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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 18:30

Depuis deux semaines les médias «belges » nous rappellent chaque jour que le Dalaï-Lama est en France et, horreur, n’a pas été reçu par Sarkozy.

Certes, à l'occasion de l'inauguration d'un temple bouddhique à Roqueredonde, dans l'Hérault, le chef spirituel tibétain s'est entretenu vendredi avec Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, et sa secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade – ainsi qu'avec Carla Bruni. Dans le cadre d’une visite privée, ce n’est quand même pas mal. Non ?

On sait aussi qu’une entrevue officielle est prévue en décembre avec le président et que c’est de commun accord que les deux chefs d’Etat ont décidé de cette date.

 

Mais là n’est pas l’intérêt de ce billet. Je voulais simplement stigmatiser l’hypocrisie des médias officiels et rappeler ce que l’écrivais, ici même le 9 mai 2007… « Le Dalaï Lama devait participer, vendredi à Bruxelles, à la première journée de la cinquième Conférence internationale des groupes de soutien au Tibet toujours sous occupation chinoise. Il a été prié de rester chez lui pour ne pas risquer de compromettre une visite de « Philippémathilde » en Chine le mois prochain.

 

Il est vrai qu’indépendamment de tout aspect religieux ou philosophique - dont il ne devait d’ailleurs pas être question pendant cette conférence - le message de paix du Dalaï Lama, le génocide culturel et les souffrances du peuple tibétain n’auront jamais, aux yeux de nos dirigeants, l’importance essentielle du message traditionnel princier : « Belgium is like a diamond  ! » »

 

Evidemment, les intentions d’un vulgaire président français (et républicain) ne peuvent être que méprisables à côté de celles, nobles par définitions, des altesses royales que le monde entier nous envie !

Soyons séreux, il est vrai que le chef spirituel tibétain s'entretient systématiquement avec les chefs d'Etat des pays visités, comme, dernièrement mais dans d’autres circonstances, Angela Merkel, Gordon Brown ou George Bush. L’attitude du gouvernement français est le témoin d’un malaise diplomatique général. N’empêche, entre l’attitude de la Belgique qui lui ferme carrément la porte et celle de la France, il y a une marge.
 
On sait bien que quand il s'agit de la Belgique, il est interdit de réfléchir, mais ou bien les journalistes ont la mémoire courte... Ou on se fout de nous !

 
Comment ? De la manipulation ? Nooooon, vous croyez ?

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 11:10
Une fois n'est pas coutume, je reprends la traduction qu'à faite Jules Gheude de l'édito de l’édito de Rik Van Cauwelaert dans «Knack » de ce mercredi 20 août. Pour rappel, vous trouverez la revue quotidienne (ou quasi !) des éditos de la presse flamande (sans analyse partisane) sur « Debout la Wallonie ! », un service unique en Wallonie !


Cela a quelque chose de néronien. Leterme jouant de la lyre sportivo-journalistique, alors que l’incendie communautaire qu’il a attisé en toute ignorance dévore peu à peu le pays.

 

En septembre, dans deux semaines, le Premier ministre fédéral Yves Leterme tentera une fois de plus de ranimer son gouvernement mort. En attendant, le Premier ministre du royaume fédéral amuse quotidiennement les lecteurs de journaux avec des billets envoyés de Pékin, au sujet de ses causettes avec les athlètes et du temps pluvieux persistant au-dessus de la baie de Quigdao.

Celui qui s’occupe vraiment de ses dossiers, n’a pas le temps pour de telles fadaises, fait observer Johan Vanden Lanotte. Selon l’ancien président du SP.A, Leterme a pleinement débuté sa campagne électorale.

 

Tel un rassemblement de concierges, le gouvernement fédéral surveille ce qui reste encore du mobilier. Gouverner ? Il n’en est pas question. Car il ne reste même pas un euro pour amorcer encore la moindre gestion. (…)

 

L’appareil financier de l’état fédéral et, par voie de conséquence, les mécanismes de répartition ont été totalement déréglés ces dernières années par la politique du vice‑Premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders. Le démantèlement de l’état est l’agenda à peine caché de l’ultralibéral Reynders, dirigé par la haute finance belgo-bruxelloise. Par son action politique, il a miné, bien plus que n’importe quel nationaliste flamand, la solidarité entre le Nord et le Sud. Car le fait que la pauvreté ait augmenté de façon alarmante ces dernières années, que les basses pensions contribuent à la pauvreté et que le paiement des soins de santé soit devenu une fiction, semble être le moindre des soucis de Reynders.

 

Que ce soit sur le plan financier ou politique, la Belgique a été gouvernée de façon totalement désastreuse au cours des dix dernières années. La rue de la Loi est un grand self-service pour les partis et leurs bandes de gros bonnets dont les carrières viennent en premier lieu avec un statut politique et financier correspondant. Le gouvernement fédéral est une bourse d’échanges pour les intérêts de partis et les avantages personnels.

