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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 04:16
On reparle de la vignette autoroutière.
Souvenons-nous. Un accord était intervenu entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles pour mettre en place un mécanisme de vignette forfaitaire dont devraient s’acquitter les usagers de la route. Peu de temps avant les élections, le ministre-président flamand de l’époque, Yves Leterme (CD&V), a fait voler l’accord en éclats, à l’issue d’une visite au premier ministre néerlandais.
La vignette autoroutière n'est sans doute pas la meilleure méthode de faire payer aux étrangers les coûts de la mobilité. » En une visite en Hollande et une phrase lapidaire, Yves Leterme coulait l'instauration d'une mesure qui faisait pourtant l'objet d'un accord entre les trois Régions de Belgique.
Détail amusant et pour la petite histoire, le ministre-Président flamand a renié cet accord inter-régional le lendemain du bulletin environnemental de l'OCDE demandant plus de coordination entre les différents niveaux de pouvoir et l'élaboration d'un plan national de mobilité.
Cet accord sur notre dos a été ratifié fin 2007 entre la Flandre et la Hollande. Il faut dire que ça les arrangeait bien tous les deux. Au programme, entre autres : de grands travaux de dragage du lit de l’Escaut. Et ça n’a pas traîné, les travaux d'approfondissement commencés le 20 décembre. Ils doivent cette fois permettre à des bateaux avec un tirant d'eau de 13,10 m de remonter l'estuaire jusqu'à Anvers, quel que soit l'état de la marée (actuellement  11,85 m).
 
C’est qu’Anvers doit rester pour la Flandre le débouché « naturel » des produits finis wallons. Or, avec ses limitations (tirant d’eau insuffisant), ce ne serait bientôt plus possible. Pour des raisons économiques, les bateaux doivent être de plus en plus gros, donc de plus en plus profonds. Seuls les ports hollandais (Rotterdam) ou français  peuvent et pourront toujours le faire. Et les Flamands le savent, la France développe actuellement Dunkerque, idéalement situé en eaux profondes, relié à l'est par l'autoroute de Wallonie (qu'on met à trois bandes de bout en bout). Et de tout le continent, la France est le seul Etat qui a accès à la mer libre, avec la pointe de Bretagne et le golfe de Gascogne 
 
Dans une Europe où les flux économiques et humains se sont recréés d’Ouest en Est (et vice-versa) depuis la chute du Mur, l'importance stratégique du carrefour wallon qui dispose d'un sol résistant situé à l’écart des reliefs importants est indéniable.
La preuve ? Observez : décisif pour le développement français en Europe, le TGV passe par la Wallonie, il n'y a qu'à rectifier la courbe de Louvain. Les Français construisent actuellement le canal de liaison entre Paris et l'Escaut, seule raison de l'existence de Strépy-Thieu.
 
Flinguer la vignette comme l’avait fait Leterme contribue de la logique flamande qui s’empresse de se rendre incontournable économiquement. On le verra encore prochainement avec la ratification du nouveau traité « BENELUX ». C’est aussi pour ça qu’elle met sur la table de négociation des demandes qui vont dans le sens d’une plus grande autonomie économique tout en cherchant à garder la Belgique. Une Belgique dominée par elle et elle seule. Notre intérêt n'est pas là.
 
Ne soyons pas dupes !

 

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 22:37
Beaucoup d’entre-vous ont été déçus des propos tenus par Dominique de Villepin invité par le journal « Le Soir » dans le cadre de la tournée de promotion de son nouveau livre « Le soleil noir de la puissance », premier tome d’une histoire de Napoléon.
Mon ami Jules Gheude lui a envoyé une « Lettre ouverte »,  publiée sur le site de soutien à l’ancien premier ministre et que vous pouvez également retrouver sur « Debout la Wallonie ! ».
 
