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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 12:30
Bonne nouvelle parce qu’il revient pour « pour consolider la Belgique ». Preuve que les analyses du Mouvement wallon, particulièrement les nôtres, sur l’échec du fédéralisme, sont beaucoup plus pertinentes que tous les sondages dont on nous rabat les oreilles depuis peu.
 
Michel a même déclaré à La Libre cette semaine que : « Cette élection est capitale pour le pays ». « Et plus il y aura de voix qui s'expriment de manière modérée pour solidifier le pays, mieux ce sera. Il faut que des personnalités créent un garde-fou pour le maintien de la Belgique. Je voudrais donner une sérénité au débat électoral sur le plan communautaire. C'est peut-être plus facile pour moi parce que je vois la situation de mon pays avec une certaine élévation que celles et ceux qui sont quotidiennement dedans ».
 
« Une immense majorité de francophones et de Flamands veulent continuer à vivre ensemble au sein d'un fédéralisme d'union (*), maintenir la solidarité interpersonnelle (**). A l'heure où on fait l'Europe, est-ce qu'on imagine le ridicule et l'affaiblissement colossal d'une séparation pour les francophones comme pour les Flamands. Ce serait aller contre l'Histoire européenne ».
 
L’Europe que feraient les belgicains sans elle ? Soyons clairs : l'européisme officiel n'est que la ligne de fuite d'un pays sans perspective. Les derniers belges fuient dans l'Europe comme le SDF s'oublie dans l'alcool. Il se shoote au cosmopolitisme, se dope au multiculturel, se dissout dans un internationalisme rêvé qui lui tient lieu d'identité de procuration ou, pour mieux dire, de "multidentité", voire de non-identité, ce qui revient au même. Le ridicule dont parle Michel n’est il pas plutôt de rester ensemble. Toute l’Europe hurle de rire lorsqu’on lui parle du « modèle belge » !
 
(*) Il devrait se mettre à jour, son ami Verhofstadt parle d’une « Fédération de Belgique » alors que Michel en est encore à la Belgique fédérale. Les mots ne sont pas sans valeur pour tout le monde...
(**) Sans rire, la presse flamande n’est pas distribuée à la Commission européenne ?
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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 09:21

Ainsi donc, contrairement à tous les usages, le régime des partis avec ses consignes de non-parrainages  assorties de pressions  (menaces ?) aura contribué à ce que Nicolas Dupont-Aignan ne soit pas présent au premier tour. Alors que le Président du premier parti de la majorité, Monsieur Sarkozy a clairement demandé à ses élus d'apporter "dans un soucis de démocratie" leur parrainage à Monsieur Le Pen aux idées ringardes et odieuses. Mais jugées moins dangereuses, sans doute pour la vision des trois principaux candidats.
 
Voici la réaction de Nicolas Dupont-Aignan :
 
Notre combat ne cesse pas en 2007 :  il ne fait que commencer !
 

Le régime des partis a réussi à cadenasser le 1er tour de l’élection présidentielle. Tout a été fait, je dis bien tout a été fait, pour m’empêcher de présenter aux Français une vision libre, différente, originale, indépendante de la France et de l’Europe.
Pour la première fois d’ailleurs depuis la fondation de la Vème République, aucun gaulliste ne participera à cette élection.
 
Loin de me décourager, cette épreuve me renforce car j’ai ressenti au cours de cette campagne combien nos concitoyens ne supportent plus cette démocratie moribonde. J’ai ressenti la formidable attente des Français pour un profond renouvellement de notre vie politique, de ses personnalités, de ses pratiques et de ses idées.
 
C’est pourquoi, j’invite toutes celles et tous ceux qui se sont reconnus dans ma démarche et qui voulaient voter pour moi à rejoindre Debout la République pour m’aider à bâtir la force politique qui nous permettra demain d’agir efficacement au service d’une « certaine idée de la France ».
 
C’est pourquoi, j’invite toutes celles et tous ceux qui ont participé activement à ma campagne, les Maires courageux qui m’ont parrainé, comme les militants que je ne remercierai jamais assez, à venir nombreux à notre grand rassemblement du samedi 31 mars à Paris.
 
De grandes échéances sont devant nous.
 
Notre combat ne cesse pas en 2007, il ne fait que commencer.
 