 

L’état fédéral est le distributeur automatique qui crache chaque année plus de 48 millions d’euros, dont les partis peuvent se servir selon leur force électorale.

 

Il y aujourd’hui littéralement un prix pour toutes les fonctions administratives et parlementaires. Cela explique l’acharnement avec lequel les partis de la majorité surtout essaient de se maintenir par l’échange réciproque d’intérêts.

 

Leterme sait fort bien que le médiateur royal Karl-Heinz Lambertz a raison quand il dit, en toute innocence, qu’il sera impossible d’aboutir à une réforme de l’Etat avant les élections de 2009. Tout simplement parce que ce gouvernement, par son manque de cohésion et la manière gauche avec laquelle il est dirigé, est complètement impotent.

 

C’est pourquoi Leterme a adapté son discours. Avant le 10 juin 2007, Leterme affirmait qu’il ne rentrerait jamais dans un gouvernement sans réforme profonde de l’Etat. Aujourd’hui il promet de ne pas quitter le gouvernement sans réforme de l’Etat. Une nuance avec laquelle il espère se maintenir sur le plan électoral.

 

Cela explique aussi sa tentative de déposer les dossiers communautaires dans le panier de son coreligionnaire  Kris Peeters, ministre-président flamand.

 

Ce dialogue de communauté à communauté n’est rien de plus pour les partis francophones de la coalition qu’une thérapie occupationnelle. L’accès au râtelier belge reste ainsi assuré au moins jusqu’en 2011.

 

Mais on devine que, dans ces circonstances, Kris Peeters, qui doit se présenter aux électeurs flamands en 2009 et ne peut donc se permettre aucune rupture avec le partenaire de cartel N-VA, refusera d’entreprendre le dialogue communautaire.

 

Septembre risque d’être le moins le plus cruel pour Yves Leterme. A moins que le Premier ne décide finalement de  consulter l’électeur.


Sans commentaires !
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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 12:06
Incompétence, bêtise ou … ?
 
Les personnels de l'enseignement de la Communauté française (si peu, si peu ! Ou alors de moins en moins...) dite « Wallonie-Bruxelles » doivent désormais envoyer leurs certificats médicaux en Flandre (*)... Si
ce document que j'ai reçu en copie est authentique (Et il l'est, qui aurait-eu intérêt à l'inventer ?) ne peut-on pas dire qu'au-delà des règles en matière d'appel d'offre, ce genre de démission est pour le moins coupable ? Je ne suis pas juriste, mais une telle tâche de contrôle administratif concernant les Droits des personnes ne devrait-elle pas relever par sa nature même de la compétence exclusive et surtout inaliénable de cette institution publique ? Et qu'on ne vienne pas parler de difficultés financières.


N'y-a-t-il pas surtout faute politique dans notre contexte institutionnel en confiant à un organisme privé flamand, non seulement le contrôle d'agents de notre communauté linguistique, mais aussi des informations qui seront - rien ne restant secret à notre époque – n'en doutons pas utilisées par les politiques flamands lors des négociations futures ? J'imagine déjà les gros titres de la presse flamande... 


Deux questions parmi d'autres, en quelle langue se feront les contrôles et en quelle langue devront-être rédigés les certificats médicaux ? Souvenons nous que le décret de la communauté culturelle néerlandaise du 19/07/73 – plus connu sous l’appellation « décret de septembre » - impose l’usage du flamand dans les relations sociales et s’applique à toutes les entreprises dont le siège d’exploitation est situé dans la région de langue néerlandaise, ainsi qu’à tous les travailleurs occupés dans cette région.
On ne va quand même pas les obliger à baragouiner le français ! Quoique... Baragouiner le français, n'est ce pas déjà ce que font tous les Flamands réputés parfaits bilingues ? 


(*) Entendons-nous, je ne reproche pas évidemment aux Flamands le droit de faire des affaires... Mais je n'admets pas à ceux qui nous gouvernent de faire n'importe quoi avec notre argent et manquer de respect à nos concitoyens.

En savoir plus...
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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 05:25
A défaut de succès sportifs, espérant profiter de la trêve olympique, les forces nationalistes belges qui espèrent un apaisement des "tensions linguistiques " (délicat euphémisme !) ne perdent pas de temps pour occuper le terrain médiatique.

Ainsi, la nouvelle campagne de re-belgification et de culpabilisation des Wallons déclenchée suite au sondage encourageant mais conjoncturel du "Soir" et de la "Voix du Nord" dont on a beaucoup parlé bat son plein. Désormais, nous, Wallons, serions en fait des… Flamands ! Après le quotidien portant un nom prédestiné la "Dernière heure", la RTB(f) en a rajouté plusieurs couches…

Faisant écho à une enquête, ils affirment (sans rire)que les Flamands maîtrisent toujours mieux les langues étrangères que les Wallons. La preuve ? 59% des Flamands parlent le français tandis que 19% des Wallons peuvent discuter dans la langue de Vondel. Et alors ? L'utilité n'est pas la même, combien de Wallons ont besoin de connaître le néerlandais ? Et (clin d'œil !) depuis quand le français est-il une langue étrangère ?

