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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 12:55

La presse « francophone belge » (pléonasme ?) monte au créneau pour critiquer l'interview que Leterme a accordée à la chaîne européenne Euronews. Il y défend le code du logement flamand qui oblige les candidats à un logement social à se dire disposés à apprendre le néerlandais. « La méconnaissance d'une langue en Belgique est source d'injustices sociales » dit-il. Ajoutant : « La méconnaissance du français ou du néerlandais est source d'injustices sociales. Il y a des enfants, aujourd'hui, qui entament leur scolarité sans connaître ni le français ni le néerlandais ».
 
Ne trouvez-vous pas qu'il a raison sur le fond ?
 
Je travaille dans le milieu hospitalier à Bruxelles. Il est courant de rencontrer, dans cette ville qui se veut « Capitale de l'Europe », des personnes qui y passent toute leur vie sans jamais parler une des langues officielle. Sans même parler d'intégration, que penser de leur situation sociale ou culturelle ? Ils vivent dans un monde à part, soumis à on ne sait quelles règles tribales, sans alphabétisation qui leur permettrait d'appréhender leur environnement et le monde moderne. (*)
 
L'éducation obligatoire (en français), héritée de la Révolution, avait justement comme premier objectif démocratique de lutter contre les injustices sociales liées à l'ignorance des lois. La Constitution adoptée en septembre 1791 rangeait l'instruction publique parmi les «Dispositions fondamentales garanties par la Constitution». : « Il sera créé et organisé une Instruction publique commune à tous les citoyens, gratuite à l'égard des parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes et dont les établissements seront distribué graduellement, dans un rapport combiné avec la division du royaume. - Il sera établi des fêtes nationales pour conserver le souvenir de la Révolution française, entretenir la fraternité entre le citoyens, et les attacher à la Constitution, à la Patrie et aux lois ».  Des décrets d'application furent déposés avec pour auteurs : Talleyrand, Condorcet, Le Peletier, et Lakanal... Excusez-moi du peu.
 
Des exemples : Rapport et projet de décret sur l'organisation des écoles primaires présentés à la Convention nationale, au nom de son Comité d'instruction publique (1792); par François Lanthenas.
TITRE III : Dispositions particulières pour les pays ou la langue française n'est pas d'un usage familier au peuple
ART. 1. L'enseignement public sera partout dirigé de manière qu'un de ses premiers bienfaits soit que la langue française devienne en peu de temps la langue familière de toutes les parties de la République.
ART. 2. A cet effet, dans les départements où la langue allemande s'est conservée jusqu'à présent, on enseignera à lire et à écrire tant en français qu'en allemand ; et le reste de l'enseignement dans les écoles primaires se fera dans les deux langues.
ART. 3. Dans les contrées où l'on parle un idiome particulier, on enseignera à lire et à écrire en français ; dans toutes les autres parties de l'instruction, l'enseignement se fera en même temps dans la langue française et dans l'idiome du pays, autant qu'il sera nécessaire pour propager rapidement les connaissances utiles.


Il s'agit d'une tendance historique lourde dans tous les pays. Pour en revenir à la France, L'ordonnance de Villers-Cotterets, a servi de cadre juridique de la politique linguistique des rois de France. Ces mesures à l'égard des idiomes locaux ont recherché, au coup par coup, l'unité politique en respectant la diversité culturelle. Les révolutionnaires y ont d'ailleurs rendu témoignage à leur façon. Ainsi Barrère dans le Rapport du comité de salut public sur les idiomes : « Dans la monarchie même chaque maison, chaque commune, chaque province, était en quelque sorte un empire séparé de mœurs, d'usages, de lois, de coutumes et de langage. Le despote avait besoin d'isoler les peuples, de séparer les pays, de diviser les intérêts, d'empêcher les communications, d'arrêter la simultanéité des pensées et l'identité des mouvements. Le despotisme maintenait la variété des idiomes... ».