Comptez sur moi.

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 18:50
Ceux qui s'opposent à notre réunion à la France parlent parfois des "TOQ" (pour "territoires d'outre-Qiévrain") par assimilations aux DOM/TOM, ou encore autres collectivités ou territoires d'outre-mer. Oubliant qu'il s'agit là de territoires non-européens. (*)
  
Il est vrai que vue d'ici, la France d’outre-mer est généralement mal connue. Les médias ne s’y intéressent guère qu’en cas de catastrophe naturelle ou de crise. Ces territoires demeurent très divers, par leurs populations comme par leurs évolutions. Certaines ont des spécificités à peu près ignorées du grand public : sait-on par exemple que trois rois règnent à Wallis-et-Futuna ?
 
2,3 millions de personnes vivent dans les dix collectivités françaises d'outre-mer. Malgré la diversité de ces territoires, on peut distinguer deux grandes catégories.
D'une part les quatre départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion) qui sont engagés dans l'assimilation avec la métropole.
D'autre part les territoires qui ont choisi l'autonomie dans la République.
   
On le voit, là aussi la vision de nos contradicteurs est fausse. La France est multiple !
 
Mais, plus que les évolutions statutaires, qui ont notamment vu la disparition de la vieille distinction DOM/TOM en 2003, le principal défi que doit aujourd'hui relever l’outre-mer français est évidemment de nature économique. Le développement y reste en effet fragile, malgré de très importants financements publics. Solidarité républicaine !

(*) Les voici :
Superficie et population dans l'outre-mer français
 
Superficie
(km2)
Population
(dernier
recensement)
Densité
(habitants
/km2)
 
Départements et Régions d'outre-mer d'outre-mer
Guadeloupe
(+ Saint-Martin, Saint-Barthélemey, Marie-Galante, La Désirade)
1 704
422 496 (1999)
248
Guyane
86 504
157 213 (1999)
2
Martinique
1 128
381 427 (1999)
338
Réunion
2 512
706 300 (1999)
282
Total DOM
91 848
1 667 436
18
Collectivités d'outre-mer
Mayotte
374
160 265 (2002)
428
Polynésie française
4 200
245 405 (2002)
58
Saint-Pierre-et-Miquelon
242
6 316 (1999)
26
Wallis-et-Futuna
211
14 944 (2003)
71
Total COM
5 027
426 930
85
Autres
Nouvelle-Calédonie (3 provinces : Nord, Sud, Iles Loyauté)
18 575
196 836 (1996)
11
TAAF *
(Terres australes et antarctiques françaises, hors Terre Adélie)
7 391
Pas de population permanente
-
Iles Eparses**
44
Pas de population permanente
-
Clipperton
2
Pas de population permanente
-
Total autres
26 012
196 836
-
Total outre-mer
122 887
2 291 202
19
* Crozet, Kerguelen, St-Paul, Amsterdam
** Tromelin, Iles Glorieuses, Juan de Nova, Bassas da India, Europa
 
En savoir plus ?
 
Dans les DOM
 
Guadeloupe
Préfecture de région : http://www.guadeloupe.pref.gouv.fr
Conseil régional : http://www.cr-guadeloupe.fr
Conseil général :  http://www.cg971.fr
Guyane
Préfecture de région : http://www.guyane.pref.gouv.fr
Conseil régional : http://www.cr-guyane.fr
Martinique
Préfecture de région : http://www.martinique.pref.gouv.fr
Conseil régional : http://www.cr-martinique.fr
Conseil général : http://www.cg972.fr
Réunion
Préfecture de région : http://www.reunion.pref.gouv.fr
Conseil régional : http://www.regionreunion.com
Conseil général : http://www.cg974.fr
 
Dans les autres collectivités situées outre-mer
 
Mayotte
Vice-rectorat : http://www.ac-mayotte.fr
Nouvelle-Calédonie
Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie : http://www.nouvelle-caledonie.gouv.fr
Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie : http://www.gouv.nc
Polynésie française
Haut-Commissariat de la République en Polynésie française : http://www.polynesie-francaise.gouv.fr
Présidence de la Polynésie française : http://www.presidence.pf
Saint-Pierre-et-Miquelon :
Terres australes et antarctiques françaises (TAAF)
Administration supérieure des TAAF : http://www.taaf.fr
Wallis-et-Futuna
Assemblée territoriale : http://www.wallis.co.nc/assemblee.ter
 
Réseau France Outre-mer (groupe France Télévisions)
17 télévisions et 10 radios outre-mer : http://www.rfo.fr
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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 18:46
La dépense intérieure d’éducation représente 6,9% du PIB en 2005 (multipliée par 1,8 depuis 1980). La France se situe toujours au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (5,9% du PIB), assez nettement au-dessus de l’Espagne, du Japon, des Pays-Bas, mais en-deçà de la Suède.