Mais il y a pire, au JT de 19h30 de ce mercredi 13 août, la RTB(f) a rappelé d'entrée de jeu l'affirmation de la DH et n'a pas hésité à faire écho à la propagande flamande, reprenant cette vieille antienne que des " Flamands sont venus travailler dans les mines pour prendre les travaux dont les Wallons ne voulaient pas. Wallons qui en ont (évidemment !) profité pour les exploiter. ". Ce qui est évidemment faux.

Tout d'abord, c'est méconnaître scandaleusement la condition ouvrière de cette époque. Ensuite, les Wallons ont été les premiers et les plus nombreux à descendre dans les mines et à souffrir de conditions de travail souvent inhumaine. Si les Flamands et ensuite d'autres nationalités sont venus les rejoindre, c'est parce que l'activité économique a fait appel à l'immigration. Si la Flandre de l'époque était rurale certes, il ne faut pas croire que des "Wallons ruraux" n'ont pas non plus étés contraints de recourir à ces travaux pour survivre. Dans mon petit village de Hesbaye brabançonne - Orbais - pourtant éloigné des sites miniers, j'ai connu bon nombre d'ancien mineurs - y compris dans ma famille - atteints de silicose qui étaient revenus "au pays" après avoir sacrifié leurs jeunes années "al fosse " !

Il est évident que le répit observé actuellement dans la crise existentielle belge n’est qu’apparent et du au fait que la plupart des décideurs sont en vacances à l'étranger.  Aucun apaisement durable n’est en effet prévisible, l'incident des drapeaux de Lennik en est une preuve, et si certain craignent la partition de la Belgique en la qualifiant "d’hypothèse sérieuse", d'autres voient plus loin et s'y préparent, réfléchissent déjà à l'après Belgique. C'est le cas des commissions de préparation des arguments destinés aux Etats généraux de la Wallonie.

Le feu couve toujours et le couvercle (le trio de médiateurs) imaginé par les présidents de partis " demandeurs de rien-nistes " ne pourra aboutir qu'à un "flashover" ou encore à un "backdraft" électoral indépendantiste flamand.

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 12:15

Un article au ton très mesuré : "La guerre des Belges de Claude Askolovitch dans le Nouvel Obs.
A côté des autres options, il y parle du "parti français", revendiqué et assumé (...) aux militants (souvent âgés !), lettrés, émouvants, et admirables, connaissant mieux la Constitution française que les Français eux-mêmes...

Deux autres articles complètent ce dossier : ICI et ICI.

Sur le portail Causeur.fr, l'ancien journaliste au "Monde", Luc Rosenzweig, auteur de plusieurs essais va dans le même sens en publiant un billet intitulé : " Adoptons les Wallons et les Bruxellois -La France doit soutenir les rattachistes".

Enfin, "Le Vif" de cete semaine publie un dossier (un peu simpliste et disons-le, navrant) " Et si la Belgique éclatait... Les Wallons deviendraient Français" qui corrobore les affirmations et analyses que vous aurez pu trouver ici depuis longtemps. (pages 18-21)

Et tant qu'à faire, dans cette rubrique "coups de coeur", je vous inviter à lire ce billet de François Lemaire (07/08) sur "Debout la Wallonie !"

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 05:19

 Joseph HENROTTE, ancien directeur au  CESRW, ancien responsable du service d’études de la CCMB et ancien secrétaire politique du Rassemblement Wallon de l’arrondissement de Liège vient de publier le texte suivant. Même si je ne partage pas ses propositions, l'analyse qui les précède est un excellent rappel pour tous ceux qui "prennent l'Histoire en marche"...

Jusqu’il y a peu, les Flamands ne s’intéressaient qu’à l’« autonomie culturelle » pour lutter contre l’usage du français et se servaient avec allégresse de l’Etat Belge pour dépouiller la Wallonie de ses ressources et de ses emplois. Ils exigent à présent la régionalisation de toute l’économie, de la fiscalité et de la politique sociale...

 

La Wallonie en revanche, qui avait péniblement obtenu un début de régionalisation et  commençait enfin à relever son économie, ne veut plus rien régionaliser et s’accroche au statu-quo.

 

Quant aux Bruxellois ils continuent a s’imaginer qu’ils dirigent la Belgique et, en essayant de jouer sur tous les tableaux, n’en finissent pas de perdre.

 

La confusion est totale et les enjeux sont brouillés. On ne comprend plus.

 

Il serait temps que les francophones commencent à réfléchir pour voir où se trouvent leurs intérêts et à agir en conséquence face aux exigences flamandes de réformes institutionnelles.

