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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 23:25
Winston Churchill a dit un jour que : "Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen." Il n'a - heureusement pour lui - pas connu les forums des quotidiens sur l'Internet. Je viens de passer quelques minutes à en parcourir quelque-uns...
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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 18:14

Mais fallait-il ça ?

Dans son édition de demain, le Vif consacre un article à la crise politique et aux «  mauvais coups » portés aux us et coutumes de la « démocratie à la belge » qui n'avait vraiment pas besoin de ça.

«  Bientôt, une république bananière ? »   se demande-t-il.

Bah ! Nous avions déjà un « royaume chiconier » où les féodalités partisanes et les inégalités tiennent lieu de règles.

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 18:10

Le journal "Le Monde" lance un appel à témoignage sur la manière dont vous vivez la crise politique en Belgique.
Exprimez-vous !
Cliquez 
ICI

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 12:45
Bon, hé ben... Euh... Voilà, voilà... Tant qu'à faire...
 
Les médiateurs ont fait rapport au Roi sur leur « mission d’examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d’une manière crédible un dialogue institutionnel ». Ils ont mentionné que durant leur mission des progrès ont été réalisés (sic !). En conséquence, les médiateurs sont disposés à poursuivre leur travail en particulier sur la structure de dialogue interinstitutionnel (Pas mal, ça ! Un terme appelé à un grand avenir (*) !) devant conduire à une réforme approfondie de l’Etat. Nous informe « le Palais ».
Donc, en gros, comme prévu, rien de neuf ! Combien de temps faudra-t-il encore pour espérer noyer le poisson ?
 
On se revoit à la mi-septembre et on se fait une petite bouffe ?

(*) De quelles institutions parle-t-on ? Régions, Communautés, Etat fédéral ?
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 12:36
Belga : " Le sénateur bruxellois MR Alain Destexhe est convaincu que la Belgique a besoin d'une médiation internationale pour sortir de la crise actuelle. Pour lui, cette solution offre la meilleure chance d'aboutir à un nouvel accord communautaire. Il avance même un nom. Celui du Haut commissaire aux minorités nationales de l'OSCE, le norvégien Knut Vollebaek ".

Vollebaek ?
Vollenbak ? Evidemment, un nom qui devrait plaire à nos voisins du nord... (*) et il faut faire vite... une fois !

Plus sérieusement, ça finira comme ça. Sauf que la médiation portera sur les conditions de la partition.

M. à J. : Le Journal de la nuit de France 3. C'est la seconde partie qui est intéressante, écoutez ce que dit Philippe Dutilleul de la progression de l'idée rattachiste.


(*) Et à J.G. qui les admire beaucoup ... (Pour ceux qui comprendront !) ;-)

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 06:49
L'Histoire est en marche... " Mûrissement heureux"  ? Approcherions-nous du seuil critique qui obligera les partis politiques à parler ouvertement de l'option rattachiste ?

Le sondage du groupe IFOP mis en ligne ce matin (même la RTB(f) a du y faire allusion) par les journaux " La Voix du Nord " et "Le Soir" n'étonnera que ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face.

Certes, l'opinion rattachiste reste conditionnée à la disparition de la Belgique, mais là aussi, et c'est nouveau, les esprits évoluent puisque 23 % des wallons déclarent croire à la disparition de la Belgique (+ 7 % en six mois). Alors que 59 % ne l'envisagent toujours pas, mais que les indécis 18 % sont en augmentation. (+ 12 %).
Mais ne boudons pas notre plaisir. Même si, comme le dit "Le Soir" : "Les Wallons ne sont pas rattachistes par principe", et que le choix proposé était limité, en cas de disparition du pays, nous sommes actuellement 49 % à nous dire favorables à une union avec la France. La proportion atteint 70 % auprès des Wallons pour qui la disparition du pays ne fait plus de doute. Ceux qui ne pronostiquent pas la fin du pays sont 39 % (tout de même !) à pencher pour le rattachement. En un an, la proportion de Wallons favorables au rattachement a donc fortement augmenté. Lors d'un sondage réalisé par l'Université catholique de Louvain entre octobre 2007 et janvier 2008, nous étions 29 %. L'enquête Ifop, réalisée début juillet indique donc une progression de 20 points pour l'option du rattachement.