L'égalité républicaine animait ainisi les esprits éclairés, exemples :
« ... on peut uniformiser le langage d'une grande nation ... Cette entreprise qui ne fut pleinement exécutée chez aucun peuple, est digne du peuple français, qui centralise toutes les branches de l'organisation sociale et qui doit être jaloux de consacrer au plus tôt, dans une République une et indivisible, l'usage unique et invariable de la langue de la liberté ».
« ... pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale (*), ... il faut identité de langage. ... L'unité de l'idiome est partie intégrante de la révolution ». Abbé Henri Grégoire (extraits de son rapport à la Convention)
« La monarchie avait des raisons de ressembler à la tour de Babel; dans la démocratie, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale... Chez un peuple libre, la langue doit être une et la même pour tous.(*) » Barère
 
Je pense qu'on ne refera pas l'histoire (et je suis souvent en ma qualité de Wallon, partisan de la réunion à la France, le premier à le regretter). Les choix qui ont été faits dans le passé partaient tous d'une très bonne intention, on l'oublie trop souvent. Ainsi, sous la IIIe République, le désir de faciliter une certaine promotion sociale, et d'assurer l'unité française, amena les responsables de l'enseignement à proscrire l'usage de tous patois ou parlers régionaux à l'école. Ce qui fut une période difficile, rappelons-nous les expressions : «  Interdit de cracher et de parler en ... » (Choisissez celle à laquelle vous pensez...). Tout naturellement, il en a été de même, par « contagion » dans ce qui est devenu la Wallonie. Et c'est une bonne chose, à condition de respecter les particularités locales qui font la richesse d'une nation. Cette période est heureusement dépassée.
 
C'est ce qui est compris dans la Loi constitutionnelle n° 92-554 du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution de la république le titre : « Des Communautés européennes et de l'Union européenne » À cette occasion, il fut inséré, après le premier alinéa de l'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958, une disposition proclamant le français comme « langue de la République ». Si l'adoption de cette disposition avait comme but premier de protéger le français contre l'influence excessive de l'anglais, notamment par la crainte de l'imposition de cette langue par plusieurs instances européennes, le garde des Sceaux, Roland Dumas, a bien précisé (25 juin 1992) aux députés et sénateurs que cette précision ne nuirait aucunement aux langues régionales
 
S'il se vérifie que l'objectif du « Wooncode » est dirigé uniquement contre les nouveaux habitants d'expression française, c'est évidemment éminemment critiquable, antidémocratique, xénophobe, et donc inadmissible. S'il a bien comme objectif ce souci de démocratie sociale (**) sur l'ensemble du territoire de l'Etat Flamand (hors communes dites « à facilités (**) »), je ne peux que l'approuver.
 
 (*)
A l'heure où, en Belgique, de futurs enseignants (biologistes, normaliens...) se montrent réticents à l'idée de dispenser la théorie de l'évolution, préférant les thèses créationnistes affirmant que la naissance de l'univers et des êtres vivants ont été « dirigés » par une entité supérieure, il est bon de se rappeler ces résolutions pleines de bon sens. La situation est inquiétante, puisque pour Jean-Christophe de Biseau, responsable de l'agrégation en biologie (ULB). « Certains futurs profs de bio présentent de sérieuses lacunes en matière de théorie de l'évolution. Et puis il y a ceux qui se refusent à enseigner cette matière. C'est le cas de certains musulmans ou de stagiaires venus du Maroc. On ne peut pas transiger là-dessus : à chacun ses croyances ; mais la science, c'est autre chose. » Il n'y a pas que les musulmans, les autres fondamentalismes religieux (Georges W. Bush en est un exemple) ne valent pas mieux.
 
(**) Si j'ai bien lu, on ne demande pas de connaître effectivement le néerlandais, mais de faire un effort pour l’apprendre. Il n'y a aucune obligation de résultat : il n’y a pas d’examens et il ne faut pas apporter la preuve de la conaissance de la langue... 
  