Et je comprends cette déception. Mais il est important de la relativiser. Il faut savoir, en effet, que depuis le « Vive le Québec libre » du Président De Gaulle qui a confirmé la méfiance du monde anglo-saxon et de ses alliés vis-à-vis e la France, la diplomatie française s’en tient à la plus grande prudence. Le quai d’Orsay ne se prive pas d’ailleurs de la rappeler à tout ancien ministre ou dirigeant qui souhaite d’exprimer à l’étranger. Il va de soi que ça n’arrange pas la Wallons que nous sommes et qui attendent de messages clairs de la France.
Je tiens à dire qu’entre ce qui est dit officiellement et ce qui se dit en privé - et j’en parle en connaissance de cause – il y a un monde.
Oui, la France officielle s’inquiète de ce qui se passe ici. Oui, elle suit l’évolution de la situation politique interne belge de très près. Non, elle n’est pas indifférente. Simplement, elle sait que ce sera aux Wallons (et aux Bruxellois s’ils le souhaitent) à faire le premier pas dans le cadre du droit des peuples à décider de leur sort.  Simplement, elle ne peut intervenir dans les affaires intérieurs d’un Etat voisin, réputé allié et ami ( ?!) et resté créature de l’Angleterre. Imaginez, demain combien serait critiqué, vilipendé, le dirigeant français qui oserait une parole favorable à notre cause. Tous les dirigeants français doivent faire « comme si » ils croyaient encore en un avenir pour la Belgique. Nos journalistes le savent, et ils ne se privent pas de l’exploiter.
 
C’est que la France est et reste une puissance et un modèle pour le Monde. Un ministre français ne peut pas se permettre à l’étranger les propos, parfois irresponsables, d’un Louis Michel ou d’un De Gucht. La Belgique n’a que peu de poids moral dans le monde et donc ce qui est dit n’a évidemment que peu d’importance. Ce n’est pas le cas de la France.
 
Notre ami Patrick Heuschen  m’a permis de publier la dédicace que lui a dédiée Dominique de Villepin, alors ministre, lors de la parution de son ouvrage consacré aux Cent-Jours en 2002. Patrick lui ayant demandé d’y mettre une allusion à la Wallonie, il lui fit le plaisir d'écrire ceci : « A Patrick, ce temps de l'épopée où la Wallonie respire. Très cordialement »
 
A quel moment est-il sincère ? Contrairement au reste du monde, se serait-il mis subitement à croire en la Belgique ? Comprendre la logique diplomatique c’est y répondre.
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 17:42

On sait que la Wallonie est le principal pays d'exportation (et donc l'importateur massif) des produits flamands. (Yves Leterme, le 31 janvier 2007). C’est un des nombreux bénéfices actuels que la Flandre retire de la Belgique.
 
Le 2 février 2007, la RTB(f) mettait
en ligne une information importante mais qui est passée inaperçue et a été très peu commentée depuis. C’était l’annonce de la remise au gouvernement flamand des résultats d’une étude sur les transferts Nord-Sud, commandée... en juillet 2005 à des économistes flamands. Les résultats présentés tendaient à nuancer fortement l'ampleur des transferts que dénonce la Flandre depuis de nombreuses années. 
 
Selon cette étude, on a un peu trop systématiquement pris en considération jusqu'alors (*) des critères favorables à la Flandre et avec lesquels Wallonie et Bruxelles apparaissent comme exagérément bénéficiaires des transferts. Par exemple, les experts économiques ont essayé d'être le plus rigoureux dans la localisation des recettes, d'une part et dans la localisation des dépenses publiques d'autre part. Concrètement, le seul critère du domicile pour les impôts, les cotisations sociales ou les allocations sociales, comme le choisissaient les études antérieures, n'est pas très pertinent et pénalise par exemple fortement Bruxelles. Autre exemple, pour la répartition des recettes TVA ou des accises, seule une enquête sur le budget des ménages permettrait d'évaluer les transferts interrégionaux. Les transferts seraient alors plus proches de 2 à 3 milliards par an, loin des 6 à 10 milliards que la Flandre brandit régulièrement.
 
On peut se poser la question de la raison du silence des médias et des dirigeants wallons et bruxellois francophones qui doivent être au courant de cette étude publiée il y a plus d’un an et continuent curieusement à nous prédire une situation dramatique en cas de scission et (même) de maintien de la Wallonie dans les anciennes frontières belges. 
 
Si un des lecteurs de ce blog peut me fournir une copie de cette étude, j’en serais ravi.
 