Je n'ai pas les données pour la Communauté française de Belgique...
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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 18:43
Grâce à l’outre-mer, avec onze millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive, la France dispose du deuxième espace maritime mondial, après celui des Etats-Unis. En 2003, l’économie maritime française a apporté une valeur ajoutée estimée à près de 19 milliards d’euros avec un effectif d’environ 500 000 emplois équivalents-temps plein.
 
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 16:48
«tous les siècles d’une nation sont les feuillets d’un même livre».
 
Un beau débat, intelligent et profond. Dans le Figaro de ce 15 mars 2007, l’historien Max Gallo et l’essayiste Alain Finkielkraut reviennent sur l’identité française, attaquée par les adeptes de la repentance et ridiculisée par certaines élites, mais qui est aussi l’objet d’un regain d’intérêt démocratique.
 
 
Propos recueillis par Jacques de Saint-Victor.
 
 
LE FIGARO LITTÉRAIRE. – L’initiative de Nicolas Sarkozy en faveur d’un ministère de l’Identité nationale ramène sur le devant de la scène cette question de la nation. Tout en partant de démarches très différentes, vos deux livres arrivent à un constat assez semblable, plutôt inquiétant. Alors « l’âme de la France », comme le disait Renan, est-elle en péril ou ne traversons-nous qu’un passage à vide comme la France en a tant connu depuis le début du XXe siècle?
 
Max GALLO. – En utilisant dans le titre de mon livre l’expression « l’âme de la France», il y avait chez moi, bien sûr, un aspect légèrement provocateur. Renan disait que la nation est une âme, un principe spirituel. Mais je pensais aussi à Témoignage chrétien qui lançait en 1941 : «France, prends garde à ne pas perdre ton âme. » Cela correspond à ce qui est l’orientation de ce livre : essayer de définir, selon le mot de Braudel, «la problématique centrale de la nation». Quel est l’ADN particulier de la France? J’ai revisité le roman national pour définir peu à peu, à chaque moment historique, ce qui va devenir une permanence. Je ne suis pas pessimiste. Les nations disparaîtront peut-être un jour, mais il me semble que ce ne sont pas des formules obsolètes pour le XXI e siècle. La fin du communisme a même donné lieu, à l’Est, à une révolution démocratique et nationale. On l’a perdu de vue en France mais, pour un historien, il était facile de prévoir qu’une vieille nation comme la nôtre n’échapperait pas à ce sursaut national. D’ailleurs, aujourd’hui, et ce n’était pas le cas voilà quinze ans, la question nationale n’est plus considérée comme relevant d’une catégorie d’individus totalement archaïques. Bref, selon moi, la France n’est pas près de mourir.
 
Alain FINKIELKRAUT. – Renan disait que deux choses constituent l’âme d’une nation: l’une est dans le passé, la « possession d’un riche legs de souvenir », l’autre est le consentement actuel des citoyens. On a longtemps insisté sur le second point pour se démarquer de la conception allemande, quasi raciale, de la nation. Mais ce débat entre l’électif et l’ethnique est clos et la définition de Renan demande à être pensée dans son intégralité car c’est notre lien avec les morts qui est aujourd’hui menacé et même rompu par la repentance. Qu’est-ce, en effet, que la repentance, sinon une arrogante désaffiliation ? Sous l’apparence de la contrition, le présent s’applaudit de sa supériorité morale sur un passé criminel. Le chauvinisme du contemporain remplace l’art d’hériter et de transmettre l’héritage aux nouveaux venus par une conception inédite de l’hospitalité : accueillir l’autre, c’est, désormais, le laisser être ce qu’il est. À la France, selon Renan, façonnée par l’histoire, profondément ancrée dans le temps, la candi­date socialiste n’a pas craint d’opposer à deux reprises la France hypermoderne version Diam’s, celle qui «parle fort», qui «sèche les cours le plus souvent pour ne rien foutre», «qui vit à l’heure américaine», et qui, «le BEP mécanique ne permettant pas d’être patron», «vend de la merde à des bourges». Bref, ce que nous dit la rappeuse dans sa langue somptueuse, c’est : «Ma France à moi, c’est moi.» Marc Bloch écrivait que la défaite de 1940 avait été rendue possible par une désintégration nationale. Il faut lire Marc Bloch et renouer le fil de l’identité française. Mais c’est un mot d’ordre exigeant, ce n’est pas un nom de ministère.
 
