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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 12:30
Dans l’Echo de ce matin, José Happart estime que « Personne n'est prêt, ni du côté flamand, ni du côté francophone pour ce round communautaire », que « Du côté flamand parce que quoi qu'en dise Reynders, le discours de la N-VA n'est pas le fait d'une minorité au nord du pays. Du côté francophone parce que, si les libéraux ou les humanistes cèdent sur ce terrain, ils vont se faire massacrer aux régionales de juin 2009 » Etrange sollicitude de sa part. Il va même plus loin, appelant de ses vœux à un « gouvernement d'affaires courantes rassemblant tous les partis démocratiques du pays ».
Ballon d’essai de Di Rupo qui se tait en toutes les langues ? Tout en se préparant (réunions prévues en septembre) aux prochaines élections ou encore à un appel au secours en cas d’échec des négociations en cours ?
 
Ceci dit, je me pose des questions sur l’attitude des négociateurs francophones.
 
Sont-ils prêts à faire capoter les négociations en cours ? Si oui, quel est leur objectif ? Veulent-ils tout tenter pour empêcher Mr Leterme (on sait que les « MR » sont plutôt partisans d’un maintien de Verhofstadt) de prendre les rênes du pays ? Veulent-ils par-là pousser les négociateurs flamands dans leurs derniers retranchements et, par là, avoir plus de poids sur eux pour leur faire admettre des changements réputés inadmissibles (élargissement de Bruxelles ?) Ou, en comptant sur la soif de pouvoir des négociateurs présents pour les forcer à accepter un programme de gouvernement institutionnellement neutre?
Veulent-ils pousser les négociateurs flamands jusqu'au bout de leurs revendications pour les pousser à dévoiler leur jeu ? Voire quelle est la détermination des négociateurs? Les forcer à proclamer l'indépendance de la Flandre...
 
Nous sommes en droit de supposer, que « nos » représentants francophones, quelle que soit leur origine politique, ne sont pas les derniers des crétins. Ils savent bien quelle est la situation réelle en Flandre. Ils connaissent le poids du nationalisme flamand. Ils sont aussi prisonniers de leurs mensonges (c’est une minorité qui, en Flandre…) et de leurs prises de position (demandeurs de rien…). Alors, en faisant durer, ne cherchent ils pas à contribuer - avec l’aide de la presse subsidiée – à la prise de conscience dans la population wallonne et bruxelloise francophone à l’inéluctabilité de la fin de l’Etat ? Prise de conscience qui avance à grand pas si j’en crois les courriers des lecteurs et les interventions sur les forums (fora ?) politiques. Sans compter le point de vue du très unitariste Jean-Pierre Stroobant dans "
lemonde.fr" de ce jour (*).
Ou tout simplement, ne ménagent-ils pas l’avenir en cherchant à apparaître ainsi aux yeux de leurs mandants comme « les bons », ceux qui ont tout fait pour sauver la Belgique ? 
 
Intéressante et éclairante l'émission ce matin sur la RTB(f) : l'invité était
Pierre Verjans de l'Université de Liège.
L'interview d' Anne-Michelle CREMER 
Les questions du public
 
(*) Sa conclusion :
Près de deux mois après les élections, le "formateur" et premier ministre présumé, le chrétien démocrate flamand Yves Leterme, piétine. Certains misent désormais sur son échec et n'hésitent plus à envisager un scénario "tchécoslovaque" : les partis francophones seraient obligés de suspendre les négociations et des Flamands déclareraient que le pays étant devenu ingouvernable, "il faudrait le liquider", selon une formule du politologue Vincent De Coorebyter.
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 19:38
Vous avez certainement entendu parler de cet étudiant congolais qui a déposé plainte auprès d’un juge d’instruction à Bruxelles pour dénoncer le caractère « raciste » de l’album « Tintin au Congo » d’Hergé. Demandant qu’il soit retiré de la vente. Et tant qu’à faire, il s’est aussi constitué partie civile contre Moulinsart, qui gère les droits sur l’œuvre de Hergé. (Et n'est pas éditeur...)
Le juge d’instruction n’a pas encore décidé si la plainte était recevable…
 
