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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 17:18

Du site Internet de Mark Eyskens
 
« Dans le contexte d'une négociation communautaire portant sur l'octroi de « paquet de compétences plus homogènes » aux régions et communautés, les différents niveaux de pouvoirs devraient être à même de prendre leurs responsabilités conjointement. Le calcul et la publication d'un indice de pauvreté pour la Belgique mais ventilé régionalement, visualiserait pour l'opinion publique les différences interrégionales en matière de pauvreté (et de précarité). Il s'avérerait que la Wallonie et Bruxelles (avec un taux de 8 à 8%) sont beaucoup plus touchés que la Flandre (4,5%), un constat qui entre hommes politiques lucides, courageux et de bonne volonté devrait conduire à l'élaboration d'une politique de solidarité objective mettant fin ainsi aux nuisibles controverses relatives aux transferts Nord-Sud »
 
Dans
l’éditorial de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 17 août
 
« La Flandre est parfaitement à même de fonctionner comme Etat autonome. Elle n’en deviendra pas plus pauvre. Ce n’est pas le cas des francophones en Belgique. »
« (…) ce sont les chômeurs, les malades, les invalides, les familles bruxelloises et wallonnes qui en paieront le prix. Et M. Sarkozy ne viendra pas à Bruxelles avec un chèque. »
 
Que de sollicitude ! Et de crainte aussi… vous aurez certainement remarqué la très subtile allusion à la solution française… qui gagne du terrain dans les esprits.
 

Et curieusement, la « Libre Belgique » et « le Soir » font état (avec toute la prudence d'usage !) d'un nouveau sondage en ligne auprès de quelque 1.500 lecteurs du quotidien flamand Het Nieuwsblad.
On y apprend que le CD&V/NVA, le Vlaams belang et la liste De decker progresseraient sensiblement en cas d'élections, tandis que les partis moins nationalistes reculent: SP, VLD et Groen. 
 
C'est difficile à comprendre. Le Soir,la Libre, la RTB(f)-RtL-TVi n'ont cessé de nous répéter que la Flandre était remplie de braves citoyens n'aspirant qu'à la concorde entre les Belges ! Que ces problèmes n'était qu'une diversion créée par quelques politiciens qui veulent diviser pour régner. Que les vrais Flamands sont pour l'iunité du pays et souhaitent un gouvernement qui s'occupe des vrais problèmes. Mais j'y pense... Et si on nous mentait ?

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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 12:44

On apprend que, partant du constat qui semble évident que « l'orange bleu » ne dispose pas de majorité des deux tiers au Parlement, MR et CDH ont proposé au formateur une formule aux allures extérieures de bon sens : « un organisme ad hoc pour discuter, après la formation du gouvernement, des réformes institutionnelles réclamant une majorité des deux tiers ». Le MR et le CDH feignent de s’étonner du fait que les négociateurs flamands avancent sereinement des propositions exigeant une majorité de 2/3 au Parlement.

C’est que les Flamands ont fait leurs calculs.
 
Voyons ensemble : La Chambre, c’est 150 députés. La majorité spéciale, c’est 2/3 des députés mais 50 % dans chaque groupe linguistique (l’actuel « orange-bleu »).
La solidarité flamande jouant (on l’a vu en juillet lors de la prise en considération unanime du côté Flamand d’un projet de scission de l’arrondissement de BHV), on imagine mal que la Lijst De Dekker et le Vlaams Belang n’apporteraient pas leur soutien à des propositions allant dans le sens de leur projet politique.
Le compte est alors vite fait, la majorité des 2/3 est atteinte et dépassée puisque nous en sommes à 103 députés. Sans compter qu’il y a de la réserve au SPA… qui ne va pas se fâcher avec Spirit. Et qui tient sans doute à survivre après avoir analysé que son échec tenait à sa tiédeur flamande.
 