 

En 1830 la Wallonie était déjà entrée de plain pied dans la révolution industrielle et disposait d’un potentiel de développement considérable. Elle doit en grande partie à la Belgique ses difficultés économiques actuelles. A peine débarassée de la tutelle hollandaise, elle a dû subir le centralisme bruxellois et la domination flamande sur la Belgique. Ce dernier point est très important pour comprendre la situation actuelle, c’est pourquoi, il est utile de s’y attarder quelque peu.

 

Le mécanisme de la domination flamande.

 

1°) La loi du nombre.

 

Le mécanisme est arithmétique. Les flamands représentaient 57%  de la population belge en 1920 date de l’instauration du suffrage universel des hommes. Ils avaient donc la majorité absolue des électeurs et une large prépondérance numérique dans les partis dominants (qui à cette époque sont encore unitaires). On peut dire que les démocrates et socialistes wallons, qui ont lutté pour  le suffrage universel pur et simple et l’accroissement du rôle de l’Etat, ont involontairement tressé la corde avec laquelle on les a pendus.

 

2°) La trahison de la bourgeoisie francophone,.

 

Le deuxième mécanisme est lié à la désertion progressive de la classe dirigeante wallonne et francophone. Largement délocalisée à Bruxelles par le centralisme financier et politique de la Belgique,  elle a  eu tendance  à se désintéresser de plus en plus du sort des Wallons. Ce désintérêt résulte de la mécanique politique : les Flamands dominent le Parlement mais ils savent se servir du français pour convaincre les francophones de leurs partis.

 

Quel est leur discours ? Dans le passé on a montré une Flandre rurale et sous-industrialisée, avec de nombreux chômeurs justifiant un  rééquilibrage et on a culpabilisé les francophones avec les pauvres flamands qui doivent venir travailler dans leurs champs et leurs usines. Aux catholiques (CVP-PSC) on a expliqué que les flamands sont quand même beaucoup plus chrétiens que les wallons et qu’il faut en tenir compte dans l’intérêt du parti. Aux patrons on a vanté des travailleurs flamands plus dociles, moins revendicatifs et surtout  moins socialistes. A tous les francophones on a fait comprendre que n’étant pas bilingues, ils sont inférieurs et doivent limiter leurs ambitions politiques. Il est incontestable que ce discours a bien fonctionné au point qu’on peut se demander quelle force politique défend encore les intérêts wallons ! Eh bien, à peu près personne, car même les socialistes ont été souvent plus préoccupés de se positionner  pour accéder au pouvoir que de défendre la Wallonie.

 

La conjonction de ces facteurs explique pourquoi le nationalisme flamand a toujours trouvé auprès des dirigeants francophones le soutien politique lui permettant de dominer l’Etat et d’assurer la prépondérance de ses intérêts. C’est  d’ailleurs dans ces milieux francophones bourgeois et dans les quartiers huppés de Bruxelles et de Wallonie qu’on a vu, pendant la dernière crise gouvernementale, le drapeau belge apparaître aux balcons et aux fenêtres. Certains n’ont encore rien compris.

 

L’intérêt économique de la Wallonie

 

L’histoire nous apprend qu’en matière économique, la Wallonie a tout à gagner de dépendre le moins possible des décisions de l’Etat belge.

 

En 1914, la Wallonie était la troisième puissance industrielle du monde. Cent ans plus tard elle est largement en dessous de la moyenne des 27 pays de l’Union Européenne. Pourquoi ? à cause du centralisme belge et de la partialité de l’Etat.

 

Les fondateurs de la Belgique, imprégnés de l’exemple français (de l'époque ndlr), nous ont donné une constitution instaurant un Etat très centralisé. Ils s’imaginaient que « l’union ferait la force ». En conséquence, la plus grande partie de la valeur ajoutée wallonne a été aspirée vers Bruxelles pendant 150 ans pour être mise à la disposition de la haute finance bruxelloise et de l’Etat belge. L’un et l’autre l’ont investi massivement en Flandre et se sont révélés de plus en plus indifférents aux intérêts wallons.

 

Le soi-disant « miracle économique flamand » résulte essentiellement de cette exploitation de type colonial exercée depuis un siècle sur l’économie wallonne par la haute finance bruxelloise et l’Etat belge. Prélevant systématiquement la plus-value wallonne ils ont scandaleusement favorisé la Flandre dans leurs investissements. Pendant un temps, certes, on pouvait parler de rattrapage et les Wallons y ont d’ailleurs souscrit, mais assez vite on s’aperçut que pour beaucoup de Flamands, il s’agissait bien d’appauvrir la Wallonie et d’affirmer leur supériorité.