(*) Voir les résultats d'études antérieures, en particulier celles de la KUL, considérées comme une référence par l'Administration Flamande et le service d'étude de la KBC. Ceux-ci évaluaient à 6 milliards le flux financier entre le Nord et le Sud du pays

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 01:09

Le cap du demi-million de billets lus sur ce blog a été dépassé hier dans la journée. Ouvert le 9 décembre 2005, il y a à peine plus de 2 ans, ce blog politique atypique et défendant un projet politique encore souvent considéré comme marginal commence à être fréquenté régulièrement. Certains billets sont même  quasiment ou intégralement copiés-collés par des sympathisants (hélas inconnus !) sur des forums ou en appui aux commentaires sur d’autres blogs. Mes propos sont également parfois cités sur des blogs aussi professionnels que celui de Mateusz Kukulka, l’incontournable Politique Show et je l’en remercie encore. 
Le dernier mois a été particulièrement faste avec 51551 billets vus et une journée record (3043) le 16 décembre. 
 
Merci à vous tous !

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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 19:00
Cher François,
 
Toujours vigilant, tu as réagi sur ton blog à la reprise des négociations institutionnelles. Ta passion pour notre cause ne te permet pas de nous oublier, et c’est heureux. Tu présentes ça comme un match. Et tu as raison, c’en est un. La seule inconnue, c’est la hauteur du score du perdant.
 
Les deux équipes sont magnifiques. Et les deux camps ont fait monter en première ligne leurs meilleurs éléments. As-tu compté combien il y a de membres de l’ancienne Volksunie dans la délégation flamande ?
Nous compterons les points.
Ceci dit, je pense que les Flamands ne sont pas encore suffisamment prêts pour le « grand départ ». Il y a encore des choses à prendre. Les valises sont loin d’être bouclées. Les propos tenus ces derniers temps sur leur volonté « profonde » de réformer l’Etat belge (qu’ils aiment !) s’apparentent plus à une « assurance annulation » au cas où les choses ne se passeraient pas comme ils l’espèrent.
Le nouveau président du CDN&V a dit ce matin à la radio quelque chose comme : « cette réforme de l’Etat, si elle abouti, devrait nous garantir la paix communautaire pour (je cite de mémoire et sans l’accent) de une à trois législatures »… Soit 12 ans au maximum ! Voilà on est prévenu, ce ne sera qu’une étape.
 
Amusant aussi à observer, le retournement du message des partis traditionnels francophones qui de « demandeurs de rien » rivalisent maintenant de mâles accents en matière de réforme de l’Etat.
C’est qu’ils considèrent encore et toujours que toute autonomie supplémentaire serait un recul, un échec.
C’est classique, depuis les années ’60, ils se sont opposés au fédéralisme – qui était pourtant une revendication lucide et essentielle du Mouvement wallon constatant notre mise en minorité politique depuis 1884 et économique - avant de l’accepter, le subir, du bout des lèvres en le dénaturant puisque pour eux ça ne pouvait être qu’un échec. Prédisant que la Wallonie ne pourrait s’en sortir seule.
Alors que pour ceux qui pensent comme nous ce n’était qu’une étape. Relis les minutes du Congrès national wallon de 1945, ils avaient raison.
Or, si la Wallonie se redresse aujourd’hui, c’est grâce à ce fédéralisme, pourtant mal conçu, où le système de péréquation à la belge favorise la région la plus riche et la plus peuplée.
 
Quand on part au combat avec comme objectif de sauver ce qui peut l’être, on a peu de chance de gagner plus.
Tout est une question d’interprétation finalement.
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 15:25

L’intérêt d’un exercice comme celui d’hier qui consiste à recomposer une chronologie cohérente consiste à se replonger dans les livres et à retrouver des informations ou des arguments auxquels on ne pense plus.
 
Il en va ainsi de l’ancienneté des relations difficiles entre les populations de parlers « thiois » et « romans ». 
 
