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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 12:05

… pour le dernier carré des supporteurs de l'ancienne Belgique bien entendu. Rassurez-vous, je ne parle pas la salle de spectacle flamande de Bruxelles, mais bien du futur ex-pays du même nom dont même Luc Delfosse dans "Le Soir" écrit maintenant qu'il ne devrait pas passer la décennie.

Je me souviens avoir lu avec amusement dans "La Libre", début avril que Marianne Thyssen, pressentie pour la présidence du CD&V était une sort e de modérée puisqu'elle estimerait que la réforme de l'Etat est "l'un des défis qui l'attend si elle devient présidente reconnaissant qu'elle ne s'en est guère mêlée jusqu'à présent". Ajoutant que  "c'est vrai, mais je peux apprendre très vite".  Toujours cette quête éternelle du "Bon Flamand" qui a caractérisé ce journal depuis le début des années '60. Mais il n'est pas le seul, au récent métingue électoral du FDF de soutien aux candidats bourgmestre de communes de la périphérie bruxellois, il y avait aussi une brave Flamande qui est venue rassurer le public belgicain conservateur. Comme si une hirondelle pouvait réellement faire le printemps dans un pays à l'orée de l'hiver.

Marianne Thyssen est donc parfaitement dans son rôle. Après tout, elle est une fervente partisane du cartel avec la N-VA, et ce depuis le début. Mais que de cécité dans les rangs "Francophones".

C'est comme les commentaires à ce sondage dans le "Vers-l'Avenir" (*) publié ce matin.
On y trouve quand même deux enseignements intéressants dans les tableaux. Il est évident que présenter l'option de la réunion avec le Luxembourg montre  toute  les limites (volontaires ?) de ce genre d'exercice et en fait une opération assez ridicule. Personne n'imagine sérieusement le Luxembourg envisager une telle annexion de fait. Cette question est là pour diminuer la pertinence des réponses aux autres questions.
La somme des réponses en faveur de l'indépendance et de la réunion à la France dépasse les 50 % et même davantage (87 %) si on ne tient pas compte de l'option irréaliste luxembourgeoise. C'est un premier enseignement.
Le second concerne le très faible résultat consacré au dernier choix : "autres". Sachant que ce qui est là derrière, c'est une option unique : l'Etat résiduel Bruxelles-Wallonie défendu pourtant par les différentes formations politiques traditionnelles et les grands médias.

C'est le moment que choisi le Soir pour annoncer la publication d'un livre blanc de recueil d'avis de ses "jeunes lecteurs" (nés après 1970). Je suis allé lire quelques réactions… Et bien, ça promet ! Tout ça est d'un sentimentalisme nationaliste du dernier ringard ou d'un un angélisme absolument confondant. Le journal a le culot de faire un parallèle avec le bouillonnement d'idées de 1968 alors que ceux qu'il appelle les "Zéro-huitards" (joli et tellement vrai !) sont plutôt de vieux réacs qui geignent sur leur paradis perdu. Et largement imaginaire.

Tout le sens est dans la première partie du titre de cet ouvrage qui fera date dans les annales de la bêtise : "Pas d'avenir 100 projets"

Pra ailleurs, nous pouvons craindre le pire du nouvel opus du Sénateur Destexhe (à paraître) : "Le Mouvement flamand expliqué aux francophones"…

Heureusement, l'actualité est là pour nous rappeler quelle est la réalité : Près de la moitié des Flamands veut l'éclatement de la Belgique nous signalait l'AFP le 7 juin. Lisez plutôt : "Pour la première fois, près de la moitié de Flamands se prononce en faveur de l’éclatement de la Belgique dans un sondage publié samedi, alors que le fossé reste plus profond que jamais entre néerlandophones et francophones du royaume.
A la question "Souhaitez vous que la Belgique éclate’", 49,7% des Flamands répondent "oui", 45,% "non" et 4,6% sont sans opinion, indique le sondage, réalisé pour le journal Het Laatste Nieuws auprès de 1.000 personnes habitant en Flandre, la région néerlandophone du nord de la Belgique. "Que l’opinion publique flamande se radicalise à grande vitesse était clair depuis un moment déjà, mais c’est la première fois qu’une majorité de Flamands indique crûment que pour eux, la Belgique n’est plus une nécessité", relève le plus gros tirage de la presse belge. En septembre 2007, alors que la crise politique issue des élections du 10 juin 2007 dépassait déjà les 100 jours, les séparatistes n’étaient "que" 46,1% en Flandre, contre 49,6% en faveur d’une Belgique unie, ajoute Het Laatste Nieuws". Sans commentaires...