 

Les nombreux responsables wallons qui se sont sincèrement préoccupés du sort des ACEC, de la FN, de Cockerill, de Clabecq, de Boël, de Glaverbel, du Val St Lambert, de Durobor, d’Intermills,  de Fairey, des ateliers de la Meuse, de CMI et de tant d’autres dossiers wallons d’entreprises en difficulté où on n’avait plus investi depuis longtemps et ceux qui ont tenté de développer les aéroports de Bierset ou de Charleroi, la gare routière d’Houdeng, de faire sauter le bouchon de Lanaye, de réaliser l’autoroute de Wallonie, d’électrifier et d’améliorer la dorsale wallonne et de tant d’autres dossiers … tous ces wallons se rappelleront les obstacles rencontrés, les barrages mis aux initiatives, les priorités contraires exprimées sans vergogne au niveau politique. C’était la conséquence directe de la domination flamande sur l’Etat. Quant aux « holdings » privés belges, longtemps dominants en Wallonie (Société Générale, G.B.L. et autres Sofina) ils consacraient plus d’énergie à flamandiser leurs cadres qu’a définir des stratégies de développement et, quand leur médiocre gestion leur permettait un investissement significatif, ils décidaient toujours de le faire dans le nord du pays.

 

Les grèves de 1960-61 étaient un appel au secours de la Wallonie. Cet appel n’a évidemment pas été entendu par les dirigeants belges, ni même, hélas,  par les travailleurs flamands. Elles ont cependant sonné le réveil politique des Wallons, qui, après un long combat, a débouché sur un début de « régionalisation » permettant aux wallons de décider eux-mêmes dans certaines matières, notament économiques.

 

Le résultat a été assez spectaculaire. Malgré des compétences gestionaires restreintes et des moyens financiers très limités, la région wallonne est petit à petit arrivée à réorienter ces  dossiers vers des solutions positives. Qui parle encore aujourd’hui de Glaverbel, de Cockerill, de CMI, de Duferco, de la FN, d’Alstom, d’AMOS, de Techspace Aéro ou  de la Sonaca, comme de canards boiteux qu’il aurait fallu fermer depuis longtemps ? C’est au contraire y investir qu’il aurait fallu faire depuis longtemps. Hélas, la Générale et De Saeger préféraient investir en Flandre.

 

Aujourd’hui, si on regarde  l’évolution des exportations, des créations d’entreprises, des  investissements belges et étrangers,  le développement des infrastructures ou de la recherche on constate une nette amélioration des résultats par rapport à l’époque de la Belgique unitaire. Si la régionalisation a permis, malgré une gestion assez médiocre, de sauver l’essentiel pour la Wallonie, il est clair qu’il faut continuer dans le sens de l’autonomie et surtout ne pas revenir en arrière.

 

L’existence de Bruxelles est un autre aspect économique important pour le développement wallon. Il est clair que si une métropole internationale comme Bruxelles pouvait cesser d’être un facteur d’aliénation pour devenir un soutien actif du développement de la Wallonie, cela renforcerait considérablement son potentiel économique. Bruxelles est de facto, la capitale économique de la Wallonie. C’est là que depuis longtemps sont concentrés le pouvoir économique et financier, les sièges et la direction des principales entreprises et nombre de ses élites culturelles et scientifiques ; c’est là que vivent ou travaillent un grand nombre de ses cadres dirigeants. Elle n’est pas par hasard à plus de 90 % francophone, car les Flamands y ont beaucoup moins sacrifié que les Wallons. Hélas, la capitale a longtemps exercé sa fonction comme une marâtre, exploitant Cendrillon. Depuis un certain nombre d’années, elle semble toutefois prendre conscience de la réalité du nationalisme flamand pour s’interroger sur son avenir et sur sa vraie fonction.

 

Une des clés de l’avenir est la suivante : que va faire la bourgeoisie francophone de Bruxelles ? Va-t-elle continuer à se bercer d’illusions en imaginant qu’elle est la classe dirigeante d’une Belgique mythique ? ou acceptera-t-elle de voir qu’elle n’exerce en réalité du  pouvoir que sur la Wallonie et qu’à ce titre elle est largement responsable de son déclin passé et de son développement futur ? Si la lucidité et le sens des responsabilités l’emportaient et si Bruxelles voulait  réellement devenir une métropole « wallonne », les conséquences pour eux et pour nous seraient considérables.

 

 

L’intérêt politique de la Wallonie.

 

La domination flamande a également eu de lourdes conséquences dans le domaine politique.