(***)
La situation dans ces communes est différente et reste un point de discussion important. Le statut de ces facilités pour l'usage du français dans la sphère publique accordées à l'origine à titre transitoire aux habitant francophones de ces communes situées sur le territoire flamand a évolué pour devenir permanentes (uniquement) dans l'esprit des francophones (ayant été considérées comme bétonnées à plusieurs reprises, mais on sait ce qu'il faut penser du béton belge...).
Seul l'avenir nous dira ce qu'il en sera réellement.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 12:18

Le site de « l'Echo » nous informe que Michel Quévit vient de publier une étude qui démonte une série de clichés sur les économies wallonnes et flamandes. Pour lui, la première n’est pas à la traîne de l’Europe et la seconde n’est pas au sommet. Elles sont toutes deux dans le peloton, même si la Flandre est bien entendu mieux placée que la Wallonie. Quand il analyse la productivité, les efforts d’innovation ou le rythme de croissance, l’économiste retrouve chaque fois la même relativisation des différences régionales. (*)

Il constate par ailleurs que l’économie wallonne affiche toutefois une santé comparable aux autres régions de tradition industrielle, qui peinent toutes à se reconvertir dans une économie mondialisée. Les difficultés sont structurelles et «il n’y a dès lors aucune raison objective de stigmatiser les Wallons comme étant les responsables de la situation de mal-développement de l’économie régionale», écrit-il.(*)

L'économiste relève que ces régions industrielles sortent de la crise. Mais lentement. « Le chemin à parcourir pour se hisser au niveau de la moyenne communautaire continuera à exiger pendant de nombreuses années encore des politiques proactives de développement ciblées sur les nouveaux facteurs de compétitivité". (*)

Voilà une pierre de plus dans le jardin de ceux qui donnent une image misérabiliste de la Wallonie en stigmatisant une prétendue paresse des Wallons.

Intéressant ! Venant de cet économiste dont les publications ont monté à suffisance les origines du mal-développement wallon. Michel Quévit qui se demandait déjà le 31/08/2007 dans le même journal  « si la stratégie actuelle de la Flandre ne consiste pas à récupérer les moyens financiers qui lui permettraient d’intégrer le peloton de tête européen ? Ce qui expliquerait pourquoi la pression flamande porte surtout sur des compétences à incidence financière »…

Faisant remarquer comment la Flandre en est arrivée là en détournant beaucoup de moyens à son profit depuis 1945… grâce par exemple à la rigidité du principe de péréquation financière. Cette péréquation qui fait qu’ailleurs, les entités fédérées riches contribuent au développement des entités plus pauvres. La clé de répartition (60/40) bétonnée dans les lois de financement est anormalement rigide à la différence du modèle allemand par exemple, où les Länder contribuent au pot commun en fonction de leur croissance économique respective. Dans tout Etat, les régions riches contribuent ainsi au développement des régions moins riches au prorata de la richesse qu'elles créent. C'est le fondement même de la solidarité. Sauf en Belgique.

Ce contingentement de la solidarité « à la belge » est une des causes peu citée et donc peu connue, mais à mon sens essentielle du retard (qui est plutôt du «mal-développement» comme l'écrit Quévit) de la Wallonie.

(*) © L'Echo

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 12:17

Le sondage l’institut Dedicated Research, pour le compte du Soir et de la RTBF indique une relative stabilité des intentions de vote pour le parti unique qui nous gouverne avec des gains ou des reculs pour certaines tendances. Ce qui n'intéressera que ceux qui y ont quelque chose à y gagner.

Une information intéressante concernant la nomination des bourgmestres francophones de Linkebeek, Wezembeek et Kraainem, qui pour certains constitue une condition préalable à toute nouvelle réforme institutionnelle.