En juillet, la Commission britannique (pays où les continentaux sont toujours traités d’aliens !) pour l’égalité raciale (CRE) avait jugé que la vente de Tintin au Congo « dépassait l’entendement ». « Ce livre contient des images et des dialogues porteurs de préjugés racistes abominables, « où les « indigènes sauvages »ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles », avait déclaré leur porte-parole. Suite à cet avis délirant, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne l’album controversé a été déplacé vers la section des BD pour adultes !
 
Mais où s’arrêtera donc le « politiquement correct » hypocrite à l’américaine ?
 
Cet album, comme tant d’autres (Tintin en Amérique, l'oreille cassée, le lotus bleu...), est un témoin de son époque.  Verrons nous aussi, demain, Les albums de Buck Danny retirés de la vente parce que les Japonais (en pleine guerre) étaient trités de « faces de citrons » ? Black et Mortimer, Spirou (les Champignaciens !) Blondin et Cirage, Bécassine, ou encore Astérix (là, les Romains, les Normands, les Germains, les Grands Bretons, les pirates, les Thraces, les Egyptiens, les Indiens des Amériques, etc…et les Belge pourraient se plaindre !), censurés ? Des œuvres historiques brûlées ? Coluche mis à l’index pour ses blagues belges (excellentes au demeurant !). Leterme (Ha ? Non ! Ça on ne peut pas, ce n’est pas du racisme ou de la xénophobie, on peut tout dire des Wallons et des autres francophones en Belgique !). Verrons-nous demain les descendants des Nazis faire interdire le sublime « La bête est morte » de Calvo ? Et quid des Commentaires de César sur la guerre des Gaules ? Etc.. Tout ça est pein de préjugés !
 
S’il est évident qu’on peut éventuellement concevoir que des gens puissent se sentir insultés par des publications datant d'il y a presque un siècle (et encore, ce sont des stéréotypes complètement dépassés et ici assez naïfs), il faudrait peut-être penser s’attaquer aux discriminations actuelles. (Non, n’insistez pas ! Pas celles contre les Wallons !). Inutile de s’attaquer aux parties d’un patrimoine historique à moins de vouloir apurer l’histoire. Gageons que cet étudiant (?) se fait de la pub et pourra ainsi commencer une carrière politico-populiste à son retour (s’il y retourne) dans son pays. Il est bien parti !
 
Du bon sens quoi, m.... ! (Même Cambronne ne pourrait plus s'exprimer ! Et pourtant le coeur y était...)
 
Et arrêtons aussi de faire du racisme à rebours. Stop aux complexes !
Coluche, toujours lui disait dans un de ses sketch : « Si un blanc dit d’un noir qu’il est con (même s’il est con), le blanc est raciste. Au contraire, si un noir dit d’un blanc que ce dernier est con. Alors le blanc ne peut-être que con ! Ou encore, et je vous invite à médier là-dessus : « Ce serait raciste de penser que les étrangers n'ont pas le droit d'être cons. »
En tous cas, je vais de ce pas racheter quelques albums. Ils vaudront des sous plus tard ! 
 
Excellent billet, ICI, sur le blog "Je suis belge, mais je me soigne" sous le titre " Tintin et les opportunistes ".
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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 06:23
Sans vouloir polémiquer à propos de la sortie de Jean-Luc Dehaene hier, il me paraît important de revenir sur cette question du bilinguisme qui aurait été refusé en 1932… et serait la cause de tous les malheurs. Ce bilinguisme aurait sans doute contribué à conforter plus rapidement l’emprise de la Flandre sur tout le pays. On peut comprendre les regrets de l’ancien premier ministre…
Mais moins les acquiescements serviles des médias qui ne rappellent pas les circonstances de ce refus.
 