L’exemple le plus flagrant, dont on vit encore les conséquences aujourd’hui, est la façon dont a été « clichée » la frontière linguistique. Après le refus (non sanctionné) du recensement prévu par la loi , cette législation de 1963 a été un véritable coup de force politique flamingant. Seuls une dizaine de parlementaires wallons l’ont d’ailleurs votée. Son  résultat  a été l’annexion à la Flandre de nombreuses communes à large majorité francophone, comme les Fourons ou la périphérie, l’octroi de facilités linguistiques à des minorités flamandes de moins de 2% et le refus de ces mêmes facilités à des minorités francophones de plus de 30 % , des garanties exorbitantes de représentation politique accordées aux Flamands de Bruxelles mais des droits élémentaires refusés aux francophones de Flandres ; l’interdiction d’utiliser le français dans les églises, les entreprises, les conseils communaux, les marchés, l’expulsion de l’Université catholique de Louvain. Au plan administratif on peut citer les lois successives sur l’emploi des langues, les grandes campagnes de flamandisation dans l’armée ou la diplomatie, sans parler du système des compensations et des clés léonines de répartition des dépenses publiques, qui ont coûté des milliards à l’Etat et des miliers d’emplois aux francophones.

 

Enfin, je n’ai aucun respect pour les « parvenus », qu’ils soient socialistes ou  pas, et je trouve très dommageable pour ma région d’avoir des responsables politiques d’un niveau aussi médiocre. Mais à qui la faute sinon à la trahison des élites wallonnes qui se sont détournées de la Wallonie ; sinon à la haute finance bruxelloises qui a constamment joué la carte flamande ; sinon à la classe politique francophone qui s’est systématiquement déculottée devant tous les diktats flamands ? « On rentre dans les Wallons comme dans du beurre » disait Théo Lefèvre. Est-ce qu’un Wallon capable et ambitieux peut s’orienter  vers une fonction politique en sachant qu’il n’accédera jamais qu’à un rôle subalterne a moins de renoncer à défendre réellement sa région ? Si on en a vu hélas beaucoup trop prendre ce chemin peu glorieux, la plupart ont préféré d’autres métiers.ou se sont tournés avec succès vers des carrières internationales voire l’émigration. Les parvenus, eux, se sont contenté d’occuper sans gloire et avec des ambitions dérisoires le terrain laissé vacant. La pauvreté croissante de la région et le manque de perspectives ont ensuite  favorisé un clientélisme désastreux. Suis-je trop optimiste en estimant que sur ce plan là également la régionalisation a favorisé une amélioration ?

 

Il est temps maintenant de regarder l’avenir.

 

L’avenir.

 

Aujourd’hui, les nationalistes flamands sont en face d’une double réalité qui les amène à reconsidérer leurs objectifs :

-         ils n’ont plus grand chose à tondre sur le dos des wallons,

-         ils ne dominent plus aussi facilement un Etat belge devenu fédéral.

C’est pourquoi,  sous la pression du patronat,  ils réorientent leurs exigences institutionnelles vers le domaine socio-économique, revendiquant de nouvelles compétences et  la récupération des soi-disant transferts de la Sécurité Sociale. Le but avoué est de mener une politique de droite, néo-libérale avec allégement des charges sociales et fiscales des entreprises, flexibilité du travail, privatisations, limitation de la durée du chômage, etc.

 

Pour la Wallonie, ce projet anti-social est inacceptable, mais représente une occasion a saisir pour s’extraire encore davantage de la tutelle  flamande et pouvoir décider par elle-même. C’est également l’occasion d’exiger en retour des contreparties politiques et financières concrètes.

 

Je considère avec Philippe Moureaux que l’hypothèse confédérale voulue par les Flamands peut être bonne pour la  Wallonie, sous certaines conditions que je vais énumérer et qui devraient guider les négociations à venir :

 

*  Rectifier la frontière linguistique pour en faire une ligne de démarcation politique viable.  Pour cela il faut consulter la population des communes contestées (avec une minorité linguistique d’au moins 25%) sur la région à laquelle elles souhaitent appartenir. Ėgaliser le droit aux facilités de toutes les minorités. Assurer la liberté linguistique  dans tout le pays.

 

*  Imaginer une forme d’Etat Wallonie-Bruxelles sur base des deux régions, dans la ligne de la proposition Demotte-Piqué.

 

* Rendre la Belgique réellement paritaire. Transformer le Sénat  en  une vraie chambre des Etats et instaurer le principe de la double majorité pour toutes les décisions législatives confédérales.

 

* Rétablir la démocratie à Bruxelles en restaurant le principe « un homme, une voix » : supprimer les listes linguistiquement séparées, les quotas de représentation ou de présence dans les exécutifs sur base linguistique, tout en maintenant bien entendu la liberté linguistique et le caractère bilingue de la Région . Eventuellement, un système de sous-nationalités culturelles pourrait être envisagé pour autant qu’il n’entraîne aucune discrimination socio-économique ni politique.

 

* Revoir en profondeur les lois de financement en tenant compte des charges réelles. Prévoir une dotation spéciale pour la Wallonie en dédommagement des graves carences de l’Etat Belge dans le passé.