(*) Pour le GD de Luxembourg : 39% (19 en 2004); Pour un Etat indépendant : 31% (27 en 2004) ; Pour la France : 20% (24 en 2004) ; Une autre solution : 7% (11 en 2004)

Sondage effectué par Dedicated Research par téléphone du 2 au 4 juin 2008, sur un échantillon de 607 électeurs de Wallonie. La marge d'erreur maximale (c'est-à-dire pour des fréquences observées proches de 50%) est de 4.0 % sur l'échantillon total

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 12:05

Dans le journal gratuit " Metro" de ce vendredi, Jules Gheude rappelle fort opportunément "qu'il ne manque plus que BHV à la Flandre pour accomplir son homogénéité. Il ne reste que cela pour transformer la Flandre en une véritable nation avec un peuple, une langue et un territoire. Plus rien ne pourra leur empêcher de proclamer unilatéralement leur indépendance.",

Je partage évidemment ce point de vue que j'ai développé à plusieurs reprises dans des cartes blanches. Mais, ayant quelques minutes, j'aimerais pousser la réflexion un peu plus loin. Très brièvement et par une seule question, rassurez-vous.

La démarche flamande est logique : un peuple, une langue, un territoire, ce qu'on appelle "le Droit du sol" étant un principe républicain. C'est sur cette base que se sont construites toutes les nations du Monde. En tous cas, celles qui ont un avenir.

S'il existe bien des confédérations d'Etats (la Suisse en est un des plus vieux exemples), existe-il quelque part sur cette planète un Etat où la cohabitation de deux peuples et de deux langues (ou plusieurs ?) est vraiment harmonieuse ?

Et si vous avez une minute, ce vendredi, répondez au sondage sur le site du journal (en bas, à droite).

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 18:33

Ce jugement étonnant qui nous ramène aux temps les plus obscurs de l'inégalité entre les êtres humains se base sur une interprétation du Code civil qui fait des êtres humains une vulgaire marchandise. Même s'il peut être jugé correct dans sa forme, c'est un jugement idéologique (une répudiation légale !) reposant sur la distinction entre musulmans et non-musulmans, et la porte ouverte aux intégrismes de tout poil !
 
Exiger la virginité d'une femme, c'est lui demander de renoncer à un droit et une liberté dont elle peut jouir (sans jeu de mots!).
 
Nous n'avons pas les mêmes valeurs, et pas seulement en matière de rillettes, Monsieur le juge. J'ai honte à ma République !
 
Je partage tout à fait le point de vue de Catherine Kinzler sur
son blog et dans le magazine "Marianne" ! A lire absolument !

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 12:00
Lors de la conférence de presse du lundi 26 mai, à Namur, consacrée à la présentation officielle de son nouveau livre - Le Choix de la Wallonie - Pour la convocation de ses Etats-Généraux, préfaces de Jean Beaufays et Pascal Delwit, politologues, Editions Mols -, Jules Gheude a annoncé la mise sur pied, avant l’été, d’une réunion destinée à réunir l’ensemble des signataires du Manifeste.

Etant donné l’évolution de la situation politique et la probabilité de plus en plus grande d’un démantèlement de l’Etat résultant d’un échec de la négociation institutionnelle de juillet, nous pensons, en effet, qu’il convient de convoquer, dans les meilleurs délais, ces Etats-Généraux de Wallonie, qui devraient permettre d’opérer un choix parmi les quatre options proposées par le Manifeste.

Un tel événement, requiert, vous vous en doutez bien, la constitution d’une équipe large et solide, en vue d’aborder les indispensables questions organisationnelles, qui concernent tant la logistique que les aspects financier et de relations publiques.

