Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 12:21
On peut penser ce qu’on veut de Jacques Chirac, j’ai été touché et ému par son message d’hier soir. Un message d'amour pour la France.

 
Un message fort sur l'avenir de la France, humaniste, social (européen également, mais pas n’importe comment…). Message fort aussi, sur la France actuelle, sa vocation mondiale, la paix. Rappelant les valeurs de fond, l'attention constante aux grands principes républicains (laïcité, refus de l'antisémitisme et du racisme, etc.) qui font que la France ne ressemble pas à beaucoup d'autres pays. Qu’elle a un vrai projet de société.
 
Il a déjà eu des paroles fortes et justes dans le passé. Des positions courageuses et opportunes dans plusieurs dossiers (colonial ou vichyste, la Belgique n’est est pas encore là…) ou internationaux (L’Irak, les Balkans, Israël et le Palestine, le devenir de la planète – Son discours de Johannesburg reste un modèle !) . Certes, il y a aussi ses zones d’ombre, mais quel homme politique n’en a pas ? Ceux qui se veulent parfaits sont généralement odieux, intolérants (j’en connais…) et si pas plus malin pour jouer aux limites de la légalité, certainement plus hypocrites que les autres.
 
Finalement, le plus beau compliment lui vient d’un adversaire des Valeurs de la République : "Je perds mon pire ennemi", a ironisé le président du Front national…

Evidemment, on dira facilement d’un président en fin de carrière que Chirac sculpte sa statue du Commandeur et dessine à son couchant le personnage qu’il veut laisser à la postérité.
Il veut partir en beauté ? Et alors ?
Ses paroles sonnaient justes et il a raison sur le fond. Il a eu le mérite de rappeler des principes essentiels à ses successeurs.
Partager cet article
Repost0
12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 11:32
J’ai hésité à en parler, tellement ça me paraissait démagogique et cousu de fil blanc…
 
C’est qu’en présentant une partie de son programme pour les élections législatives du 10 juin, Elio Di Rupo a prôné la création d'écoles bilingues en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles…
Si pour le président du PS, l'objectif annoncé est de favoriser l'apprentissage des langues (lesquelles ? ou plutôt laquelle ?) à l'heure de la mondialisation et ainsi de lutter contre les risques d'éclatement du pays, il surfe surtout sur la peur du côté Wallon et Bruxellois francophones (n’ayons pas peur des mots) liée au fait que l'éclatement du pays est une question à présent ouvertement évoquée.  
 
Jouer sur la peur, ils en sont là…
 
Pour le PS, qui a récupéré le message du Mouvement wallon, le PS de Cools, Spitaels, Collignon, etc…c’est une fameuse remise en question stratégique, philosophique et politique. Passer du combat fédéraliste et régionaliste justifié par une minorisation objective de la Wallonie à, osons la clarté, le retour à une Belgique de type unitaire avec, à terme une dépendance de nos populations sous tutelle flamande. C'est un fameux virage ! (*)
Question subsidiaire : "Y-a-t-il encore un socialiste qui oserait se dire républicain ?"
 
Démagogique, mais aussi symbolique, la proposition du PS vise à frapper l'opinion publique francophone dans laquelle il existe une « demande » (créée !) diffuse de rapprocher les deux Communautés.
 
La réponse flamande ne s’est pas fait attendre. Pour une bonne partie des décideurs au Nord du pays, le cadre "Belgique" est dépassé. C'est non seulement vrai pour les mandataires politiques, mais aussi pour une bonne part des intellectuels, académiques, responsables économiques, etc. Ceci est dû au développement, de longue date, d'un projet national flamand, porté par un profond ressentiment historique (celui de la domination passée des Flamands francophones sur les néerlandophones).
 
Il est d'ailleurs piquant de voir que, alors du côté "francophone",  persiste la légende du bilinguisme généralisé, les Flamands la refusent catégoriquement. simplement  parce qu'elle signifierait la francisation complète de leur pays. 
 