 

Enfin, pour améliorer l’image que les Wallons ont d’eux-mêmes et démontrer leur aptitude au bilinguisme, je souhaiterais que le nouvel Etat entreprenne une action spectaculaire et à long terme en faveur de la langue wallonne. On était déjà allé très loin, au début du XXème siècle dans la fixation de la grammaire et de l’orthographe wallonnes et depuis cette époque il y a eu en permanence des écrivains, des linguistes, des comédiens et même des humoristes wallons  pour entretenir la flamme. Certes il ne s’agit pas de remplacer le français auquel désormais, au prix de durs efforts, tous les wallons sont attachés, mais de permettre au grand nombre de se refamiliariser  avec la langue maternelle de ses aïeux. Ces dernières années ont montré un regain sensible de l’intérêt pour le wallon. Il serait utile de le valoriser.

 

Conclusion.

 

La Wallonie est comme une bonne fille qui a eu la malchance d’épouser un macho prétentieux et abusif, qui , après avoir fait main basse sur sa fortune, n’a cessé de la brimer et de la rabaisser,  en la confinant dans des tâches subalternes et en sabotant ses initiatives.  Malgré ce mauvais traitement, la pauvre fille a pourtant réussi à garder un caractère jovial, à rester ouverte et accueillante et à transmettre à ses enfants de belles et grandes qualités humaines. Tous comptes faits, notre petite Wallonie ne s’en est pas si mal tirée .

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:01
François Bellot, député et bourgmestre de Rochefort s'interroge sur l'afflux de demandeurs d'emploi flamands qui viennent s'inscrire dans les provinces de Namur et de Luxembourg. Afflux constaté aussi en Brabant wallon !
 
Tiens donc ?! Alors qu'on nous rabat les oreilles à propos du plein emploi en Flandre et des chômeurs wallons jugés paresseux parce qu'ils refuseraient des emplois en Flandre (les mêmes qui sont pas pourvus non plus en Wallonie… par manque de demandeurs qualifiés), voilà qui aggrave les chiffres du chômage en Wallonie avec des gens inemployables parce qu'ils n'ont pas les compétences utiles et certainement pas parce qu'ils ne parlent pas français… le comportement "hystéroïde belgeois" imposant d'office la connaissance du néerlandais pour n'importe quel emploi.
La très belgicaine Milquet, Sinistre fédérale de l'Emploi, explique que "les chômeurs flamands ont tout à fait le droit de s'établir en Wallonie s'ils trouvent, le cas échéant, l'habitat moins cher, plus vert ou d'autres agréments", insistant sur la libre circulation des personnes reconnue aussi bien en Europe qu'en Belgique… Evidemment !
 
Bon, je vais transgresser un tabou ! mais tant pis !
 
Les travailleurs et les demandeurs d'emploi flamands et leurs représentants dont j’ai sérieusement des raisons historiques de douter de la solidarité envers nous, ont beaucoup trop à perdre sans le soutien des Wallons dans le régime de droite dure, extrême et sauvage qui est en train de s'installer en Flandre. Ce n'est donc pas un hasard s'ils ont été à l'origine de la "pétition de masse" contre la scission (mais rien que celle-là) de la sécurité sociale, intitulée "Sauvons la solidarité". Ce n'est pas un hasard s'ils trouvent : " l'habitat moins cher, plus vert ou d'autres agréments " en Wallonie, terre de liberté depuis 1789 et d'accueil depuis toujours.
Je n’ai pas d’objection à réclamer les mêmes droits et chances pour les enfants, les travailleurs, les chômeurs ou les retraités, indépendamment de la région où ils sont nés… Ce qui est la règle dans les Etats démocratiques du monde. Sauf… en Belgie-que évidemment !
 
Il n'empêche, dans notre contexte local, comme dans tout pays voisin, il est logique de connaître la langue de la région (un presqu'Etat, dans les faits) où on s'installe et postule (ce qui reste à prouver dans le cas qui nous occupe) un emploi. je ne l'ai pas entendu moi-même, mais il semble en plus que ces demandeurs d'emploi flamands se seraient domiciliés dans des camps de vacances... (*).
En disant ça ce matin sur les antennes de la RTB(f), François Bellot a raison. Reste à voir comment cette position va être perçue au sein de son parti où certains comme le jeune Charles, fils de Louis Michel, pensent comme Joëlle Milquet. Mais, est-ce étonnant ?
 
Bref. Ce qui est à retenir, c'est que sous la pression de l'exaspération de l'opinion publique, les politiciens "de base" commencent à réagir et à poser les vrais problèmes.

Certains beaux esprits vont dire qu'on fait le jeu des Flamands en agissant comme ça. Mais pourquoi serait-ce toujours aux mêmes à tendre la joue ?
A un moment où la presse belgicaine nous sort qu'un Wallon sur trois serait en réalité un Flamand... il est bon de rappeler qu'être Wallon, comme être Français, c'est un plébiscite permanent. Que c'est une volonté de vivre ensembles dans le respect des règles communes.