C’est dans cet esprit que nous vous invitons à nous rejoindre, le  vendredi 20 juin, de 19 h 00 à 22 h 30,  à la Salle

académique de l’Université de Liège, Place du XX Août, à Liège.

Le succès et la crédibilité de l’entreprise dépend largement de la contribution de chacun et de chacune d’entre vous.

Nous comptons donc sur votre présence et, en vous adressant nos remerciements anticipés,

Jules Gheude,
Didier Melin,
Thierry Ollevier,
Claude Thayse.

Merci de bien vouloir confirmer votre présence pour le lundi 16 juin au plus tard.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 19:38

… Wallon !" disait (avec raison) le slogan d'un ancien ministre wallon de l'énergie en plagiant celui du ministre français de l'époque : "En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées !". (Depuis, Philippe Busquin s'est fourvoyé dans une fumeuse Commission Wallonie-Bruxelles dont j'ai déjà eu l'occasion de dire ce que j'en pensais ICI et surtout ICI. 
 
Le temps a passé et il est vrai que le coût de l'énergie augmente. Et nous
consommons de plus en plus de carburant alors que l'offre diminue. Pas étonnant dès lors que les prix augmentent sur le marché mondial, et à la pompe…!
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le seul à ne pas se plaindre est le fisc. "L'Etat" belge s'enrichit à chaque kilomètre que nous roulons. L'ensemble des accises, des taxes sur l'énergie et la TVA représentent plus de 56% du prix d'un litre de diesel. Et pour l'essence, cela monte à 67%. Vous trouverez ces chiffres ainsi que d'autres sur le site du Ministère des Affaires économiques
 
Mais ce n'est pas encore assez !
"Sans une écofiscalité forte, il sera impossible de lutter efficacement contre la pollution" (bon prétexte !) dit la ministre bruxelloise (Ecolo) de l'Environnement, qui propose de réfléchir sur la taxation des voitures en fonction du nombre de kilomètres parcourus pendant que le gouvernement wallon marque son accord sur le principe d’un péage pour les poids lourds en fonction du nombre de kilomètres parcourus sur le réseau autoroutier belge comme le préconise la Flandre (ben tiens !). Précisant qu'il souhaite instaurer en même temps un système forfaitaire pour les voitures, sous la forme d’une vignette électronique évolutive...
 
Bien sûr, par ailleurs,  les pouvoirs publics octroient chichement des réductions d’impôt pour encourager l’achat des voitures les plus éco-performantes.  L’achat d’un véhicule (en Belgique) dont les émissions sont inférieures à 115 g CO² permet une réduction d’impôt égale à 3% du prix d’achat (plafond de 615€). (Voyez
ce qui est proposé en France 
)
 
 
Pourquoi cette longue introduction ? Pour vous préparer à ce qui sera peut-être prochainement notre avenir :
- Un extrait d'un JT de France 2 du mois de mars dernier :


- Et petit film (en anglais !) sur "Sciences Channel".


Prometteur, non ?  Si ça marche, n'est-ce pas de l'éco-développement appliqué ça ? A moins que "Toton Didier" ou "Tata Elio" ne trouvent encore moyen de nous "pomper l'air"... ou tout au moins de nous le faire payer... ;-)
 
Certes, Guy Negre est Français comme quantité d'inventeurs géniaux. Mais les Wallons,  de la moissonneuse-batteuse des Trévires à la dynamo de Zénobe Gramme en passant par la machine de Marly (de Rennequin Sualem et Arnold de Ville) ou encore le saxophone… n'ont-ils pas également été à l'origine de nombreuses inventions dont le monde a profité ? Le "ministre d'Etat" dont je cite le slogan en introduction serait bien inspiré de revoir la position défendue par la commission qu'il préside dans le sens (politique et institutionnel !) : "En Belgique, comme on n'a pas vraiment d'idées, si on allait voir en France ?"