Bref, sale temps pour les tenants de « l’ancienne Belgique ». Olivier Mouton a bien raison d’écrire un édito pathétique dans « Le Soir » ! Gageons que si ce qui se passe en ce moment n’est pas un jeu de dramatisation, les semaines à venir seront intéressantes. Toute accélération du processus de dislocation ne peut se faire que dans l’intérêt des Wallons et des habitants francophones de Bruxelles. Mais le comprendront-ils à temps ? Les propos de Monsieur Maingain dans le billet précédent m’incitent encore à en douter, même si les esprits évoluent.
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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 06:47

J'ai reçu, comme d'autres, ce matin un message collectif assez curieux. le voici :
 
Mesdames, Messieurs,
Je fais suite à vos courriers électroniques.
Je vous remercie pour vos messages d’encouragement et de soutien.
Vous avez sans doute pris connaissance des revendications flamandes qui confinent au confédéralisme et qui démontrent que l’Etat fédéral, pour les partis flamands, n’est plus désormais là que pour servir en priorité les intérêts de la Flandre.
Soyez assuré que du côté francophone nous élaborons une réponse circonstanciée dans divers domaines, réponse qui vise ni plus ni moins qu’à nous faire respecter en tant que Francophones, de Bruxelles, de sa large périphérie, et de Wallonie, dans cet Etat belge, que nous voulons pleinement fédéral mais un fédéralisme assumé dans le respect mutuel des deux Communautés linguistiques.
Je vous remercie pour la confiance que vous m’accordez dans le cadre de ces négociations difficiles et assurément décisives pour l’avenir des Francophones, et puis vous assurer de toute ma détermination.En demeurant à votre disposition, je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma considération la meilleure.
Pour Olivier MAINGAIN
Christophe VERBIST
Chef de cabinet à la présidence du FDF

Et voici ma réponse : 

Cher Monsieur,

 
Je vous remercie de votre courriel. Mais je ne pense pas avoir envoyé de message d’encouragement ou de soutien à Monsieur Maingain.
 
La raison en est toute simple. Monsieur Maingain s’obstine à vouloir (faire !) croire en la fiction d’une Belgique unitaire. Ce qui est un leurre. Cette Belgique est morte, il faut en tirer les conséquences et au plus vite.
En sa qualité de politicien, il devrait, à l’instar de ses prédécesseurs et particulièrement au F.D.F., adopter une attitude plus courageuse, à contre courant de l’opinion de ses électeurs. Pour moi, le rôle d’un homme politique n’est pas de suivre les courants d’opinions majoritaires, mais de les précéder. Ici, particulièrement, dire la vérité et préparer les citoyens à faire un choix clair dans un futur très proche.
Mais ce seront peut-être les… Flamands qui lui dicteront cette attitude.
 
Ce choix sera entre un Etat « Résidu » (petite Belgique continuée sans la Flandre…) qu’il a déjà appelé de ses vœux et la réunion de la Wallonie (mais ce n’est pas son problème, je peux le comprendre) et de Bruxelles à la France.
 
Mon choix est fait.
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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 01:33
Anniversaire de la naissance de Napoléon (1769), bien sûr !
Et rien pour le plaisir, une vieille chanson (un peu paillarde !) de mon passé...

Alphonse du Gros Caillou
 
J' m'appell' Alphons', j' n'ai pas d' nom de famille,
Parc' que mon pèr' n'en avait pas non plus,
Quant à ma mèr', c'était un' pauvre fille
Qui était née de parents inconnus.
On l'appelait Thérès', pas davantage,
Quoiqu' non mariés, c'étaient d'heureux époux;
Et l'on disait quel beau petit ménage,
Que le ménage Alphons' du Gros Caillou! (bis)
 
Après trois ans, ils eur'nt enfin la chance,
Vu leur conduit', leurs bons antécédents,
D' pouvoir ouvrir un' maison d' tolérance
Et surtout cell' d'avoir eu quatre enfants.
Sur quatre enfants, Dieu leur donna trois filles
Qui ont servi dès qu'ell's ont pu chez nous;
C'est que c'était une honnête famille,
Que la famille Alphons' du Gros Caillou! (bis)
 
Tout prospéra, mes soeurs aidant ma mère
Car elles eur'nt vite fait leur chemin;
Moi-même aussi, et quelquefois mon père
S'il le fallait, nous y prêtions la main.
La clientèle était assez gentille,
Car elle avait grande confiance en nous;
Ils s'en allaient disant; quelle famille,
Que la famille Alphons' du Gros Caillou! (bis)
 
Moi j' travaillais dans la magistrature,
Le haut clergé, les gros officiants,
J'avais pour ça l'appui d' la préfecture
Où je comptais aussi quelques clients.
J'étais si beau qu'on m' prenait pour un' fille,
Tant j'étais tendre et caressant et doux
Aussi j'étais l'orgueil de la famille,
De la famille Alphons' du Gros Caillou! (bis)
 