Les Bruxellois francophones et Wallons semblent assez partagés vis-à-vis de cette question puisque les partisans ou ceux qui se déclarent "pas d'accord" avec cette attitude sont à égalité. Les autres sont-ils indifférents ? J'aurais plutôt tendance à le penser… à moins que la lassitude ? En additionnant ces "sans réponses" à ceux qui ne sont pas d'accord on arrive à 66 %... Il serait intéressant d'en connaître l'origine géographique.

 

A. Tout à fait d'accord       18 %

C. Plutôt pas d'accord        15 %

B. Assez d'accord              15 %

D. Pas du tout d'accord      17 %

D. Sans réponse                31 %

 

Sondage effectué par téléphone du 5 au 8 avril sur un échantillon de 601 Flamands (46%), 303 Bruxellois (23%), 401 Wallons (31%). Marge d'erreur: environ 2,6% sur l'échantillon total. SOURCE: Dedicated Research

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 19:22

Le TRENDS-TENDANCES de cette semaine (10/4/2008) contient un rapport très intéressant qui fait des comparaisons entre fiscalité belge et française, ainsi que des autres voisins du pays sous le titre : "Tous grugés par un système fiscal pervers... nous payons trop d'impôts trop vite !"

 

Un exemple cité : pour un célibataire gagnant 20.000 euros par an : impôts en Hollande : 428, en France : 1243, au Luxembourg : 1245, en Angleterre : 2680, en Allemagne : 3007 et en Belgie-que… : 4989 euros !

 

J'y reviendrai…

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 18:39

Un petit film qui n'est pas inintéressant... Elio Di Rupo, président du "parti socialiste francophone belge", au Forum social européen de Paris, en novembre 2003. Analyse de Serge Halimi (Le Monde Diplomatique) et du sociologue Alain Accardo. Tiré du DVD «Avanti Popolo!», de Yannick Bovy et Mathieu Sonck, Zogma, 2006, 45'. Infos: http://www.zogma.org/

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 12:10

Une fois n'est pas coutume, je fais un peu de pub... en empruntant une partie de titre d'une conférence.

Ces 19 et 20 avril à Nivelles, « Aclot toudi » organise des activités ludiques pour faire découvrir (ou redécouvrir) les parlers locaux du Brabant wallon. Aussi appelés « langues endogènes », « langues régionales » ou « parlers minoritaires », ils font partie de notre patrimoine au même titre que les monuments ou le paysage. Ils ont façonné notre façon d'appréhender le monde, en parfaits compléments de notre culture française qui elle nous l'a ouvert en touchant à l'universel.

A ce titre, le Brabant wallon est une Wallonie en miniature puisqu'on y retrouve pratiquement toutes les variétés de wallons. On trouve le picard dans la région de Rebecq, Clabecq et Saintes, le liégeois du côté d'Hélécine. Le namurois sur la partie du territoire s'étendant de Jodoigne jusqu'à Ottignies, tandis qu'entre cette dernière ville et Nivelles, on entend le parler de l'ouest wallon. Seul le champenois, utilisé dans la région de Bouillon et en France, et le lorrain (Gaume) y sont absents.

C'est que, malgré une forte immigration extra-wallonne et l'influence de la télévision, les parlers wallons se maintiennent encore chez-nous - même si ce sont surtout des personnes âgées qui le parlent - et particulièrement à Nivelles (mais ce n'est pas le seul endroit) où existe une troupe de théâtre jouant en aclot. Des cours de wallon local y sont également donnés et un des organisateurs (qui a participé à la traduction des bijoux de la Castafiore) m'a confirmé que de nombreux participants n'étaient pas originaires de Wallonie. Beau signe d'intégration, non ?

La Fédération culturelle wallonne du Brabant et de Bruxelles, qui a pour objectif de  « promotionner » (sic !) le wallon auprès du grand public, s'est associée à la Bibliothèque publique centrale de la Communauté française de Nivelles pour ces deux journées au Waux Hall (focsal !) de Nivelles.