M. G. – Je suis parfaitement d’accord. Ce qui est nouveau, c’est que chaque immigré veut que l’histoire de France commence avec lui. Ce n’était pas le cas avant. J’appartiens à une famille d’immigrés italiens. Il est évident que nous avons reconstruit notre place à l’intérieur de cette continuité française. La différence aujourd’hui, c’est que l’histoire n’unifie plus. Pour les Indigènes de la République, l’histoire de France, c’est la leur, un point c’est tout. Et c’est là où tout se noue, notamment le discours sur la repentance qui rend indigne, inacceptable et inhumain le rappel du passé, car le passé, c’est aussi en effet l’esclavage, la colonisation, Sétif, etc. Il n’y a donc plus comme histoire que ce qu’on apporte avec soi. Aux États-Unis, pays pourtant «communautariste», les communautés diverses ne cultivent pas que leur histoire. Elles baignent dans un patriotisme réel, patriotisme exalté par la puissance américaine…
 
Les dérives de la repentance mémorielle ne sont pas seules responsables de cette crise nationale. Certains responsables, nombreux en France, plus rares ailleurs, pensent que la nation est dépassée, que nous sommes entrés dans une nouvelle ère «postnationale». D’autres réduisent la question nationale à une question passéiste ou extrémiste. Dans votre livre, Alain Finkielkraut, Paul Thibaud rappelle justement, contre cette vision réductrice, que la crise de la nation, c’est aussi « la crise de la participation du peuple à l’histoire ». Pas de démocratie sans nation?
 
A. F. – En effet. La nation est le socle de la démo­cratie moderne. Nous en avons un contre-exemple parfait en Irak. L’intervention américaine a été désastreuse car les Américains ont cru pouvoir apporter la démocratie à une entité qui n’était pas nationale. En soulevant le couvercle de la tyrannie, ils n’ont pas ­libéré l’aspiration d’un peuple à l’autonomie politique, mais ils ont déchaîné les forces infernales de la guerre civile religieuse. Nous n’en sommes pas là en France, mais ce n’est plus la mémoire nationale qui forme le monde commun, c’est la télévision, ce lieu où les «people» bazardent ostensiblement l’héritage et mettent à parler n’importe comment la même application que la classe cultivée d’hier mettait à s’exprimer dans une ­langue choisie.
 
M. G. – Notre peinture me semble un peu trop sombre. Je ne crois pas au déterminisme. Les Français commencent à prendre conscience que le monde n’est pas une terre-patrie, comme le disait Edgar Morin. On a besoin des nations. Quand les nations se brisent, voit-on surgir plus de fraternité? Non, on voit à l’œuvre des logiques ethniques terrifiantes et les Français en ont pris conscience. Il y a un irréductible national de plus en plus présent. Il suffit de regarder certaines affaires récentes, comme celle d’Airbus, où l’on voit bien que l’Allemagne a défendu ses intérêts de nation. On sait aussi maintenant que la construction européenne n’est qu’une construction oligarchique. Donc, rien n’est définitivement joué pour les nations. Il suffit de vouloir. Ou bien les élites françaises accepteront de renouer avec le sentiment d’une collectivité nationale, ayant sa culture et ses intérêts particuliers, ce qui n’en fait pas une adversaire de l’Europe, ou bien nous renoncerons et nous nous désagrégerons. «La nation, disait Braudel, est un combat contre soi-même destiné à se perpétuer. S’il s’interrompait, tout s’écroulerait.» C’est çà l’essentiel. Vous ne pouvez pas faire vivre une nation si vous la privez d’un regard historique sur son passé et si vous lui déniez la capacité d’avoir un avenir. Ma conclusion, c’est que le peuple, dans sa réalité, vaut mieux que ce qui le représente. J’ai le sentiment que s’il y avait, par miracle, un pouvoir politique suffisamment courageux pour tenir ce discours national (qui ne serait ni xénophobe ni autarcique), s’il disait : « La situation change, mais nous avons un passé et nous restons fidèles à notre problématique centrale», on pourrait écarter bien des périls.
 