Il faut se rappeler que cette proposition était alors le fruit des revendications du Mouvement flamand. Dans un Etat dominé par une certaine élite francophone (et pas uniquement Wallonne, loin de là ! Les élites flamandes de l’époque s’exprimaient en français pour se différencier du « petit peuple » !), ce dernier a réclamé avant tout le bilinguisme en Flandre, obtenu par étapes à partir de 1883. Dans l'enseignement secondaire, d'abord, puis dans les universités. L'étape suivante consistait à obtenir l'égalité absolue des langues. Soit le bilinguisme dans toute la Belgique, soit l'unilinguisme régional. 
Les Wallons et autres francophones estimèrent que le bilinguisme étendu à tout le pays représentait une concession trop importante. Et, en passant, notons que Dehaene reste ainsi dans la droite ligne des revendications historiques du mouvement flamand. Mais qui s’en souvient ?
Le 14 juillet 1932, une loi tranche: l'enseignement est unilingue. François Bovesse qui a mené le combat de résistance a alors déclaré : « Le bilinguisme est mort, personne ne le ressuscitera ». En Flandre, un régime transitoire est mis en place pour les citoyens d’expression française qui y étaient encore présents : « les classes de transmutation ».
 
La réalité, c’est que la loi linguistique de 1932, par laquelle le mouvement flamand obtenait l'imposition d'un régime linguistique unilingue dans les administrations en Flandre (jusque là, les communes restaient libres d'offrir à leurs habitants un régime administratif de bilinguisme), avait garanti en contrepartie une ultime zone de liberté à la minorité culturelle des francophones de Flandre - plus d'un demi million encore en 1947. Tous les dix ans, le Recensement de la population allait permettre à la commune flamande (ou wallonne) qui compterait plus de 30% d'habitants se déclarant de régime linguistique français (ou néerlandais), d'opter pour le bilinguisme, si elle le voulait. Ce système de référendum - il n'en portait pas le nom, mais c'en était bien un -, s'il anéantissait la citoyenneté culturelle des minorités francophones faiblement concentrées (à moins de 30%, elles n'existaient plus, le conseil communal ne pouvant pas même débattre de l'éventuel bilinguisme), avait le mérite de fixer une procédure démocratique pour relayer la volonté populaire, procédure conforme à la tradition des libertés communales héritée du moyen âge. On sait ce qu’il en est advenu lors du rejet du referendum de 1960. Vous en trouverez un résumé dans ce vieil article que j’avais publié en 2004.
 
La ténacité du Mouvement flamand ne se dément pas… à travers les générations.
 
Et pour en savoir plus sur l’évolution de la frontière linguistique, cliquez ICI pour lire l’article en bas de page.
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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 06:50

La pression monte ! Au moment où les négociateurs abordent la lecture du « volet communautaire » comme il est dit pudiquement à la RTB(f), plusieurs déclarations flamandes (les autres n’étant « demandeurs de rien », air connu) donnent le ton de ce qu’on pense en Flandre.


De Gucht qui déclare que « les chances d'un échec des négociations communautaires sont plus grandes que les chances de réussite »
Jean-Luc Dehaene, le sage tant apprécié des « francophones » qui crache sa bile dans un long entretien au journal « Le Soir ». Morceaux choisis : « Je constate qu’une nouvelle génération d’hommes politiques en Flandre ne parlent plus le français. Bientôt, nos négociations gouvernementales se dérouleront en anglais ! », « la frontière (linguistique) est un exemple de la manière dont les francophones donnent des leçons aux néerlandophones, alors qu’ils ont eux-mêmes créé le problème »,  « on a en effet le sentiment de vivre dans deux pays différents. », « J’ai toujours prévenu, avant les élections, que si le CD&V n’entrait pas au gouvernement cette année, on irait au-devant de graves problèmes en 2011. ». Mais, on vous dira qu’il est en fin de carrière…
 
Plus sérieusement, Le constitutionaliste Robert Senelle, fort écouté en Flandre a jeté un nouveau pavé dans la mare lundi. Je ne l’avais pas lu… Jules Gheude m’en a envoyé une traduction. J’en ai emprunté le titre pour ce billet et j'en souligne quelques passages... Euh... Intéressants !  Voici ce texte.
 