Pour beaucoup, les « problèmes linguistiques » sont récents et inventés par quelques extrémistes de chaque bord. Et pourtant, sans qu’il y ait eu de marquage physique ou administratif, une frontière linguistique existe depuis très longtemps. Quels que soient les régimes qui se sont succédés dans nos régions.
L’église, seule structure dominante et constante depuis la fin de l’Empire romain, en a toujours perçu l’ampleur et tenu compte en structurant son organisation pour éviter les tensions. 
Ainsi que l’ont montré Maurice-A. Arnould et H. Hasquin, Philippe II, fils de Charles Quint, réorganise entre 1559 et 1561 les évêchés médiévaux qui auparavant « chevauchaient la frontière des langues ». 
A la même époque, les collèges de Jésuites sont répartis en deux provinces « pour faciliter l’administration et pour assurer la concorde et l’union sacrée ». Les Carmes et les Récollets ont adopté le même principe au XVIIème siècle, les Capucins en 1712.
On retrouve cette même préoccupation en 1781, contre un projet d’édit sur les ordres contemplatifs qui prévoyait une assemblée unique et l’élection d’un « Visiteur général ».  Le Grand Conseil de Malines - instance supérieure de justice des Pays-Bas – et les conseils de justice provinciaux  qui souhaitaient éviter « des prépondérances des maisons des provinces flamands ou wallonnes, ce qui pouvait entraîner de murmures et des dissensions ».

(Sources : L’identité wallonne, par P. Destatte, Namur 1991 – Ouvrage publié par la présidence de l’Exécutif wallon)

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 07:36
Je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que la raison d’être du réunionisme c’est de permettre à la Wallonie de « s’en sortir » en appelant la France à son secours. S’il est vrai que notre situation économique n’est pas des meilleures, les causes du déclin wallon et du retard de son re-développement sont bien connues et liées au contexte belge.
Nous aurons énormément à gagner, la France comme nous, à cette union. Débarrassée des freins belges et bénéficiant d’un environnement favorable, la Wallonie, qui a beaucoup à apporter, récupérera très rapidement une place plus qu’enviable parmi les régions d’Europe.
 
Passée presque inaperçue, l’annonce que le solde de la balance commerciale de la Belgique est positif. Et pour cause, c’est grâce à la Wallonie que cette balance commerciale est en boni. Selon des chiffres de la Banque nationale belge (BNB), en 2006, la Wallonie a réalisé un surplus commercial de 12,7 milliards d'euros, alors que dans le même temps, la balance commerciale de la Flandre et de Bruxelles présentait un déficit respectivement de 4,4 milliards et 5,3 milliards d'euros.
Seul Bémol, nos exportations sont en boni avec les pays voisins (sauf les Pays-Bas…) mais en recul avec la Chine et le Japon.
Signalons aussi que c'est depuis 2002 que la balance commerciale wallonne a commencé son expansion avec un solde positif de 7 milliards. Et en 2005, elle a engrangé un surplus commercial de 11 milliards contre un déficit de 2 milliards d'euros pour la Flandre et de 4,6 pour Bruxelles. (4,4 milliards et 5,3 milliards d'euros, cette fois)
 
Les exportations pour l'an dernier ne sont pas encore connues, mais les investisseurs étrangers ont créé 1 907 emplois en 2007 contre 1 492 en 2006.
La balance commerciale de la Wallonie représente environ 17 pc de son PIB et seule l'Irlande fait mieux qu'elle avec une balance commerciale qui représente 19 pc de son PIB. 
Pas mal, non ? Pour une région tant décriée.
 
En voilà bien une réalité que préfèrent ignorer ceux qui ont tout à gagner à donner une image négative de la Wallonie, Belges traditionnels comme Flamands…
 
Tant qu’à rester dans les bonnes nouvelles, épinglons l'inauguration hier du nouveau terminal de l'aéroport de Charleroi. Après la hausse du trafic passagers (+ 13 %), bien supérieure à celle de Bruxelles-National-Zaventem (+ 2 %). Une  bonne nouvelle pour la plate-forme aéroportuaire régionale, puisque l’aéroport de Liège (dénommé « Liège Airport », hélas !) affiche des performances tout aussi remarquables et contribue également au redéploiement économique de la Wallonie.
Le dynamisme wallon est en marche ! 
C’est le résultat d’une démarche plus proactive des entreprises et la prise de conscience de tous les acteurs wallons de miser sur les secteurs d'innovation et de niche par notre nouvelle génération  d’entrepreneurs et de cadres commerciaux décomplexés.
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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 14:07
Le sénateur Alain Destexhe a déposé il y a quelques jours une proposition de résolution au Sénat visant à favoriser l’histoire de la Belgique. Il a l'intitulée : Les 50 moments-clé de l'Histoire de la Belgique
 