A. F. – Je crois en effet que cette société qu’on ­flatte sans cesse a peut-être envie de redevenir une nation. Mais il faudrait insister sur la fonction performative du discours politique. Ne pas opposer toujours paroles et actes. Si les paroles ne sont pas simplement des promesses, mais si elles sont des dévoilements, elles peuvent avoir un effet très positif. Et le premier dévoilement devrait consister à dénoncer la complaisance démagogique avec laquelle on oppose aujourd’hui les politiques, toujours fautifs, toujours magouilleurs, toujours décevants, à une société riche de sa diversité, de sa créativité, de son esprit d’initiative. Le bruit, la pollution, les incivilités sont-ils le fait de l’État? Si la responsabilité pour les affaires communes est réservée à ceux qui nous gouvernent, et si la société ne connaît que ses droits et ses demandes, c’en est fini de la République. C’est pourquoi d’ailleurs je suis hostile à l’institutionnalisation du dîner du Crif. Cette comparution annuelle des gouvernants est devenue un modèle à suivre pour le Cran et pour toutes les communautés. Une « société de créanciers » n’est plus une cité. Mais une autre question se pose : la France se conçoit-elle encore comme une civilisation? Sait-elle que la littérature a joué un rôle central dans la constitution de son identité? Non. Elle l’a oublié. Ceux, de plus en plus rares, qui s’en souviennent, sont tournés en dérision par les chercheurs en sciences sociales qui, au nom de la plasticité infinie des formes humaines, courtisent l’époque et célèbrent le mouvement pour le mouvement.
 
Quel doit être justement le rôle des intellectuels dans cette campagne dominée, comme c’est le cas en France depuis une vingtaine d’années, par une pensée instrumentale qui n’a pas les outils pour affronter une crise de civilisation ? A supposer qu’il y en ait une.
 
A. F. – Ce n’est pas en se rangeant sous une quelconque bannière que l’intellectuel peut se rendre utile. C’est en essayant de nommer les choses et de faire apparaître la réalité occultée par les formules toutes faites et les clichés des diverses bien-pensances. Mais il lui faut pour cela s’affranchir de sa nostalgie pour les situations binaires et accepter la prose du monde : voulant être dreyfusard ou rien, il s’y résout rarement.
 
Pourquoi tant de prudence à dire pour quel candidat vous voterez? On peut estimer que le choix d’un intellectuel relève aussi du débat public.
 
A. F. – Le problème, c’est que l’intérêt pour le choix des intellectuels est inversement proportionnel à la curiosité pour leur pensée. «Dis-moi pour qui tu votes et tais-toi.» Tel est le slogan d’une France où le divertissement «peopolise» tout et où la gauche continue à opposer, comme si le XXe siècle n’avait pas eu lieu, le parti de la misère du monde au camp des nantis et des dominants, traque les traîtres, fait le tri entre les bons et les félons, dresse périodiquement des listes de suspects. Dans ce contexte, tout à la fois futile et pesant, de « trivialisation» généralisée et de voyeurisme inquisitorial, une seule consigne s’impose : n’avouez jamais !
 
M. G. – J’ai occupé des fonctions politiques, et, aujourd’hui, j’écris. Je crois que l’intellectuel est celui qui essaye d’élaborer une pensée qui lui est propre, même s’il y a une part d’illusion. L’action politique, elle, est toujours collective. L’intellectuel ne peut pas se mettre à la place du politique et le politique ne doit pas se mettre à la place de l’intellectuel. L’intellectuel doit toujours garder une attitude de retrait. Je suis frappé par l’oubli de ce principe. Je ne pensais pas que des intellectuels puissent encore signer un texte comme l’appel à voter pour Ségolène Royal, titré « Avant qu’il ne soit trop tard ». C’est à garder comme un monument du retour du religieux en politique. On se croirait dans les années 1950, comme s’il y avait le candidat de la peur et celui de l’espérance. Essayons de garder un comportement laïc en politique. Ma démarche, c’est de me demander, à partir de mon analyse, et avec toutes ses limites, qu’est-ce qui convient le mieux à la situation de la France en 2007. J’ai passé l’âge de l’homme providentiel et, dans le cadre d’un pays démocratique, on ne me refera plus le coup du bien et du mal.
 