Tout aussi intéressant, la même enquête révèle que 60 % des Français sont favorables à l'union. Une hausse de 6 % par rapport au sondage IFOP réalisé en novembre 2007 pour le "Journal du Dimanche". Il est à noter que le lieu de résidence n' influe pas peu sur leur opinion. Dans la Région Nord - Pas-de-Calais, ils sont 64 % à se dire favorable au rattachement, contre 57 % en Ile-de-France et 61 % dans le reste du pays. Ce mouvement traverse les opinions politiques tant les sympathisants du PS que ceux de l'UMP sont 61 % à se dire ouverts au rattachement.
Vous avouerai-je que ça ne m'étonne pas ?
J'avais rappelé dans un texte de janvier 2006, paru sous le titre "La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ?" et publié en "carte blanche" dans le journal "Le Soir", l'élan d'émotion et d'enthousiasme qui a traversé toute la société française, lorsque en février 1976, la population de la petite île de Mayotte se prononça par référendum à une très large majorité pour son maintien dans l'ensemble français avec le statut provisoire de collectivité spéciale. Statut qui lui fut accordé malgré un casse-tête politique, juridique et linguistique fort complexe : faire entrer dans le droit commun français une société de structure musulmane, minoritairement de langue française en plus. Malgré une résolution de l'ONU contre la position de la France ! Rien de tout ça pour nous. Notre société wallonne, sa culture et son organisation sociale sont superposables à la société française, à quelques détails mineurs près.

"La Voix du Nord" publie en complément une interview de Daniel Ducarme, seul homme politique actif au sein d'un parti traditionnel (ou autre !) à avoir fait une proposition structurée à l'heure actuelle. Il déclare fort curieusement (pour ne pas dire plus...) et sans doute à l'intention de ses électeurs traditionnels : «  Vivons notre belgitude à l'intérieur de l'espace francophone. » (Une collectivité spéciale au sein de la République)

Et comme le dit mon ami François Lemaire, pour rattacher, il faut d'abord détacher !

Et pendant ce temps là, les médiateurs royaux préparent leur rapport... Et - évolution intéressante - le baron Gendebien (dans une "carte blanche" accordée à... son propre site Internet !) accepte de reconnaître - et c'est la première fois - que : "
c’est notre population (et pas : "notre Peuple") et elle seule qui sera amenée, en définitive, à faire le bon choix : c’est elle qui se prononcera démocratiquement, en dernier ressort, et par voie référendaire. "

Les résultats complets de l'étude


L'infographie du Soir :
- L'évolution des avis sur le rattachement
- L'évolution des avis sur la gravité de la crise et la probabilité de disparition de la Belgique

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 19:21
De l'excellent blog "Liège 28"

La convention fiscale franco-belge du 10 mars 1964 prévoit que « les pensions de retraite autres que publiques sont imposables dans l'État de résidence du bénéficiaire. En conséquence, dès lors qu'un retraité de nationalité française réside en Belgique, ses pensions sont imposables dans cet État ». Or, la fiscalité est plus lourde en Belgique qu’en France.
 
Par ailleurs, un certain nombre de retraités français résident en Belgique dans les senioreries parfois plus facilement accessibles (J'y avais consacré un billet il y a quelques temps).
Cette discrimination sociale entre retraités du service public et les pensionnés privés a ému le sénateur UMP du Nord, Jacques Legendre - dont les sympathies pour la cause rattachiste sont bien connues - qui, en octobre, a posé une question à Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi.

Celle-ci, dans sa réponse, ne voit aucune raison de changer la situation « conforme aux principes de l'OCDE et aux recommandations de la Commission européenne ». Christine Lagarde ajoute « une remise en cause des termes de la convention sur ce point aurait des conséquences défavorables pour les retraités qui résident en France après avoir exercé une activité professionnelle à l'étranger ».
Hormis s’ils ont fait carrière dans le service public, les Wallons choisissant de terminer leurs jours en France peuvent donc être rassurés.
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 05:16

J'ai reçu un certain nombre de courriels (et merci à vous !) me demandant pourquoi je n'avais pas réagi à la proposition du président du Sénat faite lundi soir, dans le JT de la RTB(f). Pour mémoire, il propose - en appui à la petite phrase d'Albert d'Eux - de recréer un "pacte des Belges" qui ressemblerait au Congrès National de 1830.
 