Y avait des jours, fallait être solide,
Et le quinze août, fête de l'Empereur,
C'était chez nous tout rempli d'invalides,
De pontonniers, d' cuirassiers, d'artilleurs.
Car ce jour-là, le militair' godille
Et tous ces gens sortaient contents d' chez nous;
Ils se disaient quelle belle famille,
Que la famille Alphons' du Gros Caillou! (bis)
 
Au-dehors nous comptions quelques pratiques
Ma mèr' servait les Dam's du Sacré Coeur,
Mes soeurs servaient Madam' de Metternich,
Mon pèr' servait la Maison de l'Emp'reur.
La clientèle était assez gentille,
Puis on avait grande confiance en nous
Et l'on disait: "Quelle sainte famille
Que la famille Alphons' du Gros Caillou" (bis)
 
Maint'nant ma mèr' s'est r'tirée des affaires,
Moi j' continue mais c'est en amateur;
Mes soeurs ont tout's épousé des notaires
Mon père est membr' de la Légion d'Honneur,
De notr' vertu la récompense brille
Et si notr' sort a pu fair' des jaloux,
On dit tout d' mêm' c'est un' belle famille,
Que la famille Alphons' du Gros Caillou! (bis)
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 12:48
Le Soir, sous le titre « La Flandre à fond de train » revient sur le chapitre de la note du formateur concernant la SNCB. On le sait, la Flandre veut pouvoir avoir la liberté d'investir plus et plus vite dans son rail. Or, la SNCB est l'une des rares compétences liées au transport et à la mobilité qui relève du niveau fédéra avec une clé de répartition des moyens fédéraux entre Flandre et Wallonie-Bruxelles (60/40) où, c'est la SNCB qui reste maître à bord.
 
On peut évidemment comprendre les Flamands. Ils ont les moyens d’investir plus et plus vite. Et ils se taillent déjà la part du lion (c’est le cas de le dire) en accélérant les travaux chez eux. Je l’avais déjà dénoncé en 2004 lors d’une campagne de sensibilisation (il n’y a rien à retrancher à cette analyse) concernant le report du RER en Brabant wallon. Depuis, Isabelle Durant, l’ancienne ministre des transports citée dans l’article du quotidien bruxellois, m’a implicitement donné raison, avouant : « je peux vous dire que les Flamands qui siègent au Conseil d’administration veillent particulièrement bien aux intérêts de leur Région. »
 
On peut aussi comprendre les craintes des négociateurs francophones de voir les régions prendre en charge une partie du financement des investissements en fonction de leurs besoins. Ils en ont les moyens et augmentant progressivement leur part, ça peut devenir une régionalisation masquée. Les Flamands ayant ainsi la main pour pouvoir dans quelques années diminuer la dotation fédérale de la SNCB qui ne leur servirait plus à rien. Bien joué ! Déjà en 2004, Johan Vande Lanotte, alors ministre fédéral des Entreprises publiques, annonçait que le fédéral ne paiera plus pour la SNCB au-delà de 2007…
Les négociateurs francophones veulent s'en prémunir et bétonner sur le long terme le montant de cette dotation ? On connaît la qualité du béton fédéral…
 
Les partis traditionnels semblent bien n'avoir retenu aucune leçon de l'histoire... Nous continuerons donc à jouer les Cassandre.
Ce n’est évidemment pas en France qu’on verrait ce manque de solidarité interrégionale.

 

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 12:47

Logo-Oui-je-parle-rugby100.jpeg
A l’occasion de la Coupe du monde de rugby, les opérateurs de la Francophonie lancent une campagne de promotion de la langue française auprès des supporteurs étrangers ! 

Une excellente initiative
du ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, de la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Mme Roselyne Bachelot-Narquin et du président de la Fédération française de Rugby et du Comité d’organisation de la Coupe du Monde de Rugby, M. Bernard Lapasset.
 
Comité d’Organisation de la Coupe du Monde - France 2007

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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 20:56
Oui d’accord, je sais ! Le jeu de mots n’est pas terrible (*)…  « mais c'est du belge » ! ...Comme dirait l'autre.
 