Excellente suggestion qui apporte de l’eau à mon moulin puisque j’écrivais ce jeudi 10 dans «Un confédéralisme « Flandria-dry »… » que « L'ignorance étant un des fondements les plus sûrs du sentiment belge. L'ignorance de l'histoire du fédéralisme certes, mais aussi l'ignorance de l'histoire de Belgique elle-même». 
Evidemment, vous vous doutez que nos objectifs n’étant pas les mêmes, la nature des moments-clés qui seront choisi sera différente. Sans remonter à Henry Pirenne, la conception (la manipulation)  de l’histoire officielle a été centrée sur celle du Comté de Flandre et l’exaltation des ducs de Bourgogne en lutte avec les rois de France ou de princes étrangers comme Charles Quint. 
Ce qui n’a jamais rencontré les aspirations des Wallons et particulièrement de Liégeois. Il est donc à craindre que cette proposition, si elle abouti un jour sera fort teintée de belgicanisme. J’ai donc eu envie de mettre par écrit mes propres moments-clé de l'histoire (65 !) de ce qui a fini par composer la Wallonie. En surlignant les éléments que je considère comme les plus fondateurs de notre identité.
 

 
- 130.000
Occupation du sillon Mosan, enfant de la grotte de Sclayn (Andenne) par des hommes de type Neandertal. (Qui auraient du s’appeler  d’Engis)
- 35.000
Homme moderne à Spy, culture aurignacienne. 
- 57
Bataille de Sabis et occupation romaine. Fait capital par lequel nos régions ont appartenu à la latinité et au bloc des langues romanes.
360
Installation des Francs
480-481
Mort de Childéric, Clovis (né à Tournai) lui succède.
751
Coup d’Etat de Pépin le Bref (Herstal), début de la dynastie carolingienne
800
Couronnement de Charlemagne empereur d’occident.
843
Traité de Verdun, division de l’Empire de Louis le Pieux entre ses trois fils.
985
Acte fondateur de la Principauté de Liège par la donation du Comté de Huy, sous Notger
1046
Dédicace de Sainte Gertrude de Nivelles (Dont la collégiale contient latombe d'Ermentrude, petite-fille de Hugues Capet.)
1107-1118
Fonds baptismaux de Notre Dame, Chef d’œuvre de l’art mosan
1188
Charte de Tournai accordée par le roi de France
1196-1200
Charte de Liège, octroyée par l’évêque Albert de Cuyck
1316
« Paix de Fexhe » base constitutionnelle du pays de Liège
1408
Bataille d’Othée, victoire du Duc de Bourgogne et du comte de Hainaut sur les Liègeois
1421
Acte d’achat du Comté de Namur par Philippe le Bon
>1421
Formation de Roger de la Pasture à Tournai
1466
Pillage de Dinant par les Bouguignons
1468
Destruction de Liège par le Duc de Bougogne
1477
Morte de Charles le Téméraire et libération de la principauté de Liège
1492
Traité reconnaissant la neutralité liégeoise, signé par Charles VIII et Maximilien d’Autriche
1521
Prise de Tournai par Charles Quint
1555
Publication des premières chansons de Roland de Lassus
1566
Compromis des Nobles pour s’opposer à l’inquisition
1603
Règlement municipal d’Ernest de Bavière instaurant une démocratie corporative à Liège
1637
Assassinat de Sébastien La Ruelle
1666
Fondation de Charleroi
1745
Bataille de Fontenoy
1756
Lancement du journal encyclopédique de Pierre Rousseau à Liège
1772
Traité de limite de commerce entre la France et la principauté de Liège
1789
Début des révolutions Liégeoises et brabançonnes – Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens (dite de Franchimont ou de Polleur) adoptée le 16 septembre 1789 Largement inspirée de la Déclaration française votée 20 jours plus tôt, elle contient quelques différences notables :
Article 3 : La souveraineté réside dans le peuple (et non la nation)
Article 10 : Tout citoyen est libre dans ses pensées et opinions (sans aucune restriction)
L'article 17, concernant la propriété, est absent. La raison en est simple : les droits civils et individuels des liégeois, dont ceux relatifs à la propriété, sont consacrés depuis 1196 (Charte d'Albert de Cuyck).
1792
Bataille de Jemappes
1794
Bataille de Fleurus
1795
1er octobre : Décret de rattachement à la France. « Cette période française est décisive. Pour la première fois ont été amalgamées dans un même ensemble territorial des principautés de langue romane qui, jusque là, avaient connu des destins différents en raison des fragmentations de l’espace politique. Enfin, il convient de rappeler que ces vingt années ont laissé un héritage politique, juridique, institutionnel et culturel sans lequel il n’est pas possible de comprendre l’histoire contemporaine du pays et de ses entités constitutives » (H. Hasquin, la Wallonie, son histoire)
1815
Désastre de Waterloo et occupation hollandaise
1817
John Cockerill s’installe à Liège. Début de l’industrialisation du sillon Haine - Sambre et Meuse. Naissance de solidarités économiques, sociales et politiques entre ces régions et dont les émeutes sociales de 1886 furent une des manifestations les plus marquantes.
1830
Début de la révolte contre le régime hollandais et proclamation de l’indépendance des belges.
Découverte de la perception des spécificités de deux blocs linguistiques et culturels compacts à l’intérieur d’un petit Etat hyper centralisé.
1831
Adoption de la Constitution belge
1847