 
L’Âme de la France
de Max Gallo, Fayard, 608 p.
Qu’est-ce que la France ?
Dirigé par Alain Finkielkraut, Stock, 432 p.
 
 
 
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 12:30
Ainsi donc, Monsieur Le Pen a déposé 535 signatures de parrainage au Conseil constitutionnel. C'était prévu. Il faut dire que grâce à la « belgification » (*) de la campagne organisée par les grands partis qui ont donné des consignes pour éviter les parrainages, Le Pen s'est payé une belle page de publicité gratuite avec ce que je pense être son pseudo-manque de signatures : « Le Pen la victime de la bien-pensance », « Le Pen le martyr de la république », etc ...
Et à l'arrivé 10% de signatures en trop... Surtout que rien ne dit qu'il a bien déposé toutes les signatures qu'il avait. Il a très bien pu en avoir plusieurs centaines de plus que la limite des 500, se contentant d'en donner juste le nombre, histoire de faire le pauvre que le "système" a empêché de se présenter. N’oublions pas qu’à la fin de l'année dernière, les démarcheurs du FN disaient déjà qu'ils était aux alentours de 450 signatures, avant que les chefs ne débarquent et "corrigent" l'estimation à 250… Le rôle de victime lui a toujours réussi...
 
 
Bien joué aussi de la part de ce vieux renard d’annoncer en coup de vent qu'il donnait sa signature (Le Pen est député européen) à Nicolas Dupont-Aignan, le candidat républicain… J’ajoute immédiatement, à l’attention de tous ceux (NDA a mené le combat pour le « non » au projet de traité constitutionnel !) qui vont s'empresser de dénoncer une collusion entre celui-ci  et Le Pen que Dupont-Aignan est un véritable démocrate  et qu’il a parrainé Besancenot… mais sans faire de bruit. 
 
 
Vendredi, cet épisode stressant et finalement peu démocratique se terminera (**). Et l’on pourra enfin entendre les "petits" candidats parler de leur programme. Parce que pendant que les "gros" faisaient les beaux sur les ondes, eux ont galéré avec leurs militants pour avoir le droit d'être sur la ligne de départ.
 
(*) Nous, nous commençons à récolter les milliers de signatures d’électeurs nécessaires pour pouvoir déposer des listes aux élections législatives. Il y a belle lurette que plus aucun parti n'autorise le moindre élu sortant à accorder un parrainage en Belgique. Même à un parti démocratique.
Comme d'habitude, la Sainte-Alliance des partis traditionnels va jouer son rôle sans que ça fasse de vagues.
 
(**) Pour rester (ou revenir) dans les traditions républicaines, certains appellent à régler cette affaire de parrainages entre hommes de bonne volonté. C'est en tout cas l'idée de l'ancien sénateur UMP de Paris, Michel Caldaguès, qui s'est hier adressé au président de son parti pour qu'il accorde l’autorisation à ses élus de donner à Nicolas Dupont-Aignan les 50 parrainages manquant pour que le candidat gaulliste puisse se présenter...
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 09:57

Sans commentaires, sur la "nouvelle culture politique" du Monsieur "Mains propres" du gouvernement wallon !
 
L'administration wallonne et la Société wallonne du logement se sont penchées sur le geste "très inhabituel" du ministre wallon du Logement, André Antoine qui a adressé un courrier au Foyer de la Haute Sambre pour qu'un logement social soit mis à disposition des époux Sagawé, affirment jeudi "La Dernière Heure" et "La Nouvelle Gazette". Une note souligne que "sur la plan strictement réglementaire, il s'agit incontestablement d'une désignation entachée d'illégalité".
© BELGA BRUXELLES 15/03

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 11:30
Ce matin, à l’émission « Matin première » de la RTB(f), nous avons pu entendre Monsieur Baudouin Velghe, administrateur délégué de la FEDIS, dire très clairement qu’une caissière de supermarché coûtait 25 % plus cher à son employeur en Belgique qu’en France. Et que dans ce dernier pays, elle était mieux payée…
 
Ça commence à se dire de plus en plus souvent… Et on commence à en mesurer les conséquences dans notre vie de tous les jours.
 