 
Si toute démarche permettant de découvrir davantage la réalité de "l'autre" pourrait modérer une certaine dynamique du stéréotype. Elle n’existe pas du côté flamand. Et comme je l’ai dit dans un  billet précédent : Chercher à comprendre l’autre communauté est un processus diviseur…
 
Là-dessus, la RTB(f) et la Libre font grand cas d’un nouveau sondage cherchant à rassurer le « bon peuple ». Non les Flamands ne sont pas séparatistes ! En lisant entre les lignes, on découvre que le sondage fait apparaître qu'une petite mais une majorité quand même de concitoyens du nord veulent le retour à une Belgique unie… mais qu’un peu plus de 50 pc des Flamands souhaitent des politiques d'emploi tout à fait différenciées selon les régions (Un détail ? Non !). Si un Flamand sur deux se sent d'abord Belge et un sur trois d'abord Flamand… Ce qui correspond aux 30 % généralement cités comme minorité agissante. « Les autres suivent ».
 
C’est que les grandes décisions politiques ne se prennent pas par la population, mais par ses représentants politiques dans les démocraties parlementaires non tempérées par l'usage des referendums. L'exemple de la partition de la Tchécoslovaquie est là pour le démontrer. N’oublions pas que Et les leaders d’opinion sont là pour préparer l'opinion grâce au contrôle des médias. Ils ne s’en privent pas.
 
Si certains estiment qu’il n’y a qu'une minorité active dans le sens du "flamingantisme militant" en Flandre (et alors ? C'est leur droit !), l'action de ces groupes bien organisés est plus efficace que la tendance lourde d'un public présumé unitaire et généralement amorphe. Là, comme chez nous !
 
La lecture du « Dossier spécial » de la Libre est assez édifiante… à condition de bien le décoder ! 
Divertissante aussi avec les reportages de Christian Laporte !
(*) Voir le dessin de Kroll dans "Le Soir" du 13 mars : http://www.lesoir.be/actualite/le_kroll/2007/03/12/article_le_12_mars.shtml
Partager cet article
Repost0
11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 18:29

Amusant : à la page 85 de la revue "Touring explorer" de mars 2007, le ministère flamand des routes publie (en français) une pleine page de publicité pour vanter la qualité de ses parking d'autoroutes.

"Chaque année, le Gouvernement flamand inspecte toutes les aires d parking des autoroutes el décerne un label de qualité aux meilleures".  Suit alors une description des points qui font l'objet de l'attention des inspecteurs.

Curieux non ? La construction et l'entretien (donc également des aire de parkings) des autoroutes en Flandre est de la compétence du
Ministère flamand. Plutôt que de décerner des étoiles et à défaut (parce qu'il y en a qui en sont privées !) pourquoi ne pas les entretenir  ?

Je n'ai pas lu la version flamande de la revue...

Partager cet article
Repost0
9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 12:18
Paradoxal ? Pas vraiment.
 
Réflexion de José Fontaine (*) sur « Toudi » à propos d’autre chose, mais qui s’applique très bien aux propos des présidents de partis francophones, comme aux actions de la RTB(f) ou des différentes organisations qui minimisent le problème communautaire…
 
« Il est d'ailleurs curieux que les initiatives qui sont prises pour « comprendre l'autre communauté » risquent de déboucher sur plus d'autonomie. Souvent ce sont les gens qui sont réellement en contact avec la Flandre et les Flamands qui, d'ailleurs sans hostilité extrême, considèrent qu'il faut aller vers plus d'autonomie ».
« On ajoutera à cela que les partisans de l'unité côté wallon et francophone sont souvent des gens qui ne parlent pas un mot de néerlandais. Je ne vois pas comment nous entendre avec les Flamands sinon en passant par plus d'autonomie ».
 
Bien vu !
 
(*) José Fontaine peut être décrit comme un autonomiste wallon, partisan d’une république de Wallonie dans le cadre de la Belgique.
Partager cet article
Repost0
9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 12:16
Les discussions dans les domaines communautaires et institutionnels sont fréquentes en Flandre. Beaucoup moins chez-nous.
Je reviens sur cette interpellation - plus tempérée qu'autre chose - de Jean-Claude Van Cauwenberghe au Parlement wallon début de semaine (07/03).
 
Logique, le redevenu simple député demandait pourquoi il n’y avait aucun débat sur ces thèmes du côté « francophone » (décidément ce mot fait trop réducteur et trop vague), particulièrement au Parlement wallon.
 
Di Rupo a répondu très calmement – et surtout sans que ça ne fasse de vagues – « Nous ne sommes pas demandeurs. D'ailleurs, sur les trois priorités absolues que sont le chômage, le financement de la sécurité sociale et la formation des jeunes, le gouvernement ne voit pas ce que pourrait apporter quelque réforme institutionnelle de plus ».
 