Amusant et parfaitement dépassé. A
rmand de Decker, qui aime à rappeler qu'il est un Flamand francophone - un vrai belge dit-il - qui se sent chez lui d'Oostende à Arlon, ne semble pas avoir pris la mesure de l'évolution de la société dans laquelle il vit.
 
Evidemment, il est logique avec lui-même en faisant cette proposition puisqu'en
1830, seul un pour cent de la population - les plus riches – purent voter et que le Congrès s'est tenu en… français.
 
Même s'il corrige quand même son propos en précisant qu'il s'agirait d'un Congrès fédéral qui réunirait le fédéral, les trois Régions et les trois Communautés, pour mettre tous les problèmes de l'Etat Belge à plat et négocier un nouveau pacte belge, j'imagine mal que ce machin (combien de membres dans l'assemblée ?) arrive à un résultat là où un groupe plus restreint n'est arrivé à rien. Mais bon, il faut rassurer les quelques dizaines de personnes qui se sont déplacées pour les "festivités" du 21 juillet...
 
Bref, mais l'analogie est quand même amusante puisque le Congrès national qui s'est réunit pour la première fois le 10 novembre 1830 fut déjà présidé par le doyen d'âge... Un certain Gendebien !
On sait où ça nous a mené...
 
Soyons sérieux, ne faisons pas bégayer l'Histoire !
 
Il y a mieux, tournons la page et préparons l'avenir. Si négociations il y a,
pour maîtriser son avenir, la Wallonie doit continuer à s’approprier un maximum de pouvoirs et de compétences. Et puis se choisir un destin à sa mesure.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 06:09
Ce texte a été écrit pour un public français en décembre 2007 par Pierre-René Mélon, écrivain de talent (*) et ami. Il est toujours d'actualité.

Vu de France, le conflit des nationalités qui met en péril l’existence de la Belgique ne suscite généralement que des commentaires timorés, formatés, prudentissimes, comme si l’esprit de défaite inoculé à Waterloo continuait à percoler dans l’inconscient collectif de l’intelligentsia française. Seule éclaircie dans le brouillard du conformisme, un article retentissant d’Alexandre Adler (Le Figaro du 28 août 2007) redonnait espoir aux partisans d’une vision renouvelée de la géopolitique française.
 
Qu’on permette à un observateur de l’intérieur de présenter ici les avantages pour les trois parties concernées (France, Wallonie, Europe) d’un agrandissement pacifique de la France après l’éclatement de la Belgique. 
 
Tout d’abord, il est vraisemblable que si les Français étaient consultés, ils ne s’opposeraient pas à l’élargissement de la France à une région voisine, francophone et amie de longue date. Un sondage paru dans le "Journal du Dimanche" du 11 novembre 2007 annonçait que 54 % des Français (66 % dans les département limitrophes) sont spontanément favorables à une telle évolution. Quant à l’intérêt de la France, il est évident : augmentation de population (environ 3,5 millions personnes), adjonction d’un territoire de 16 844 km2 (quatre départements), élargissement du champ géopolitique avec notamment une nouvelle frontière avec les Pays-Bas, position privilégiée de la Wallonie dans l’axe des échanges est-ouest, rééquilibrage du poids français par rapport à l’Allemagne, renforcement de l’influence française en Europe, etc.
 
Contrairement aux idées reçues et relayées par une propagande volontairement défaitiste, la Wallonie n’est pas une Allemagne de l’Est latine : son taux de croissance en 2006 était de 2,9 %. A l’échelle de la France, le PIB de la Wallonie la placerait au 8e rang des 22 régions françaises, 5e au niveau de sa population et 3e en matière d’exportations, juste derrière l’Ile-de-France et la région Rhône-Alpes. Alors, insupportable, le « poids » de la Wallonie ? 
 