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 12:00
A l'attention de... celui qui comprendra (peut-être !) ce que j'ai voulu dire en reprenant cette phrase d'un philosophe français du XXème siècle : " Ce qu'il y a de formidable dans l'intelligence, c'est que chacun s'en trouve suffisament pourvu puisque c'est avec ça qu'il juge." (Michel Colucci)
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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 12:32
C'est un truisme, mais entre 1994 et 2006; 3,1 milliards d'euros ont été déversés sur le Hainaut dans le cadre du programme d'aides européennes aux régions en retard de développement avec un résultat à peu près désastreux. Il suffit d'observer qu'après coup, les statistiques macroéconomiques du Hainaut étaient pires qu'avant.

Le Gouvernement wallon avait ainsi décidé de revoir sa méthode de travail et de ne plus saupoudrer plus les moyens sur une série de projets de prestige, sans intérêt du point de vue économique.
Pour assurer cet engagement, il a mis en place un jury indépendant, à l'instar de celui installé pour la sélection des pôles de compétitivité du plan Marshall. L'initiative est louable, si la même politique avait été suivie dès 1994, on aurait sans doute évité de gaspiller des milliards d'euros. Les jurés étaient douze. Un reproche majeur, on n'y retrouve pas un seul membre étranger (huit  professeurs d'université de la Communauté française - équilibre oblige !- et quatre entrepreneurs, dont deux sont retraités, à la différence du jury des pôles qui comptent au moins deux Français). Dommage pour la fraîcheur du regard et l'originalité des idées (. Entendons-nous, si le principe de ce jury, même imparfait, est une bonne chose, un aréopage plus diversifié aurait peut-être pu davantage sortir des habitudes et des tabous et cibler directement l'optimum.

Même si, par rapport aux (mauvaises) traditions du passé, certains ne vont pas manquer - et ne manquent pas - de crier au favoritisme et à la manipulation politique. Il faut savoir que l'ensemble des projets présentés représentaient près de 3 fois le montant disponible... et que tous les choix sont toujours critiquables. Surtout dans une optique partisane.

Quoiqu'il en soit, et c'est assez rare, il faut saluer la cohérence du gouvernement qui a suivi les choix de ce jury.
Un pas dans la bonne direction, celle d'une gouvernance responsable. Républicaine quoi !
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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 12:01
On le sait, "les Belges" aiment à donner des leçons au monde entier. Des ministres aux journalistes, ils ne se privent pas de critiquer les comportements ou attitudes de dirigeants d'autres pays. Ceux qui suivent l'actualité au travers des différents organes de presse s'en rendent compte. Si les politiques français sont - vieille tradition - les premiers visés, peu de dirigeants y échappent. Il faut dire que les risques sont minimes, la Belgique ne compte pas dans le concert des nations.

Je ne vous parlerai donc pas de l'attitude et des propos de Karel De Gucht qui critique ouvertement la "mal-gouvernance" de pays étrangers. A tort ou à raison, peu importe ici. Ce qui est par contre intéressant à observer, c'est la logique qui est à l'œuvre.
Que se passe-t-il, en effet ?

"On" observe - à juste titre - le manque de cohérence du gouvernement Leterme-Reynders-Milquet-Onckelinx. "On"met en évidence les contradictions, les conflits de compétences. Les relations internationales en sont un bel exemple. Quelques faits récents :
- Leterme au Pérou annonçant unilatéralement la poursuite d'une certaine coopération sans en parler à son ministre responsable (en tous cas, c'est ce que ce dernier a prétendu...)
- De Gucht faisant la leçon aux Congolais sur le sujet du respect des Droits de l'Homme, alors qu'ici, ceux-ci ont été bafoués dans les Fourons où la Flandre, incapable de pratiquer l'épuration linguistique, a favorisé l'immigration (comme dans l'ancienne Yougoslavie...) d'une population hollandaise pour arriver à ses fins et obtenir une majorité néerlandophone.
 
Mais, ce manque d'unité de la politique étrangère n'est pas vraiment nouveau. Rappelons-nous le lâchage de la vignette autoroutière par la ministre président flamand lors d'une visite en Hollande il y a quelques années. Et je pourrais citer d'autres exemples. 

La politique du fait accompli - par les Flamands - est devenue un mode de fonctionnement normal. Sans reprendre leur vieux principe de négociation qui veut que "Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à vous est négociable", il faut reconnaître qu'il n'y a plus de cohérence en matière de politique étrangère, et donc, plus vraiment de... Belgique ! Ceux qui se disent ses représentants ne parlant plus d'une même voix.