Ajoutant : « formuler des revendications ou de se positionner sur la Constitution ? Utile oui, nécessaire non. Quant à l'intrafrancophone (sic !), il sera et utile, et nécessaire, d'ouvrir la réflexion. Mais pas de "grand déballage institutionnel entre nous", qui affaiblirait les partis francophones à l'heure des négociations et brouillerait le message vis-à-vis des citoyens ».
 
Bref, Circulez, il n’y a rien à voir ! Nous savons ce qui est bon pour vous !
 
Di Rupo confirme ainsi que le Parlement wallon est devenu une sorte de « Comité Théodule » (*) assez inutile, un bac à sable pour occuper les élus, puisqu’il veut que le débat communautaire ne se passe qu'entre présidents de partis.
 
 
(*) L’expression est du Général de Gaulle (prononcée à Orange en septembre 1963) : « L'essentiel pour moi, ce n'est pas ce peut penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, c'est ce que veut le pays. J'ai conscience de l'avoir discerné depuis vingt-cinq ans. Je suis résolu, puisque j'en ai encore la force, à continuer encore à le faire. »
L'expression a entre-temps souvent été détournée, dans le sens d’une commission quelconque pour détourner l'attention de problème qui focalise actuellement l'opinion ».
Partager cet article
Repost0
8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 11:59

L'Humanité de ce 8 mars - Journée des femmes
 
 
Dans une interview, Gisèle Halimi et son association "Choisir la cause des femmes"  militent pour une « clause de l’Européenne la plus favorisée » qui tirerait vers le haut la législation des 27. Revoir les législations et prendre le meilleur de chaque pays européen. A suivre !

Partager cet article
Repost0
8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 11:52
Je ne plaindrai certainement pas ces parents qui s’obstinent à mettre leurs enfants dans l’enseignement néerlandophone à Bruxelles. C’est leur choix, à eux de l’assumer.
 
Il est vrai que les locaux sont en général agréables, la Communauté flamande y a mis les grands moyens (3 fois plus par élève…). Je ne vois pas vraiment d’autres raisons objectives.
Il est bien connu qu’une langue ne s’apprend que si on en a vraiment besoin (voir :
Une réponse indirecte à tous ceux (y compris Leterme) qui prônent l'utilité de l'apprentissage du Flamand). Il est aussi bien connu que le taux d'échec est élevé pour les enfants francophones qui sont inscrits dans l'enseignement flamand et, cerise sur le gâteau, on sait aussi ils sont également et généralement en difficulté quand ils reviennent dans l'enseignement en français… Ils sont donc deux fois en échec. Particulièrement pénalisés !
Pour ceux qui réussissent, (il y en a…) ils ne seront jamais vraiment acceptés comme Flamands (même si aller dans l'enseignement flamand, ce n'est pas seulement apprendre une langue, c'est baigner dans une autre culture, un autre environnement intellectuel, historique, national, bref c’est acquérir des réflexes flamands… et une certaine image péjorative de tout ce qui parle français, à commencer par les Wallons !) ni ne seront plus tout à fait de culture française. Sans généraliser (heureusement, quelques-uns passent au travers), ils deviennent souvent des « asexués communautaires » qui pensent dans cette langue particulière à la Belgique : ils pensent et parlent « le bilingue ». Ni Flamands, ni Wallons, ils n’ont plus que le choix d’être uniquement « belges ». Et donc opposés, par incompréhension, aux aspirations légitimes des uns et des autres. Relais de la pensée unique du régime.
Relisez ce qu’en écrivait Destrée, dans le langage fleuri de son époque.
 
Et pour le temps que va encore exister la Belgique… Est-ce bien la peine ?
 
Sans compter que les ministres flamands le reconnaissent eux-mêmes, le niveau de l'enseignement dispensé par la Communauté flamande à Bruxelles est en baisse… par rapport à la Flandre. Alors que ce niveau est mieux coté que le nôtre dans les enquêtes internationales de niveau des élèves (Pisa).
Serait-ce uniquement à cause des élèves francophones (qui sont intellectuellement incapable… voir ce qu’en pense Leterme !) ? Peut-être. Mais peut-être pas, puisque la Communauté flamande a financé fort longtemps des campagnes publicitaires pour inciter les francophones bruxellois à mettre leurs enfants dans l'enseignement flamand. L’objectif initial étant de flamandiser un maximum de monde
 
Comique ou inconséquente suite au contenu  de  son récent décret (lire : La mixité sociale dans les écoles ? Oui, mais pas n’importe comment Madame Arena ! & Un recours contre le Décret Arena à la Cour d'Arbitrage ? Comment faire ?), Marie Arena (PS), souligne que les mesures proposées : prouver une connaissance du flamand ou demander aux parents des enfants inscrits dans l'enseignement néerlandophone bruxellois de s'engager à apprendre au moins des rudiments de flamand ou encore de donner une priorité aux enfants inscrits en flamand en maternelle) violeraient le principe constitutionnel de la liberté de choisir l'école de ses enfants.
 