« Un gouvernement sans réforme de l’Etat signifie la fin de la Belgique »
 
Dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 30 juillet, Robert Senelle, professeur émérite de droit constitutionnel, répond aux questions de Dirk Castrel. Traduction de Jules Gheude
 
Q. Attendez-vous du formateur qu’il parvienne à obtenir davantage d’autonomie ?
 
R. Je lui souhaite en tout cas plein succès. Fixée en 1962, la frontière linguistique est devenue peu à peu une frontière d’Etat entre deux Etats fédérés totalement différents : la Flandre et la Wallonie. On peut donc se poser la question de savoir où va la Belgique, si Yves Leterme échoue dans sa mission de formateur. Continuer à se traîner avec une réforme de l’Etat inachevée, serait une catastrophe pour le pays et sûrement pour la Flandre prospère. Les Flamands doivent donc chercher une solution qui assure les intérêts fondamentaux de la Flandre sur le plan politique et économique.
 
Q. Cela ne peut-il se faire dans le cadre actuel de l’Etat ?
 
R. Depuis 1970, l’Etat unitaire belge de 1830 a évolué, via diverses réformes de l’Etat, vers un système fédéral. Mais parce que nos constituants ont négligé certains principes fondamentaux du fédéralisme, on se retrouve aujourd’hui avec une réforme de l’Etat inachevée, qui est inutilement compliquée et qui continue à créer des problèmes politiques.
 
Q. Adapter est donc la seule solution ?
 
R. Le fédéralisme est une technique politique et constitutionnelle qui permet, au sein d’un même Etat, de répartir des compétences entre l’autorité centrale et les entités fédérées, les composantes territoriales de l’Etat fédéral. Ce principe induit que, dans les Etats pluriculturels, la délimitation territoriale des entités fédérées doit coïncider avec la division linguistique. L’article 4 de la Constitution fédérale stipule que la Belgique a quatre régions linguistiques : la néerlandaise, la française, le territoire bilingue de Bruxelles-Capitale et la région linguistique allemande. Les frontières des régions linguistiques coïncident déjà avec la répartition linguistique du pays.
 
Q. Qu’en est-il de la division en Régions et Communautés ?
 
R. Tous les Etats fédéraux se composent d’entités fédérées ayant une large autonomie. La séparation de la Flandre et de la Wallonie en régions et communautés est dépassée et idiote. Parmi les principes fondamentaux du fédéralisme, on trouve un système bicaméral fédéral, avec une chambre représentant l’Etat fédéral, et l’autre, les entités fédérées. La compétence résiduaire - c’est la compétence fondamentale - revient aux entités fédérées et l’autorité fédérale n’est compétente que lorsque les entités fédérées ne le sont pas. Et dans tout Etat fédéral, il y a une Cour constitutionnelle.
 
Q. Pourquoi est-ce que ça va si mal chez nous avec le système fédéral actuel ?
 
R. Dans la Belgique fédérale actuelle, la compétence résiduaire revient encore au pouvoir fédéral, parce que les francophones refusent d’appliquer l’article 35 de la Constitution fédérale. Il s’ensuit un enchevêtrement des compétences, avec tous les conflits que cela entraîne. Sur le plan administratif, le fédéralisme belge est un fouillis.
 
Q. Que faut-il donc changer ?
 
R. (…) La seule solution pour un fédéralisme efficace est la reconnaissance de la division de fait du pays. Cela implique que la Belgique doit reconnaître deux Etats fédérés réels comme fondement du système fédéral : la Flandre et la Wallonie.
 