 
En cas de problème, n'hésitez pas à télécharger un logiciel vous permettant d'enregistrer une séquence sur votre disque dur et de l'écouter à votre meilleure convenance :
Par exemple : Ipodder (
ipodder.sourceforge.net/index.php)  compatible avec Windows 2000 ou XP - MacOS X 10.3 et supérieurs et GNU/Linux.
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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 22:48
« La Libre » publie ce 13 mars un texte de Patrice DARTEVELLE , Président de la Ligue pour l'abolition des lois réprimant le blasphème et le droit de s'exprimer librement et Vice-président du Centre d'Action Laïque. Ce texte attire à nouveau notre attention sur le projet de loi anti-discrimination déposé par le Gouvernement (socialistes et libéraux, donc une majorité dite « laïque ») et actuellement discuté à la Chambre.
 
L’auteur reconnaît que « le but de la loi est louable en soi : lutter contre toutes les formes de discrimination, qu'elles touchent à la race, à la nationalité, au sexe ou aux opinions religieuses, philosophiques ou politiques. Nul ne doit être privé de travail ou de logement parce qu'il est noir, arabe ou flamand ». (Et Wallons ?)
 
Il faut cependant nuancer les enthousiasmes… « Les articles 22 et 38 (en particulier qui modifie l'article 453 bis du code pénal) du projet de loi. Le premier punit l'incitation à la haine à l'égard d'une personne pour l'ensemble des critères de discrimination et donc "la conviction religieuse et philosophique, la conviction politique et ce dans tout domaine, même hors du champ d'application de la loi". L'article 453 bis modifié vise pour sa part la question des injures. Les sanctions pénales ne sont pas pour rire, on y trouve aussi l'inéligibilité et l'interdiction de remplir un emploi public (et donc la révocation pour qui est en fonction…) ».
 
Si les propos racistes ou xénophobes sont légitimement interdits et réprimés parce que nul ne peut être responsable de la couleur de sa peau, il en va tout autrement des convictions religieuses,  philosophiques ou politiques qui relèvent bel et bien des opinions. Protéger celles-ci va totalement à l'encontre de la liberté d'expression. Et ouvre la porte à tous les tabous, toutes les interdictions, à empêcher toute liberté d’expression par rapport à ce qui serait décrété comme sacré. Les intégristes de tout poil feraient la loi !
 
Dartevelde pense que le gouvernement a voulu « œuvrer dans une volonté de promouvoir une société multiculturelle où on devrait respecter les idées des autres ». Il a raison de s’insurger et de dire : « la tolérance n'est pas le respect des idées des autres, mais celui de la personne d'autrui malgré les oppositions religieuses, philosophiques ou politiques ».
 
Si la loi prévoit de limiter les sanctions à l'incitation à la haine contre des personnes, il s'agit bien entendu d'une illusion parce que derrière les opinions, il y a toujours des personnes. Le pape et les prêtres sont des personnes, Mahomet aussi. Les groupes, les mouvements, les églises, les sectes, les partis, sont des additions de personnes (le commentaire à la loi le dit) et lorsqu'on s'en prend à une parole ou à un acte, il y a toujours quelqu'un qui l'a dite ou posé. En publiant mes opinions sur ce blogue, je risque d'être poursuivi par n'importe quel quidam qui ne serait pas d'accord... 
 
Il cite au secours de son argumentation le philosophe espagnol, Daniel Innenarity : "Nous sommes humains quand nous estimons que devoir vivre avec l'irrévérence et le mauvais goût est le prix à payer pour notre liberté... le mauvais goût ou les opinions bizarres rendent la coexistence très difficile, mais leur interdiction la rend absolument impossible"
 
Concluant que si cette loi passe telle quelle, « il ne nous restera qu'une consolation, celle de réaliser un monde où personne ne peut plus rien dire », ni écrire ! Même ici... j'en connais au moins un à qui ça ferait plaisir !
 
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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