Je ne veux pas hurler avec les loups et crier aux mesures discriminatoires. Je trouve que les Flamands ont raison ! Pour lutter contre les écoles à deux vitesses, ils proposent, parmi d’autres mesures, de lier la détermination du budget de fonctionnement des écoles aux caractéristiques de la population scolaire. Le degré de pauvreté et la connaissance linguistique devraient ainsi engendrer un effort au niveau de l'encadrement. Des assistantes en langues soutiendraient les institutrices maternelles des établissements présentant un taux élevé d’enfants issus d'autres communautés.
Belle façon de lutter contre le communautarisme linguistique de favoriser et même de faciliter l’intégration culturelle et la mixité sociale tout en maintenant un enseignement de qualité.
 
La Flandre se comporte comme une vraie nation. Elle se bat vraiment pour son identité culturelle et la qualité de son enseignement.  Et chez nous ?
Partager cet article
Repost0
7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 18:54

La première des trois émissions de la RTB(f) dont j'ai déjà parlé passera ce soir. Animée par François De Brigode et Johanne Montay.

Morceaux choisis dans les communiqués de "Belga"...

"Un souci du reportage de la RTBF est d'évaluer à quel point les ambitions d'autonomie flamande sont répandues. Le chanteur Ozark Henry a déclaré que l'autonomie flamande ne faisait pas partie des préoccupations de nombreux jeunes. Vous êtes une espèce en voie de disparition?, lui a alors demandé la co-présentatrice. "

"L'enregistrement a débuté avec une chanson en français du groupe flamand Zita Swoon. La chaîne s'est également intéressée au paysage musical et médiatique flamand avec par exemple K3, Will Tura, Clouseau, Helmut Lotti, Laura Lynn, "Flikken", "FC De Kampioenen", Debby en Nancy et "De Laatste Show". ... Euh... Vous connaissez tout ces gens, vous ? ils ne passent pas souvent sur la RTB(f) en tous cas. Et en tous cas pas aux heures où j'écoute... Les Anglais ont une expression qui convient très bien : "Famous in Belgium"... Notez que la RTB(f)... Quand Bob Deschamps est mort, ils n'en ont même pas parlé... Evidemment c'était un Wallon, fait agravant !

"Un présentateur du JT de la VRT, plus jeune, va un peu plus loin. « Pour nous, la Wallonie, c'est l'étranger », dit-il."

« Si la Belgique n'avait pas été réformée, elle n'existerait plus, dit Guido Fonteyn, ancien correspondant du "Standaard "en Wallonie. Les francophones devraient y penser, à l'heure où ils refusent de nouvelles réformes. »

 « Je suis pour la fin de la Belgique, dit Remi Vermeiren, ex-patron de la KBC et signataire du manifeste séparatiste In de Warande. Je sais que nous sommes minoritaires dans cette conception mais ce sont les minorités qui réalisent les grands projets. »

Et le titre du "Soir" : "La Belgique sera fédérale ou ne sera pas". D'accord ! Comme elle n'est déjà plus fédérale...

Partager cet article
Repost0
7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 16:55
Pour alimenter le débat politique à la veille de la future négociation communautaire, l'Institut Jules Destrée vient de présenter un projet de "Quatrième voie".
Un Etat fédéral, quatre Régions fédérées égales en droit (la Région flamande, la Région wallonne, la Région de Bruxelles et la Région germanophone), quatre territoires régionaux définitivement fixés et reconnus, des compétences territoriales identiques, la solidarité et la coopération entre les quatre Régions, un Sénat des Régions dans l'Etat fédéral, une vision raisonnable et efficace de l’Etat fédéral de demain(sic !). S’ils insistent sur l’indispensable solidarité et " les mécanismes de coopération à préciser" dans un certain nombre de matières économiques, sociales et fiscales et "loyalement mis en œuvre", ils font l’impasse sur la Communauté française qui disparaît du paysage institutionnel.
 