Q. Quid de Bruxelles ?
 
R. Bruxelles conserve ses frontières et institutions actuelles, reste bilingue et forme, comme la Belgique de langue allemande, une région autonome. Bien entendu, la compétence actuelle de la Flandre et de la Wallonie pour la culture et les matières personnalisables, est conservée sur le territoire bilingue de Bruxelles-Capitale. Les communautés et les régions, qui sont une aberration constitutionnelle, disparaissent. La Belgique est d’ailleurs le seul pays fédéral où les entités fédérées sont scindées de cette façon. Cela signifie aussi que la Belgique de langue allemande ne fait plus partie de la Région wallonne. Il est important que la Communauté flamande exerce toutes les compétences de la Région flamande. Dans ce système constitutionnel, la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de BHV est un fait.
 
Q. Comment envisagez-vous alors le niveau fédéral ?
 
R. Au niveau fédéral, il y a un parlement fédéral et un gouvernement fédéral. Nous conservons la monarchie constitutionnelle telle qu’elle fonctionne maintenant, parce que la Belgique fédérale ne tiendrait pas six mois comme république. La Flandre reste comme Etat fédéré dans la Belgique fédérale, mais ne reconnaît plus la constitution fédérale actuelle et exige une nouvelle charte constitutionnelle.
 
Q. Comment la Flandre doit-elle réaliser ce programme ?
 
R. La réponse est évidente, car il est écrit dans les étoiles que les Wallons et les francophones ne céderont pas d’un pouce. Avec pour conséquence que les intérêts flamands fondamentaux  sont remis en question. Il revient donc au Parlement flamand, au cours d’une séance solennelle (*), de proclamer la Flandre comme Etat fédéré de la Belgique fédérale, avec le territoire qui s’étend de la Mer du Nord à la frontière linguistique et où seules la langue néerlandaise et la culture flamande sont officiellement reconnues et protégées. De ce territoire, Bruxelles-Capitale n’est qu’une région bilingue et autonome. Il faut confectionner une nouvelle constitution fédérale et les deux Etats fédérés rédigeront eux-mêmes, de façon autonome, leur propre constitution.
 
Q. Comment la Wallonie réagira-t-elle ?  
 
R. Je suis convaincu que la pression politique et communautaire sera si grande que la Wallonie n’aura d’autre choix que d’emprunter le même chemin. D’ailleurs, de nombreux politiques wallons influents admettent déjà que la scission de la Wallonie en une Communauté française et une Région wallonne fut une mauvaise décision. Aux politiques flamands qui douteraient du succès de ce revirement constitutionnel, je voudrais citer la devise de Guillaume d’Orange : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». 

(*) Une séance solennelle du Parlement flamand, avec proclamation d’un Etat flamand ?  Voilà qui ressemble fichtrement à un certain documentaire-fiction…

Je constate également que tant Robert Senelle que Jean-Luc Dehaene veulent un "Droit de regard" sur les investissements à Bruxelles. Bref, une application stricte du "Rapport de club de la Warrande". Trois Etats, un fort, un faible et un condominium...
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 12:31
Pasteur, "le hasard ne favorise que les esprits préparés"...
 
J’ai entendu ce matin, à la radio, l’interview de Benoît BAYENET, professeur de politique économique et de finances publiques à l'ULB et co-auteur de l'ouvrage « L'Espace Wallonie-Bruxelles. Voyage au bout de la Belgique » paru aux éditions De Boeck, avec Philippe LIEGEOIS (CEPS/Instead Lux) et Henri CAPRON (ULB). Je n’ai pas encore lu ce livre… Mais ce que j’en ai déjà entendu est assez intéressant. Ainsi le redressement de la Wallonie serait confirmé (*). Ainsi, ils nous apprennent qu’il a fallu plus de cent ans à la Flandre pour rattraper son retard économique.
 
Mais, si j’ai bien compris, les auteurs basent toute leur analyse sur l’économique. Est-ce suffisant ? Où mettent-ils l’émotionnel qui est à la base de beaucoup de choix politiques ? Comme je l’écrivais ci-dessous dans : « Le divorce avec la Flandre, entre utopie et réalisme… Où est la place du Politique ? » ? Sans nier l'importance de l'économique.
 