Le rattachement de la Wallonie n’entraînerait pas forcément un « effet domino » qui priverait de proche en proche le Royaume Uni de l’Ecosse, l’Allemagne de l’« Etat libre de Bavière » et l’Italie de la « Padanie »… Soyons sérieux : y a-t-il une seule chance pour que la Flandre française demande son rattachement à la Flandre ex-belge ? Aucune. Le pays basque français va-t-il faire sécession ? Rien ne le laisse présager. Et la Corse ? Elle réaffirme régulièrement sa volonté de rester dans la République.
 
De plus, la nature des minorités nationales dont on redoute l’émancipation n’est pas comparable avec celle de la Wallonie ou de la Flandre, car la Belgique ne possède aucun substrat national propre, contrairement à des pays comme la Hongrie, la Roumanie, l’Allemagne, la Pologne, la Slovaquie, l’Ecosse ou la Catalogne.
 
A la différence de ces nations anciennes, la Belgique est, pour ainsi dire, une vue de l’esprit : elle a été conçue au XIXe siècle comme une barrière politique destinée à empêcher la France de retrouver ses frontières héritées de la Révolution et de l’Empire. Le royaume de Belgique est une singularité de l’histoire, une espèce de monstre hybride franco-batave, sorti des éprouvettes des Dr Folamour du Congrès de Vienne (1815), posé sur le limes latino-germanique comme un couvercle sur une casserole, puis oubliée au coin du feu ; elle est devenue un Etat-auberge qui abrite provisoirement deux nations : des Flamands et des Français. Or, personne n’a éteint le feu (les premières revendications flamandes datent des années 1840) et ce qui mijotait s’est mis à bouillir… L’ « évaporation » de la Belgique (pour reprendre l’expression délicate de l’actuel ministre flamand des Affaires étrangères) n’entraînera pourtant d’autre effet prévisible qu’un retour à la normale, c’est-à-dire une stabilisation du cœur de l’Europe ; à une condition : que la crise belge se résolve par la création subséquente d’une république flamande et la réintégration de sa partie française dans la République (après la possible étape d’une « Belgique résiduelle » qui ne remplirait, soit dit en passant, aucun des critères de convergence européens).
 
Quant à l’argument du « mauvais exemple », il frise le ridicule. En 1789, la France ne devait sans doute pas non plus montrer le mauvais exemple aux autres nations européennes… Fallait-il renoncer à la République pour ne pas contrister les monarchies et principautés voisines ? L’Allemagne a-t-elle montré le mauvais exemple en récupérant sa partie orientale ? La Tchécoslovaquie a-t-elle montré le mauvais exemple en se scindant pacifiquement en deux ? Et la Norvège s’émancipant de la Suède ? Et la Grèce se libérant du joug ottoman ? L’histoire irait à sens unique ? Et la France serait le seul pays à « montrer le mauvais exemple » si elle récupère ses territoires amputés en 1815 ?
 
Qu’on me permette ici de déplorer la permanence d’un certain souverainisme français nostalgique de sa propre monarchie et admirateur du sympathique royaume de Belgique qui aurait su maintenir les charmes du trône et de l'autel quand ces mécréants de républicains s’en détournaient brutalement. Or, les Saxe-Cobourg et Gotha ne sont ni les Capétiens ni les Bourbon : ce sont les rois qui ont fait la France, mais c’est la Belgique qui a fait le roi. La Belgique du XXIe siècle n'est donc pas une France en miniature qui aurait échappé par miracle aux affres de la Révolution. Le petit royaume conçu à Londres en 1831 était une construction anti-française dirigée par un roi luthérien, anglophile et franc-maçon, qu’on pria de régner sur des populations catholiques et une élite francophile.
 
Les 178 ans passés ont vu la lente et légitime renaissance de la nation flamande à l’intérieur de l’utérus belge, mais rien n’a changé au fond : au cœur même du royaume, la Belgique aujourd’hui flamandisée continue à jouer son rôle de tampon en luttant de son mieux contre toute influence française extra-hexagonale (au contraire des flux anglo-saxons parfaitement perméables). Le mouvement régionaliste wallon et une certaine euro-bruxellisation des esprits faisant office de pare-choc ou d’isolant thermique, pour ainsi dire.
 