Partager cet article
Repost0
7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 15:50
La libre a interrogé l’actuel ministre (flamand !) des pensions.
 
Celui-ci estime que les pensions (et le vieillissement de la population) seront un incontournable de la campagne électorale. La législature finissante ayant été marquée par le pacte entre les générations qui n’aurait été « qu’un exercice de pédagogie » !
J’ai eu l’occasion de dire ce que je pensais de ce dernier à l’époque dans ce billet : Espèce de « Pacte à quatre »!
 
Le ministre socialiste explique maintenant que : « nous avons toutes les garanties que la pension légale continuera à exister. Il y a 14 milliards d'euros dans le fonds de vieillissement. Des mesures d'adaptation au bien-être ont même été prises et incorporées dans les perspectives budgétaires pour 2007 et 2008 ».
 
C’est nouveau comme discours alors qu’une simple observation des statistiques, pourtant officielles, montre qu’actuellement, pour 100 actifs, il y a 238 inactifs (y compris les enfants et les personnes âgées). Au plus fort du "papy boom", il y aura, toujours pour 100 actifs, 250 inactifs. L'augmentation sera marginale d'autant plus que d'ici là, le PIB aura naturellement augmenté et annulera la différence. En 2030, au plus fort du "papy boom", les + de 65 ans représenteront 43,7% des Flamands contre 38,5 % des Wallons. Et encore, ces chiffres ne tiennent pas compte du taux de mortalité plus important en Wallonie. Ils sont tirés des rapports et prévisions de l'INS (Institut national des statistiques) et à la disposition de tout les monde.
 
Enfin, et ça aussi c’est nouveau, il reconnaît que « la pension légale n'a pas été prévue pour voyager, pour acheter des voitures, pour rénover sa maison ». Et ajoute « qu’elle sera donc « un peu juste » pour beaucoup de gens qui vont passer 20-25 années d'inactivité et qui ont des désirs de voyage, de loisirs coûteux. Pour cela, il y a les pensions complémentaires » qu’il veut stimuler… Sans rappeler que ce sont les citoyens eux-mêmes ou leurs entreprises qui vont les financer (avant impôt…).
 
Culotté ! Cette proposition n’est là que pour occulter le véritable scandale : celui du niveau extraordinairement bas  des pensions légales en Belgique (hors pensions des fonctionnaires, et encore). En comparaison avec les pays voisins, les chiffres sont effrayants. Si on prend la France, par exemple, (où l'âge de départ à la pension est de 62 ans...) il n'est pas rare du tout que le montant net avoisine les 80 % du montant du dernier salaire !!! Et tout ça après avoir payé moins d'impôts durant toute sa carrière... (*)
 
France
France
Belgique
 
Salariés du privé
Fonctionnaires
 Salariés du privé
Pension moyenne
1 465 €
1 832 €
850 €-700 €
 
Et les conséquences du vieillissement ?
 
On en parle beaucoup, et s’il faut s’y préparer, il ne faut pas faire n’importe quoi. Le ministre – et vous allez comprendre pourquoi – énonce que « le Pacte des générations a été l'occasion d'expliquer aux gens qu'il sera impossible de vivre jusqu'à 85 ans tout en ne travaillant que 37 années » (la durée moyenne des carrières actuellement). Il ajoute que « la sécurité sociale ne pourra pas financer une période d'inactivité aussi longue de façon convenable. Les gens doivent travailler la moitié de leur vie ». Prudent, nous sommes en campagne électorale, il relativise les annonces d’augmentation progressive de l’âge de la retraite comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne jusqu’à 66, 67 et 68 ans pour 2050… « Mesures pédagogiques, pour empêcher que les gens quittent le marché du travail à 57 ou 58 ans », dit-il !
 
Soyons clairs ! Le vieillissement est et va devenir un problème aigu en Flandre où 68% des pré pensionnés (souvent Canada dry) se trouvent. Où il y aurait de l'emploi (**), mais pas assez de gens compétents pour les occuper. La situation est semblable, mais bien plus grave en Finlande et en Allemagne, ce qui explique là le report de l'âge de la pension. Est-ce un modèle ? Non ! Simplement parce que si on peut comparer la Flandre à ces pays, ce n’est pas le cas pour la Wallonie. Ni pour la France par exemple.
 