Benoît BAYENET présentait les auteurs comme partisans d’un fédéralisme de coopération. Fort bien.
Mais n’est-ce pas la définition du fédéralisme, partout sauf en Belgique ?
Mais, ce fédéralisme de coopération que souhaitent les partis francophones, comment pourront-ils le concilier avec la vision du même fédéralisme de coopération des partis flamands engagés dans la difficile négociation pour former un gouvernement  ? Le sens des mots est-il vraiment encore le même de chaque côté de la frontière ?  
(*) Avec des nuances, puisque dans la postface, Jacques Thysse (UCL) conclut : « En résumé, pour améliorer les économies wallonnes et bruxelloises, il reste à faire beaucoup plus qu'on ne le pense généralement. Malheureusement, de nombreuses raisons laissent croire que le plus dur n'est pas nécessairement derrière nous. il est donc urgent de l'expliquer clairement à nos concitoyens...»
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 19:25

La Foire de Libramont.
Comme chaque année, en dehors de la partie officielle, j'ai visité cette importante manifestation de « notre Belgique sudiste ».

Sans commentaires...

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 01:39
Marianne2007.info publie les « bonnes feuilles » d'une enquête remarquable parue dans l'hebdomadaire américain The Nation sur la situation des soldats américains en Irak dont Marianne a publié des extraits dans son numéro du 21 juillet dernier. 

« Pour vaincre, il faut conquérir les cœurs et les esprits », affirmaient les stratèges du Pentagone lors de la guerre du Vietnam. Il s'agit d'une leçon que l'armée américaine ne semble toujours pas avoir comprise...
Mais en serait-il différent pour une autre ?
 
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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 07:00

"La Libre" publie aujourd'hui l'opinion de Jules Gheude (*) sur les difficultés à former un gouvernement et sa proposition de réunir des Etats généraux de Wallonie. Etas généraux où, à l'instar de ce qui s'est passé lors du Congrès national wallon d'octobre 1945, les quatre choix suivants pourraient être proposés : "En cas de disparition du Royaume de Belgique, souhaitez-vous : 1°un Etat wallon indépendant, 2°un Etat wallo-bruxellois, 3°la réunion à la France, 4°la réunion à une autre composante européenne que la France ?" 

Si je partage évidemment son choix, celui de la réunion à la France, je pense que ce débat devrait être précédé d'une réflexion et d'une large information publique sur les avantages et inconvénients des choix proposés.
 

Quoiqu'il en soit, il faut en savoir gré à Jules Gheude de cet exercice pédagogique qui contribue, avec prudence et beaucoup de modération, à la prise de conscience de l'évolution péjorative des institutions de la Belgique.

(*) A rapprocher de l'article : " Les Flamands mettent la Belgique en sursis "  de Jean Quatremer dans "Libération" de ce matin.  

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 19:27

On entend souvent dire que la Wallonie ne pourrait survivre sans la Flandre. Les arguments évoqués sont évidemment d’ordre économique : La Wallonie, c'est 32% de la population du pays, 27% de l'emploi total et 24% du PIB (données de l'Institut des comptes nationaux pour l'année 2005).

Vu comme ça, à la question : « qu'est ce que les Wallons auraient à perdre en cas de disparition de la Belgique ? », la réponse est évidemment « beaucoup ». Ce qui est pris comme argument à la fois pour appeler la France au secours par certains (et je n’aime pas cet argument). Ou pour promouvoir, comme le font les partis francophones l’unité du pays et à défaut (et pire) un Etat Bruxelles-Wallonie « parce qu'un Etat Wallonie-Bruxelles serait viable alors que la Wallonie seule ne le serait probablement pas ou très difficilement. »
 
Pour les défenseurs de cette option, se basant sur le fait que Bruxelles, c'est un peu moins de 10% de la population du pays, 16% de l'emploi total et 19% du PIB, un Etat Wallonie-Bruxelles représenterait donc approximativement 42 à 43% de la population de la Belgique actuelle, de son PIB et de son emploi total. (Un peu plus faible que la somme des parts actuelles de Bruxelles et de la Wallonie car la partie flamande des administrations fédérales basées à Bruxelles, ainsi d'ailleurs que les administrations de la région et de la communauté flamandes, seraient sans doute amenées à quitter le territoire bruxellois). Mais c’est marginal.
 