Que faire donc après la Belgique ? D’abord laisser tomber ses œillères, se libérer des schémas médiatiques et se dresser contre un certain esprit de soumission que j’appellerais le « complexe de Waterloo ». Bref : oser renverser la vapeur.
 
La France doit intégrer la Wallonie pour retrouver confiance en elle-même, résister aux déconstructeurs de la nation et contribuer ainsi à une refondation de la construction européenne. Il faut savoir que pour les idéologues de l’Europe métanationale, le « Belge » est le chouchou de la nomenklatura européenne (c’est lui qui porte la mallette du prof) ; le bon élève est donc aussi prié d’être un exemple « d’unité dans la diversité », de « multiculturalité harmonieuse », il doit être le « laboratoire de l’Europe », le « carrefour des peuples », etc., etc. Pour les eurocrates, scinder la Belgique, c’est insulter le modèle de cette Europe fourre-tout (qui ne veut reconnaître ni ses frontières, ni ses fondements), c’est casser le moule, c’est briser les éprouvettes. C’est, finalement, risquer de donner aux nations le mauvais exemple de la liberté des peuples.  
 
On comprend mieux les charitables admonestations du premier ministre luxembourgeois et les « inquiétudes » de la Commission européenne sur le sort futur de leur cher Etat-labo. La Belgique est ainsi devenue la ceinture de chasteté d’une Europe revirginisée, indemne de toute luxure nationale, en somme une Europe Société Anonyme, abstraite et universaliste, dont la capitale, Bruxelles, serait un compromis entre hall de gare, foire commerciale et tour de Babel.
 
Finalement, on en revient toujours à la même question. Essentielle. Dérangeante : à quoi servent les nations, et singulièrement : à quoi sert la France ? Réponse : à montrer l’exemple. Et ici, nous devons bien sortir les grands mots : la France doit, seule contre tous s’il le faut, montrer l’exemple de la liberté et de la dignité des hommes en s’opposant à la capitulation des nations et à ses conséquences directes : la tribalisation de l’humanité et la marchandisation de l’homme.

Si la France a encore une raison d’exister, c’est celle-là. Oser se dresser contre l’irrémédiable. Montrer la voie. Car entre l’Europe supranationale et la sous-région, entre l’empire et la tribu, seule la nation protège le citoyen, le fait grandir, l’émancipe. Voilà la vraie vocation d’une Europe humaniste. Cette vocation est aussi celle de la France : vocation à forcer les passages et à franchir les barrières, qui constitue ce que de Gaulle appelait la « grandeur de la France ».
 

Comprenons-nous bien. Cette grandeur n’est pas une forme de vanité collective ni une variante d’autres messianismes politiques plus ou moins délirants. Elle n’est pas non plus l’expression d’une volonté impériale frustrée de son passé. Non. Cette grandeur-là est une prise de distance, une mise en surplomb, une vision d’en haut d’où procèdent naturellement humilité et liberté. Humilité de se savoir petit dans l’univers (1 % de la population humaine), humilité des défaites, humilité des déchirements internes ; mais aussi liberté d’assumer un destin singulier, parce qu’à mesure où l’esprit s’élève, les perspectives historiques se précisent et forcent le devoir d’enfreindre. D’enfreindre quoi ? Les fausses évidences : « ne pas entraver la construction européenne » ; les soi-disant équilibres (réels ou imaginaires) : « attention à l’effet domino » ; les implacables contextes : « le marché, l’Europe, l’OTAN, l’ONU… »
 
Où veux-je en venir ? Quel rapport avec la Wallonie française ? Voici. Si la France veut se prémunir contre le tropisme anti-national, et donc anti-européen, elle doit se renforcer en s'adjoignant la Wallonie. Attendre un hypothétique réajustement spontané du système bruxello-européen (qui tourne de toute façon à vide, car il est déconnecté des peuples), c'est accepter de se soumettre sans certitude de s'en remettre. Si la France se soumet aux règles du politiquement correct européen, elle ne s’en relèvera pas. Et son destin sera celui d’une section européenne de l’internationale libre-échangiste.
 