6 novembre : Manifeste du Mouvement flamand
1857
Début de la « pilarisation » - Cloisonnement de la société en tendances politiques (libérales, catholiques et plus tard socialiste)
1890
Premier Congrès Wallon à Liège
1912
Lettre au roi de Jules Destrée
1913
Le coq peint par Pierre Paulus en 1912 devient l’emblème de la Wallonie
1919
Premières élections au suffrage universel masculin à 21 ans
1932
Loi sur l’emploi des langues en matière administrative basées sur l’unilinguisme régional
1940
Capitulation de l’armée belge, précédée par le « manque de combativité » des régiments flamands. Retour des prisonniers de guerre flamands (fin 1940) et maintien des soldats wallons en captivité jusque 1945. Cette situation va peser lourd, politiquement et démographiquement, dans la Wallonie de l’après guerre. L’accroissement naturel (en %0) est négatif de 1940 à 1945 (-5,61) tandis qu’il est positif en Flandre (+ 3,69) . En cette matière, comme en d’autres, les ordres personnels donnés par le Führer ont été bien suivis : « favoriser autant que possible les Flamands et n’accorder aucune faveur aux Wallons ».
Création du Mouvement de résistance « Wallonie libre » aux côtés de la « France libre » avec comme objectif de jeter les bases d’une « Wallonie autonome dans le cadre d’une fédération d’Etats démocratiques ».
A noter l’attitude face à l’occupant et son corollaire, la position face à l’attitude du roi Léopold IIII. L’historien José Gotovitch relève que 79 titres de journaux de résistance sur 95 sont wallons, 43.000 prisonniers politiques sur 69.000 sont wallons, l’UTMI, syndicat unique de l’Ordre nouveau fondé par Henri (Hendrick) De Man ne comport que 17.000 Wallons sur 109.000 adhérents…
1945
(20-21 octobre) Premier congrès national wallon à Liège. 1048 personnalités de tout premier plan dont plus de 300 chefs régionaux de la Résistance se sont réunis sous la présidence de Joseph Merlot, Ministre d’Etat et se sont prononcés, dans un premier tempsà 486 voix pour une réunion à la France, 391 pour le fédéralisme, 154 pour l’indépendance et 17 pour une formule de décentralisation de la Belgique.Sous la pression du Gouvernement Pierlot-Spaak (ancien partisan de la politique de neutralité de Léoplold III dirigée contre la France et favorable à l’Allemagne du Chancelier Hitler...)les ténors politiques ont rallié leurs militants sur la solution dite « raisonnable » de l’autonomie.
L’historiographie officielle de la Belgique a toujours nié ou même minimisé cet événement qui montrait l’importance du ressentiment wallon et sa capacité de mobilisation.
1950
Consultation populaire sur le retour du roi Léopold III, morts de manifestant à Grâce-Berleur abattus par la gendarmerie, abdication en faveur de Beaudouin Ier, assassinat de Julien Lahaut dans des circonstances qui rappellent celui de François Bovesse en 1944 par les rexistes. (Extrême droite belgicaine, collaboratrice des nazis)
1957
Le revenu par habitant de la wallonie devient inférieur à la moyenne belge.
1960-61
Grèves contre la « loi unique » et ralliement du mouvement syndical wallon au fédéralisme. La grève va durer 34 jours, la Wallonie va renouer avec le climat insurrectionnel qu’elle avait connu 10 ans auparavant. Le gouvernement choisit l’épreuve de force : le Parlement est mis en congé, des troupes sont rappelées, la gendarmerie fait appel à ses réservistes, les journaux  «Le Peuple », « La Wallonie » et « Le Monde du travail » sont saisis, des perquisitions ont menées chez les chefs du mouvement.
 « la grève fut la révélation d’une prise de conscience du déclin des bastions économiques wallons traditionnels. (…) la réforme de l’Etat était devenue indissociable d’un possible sauvetage de la Wallonie ; c’était la seule façon de lui assurer un avenir dont se désintéressait par trop un Etat national conditionné dans ses choix économiques par le poids démograpique et donc économique de la Flandre. » (H. Hasquin, la Wallonie, son histoire)
1962
Publication du « Rapport Sauvy sur le problème de l’économie et de la population de Wallonie ». Constat du Professeur au Collège de France : « Privée à la fois d’indépendance et de jeunesse, la Wallonie serait voué à l’asphyxie ».
1963
Fixation définitive de la frontière linguistique qui devient une frontière politique
1968
Création du Rassemblement wallon
1970-71
Révision de la Constitution rompant avec l’Etat unitaire.
1973
Dernier Wallon à être premier ministre de Belgique (E. Leburton)
Création d’un secrétariat d’Etat à l’Economie wallonne (J. Gol)
1974
Entrée en vigueur de la « Régionalisation préparatoire » (F. Perin)
1975
Le coq de Paulus est choisi comme symbole de la Communauté française (F. Massart)
1986
Namur devient capitale de la Wallonie
1993
La Belgique devient un Etat fédéral
1998
Adoption du coq de Paulus comme symbole de la Wallonie
2000
Autonomie fiscale des régions
2007-2008
Constat de blocage institutionnel
200.
Etats généraux de Wallonie au Parlement wallon. Décision de négociation de réunion avec la France.
20..
Double référendum en France et en Wallonie sur la réunion et les conditions de celle-ci.
20..
La Wallonie est française.
 