Si on veut continuer à cohabiter comme le souhaitent certains, il faudra s'y habituer. On le sait, ce n'est pas mon choix.

C'est pourquoi, je me suis réjoui, contrairement à certains, de la décision du Président du Parlement wallon, José Happart, (loin d'être exempt de critiques par ailleurs, mais c'est un autre débat) d'avoir accepté une invitation à se rendre en Syrie (*)sans en référer au ministre fédéral des affaires étrangères.
Où est le problème ? Le régime politique syrien n'est pas très fréquentable ? Et alors ? Il n'est pas le seul !
Après tout, même si on feint de l'ignore, nous sommes dans un Etat fédéral (c'est écrit dans la Constitution). Un Etat fédéral est constitué d'Etats, même si on les a baptisé "Régions". Les Flamands l'ont déjà compris, chez-nous, ça tarde à venir (hélas !).
Je ne sais pas si c'est cette logique qui a consciemment présidé à l'acceptation de cette visite en Syrie, mais je trouve que le Président du Parlement wallon est donc parfaitement dans son droit. Les esprits chagrins qui y verraient d'autres raisons devraient penser à abandonner leur façon belgicaine d'appréhender le monde.

Alors les problèmes et les tensions liées à la cacophonie dans le domaine des relations extérieurs ne serait pas un problème communautaire selon certains ? Mon œil !

(*) Accompagné de son Directeur de Cabinet et d'un Conseiller-Expert. Ouf ! Il ne devrait pas y avoir fait trop de dégâts...

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 06:37
"Lorsqu'un dirigeant qui a bonne réputation rencontre une société qui a mauvaise réputation, c'est la réputation de la société qui reste intacte."  (Warren Buffet)

Dans "Le Soir", Kris Peeters, ministre-président du gouvernement flamand, déplore que "des francophones" saliraient l'image de la Flandre en saisissant les Instances européennes pour faire progresser leurs dossiers.

Intéressant. Il est vrai que l'image de la Flandre en prend un coup ces derniers temps. Particulièrement dans la presse internationale. Le Kroll du 20 mai l'avait superbement illustré. Kris Peeters ne fait que reprendre une vielle tradition du Mouvement flamand. Se faire passer pour victime.

S'il a été relativement facile de manipuler l'Histoire en mettant en avant les malheureux Flamands brimés par les odieux hobereaux "fransquillons" (*), puis chair à canon d'officiers dont ils ne comprenaient pas les ordres pendant la grande guerre (**), victimes des conditions de travail inhumaines imposées par le capitalisme dans les mines et aciéries situées dans le bassin Sambre et Meuse (***), ayant capté les Fonds structurels européens de reconversion industrielle destiné à la Wallonie dans les années '50 et '60 pour permettre leur développement économique (****),  il devient de plus en plus difficile de faire croire au Monde qu'un peuple flamand, sûr de lui, "confiant et ambitieux, économiquement très forts" - pour reprendre les paroles du ministre - reste une pauvre malheureuse victime.

L'utilisation stratégique et manipulatrice du statut de victime aurait-elle ses limites ?

Tant pis... et tant mieux. Voilà qui va augmenter la cohésion et l'unité du ressentiment que d'aucuns, rares en Flandre, lucides, appellent  mystique, traumatisme ou  phobie. Toute la Flandre, largement convaincue d'être dans son bon droit face aux critiques internationales qu'elle attribue aux basses manœuvres des partis francophones va ainsi se radicaliser encore un peu plus.

A quelques jours d'un débat sur la révision de la Constitution - que personne ne semble préparer, la crainte des conséquences d'un échec collectif le 15 juillet est devenue aussi grande que la crainte des conséquences qu'entraineraient des concessions - ça promet des moments très chauds, très rapidement ! Comme le dit fort justement Jules Gheude dans une interview au Vif, il est plus que temps de poser crûment, et d'urgence, la question de notre devenir. 

Et pendant ce temps, la France prépare son opinion publique, voyez cet article du Figaro international...