En bref, un programme riche, varié, où toutes les générations peuvent trouver leur compte, afin d'inviter jeunes et moins jeunes à (ré)apprendre à connaître ces langues trop souvent méprisées qui sont pourtant savoureuses et poétiques. Des expositions, des spectacles et des conférences se succéderont du samedi 19 avril dès 15 heures au dimanche 20 avril à 18 heures

NB : Contrairement aux idées reçues, en France les langues régionales comptent, sont aidées et font partie du patrimoine.
Exemple : On nous parle souvent des Bretons qui seraient brimés. Effectués régulièrement, les sondages relatifs à l'opinion des Bretons sur la langue bretonne montrent une nette progression de l'attachement à cette langue :
« ... l'opposition au Breton a pratiquement disparu : 92 % de l'ensemble des Bretons (5 départements) pensent qu'il faut la conserver et 82 % la reconnaissent comme leur langue régionale(...) même s'il faut nuancer plus loin quand à ceux qui, non pas estiment que c'est leur langue régionale, mais l'utilisent et le parlent effectivement (là on tombe entre 30 % et 1 % selon les sous-régions bretonnes et entre 50 % et 5 % selon l'âge, les plus jeunes n'ayant qu'un usage marginal de la langue)» (Extrait de BREIZHmag).
Il faut aussi savoir que les langues régionales bénéficient de subsides : Budget alloué aux langues régionales par les conseils régionaux : Breton (304.000 locuteurs adultes) 3.930.000 euros, Occitan (523.000 locuteurs adultes) 2.700.000 euros, Basque (74.000 locuteurs adultes) 840.000 euros, Catalan (132.000 locuteurs adultes) 840.000 euros...

Toutes les activités sont accessibles gratuitement. Tout renseignement peut être obtenu au 067.89.35.81 ou par courriel : marieroselixon@skynet.be

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 09:12

Période calme sur le plan politique… Les Flamands et les autres crient tous victoire après l’arrêt de la Cour de Justice de Luxembourg, et le gouvernement se cherche une raison d’exister.

Pour le reste, l’actualité nous tiens au courant avec minutie des moindres faits du procès de Charleville-mézières à un point tel que ce Fourniret va en devenir plus le symbole que Rimbaud. Un peu comme Dutroux qui a fait plus pour la réputation de Charleroi que Jules Destrée… Hélas !
Merci à la presse et à ce qu’elle est devenue...

 

Je suis allé voir le film de Dany Boon dont tout le monde parle. Et je n’ai pas été déçu. Au contraire. Certes, il s’agit d’une comédie bon enfant, pleine de cliché, mais savoureuse. Un bon moment de cinéma. Beaucoup de tendresse et de bonnes intentions. J’ai vraiment bien aimé.

Wallon ordinaire, les dialogues en patois ne m’ont pas dérangés. Bien au contraire. Que d’expressions communes, et pour le reste, que de ressemblance avec mon coin de Wallonie.

L’ambiance du bureau de poste, la tournée du facteur, l’accueil et le naturel des gens, la chicorée dans le café… C’est mon village d’il y a quelques années (d’avant la forte immigration bruxelloise) transposé de l’autre côté de la frontière.

Emouvant. Un film sain.

 

Certes, et c’est la raison de ce billet, certains esprits chagrins verront ça d’une autre manière. Comme dans ce courriel que j’ai reçu et qui s’est retrouvé sur de nombreux fora… (j’en connais l’auteur, et cette violence m’a vraiment étonné jusqu’au moment où j’ai appris qu’il avait assisté à une conférence commune de P.-H. Gendebien et de De Dekker à Louvain-la Neuve…).
Je vous le cite intégralement :