Evidemment, un tel choix est toujours difficile et reste subjectif. Pour plus d’informations, on se référera à l’Histoire de Wallonie de Léopold Génicot (1973) ;  aux deux tomes de l’Encyclopédie : « La Wallonie, le pays et les hommes » (dans toutes les bibliothèques publiques) (1975-1981) ; L’identité wallonne, aperçu historique, publié à l’occasion du 10ème anniversaire de la Région wallonne (1991) ;  Le livre : « la Wallonie, son histoire » d’Hervé Hasquin, (1999), des publications et portail Internet de la Région wallonne 
ou de l’Institut Jules Destrée ; et plus récemment à « l’ Histoire de la Wallonie, de la préhistoire au XXIème siècle » sous la direction de B. Dumoulin et J.-L. Kupper (2004)


En complément, et en guise de réflexion, ces extraits de l'article du "Devoir" de Montréal : "Quand la nation fait l'histoire" qui cite des passages du livre " Historica & compagnie" de l'historien Alexandre Lanoixdont je ne partage pas toutes les analyses sur l'enseignement de l'Histoire :
- L'enseignement de l'histoire ne devrait pas viser la formation de porteurs de drapeau, mais celle de citoyens éclairés. Ces citoyens auront, c'est inévitable, un attachement à leur peuple, leur nation (quelle qu'elle soit), mais ce devrait être un attachement réfléchi.
- Chaque fois que l'unité canadienne fut menacée, et cela s'est produit à de multiples reprises depuis 1867, de petits groupes disposant de moyens considérables ont résolu de mettre l'histoire et son enseignement au service de la sauvegarde du pays. Ils ont opté, dans cette mission plus politique que pédagogique, pour une histoire «narrative et mémorielle, proche de ce que nous avons décrit comme l'histoire traditionnelle». Il s'agissait moins de favoriser « la compréhension de l'histoire chez l'élève» que de « créer un sentiment d'attachement à la nation ».
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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 12:02