(*) Des Flamands aisés s'exprimant en français pour se différencier du petit peuple.

(**) Oubliant que la plupart des soldats wallons ne les comprenaient pas beaucoup plus et également passant sous silence la défection de régiments flamands entiers, eur fraternisation avec les troupes nazies la fois suivante. Oubliant également le retour immédiat dans leurs foyers de ces "valeureux guerriers" pendant que les Wallons sont restés en captivité pendant toute la guerre...

(***) Au même titre que les autres ouvriers, tant Wallons (bien plus nombreux) qu'étrangers...

(****) Sidmar à Gand ayant été construit avec les fonds européens destinés à la restructuration de la sidérurgie wallonne.

Avec toutes mes excuses aux puristes, d'avoir utiliser ce néologisme de "victimisation", "mot-valise" emprunté à l'anglais (le français correspondant serait « victimer »).

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 12:58

L'actualité est très calme. Je voudrais revenir sur la proposition de ce juriste francophone de Tervueren, Jacques Autenne, qui propose à la Flandre de céder à Bruxelles les axes de communication (ferroviaires, routiers et fluviaux) qui la relient à la Wallonie...

Ce spécialiste en droit fiscal, professeur à l'UCL et à l'Ecole royale militaire, ancien membre du Conseil supérieur des finances et du Conseil central de l'économie dit comprendre la demande flamande de scinder l'arrondissement de Bruxelles-Halle-Vilvorde. Que les francophones devraient accepter la scission - en exigeant cependant une disposition transitoire permettant aux habitants francophones de Halle et Vilvorde de pouvoir avoir recours à des tribunaux francophones pendant quelque temps encore... En gros ce qui était prévu en 1963 avant qu'on ne déclare (unilatéralement) que les facilités accordées (provisoirement) aux habitants francophones présents à l'époque dans les communes proche de Bruxelles et situées au nord de la frontière linguistique (mais bien d'Etat) étaient "bétonnées".

Inspirée du statut de Berlin-Ouest qui n'a pu tenir que grâce au couloir aérien et à l'autoroute qui la reliait à l'Allemagne de l'Ouest, son idée rejoint celle émise dans les discussions communautaires dites de Steenokkerseel (1974), une idée de couloir limité à la chaussée de Waterloo (rattachant des parties de la foret de Soigne - les "Espinettes" -  à cette chaussée). Ce que François Perin avait appelé la solution du "pédoncule" et qui a signé la fin des négociations.

Amusant ? Délirant ? Ouais... peut-être. Indépendamment du fait qu'il est assez incongru de comparer la situation de Berlin enclavée dans un territoire contrôlé par une puissance hostile avec contrôle d'identité systématique de tous les navetteurs, agences en douane à la frontière à celle de Bruxelles intégré dans l'Europe (accords de libre circulation des hommes et des idées, Schengen, etc..). Ça n'aurait de sens que si la Flandre (et je l'imagine mal, en cas de crise extrême, couper ces voies de communication) quittait l'Europe.... Ce qui serait encore plus incongru, cette dernière serait la première à la reconnaître comme Etat lors de sa déclaration d'indépendance.  (Mais qu'attend-t-elle ?)

Notez que ça répondrait au désir de certains d'établir un lien physique entre Bruxelles et la Wallonie...

Et donc, si les projets délirants qui ont cours à l'heure actuelle, de pouvoir réunir une communauté française sans passer par un élargissement de la Région bruxelloise au sens strict, puisque toutes les habitations jouxtant ces voies d'accès resteraient rattachées juridiquement à la Flandre. On apporterait aussi une solution symbolique à un problème politique insoluble. Sauvegardant l'avenir, les Régions pouvant se choisir leur destin...

Mais, gageons que certains (néo-belgicains) n'apprécieront pas...  les habitants francophones de la périphérie étant de facto assimilés à la Flandre, les privant d'une bonne partie de leur fond de commerce électoral. Tout le monde ne partage pas ce point de vue : voyez ce qu'en dit Liège-France.

Et pendant ce temps là, délaissant ses dossiers locaux (entendez fédéraux), le premier ministre voyage... en représentant de la future Flandre indépendante ?

 

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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