« Ce film que j'ai vu en France a un succès extraordinaire. Comment comprendre cela?
Les Français seraient-ils de plus en plus intéressés à leur "particularismes" régionaux?
Dans ce film les Ch'tis sont présentés de façon ridicule et caricaturale mais sympathique voire jovial.
Cela met aussi en scène des employés de la Poste sous un jour peu favorable.
Au premier abord le film se veut rigolard comme souvent les films français de cette veine. J'ai ri aussi mais quand je suis sorti je ne souhaitais pas vraiment être un Ch'ti
Comme toujours c'est à la grosse louche.
Les wallons pourraient être aussi caricaturé de cette façon.
Au match de foot PSG(Paris)-Lens(Nord-Pas de Calais) ce dimanche les parisiens ont sorti une banderole sur laquelle ils avaient inscrit: " Pédophiles, chômeurs, consanguins, bienvenue chez les Ch'tis".
Voilà sans doute l'accueil dont rêvent certains wallons rattachistes de la part des parisiens. »

 

Passons sur l’affaire de la banderole des supporteurs de foot. C’est con, mais qu’attendre d’autre ? Ce jeu, ce spectacle (le sport professionnel n’est plus vraiment du sport) incite à la haine, c’est bien connu. J’ai cru comprendre que le même genre d’attitudes débiles se retrouve régulièrement dans nos stades locaux. Bof… C’est toléré par les autorités (c’est même là que se passent le moments forts des négociations partisanes) et ça canalise la violence, pendant ce temps là, ces « gens » (comme dirait Di Rupo, ça sonne mieux que « sujets ») ne sont plus des citoyens conscients, ni actifs. Le foot, opium du Peuple…

 

Non, ce qui m’a frappé dans ce message, c’est le ressenti inconscient d'appartenance ethnique avec les Ch'tis. C’est ce mélange complexe d’attraction et de répulsion, de fascination et de peur de ceux qui n’osent pas affirmer leur appartenance ou plutôt qui la sentent fragile. C’est pourtant une grande force que d’appartenir à un terroir, de se caricaturer soi-même. Plutôt que se replier sur soi, se « victimiser », soyons fiers de ce que nous sommes !

Merci à Dany Boon, ce qui est vrai pour les ch'tis vaut pour les Wallons. Il a fait là oeuvre utile.

 

Je laisserai le dernier mot au correspondant (un rien sarcastique !) en France du journal « The Independent ».

J’y relève ce petit extrait:   " To the French, who seldom go there, the most northerly region of France is a frozen, post-industrial wasteland. It is a part of Belgium which is, unaccountably, part of France. It is a place where unemployed miners speak a dialect which sounds like a blend of Polish and Portuguese. It only rains three timesa year but each shower lasts for four months."
 

Traduction : « Pour les Français, qui s’y rendent rarement, la région la plus septentrionale de la France est une friche post-industrielle figée. C’est une partie de la Belgique qui s’est, inexplicablement, retrouvée en France ».

Sacrés Britaniques va, ils sont mêmes capables de se moquer de leur créature…

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 12:56
J'ai reçu ce texte qui nous montre que finalement, rien ne change...

" La tolérance n'est d'ailleurs pas le point fort de la Compagnie des Indes occidentales. Organisation féodale, celle-ci impose à tous les colons désireux d'émigrer en Nouvelle-Belgique une série  de règles strictes : outre l'exercice de la religion réformée, les colons doivent faire usage exclusif du bas-allemand - langue à l'origine du flamand et du néerlandais actuels -, dans tous les actes publics rendus à la colonie."

De nombreux patronymes sont " néerlandisés ", comme Rapalje pour Rapaille ou Minnewit pour Minuit. D'autres colons sont tout simplement désignés par le nom de la ville hollandaise qu'ils viennent de quitter.

L'historien américain Charles W. Baird, dans son livre
"History of the Huguenot Emigration to America", a qualifié ce genre d'abus de Batavian disguise (camouflage à la Batave).