Extrait du livre « Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent »… Du bon sens, mais…

« S’il est impossible de trouver un contrat profitable à tous, puisque l’on ne peut pas s’entendre sur un point, autant respecter nos divergences et ne pas conclure de contrat. Si no buts, nos valeurs s’opposent manifestement, il vaut mieux ne pas s’engager ensemble, ne pas créer d’attentes, ne pas espérer de résultats précis. Il vaut mieux réaliser cela dès le début, au lieu d’attendre que les négociations portent leurs fruits. Car, en réalité, les deux parties perdent alors leurs illusions. 
Partir avec ce principe en tête vous libère. Vous ne vous sentez pas obligé de manipuler les gens, de bousculer votre agenda, d’imposer votre volonté. Vous restez ouvert à toute éventualité et essayez de comprendre les difficultés qui sous-tendent les différentes positions. Vous pouvez affirmer sincèrement vos intentions. Faites comprendre à votre interlocuteur qu’il est préférable de ne pas passer de contrat plutôt que d’en conclure un qui ne bénéficie pas aux deux parties.
Chaque fois qu’une des parties perd, cette défaite provoque des conséquences à long terme sur les relations. Il faut donc estimer avec soin ces conséquences avant de prendre toute décision. Et, bien souvent, se retirer du jeu vaut mieux que de mal jouer ».

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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 12:06
On le voit tous les jours, l’impuissance des responsables politiques nourrit des doutes sur leurs capacités de pilotage de la société. Pire, on peut se poser la question de leur réelle volonté de remplir cette mission. C’est pourtant une des bases de leur légitimité.
C’est que les partis politiques « installés », officiels, sont devenus des institutions qui semblent vivre pour elles-mêmes, en vase clos avec un système de cooptation de leurs élites qui composent ainsi, avec leurs courtisans et leurs obligés, une « nouvelle caste »
Certes, si la pratique du compromis et le souci du « réalisme » a, en 170 et quelques années de Belgique, conduit ceux qu’il faut bien appeler « les professionnels »  de la politique à réduire leurs ambitions et les points saillants de leurs programmes, force est de constater que les électeurs sont de plus en plus confrontés à un choix entre des valeurs qui ne sont plus que des slogans aux frontières forcément floues. Transformés ainsi en consommateurs à qui on propose des produits concurrents à des prix quasi similaires. 
L’influence des médias, par la réduction du débat de fond lié à la disparition de la presse d’opinion et la promotion de ce qu'il faut bien appeler des « marques » par les moyens audio-visuels et particulièrement la télévision, a remplacé le débat par la visibilité. Un sourire, un nœud pap’, des yeux bleus, un passage fréquent, une gueule… font plus pour le succès d’un parti que son message réel. Et en rétroaction, les partis adaptent leur communication aux réactions du « public ». Peut-on d’ailleurs encore parler d’opinion publique ? Puisque le monde politique peut maintenant d’abord prendre le pouls de l’opinion (l'influencer par les sondages !) pour définir ses propositions, infléchir son programme ou exécuter tel ou tel projet. Les partis suivent et deviennent de plus en plus conservateurs.
Si on n’est pas un obligé, un agent d’un Service public en quête d’avancement rapide ou un candidat à la cooptation parmi cette « nouvelle aristocratie », rien finalement ne nous attache à soutenir un parti plutôt qu’un autre. Et à cotiser… 
 
Ce n’est évidemment qu’une réflexion de ma part dans cette société où les responsables politiques auscultent, sondent, analysent et « exploitent » l’opinion pour obtenir finalement son approbation.
On peut le regretter et c’est mon cas. J’avais été séduit par l’idée défendue à l’époque du Rassemblement Wallon qui voulait qu’un parti n’existe que pour faire appliquer un programme et que ses membres puissent se redistribuer dans d’autres formations une fois ses objectifs atteints... Peut-être suis-je un idéaliste finalement ?
Je garde en mémoire cette phrase de François Perin, pleine de bon sens et de courage : « Quand mon parti fait des bêtises, je le quitte en en fonde un nouveau ».
Pas mal, non ?
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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