de Waterloo et la répression du Duc d’Albe en 1567 (J’avoue que ce dernier événement ne m’est pas familier), cause de la scission entre Pays-Bas du Nord et du Sud.
Pour les francophones : le suffrage universel étendu aux femmes, l’obligation scolaire, l’interdiction du travail des enfants, la croissance de l’industrie lourde en Wallonie, le suffrage universel pour les hommes et la révolution française ainsi que les révolutions brabançonnes et liégeoises concomitantes.
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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 12:26
A la faveur d’une recherche sur Internet, je suis arrivé, un peu par hasard, sur une page de « l’encyclopédie » collaborative Wikipedia. Vous connaissez certainement cette expérience où les lecteurs sont aussi les rédacteurs et où malgré les bonnes volontés et les professions de foi, je pense que les risques d'erreurs, de dérapages ou de manipulations sont loin d'être négligeables. C'est, en tous cas, une inquiétude récurrente chez moi.
 
Voici ce que j’y ai trouvé : “The variety of French spoken in Wallonia is Belgian French, which differs from the standard French of France to various degrees depending on the speaker. The French language used in the administration and in the media is very similar in Belgium and in France. One notable difference is the use of the words septante (70) and nonante (90) in Belgium, as opposed to soixante-dix and quatre-vingt-dix in France.”
 
Qu’est-ce que le “Belgian french” ? En quoi nos expressions régionales, nos tournures de phrases ne pourraient elles pas faire partie du Français tout court et contribuer à l’enrichir, comme l’ont si bien fait remarquer les Grevisse, Hanse ou Wilmet, ces grammairiens que le monde nous envie ?
 
En quoi nos expressions sont-elles différentes de celles utilisées localement dans les autres régions de France ? J’ai cherché, mais je n’ai pas trouvé d’articles équivalent concernant la Champagne, la Corse, la Normandie, le Pas-de-Calais ou la Savoie... Il ne semble bien, pour les rédacteurs de ces articles ne pas y avoir de variations régionales, et pourtant ! Ils devraient voyager un peu plus…
 
Enfin, concernant la différence « notable » concernant la façon de compter, elle indique simplement qu’à un moment donné de notre histoire, nos racines celtiques se sont effacées devant l’influence romaine (et germanique ?). Nous sommes là devenu un peu moins gaulois que les Français de l’intérieur qui ont longtemps continué à compter par vingtaines (exemple : l’hôpital des Quinze-Vingt à Paris) et qui gardent précieusement « soixante-dix-huit ou « quatre-vingt-dix-neuf ». Encore que, notre « quatre-vingt » est bien gaulois, délaissant l’octaginta (octante) des romains utilisé jusqu’il y a peu encore dans certaine régions de l’Est de la France et en Suisse.
 
A rapprocher de notre façon de demander « qui est-ce qui…? » ou « qu’est-ce que… » pour lesquelles il n’y a pas d’équivalent latin mais correspond à des tournures encore vivantes dans les langues régionales qui prolongent le gaulois : Breton, gallois, cornique…
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2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 12:51
Toutes les boîtes aux lettres de Nivelles ont reçu la dernière (en date ?) édition de la lettre d’information de la liste conduite par le ministre de la Défense aux élections communales du 8 octobre.
Pas content du tout ! Et il a la dent dure à l’égard des anciens futurs partenaires du CDH avec qui, il le jurait avant les élections il n’y avait pas de préaccord signé… en 2003.
 
Hier soir, je l’ai croisé au Gala annuel du Club de Rugby (une réussite comme chaque année, bravo à l’équipe !) où il s’est montré très brièvement. Il n’avait, en effet, pas l’air heureux. Nous avons tous supposé qu’il avait mal digéré quelque chose…
 
Dans son texte, il égratigne aussi le vainqueur de cette élection, Pierre Huart, rappelant qu’en 2000, celui-ci avait été obligé de respecter un accord prévoyant une alliance PS-PRL à la tête de Nivelles. Accord conclu en son temps par P. Busquin (ou étais-ce déjà Di Rupo ?)  et L. Michel, se répartissant les majorités dans les communes de Wallonie et de Bruxelles en échange de la participation du PRL au gouvernement wallon en 1999. (Vous me suivez ?). Tout était donc joué. Michel et Flahaut qui s’entendent comme larrons en foire avaient fait respecter ces accords d’une poigne de fer. Tous les « déviants » avaient été convoqués pour se faire remettre dans le droit chemin. Même si Flahaut s’en défend aujourd’hui.
 
Mais ça, c’est pour la petite histoire.
 
Je suis curieux de voir ce qui se passera dans 18 mois, puisque comme le prévoit le décret wallon sur les Pouvoirs locaux, les conseillers communaux de l’opposition pourront alors commencer à déposer des motions de défiance constructive. D’autant que nous sommes prévenus. « Nous serons sans pitié, sans pardon ni clémence en cas d’injustice ou de faute » précise-t-il. Amusant sous la plume de quelqu’un qui a fait toute sa carrière dans l’appareil du PS. Serait-il un des fameux rénovateurs dont la presse nous parle ?
 
Culotté aussi,  quand il réécrit les principes électoraux en négligeant les électeurs qui votent pour une idée ou une équipe plutôt que pour des individus en considérant qu’il « serait logique de ne retenir que les voix de préférence ». « Un socialiste plébiscitariste » quoi ! C’est beau ! On dirait du Louis Michel…
 
Surfant sur la vague « Ségolène Royal », il évoque la démocratie participative. Euh, chacun sait qu’il s’agit là d’une vieille tradition du PS en Wallonie...
 
Et ce n’est qu’au tout dernier paragraphe qu’on découvre enfin la raison de ce message où il se présente en victime. En fait, il annonce qu’il est candidat aux élections législatives… Tout bêtement.
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
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- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
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- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
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- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
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