La Flandre va perdre 400.000 actifs (personnes entre 20 et 60 ans) d'ici 2015, la Wallonie n'en perdra que 10.000 connaissant une remarquable stabilité dans ce domaine, la population wallonne étant plus jeune que la population flamande. 
C'est la raison pour laquelle la Flandre ne demande pas la régionalisation des pensions puisque dans ce domaine c'est la Wallonie qui va payer de plus en plus pour la Flandre... comme en témoigne le tableau suivant qui montre, en Flandre, une augmentation plus importante de la population de plus de 60 ans par rapport à la population active.
 
Perspectives de population 2000-2050 :
Vieillissement de la population : % de plus de 60 ans/population totale
 
2010
2020
2030
2040
2050
Flandre
24,75  
28,76  
32,63  
33,89  
34,29
Wallonie
23,03
26,36
29,29
30,51
31,29
France
22,8
26,5
29,6
31,1
31,9
 
J’y ai ajouté la France qui montre une évolution comparable à celle qu’on prévoit pour la Wallonie. A un point tel que les courbes d’évolution sont pratiquement superposables. Un petit dessin valant toujours mieux qu’un long discours, voici cette comparaison :
 
 
  
Sources INS et INSEE
 
Joli, Non ?
Et encore, les estimations pour la France sont pessimistes, puisqu’elles ne tiennent pas compte de la poursuite de l’augmentation du taux de fécondité annoncé il y a peu par l’INSEE (Voir : La France, un pays avec un avenir !) de2,0 enfants par femme ! (1.64 en Belgie-que). La France qui, grâce à sa population jeune, reprendra logiquement la tête de pays européens en terme de croissance.
 
Souvenons nous de ces propos du Rapport Sauvy (publié en 1962) tant négligé à l'époque :
 
"Un pays où domine les vieux, un pays qui ne renouvelle pas ses cellules, ne peut prétendre jouer un rôle convenable dans une époque où jaillit de toutes parts le progrès et où s'élève une concurrence plus vive encore et moins limitée que celle, déjà sévère, du XIXème siècle."
 
Et il ajoute, sur le mode de la philosophie individualiste rappelée par Hugues de Jouvenel : "Rien n'est écrit, sinon des chiffres sur un papier. Nous allons maintenant voir comment ceux-ci peuvent être modifiés par la volonté de l'homme, si l'homme le veut effectivement ".
 
Alfred Sauvy a longuement plaidé pour que soit restauré un dynamisme démographique suffisant grâce à une politique de soutien de la fécondité. Lors de la présentation de son rapport, Alfred Sauvy transforme son constat sur la Wallonie en un slogan qui sera répété inlassablement :"Pour la Wallonie, le danger est beaucoup plus sérieux encore que pour une nation. Celle-ci a en effet des possibilités de défendre son économie, de la protéger dans une phase initiale, d'emprunter à une autre nation, etc. Privée à la fois d'indépendance et de jeunesse, la Wallonie serait vouée à l'asphyxie." 
Il n'a pas été écouté !

 
Une justification supplémentaire pour hâter le débat sur la réunion !
 
 
(*) D’après une enquête de Delta Loyd Life, 71% des Belges l'estiment (à juste titre) insuffisante pour couvrir les besoins de base ! Mais, elle forme tout simplement l'unique rentrée pour 30 à 40% d’entre eux, surtout parmi les employés et les ouvriers…
 
Preuve de l’efficacité du message des pessimistes (et surtout des banques !), les actifs ne sont que 38% à croire en la capacité des pouvoirs publics d'encore assumer à terme le financement des pensions.
Intéressant : cette moyenne nationale cache cependant une différence de taille: l'inquiétude pour le financement futur est partagée par 55% des néerlandophones, mais par seulement 16% seulement de francophones. ?
Toutes les réponses à l’enquête : http://tijd-tv.rambla.be/graphs/fr/graphiques.html
 
(**) « Aurait », parce que le taux d’emplois flamand est surévalué. De nombreux Flamands occupent comme « bilingues naturels » des nombreux postes de travail à Bruxelles, privant les Bruxellois de ces postes de travail. Mais ceci est un autre débat.
Partager cet article
Repost0

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Recherche

Réunioniste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Dans Le Rétro...

Pour y réfléchir

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

Autres sujets ?


Merci à
FreeFind !

Sur Le Feu...