En plus de son intérêt bien compris, la France a donc le devoir, le droit, l'obligation politique et morale de s'adjoindre la Wallonie ! Ce renforcement de la République sera sans doute l’élément déclencheur d’un regain de confiance des Français en eux-mêmes et d’une volonté renouvelée d’entreprendre, car leur pays aura posé un acte de souveraineté exemplaire. Comment n’en sortiraient-ils pas grandis ? Et comment les autres Européens, à leur tour, n’en prendraient-ils pas de la graine ? Car cette manifestation de la volonté nationale sonnera aussi, on peut l’espérer, le réveil des peuples endormis. Or, c’est justement ce réveil des peuples que craignent les eurocrates ! Comme le souligne justement Paul-Marie Coûteaux, « ce fut le sortilège du gaullisme que de montrer que, plus la France se distinguait et osait affronter les puissants, plus elle se découvrait d’alliés – et plus ses alliés étaient conduits à la respecter… » (L’Europe vers la guerre, p. 299).
 
En somme, intégrer ou non la Wallonie sera pour la France un véritable test grandeur nature de sa capacité à s'affirmer face aux dictats d’un supranationalisme calibreur de cultures et aplanisseur de nations. Non seulement pour elle-même, mais aussi pour l’Europe dont le destin n’est pas de devenir un magma mais de former une mosaïque.
 
Puisse-t-elle ne pas laisser passer cette chance !
 
Décembre 2007

(*)
Bibliographie
Petit glossaire de la sous-France, Éd. Talus d'approche, 2000
Circonstances et motifs de la disparition de Ian Lears, Éd. Lux, 2000
Histoire imaginaire de la première République liégeoise, Éd. du Céfal, 2001

Pages arrachées au journal de Satan, Éd. Salvator, Paris, 2005

 

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 01:01
Rien...

Je me suis forcé à écouter (que dire, à subir) le discours du roi.

Quelle platitude, quelle médiocrité dans le propos, quel manque de lucidité, de courage et d'enthousiasme. Mais qu’attendre de plus ?

La pauvreté, l'insécurité, l'inégalité... comme le soulignait le roi, sont des problèmes qui existent... de plus de 25 ans. Le rappeler une fois de plus aujourd'hui, pour éviter d'aller à l'essentiel, pour éviter d’aller à une des causes principales de ne changera rien à rien. En appeler aux mânes de son frère (*) ne sert qu’à essayer de refaire l’union sacrée des derniers belgicains (entendez : « belges francophones ») et à culpabiliser ceux qui, parmi eux, commencent à ouvrir les yeux. La source des « vrais problèmes des gens » vient, en grande partie, de l’existence même de la Belgie-que et de l’incompatibilité de faire vivre deux peuples antagonistes sur un même territoire. Jean Rey avait déjà constaté en 1947 que « partout, quand un Etat unitaire est travaillé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu'il ne finisse pas par craquer. (...) la sagesse est de s'en apercevoir à temps ». Ni le roi (appelé comiquement « souverain » par d’aucuns, indiquant par là que nous ne sommes pas en démocratie) ni – hélas - les présidents de partis politiques et leurs courtisans englués dans les passions politico-électorales ne semblent encore en être là.

 

Bottant en touche, il s'inquiète pour l'avenir de...l'Afrique centrale sans oublier de remercier Faribola (tatie Danielle ?) pour services rendus (et justifier la revalorisation de sa dotation ? Les problèmes de pouvoir d’achat touchent décidément tout le monde…)


Non, rien... Une journée pluvieuse... Triste comme une fête nationale belge
Si, quand même ! L'agence BELGA nous informe que " Le cardinal Dannels demande l'aide de Dieu pour la Belgique " ! A quand l'extrême-onction ?
 

(*) Maintenant on peut aussi se dire que ces gens là ont des conseillers et spécialistes en communication à leur service. Et si le message subliminal qui se cache derrière ces platitudes était : « Baudouin est mort et la Belgique aussi » ?

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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