Dans l’absolu, si nous vivions séparé du monde, ces raisonnements pourraient se tenir. En supposant que la France ne s’intéresserait pas à la Wallonie et à Bruxelles. En supposant évidemment que les autres Etats membres de l'Union européenne ne profiteraient pas de la disparition de l'Etat belge pour transférer une partie substantielle des institutions de l'Union sous d'autres cieux (Berlin ?). Car il est évident que la situation privilégiée de Bruxelles dépend de manière cruciale de son statut de siège des institutions européennes. D’'innombrables entreprises multinationales, pouvoirs publics étrangers, groupes de lobbyistes, etc... y ont installé des bureaux, y créant de l'activité et de l'emploi. Difficile d’imaginer que ce soit la douceur du climat ou la légèreté ( !) de la pression fiscale qui les y ont attirés. 
Rien ne prouve par ailleurs  qu'un Etat bruxello-wallon serait viable. Comment harmoniser les relations entre la Wallonie et Bruxelles où une majorité des habitants penche en faveur d'une indépendance par rapport à la Wallonie ? Avec quelle conscience nationale ? Quelle symbolique ? Quelles garanties pour les Flamands de Bruxelles ? Quel régime ? Quelles frontières d'Etat ? Quelle vitrine économique ? Bruxelles ? Namur ? Les deux à la fois ? Quelle diplomatie ? Quelle représentativité ? (*)
D'un autre côté, débarrassée de la pression et des ingérences flamandes (ce qui est bon pour la Flandre est bon pour le pays, air connu…), les responsables politique wallons auraient fatalement plus de temps pour s'occuper des problèmes importants, sociaux et économiques.
Actuellement, toujours d’un point de vue économique, de nombreuses entreprises flamandes font des bénéfices colossaux en Wallonie. Avec une Flandre indépendante, elles deviendraient des entreprises étrangères soumises à une plus grande concurrence, car qu'on le veuille ou non, dans notre Union européenne l'esprit et la réalité des frontières sont encore bien présents (et c’est heureux, j’y reviens ci-dessous à propos d’un petit ouvrage dont je termine la lecture). Ceci pourrait avoir des conséquences profitables au niveau des conditions obtenues, de même que les ports d'Anvers et Zeebrugge ne seraient plus vus comme des évidences par les Wallons, et verraient leur hinterland bien réduit, tous concurrencés qu'ils seraient par les ports avoisinants (Dunkerque, Le Havre…). Les Wallons seraient aussi débarrassés des ingérences politiques en matière de commerce.  Par exemple, certains problèmes dits « éthiques » comme ceux liés à la vente d'armes, ou à l’usage de certaines publicités sur le circuit de Francorchamps, se résoudraient comme par magie. Ayons toujours en mémoire que la Wallonie représente un protectorat, pauvre mais rentable pour la, Flandre. Elle y exerce une influence sur le plan légal et économique et a intérêt assurer cet état de fait. Le « vlaams belang » (l'intérêt flamand) se situe bien là !
C'est une des clés du conflit communautaire. L’autre étant le juste combat culturel flamand, hélas de plus en plus teinté de pangermanisme…
 
Et si le malaise que nous vivons, l’impasse dans laquelle nous nous sommes fourvoyés tenait simplement dans le fait que justement la Politique s’efface au profit de l’Economie, les hommes politiques au profit des gestionnaires, que nos traditions culturelles héritées de la Révolution de 1789, politiques par essence, souffrent de cette orientation ?
 
En France, on l’a vu lors du referendum sur le projet de Constitution européenne, ou lors des élections présidentielles, beaucoup d’intellectuels plaident pour remettre de la Politique dans la politique. Pour restaurer la France, ou à tout le moins stopper ce que certains considèrent comme un déclin.
 