J’avoue être intrigué par l’attitude de la presse d’expression française (plus joli que francophone, non ?) qui semble être en pleine béatitude depuis dimanche. La palme revenant à RTL-TVi qui expliquait ce soir au JT de 19h00 que Leterme a « fait sa mutation », qu’il se serait « belgifié » en quelque sorte…
Comme Martens, Tindemans ou Dehaene avant lui ? On a vu que pour tous, mais particulièrement pour ce dernier, ce n’était qu’un mince vernis.
 
Alléluia, nous sommes sauvés ! Crient donc les médias francophones toujours prêts à pousser leur habituel « ouf » de soulagement sur le thème du « allez, tout n'est pas perdu »... jusqu'à la prochaine fois. Ou après avoir passé sous silence que tout aura été concédé... Transformant les reculs en pseudo-avancées. Pathétique.
 
Pauvres belges ! Le commentaire de la NVA ne laisse par ailleurs planer aucun doute.... « Il ne faudra pas venir avec du cosmétique »...
 
(*) Au XIIIème siècle. Il s'agissait déjà d'un calembour : en ancien français, vessie et lanterne avaient à peu près le même sens figuré : une lanterne était un conte à dormir debout et une vessie une chose creuse, une bagatelle. La sottise de celui qui prend des vessies pour des lanternes consiste à accepter une ânerie plutôt qu'une autre ! 
Euh... Vous regardez toujours la télévision ?
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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 18:35
On en parle. Certains disent qu’historiquement, rien (ou presque, il ne faut quand même pas oublier les années Perin) ne s'est jamais fait, en matière de réforme de l'Etat, sans l'appui des partis socialistes. Nous sommes à deux mois des élections du 10 juin. La négociation semble être bloquée. Les partis flamands sont loin d’abandonner leurs envies de profonde réforme de l’Etat. Les négociateurs s’énervent. Ils n’ont pas encore obtenu quelques points concrets qui leur permettraient de dire qu’ils ont fait avancer leur programme et que pour ça « il a bien fallu abandonner certains points qui leur tenaient à cœur, mais que voulez-vous… Nous sommes dans un pays de coalitions ? ».  
Concrètement, la seule avancée concerne les chaises roulantes… C’est peu. Très peu.
Heureusement, c’est le mois d’août.
 
Les Flamands eux-mêmes espèrent le retour du PS. Comme l’hebdomadaire Knack qui nous (dés ?) informait mercredi en annonçant que Di Rupo a préparé un plan pour la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, très proche de ce que les flamands souhaitent. Rik Van Cauwelaert affirme s'appuyer sur des sources PS. Ce qui ne serait pas vraiment étonnant. Di Rupo est un pur « pouvoiriste » et est donc prêt à tout. 
Milquet aura ainsi accompli sa mission. Faire durer... et apparaître comme le défenseur intransigeant des "francophones". (Je ne m'habitue décidément pas à ce que cet adjectif soit devenu un nom...) 

A moins... A moins que ce retour annoncé ne soit une tactique de négociation come on en connaît dans le secteur immobilier, consistant à laisser entendre qu'un "autre acheteur est intéressé" et qu'il ne faut plus traîner pour se décider...
 
Mais céder sur BHV, sera-ce suffisant pour la Flandre ? Poser la question, c’est y répondre. Les "anti-sépartistes" n'ont pas fini de se faire peur.

Et tiens, à propos de "régions d'Europe" et de  séparatisme, un article intéressant : 
http://www.eurotopics.net/fr/magazin/separatimus_2007_07/interview_levrat_separatismus/
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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 00:01
Entre le 10 et le 15 août 1539, le roi François 1er signe à Villers-Cotterêts une ordonnance de 192 articles. Cette ordonnance établit que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l'étaient en latin, la langue administrative de l'époque.
L'ordonnance de Villers-Cotterêts a en réalité été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet et est parfois connue sous le nom de Guilelmine (ça fait vachement érudit d’écrire ça… Non ?). C'est grâce à elle que le peuple a désormais accès aux documents administratifs et judiciaires. Sous réserve qu'il parle la «langue d'oïl» pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire… Le(s) Wallon(s) fait partie de cette aire linguistique.
 