" Il est également défendu aux colons de tisser de la laine ou de la toile, ainsi que de fabriquer du drap ou tout autre tissu, sous peine d'être bannis ou punis comme parjures. Le but caché est ici de garantir un monopole aux importations en provenance de Hollande. "


Source:
http://users.skynet.be/newyorkfoundation/FR/les_origines_de_new_york.html

     
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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 01:50

Des ouvriers (Wallons en majorité) s'étaient rassemblés à Paris pour tenter une invasion républicaine de la Belgique. Le 29 mars 1848 un heurt eut lieu près du village de Risquons-Tout, situé à la frontière franco-belge, entre un détachement de troupes belges et la légion républicaine « belge », victime de nombreuses trahisons,  qui revenait de France. Le gouvernement du roi de Belgique Léopold profita de l'occasion pour régler leur compte aux démocrates. On mit en scène le « procès de Risquons-Tout » qui se déroula à Anvers du 9 au 30 août 1848.

Dans
l'édition du  2 septembre 1948 de « la Nouvelle Gazette Rhénane », F. Engels écrivit un article engagé qui se terminait par :  « Le gouvernement, dit Le Libéral liégeois, a voulu se montrer fort, il n'a réussi qu'à être féroce. » Et ce fut, certes, de tout temps le sort de la nation flamande.

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 17:15

Dans une interview au journal « Le Soir », Joëlle Milquet déclare : (…) « nous nous trouvons dans une crise d'Etat immensément profonde, avec un équilibre dans le pays terriblement fragile, avec un gouvernement fédéral condamné à réussir… S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel gravissime »… Elle poursuit par : « c'est la première fois que l'existence même de l'Etat est sur la table aussi brutalement, que l'option d'une séparation est aussi réelle, au point que les francophones en arrivent à se préparer… Une crise dans ces conditions, ce serait l'aventure. »
 
Et à la question : « On a l'impression que du côté socialiste, ils se préparent déjà… », elle répond : « Se préparer, oui, mais attention à ne pas participer à l'accélération du processus », reconnaissant par là qu’elle acte déjà l'échec annoncé.
 
« S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel gravissime »… La phase de dramatisation est donc loin d’être terminée. Les prochains mois vont être passionnants.
 
Tout est possible…  Entre la vision transférant aux sciences humaines (et donc à la politique) les principes déterministe acquis sur base des théories « raisonnables » ou économiques (c’est à dire toutes les raisons (les idées reçues ou toutes faites) de rester dans un pays unitaire, uni, « fédéral d’union » ou encore de créer une petite Belgique résiduelle « Wallo-bruxienne » ou « Brulonie ») et l’imprédictibilité, les lois du hasard (le vrai chaos, c'est-à-dire  – comment vont réagir les électeurs Flamands ?) Prigogine (*) a montré que « quelque chose d'autre » peut émerger d’une faille entre le déterminisme et le chaos. Une petite perturbation qui peut prendre des proportions gigantesques et aboutir à une nouvelle cohérence, un nouvel état.

 
Nous sommes le 22 mars… Il y a 40 ans, « Mai 68 » a commencé par une manifestation d’étudiants mécontents de se voir interdire l’accès au dortoir des filles à Nanterre. Notre monde n’a plus jamais été pareil après…
 
Qui sait ce que l’avenir très proche réserve en cette période d’instabilité.
 
(*)Selon I. Prigogine, « s’éloigner de l’équilibre réserve des surprises ». En effet, «  il est impossible de prolonger ce que l’on a appris de l’équilibre, on découvre ainsi de nouvelles situations, parfois plus organisées qu’à l’équilibre. Cela se produit en des points particuliers, qui correspondent à des changements de phases de non-équilibre, ce que j’appelle des points de bifurcation. » N’est-ce pas un beau filtre pour observer l’évolution des réformes successives de l’Etat ?

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Dans Le Rétro...

Pour y réfléchir

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

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