Daniel Teysseire y a consacré un essai court, décapant et tonique : « La France singulière » aux éditions Bourin Basé sur la singularité française. Il y raconte cette France qui de Clovis à Chirac en passant par Richelieu, Louis XIV, la Révolution, Napoléon et de Gaulle, a toujours dit non à une Europe dominante. Une France dont le peuple reste fidèle à des valeurs d'identité nationale inscrites au fond de lui-même.
Qui n'a pas entendu parler de la fameuse «  exception française » ? Tout le monde peut en citer des exemples, mais personne, jamais, n'en a évoqué les raisons. Et pourtant, elles existent tout au long de l'histoire du pays et imprègnent l’inconscient collectif. Nous, Wallons, Français empêchés, n’y échappons pas.
 
Impossible à la lecture de ne pas penser à la formule de mai 1968: « soyez réalistes, demandez l'impossible » !
Avec raison ! Osons donc, à l’encontre de la pensée dominante que suivent et encouragent peureusement les partis traditionnels, osons proposer notre solution.
Quelques exemples de ces irréalistes qui ont eu raison: sans évoquer Jeanne d’Arc, pensons encore à l'exemple de Richelieu. Etais-ce « réaliste » de partir en guerre contre la puissance Habsbourg, alors qu'elle entourait - encerclait - la France et avait des arrières à la dimension du monde, et jouissait de l'appui de la puissance de l'autorité idéologico-spirituelle du temps : l'Eglise catholique ? Les réalistes de l'époque, c'était les dévots qui criaient casse-cou et évoquaient la grande misère du peuple à soulager. L'économisme du temps en quelque sorte… Ou encore les équivalents de nos partis traditionnels.

(*)  Pour être un peu plus complet, mais à prendre avec beaucoup de réserves, sachez que parmi les rumeurs qui évoluent « à bas bruit », certains membre du Parlement fédéral sembleraient penser que si on arrive pas à s'entendre sur une nouvelle réforme de l'état et mettre un nouveau gouvernement fédéral sur pied, on pourrait trouver un arrangement quant à l'apparition de deux états distincts à savoir, le « Bruxelles-Wallonie » (ou Wallobrux !) et la Flandre. 
Dans cette hypothèse, la Flandre délocaliserait sa capitale vers l'intérieur de ses terres (Antwerpen ?) et accepterait une liaison entre Bruxelles et la Wallonie.  
Concession à ceux qui en Belgique souhaitent maintenir un semblant « d'unité nationale francophone » face à la « main mise de la France » sur le monde francophone en général d’une part. Et parce qu’ils craignent qu’une Wallonie indépendante ne soit pas admise au sein des institutions européennes, ne répondant pas aux critères économiques d'adhésion… Les instances européennes se délocalisant à terme.
Les milieux nationalistes flamands affichant ainsi ouvertement leur alliance objective avec les « belgicains » (les belgicistes ?) les plus conservateurs dans leur aversion (haine ?) commune de la France.

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 18:25
Et leur pétition : http://www.loeuvrette.be/loeuvrettes/cruautepetition.htm

Quelques phrases pour vous allécher…
« Être belge est une catastrophe et doit le rester. »
« Revendiquer sa belgitude, c’est, au contraire, faire de soi la victime consentante d’une forme très pernicieuse de discrimination positive. »
« Bientôt on fera du belge au kilomètre, du belge pour ascenseur, du belge comme médicament, du belge pour devenir belge. On imagine des Belges en tête de gondole, en produit d’appel, en cadeau surprise. D’aucuns châtient déjà leur humour, enrobent leur détresse, plastifient leur accent, archivent leur étrangeté avérée, s’emballent sous vide, fermentent sous cloche à force de se répéter et finissent par puer copieusement l’ennui, engoncés qu’ils sont dans la belge attitude. »

J’aime bien, bonne visite !

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

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- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
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- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
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- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
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