L'article 111 énonce ainsi joliment : « Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement ».(*)
 
A noter qu’avant l'ordonnance de Villers-Cotterêts, les élites du royaume ont déjà adopté la langue française. Même dans les provinces les plus éloignées. Il en va ainsi, dès 1448, peu après sa création, du Parlement de Toulouse qui a décidé qu'il n'emploierait plus que la langue d'oïl dans ses travaux et ses écrits, alors que cette langue fût complètement étrangère aux parlementaires et à leurs concitoyens. 
Sachez encore que le premier acte notarié en français a été rédigé en 1532 à... Aoste ! 
 
Dans les faits, il va falloir beaucoup de temps avant que l'édit royal entre partout en application. Outre qu'il consacre le rôle unificateur de la langue française, il institue ce qui deviendra l'état civil en exigeant des curés des paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement des naissances, des mariages et des décès. 
Mais, il faudra du temps pour y arriver...
 
L'ordonnance de Villers-Cotterêts est d'autant plus importante qu'à la différence de la plupart des autres nations européennes, la France est une construction politique sans unité linguistique (pensons simplement au breton, alsacien, basque, flamand, corse, picard, wallon ou provençal… À l'exception de l'Ile-de-France et du val de Loire, toutes les provinces ont usé dans la vie quotidienne, jusqu'au début du XXe siècle, de langues plus ou moins éloignées du français de Paris.). En 1999, le linguiste et écrivain Claude Duneton a montré qu’en contraste, l'anglais, l'allemand, le castillan ou encore le toscan, qui sont aujourd'hui les langues officielles du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie, étaient déjà comprises par la majorité de la population, dans ces pays, au XVe siècle. 
 
C’est que comme il a déjà été largement démontré, la principale caractéristique, la singularité française dirais-je, c’est cette volonté de « vivre ensemble », malgré les différences, qu’on ne retrouve que très peu dans d’autres Etats d’Europe. Et certainement pas (plus ?) du tout en Belgique !
 
Chez nous, quelques militants de la cause flamande rejoints par les irréductibles partisans des « langues endogènes » remettent régulièrement en cause l’usage du français dans nos régions. Soit ! S’ils ont du temps à perdre… Je pense qu’on ne refera pas l’histoire. 
Des choix ont été faits dans le passé, ils partaient tous d’une très bonne intention, on l’oublie trop souvent. Ainsi, sous la IIIème République, le même désir que celui qui a présidé à l’élaboration de l’ordonnance de Villers-Cotterêts - faciliter une certaine promotion sociale assurer l'unité française - amena les responsables de l'enseignement à proscrire l'usage de tous patois ou parlers régionaux à l'école. Tout naturellement, il en a été de même, par saine « contagion » dans ce qui est devenu la Wallonie. Et c’est une bonne chose.
Mais il n’a pas fallu attendre aussi longtemps pour que des esprits éclairés, soucieux d’égalité républicaine y pensent. Deux exemples :
« … on peut uniformise le langage d’une grande nation … Cette entreprise qui ne fut pleinement exécutée chez aucun peuple, est digne du peuple français, qui centralise toutes les branches de l’organisation sociale et qui doit être jaloux de consacrer au plus tôt, dans une République une et indivisible, l’usage unique et invariable de la langue de la liberté ».
« … pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale, … il faut identité de langage. … L’unité de l’idiome est partie intégrante de la révolution ».
Abbé Henri Grégoire (extraits de son rapport à la Convention)
« La monarchie avait des raisons de ressembler à la tour de Babel; dans la démocratie, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale… Chez un peuple libre, la langue doit être une et la même pour tous. »
Barère 
 
Voilà, me semble-t-il de bonnes raisons pour ne pas céder aux sirènes du retour aux « tout au patois » (même si ceux-ci, poursuivant leur existence, ont toujours pour vocation d’enrichir notre belle langue française et de jouer un rôle non négligeable de cohésion sociale) ou aux imprécations impérialistes et étrangères de retour aux « parlers historiques » disparus. Ou pire encore parce que c’est plus insidieux, à l’abâtardissement de notre langue par le recours au « basic English », sabir utilitaire, bien éloigné de la langue de Shakespeare… « Basic English » dont nos dirigeants et médias raffolent. (Splitsing, ring, trip, files, back stage, cents, etc…)
 
(*) Nous serions donc mal venus de critiquer la volonté flamande d’uniformiser et de généraliser l’emploi de leur langue à tous les actes de la vie publique sur son territoire… à condition que l’Etat flamand se définisse comme bien tel. Un Etat souverain, libre et indépendant. (Mais on y vient tout doucement…)
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 23:31

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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