(*) Belga nous signale finalement que "les 600 à 700 demandeurs d'emploi flamands qui se sont établis dans les provinces de Namur et de Luxembourg sont en fait des chômeurs radiés par l'Onem. Les directions régionales du Forem d'Arlon et de Namur relèvent 222 et 415 personnes dans ce cas, qui sont d'ailleurs bien souvent domiciliées en Flandre mais disposent d'une seconde résidence (!), généralement dans un village de vacances, en Wallonie. Elles ne sont pas inscrites au Forem et ne sont pas considérées comme demandeurs d'emploi". Curieux ça ! François Bellot aurait-il été mal informé ? A suivre...
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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 02:50
Vous approchez des 65 ans fatidiques et devriez recevoir bientôt le capital de votre pension extra légale découlant de votre assurance-groupe. Echappez à l'imposition belge de 16.5 % sur ce capital en déménageant en France ! La France prévoit dans sa législation que les capitaux des pensions extralégales sont exonérés d'impôts.

Contactez votre contrôleur fiscal en Belgique avant votre déménagement. Signalez-lui que vous déménagez "à l'étranger" et demandez-lui d'établir un décompte final sur la base de votre dernière déclaration d'impôt.

Ensuite, informez votre assureur de votre départ et prouvez-lui par après que vous habitez effectivement "à l'étranger" en lui présentant une attestation de domicile délivrée par les autorités françaises.

Mais veillez à vivre effectivement et définitivement en France au moment du versement des capitaux de votre pension extralégale. Vous devez donc faire correspondre la date de votre départ de Belgique et du versement de votre capital pension. Il est évident que faire verser votre capital pension en France tout en continuant à habiter en Belgique est exclu !

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 19:56
Rien que pour le plaisir du jeu de mot… Après tout, ce sont les vacances pour beaucoup !

Le bricolage royal permettant de gagner du temps jusqu'à la seconde moitié du mois de septembre ne doit évidemment pas faire oublier qu'en coulisse, les tractations devraient être intenses pour chercher (je n'ai pas écrit "trouver") une solution à la crise "interne-nationale" que nous observons.

Les médiateurs ayant joué leur rôle, inutile de dire qu'il ne se passera rien, s'enfermer dans des échéances intenables empêche toute négociation... Voyons ça :
- 21 septembre, congrès de la N-VA.
- 27 septembre, congrès du CD&V
- 14 octobre, rentrée parlementaire et discours sur "l'Etat de l'Union", comme on dit depuis quelques années. A moins qu'Albert Deux ne sauve, une fois de plus la mise à son royaume en mettant encore Leterme en congé… Il est vrai qu'alors, ce dernier n'aura plus démissionné depuis six semaines. A moins qu'empêtré dans l'affaire de l'achat de la Villa Fanini… Il n'ait autre chose en tête.

- Juin 2009, élections régionales et européennes. Si on tient jusque là… Comme le dit Leterme : "Si j'échoue, ça ira mal pour la Belgique". Hou ! Le vilain croquemitaine !

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 06:37
C'est l'anniversaire de la nuit du 4 août 1789. Cette fameuse nuit où les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux. 

En une nuit donc, au milieu des applaudissements et des cris de joie, sont ainsi abattus les justices seigneuriales, les banalités, les jurandes et les maîtrises, la vénalité des charges, les privilèges des provinces et des individus...

Ensuite, passé le moment d'euphorie, les députés prennent le temps de réfléchir. Ils décident que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité d'aucune sorte. C'est ainsi que disparaissent - en France ! - à jamais certains archaïsmes comme la corvée obligatoire, de même que des injustices criantes comme la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.

À la faveur de cette grande séance parlementaire qui a vu disparaître d'un coup les distinctions de classe de même que les particularismes locaux, l'égalité de tous les citoyens devant la Loi devient la règle (même si, aujourd'hui encore, elle est au cœur de tous les débats politiques). Les députés tireront les conséquences de leur vote en préparant une solennelle Déclaration des Droits. A posteriori, cette Nuit du 4 Août n'apparaît pas seulement comme une splendide victoire de l'égalité. C'est aussi une belle démonstration de l'efficacité du centralisme administratif sur les us et coutumes locaux : en-dehors de la norme reconnue par les Représentants de tout le Peuple, il n'y a plus de légitimité.

Un regret, l'exception qui concerne «l'abolition de l'esclavage des Nègres» dans les colonies, proposée en vain par le duc François de la Rochefoucaud-Liancourt, aristocrate éclairé, adepte de la philosophie des «Lumières».

A quand l'abolition des «nouvelles féodalités» partisanes, financières, etc.. qui, chez-nous, ont remplacé les anciennes pour notre plus grand malheur.

Tien, à ce propos, j'aurais bien aimé être l'auteur de ce magnifique terme de «Mugabétisation». Je ne l'aurais peut-être pas appliqué à Joëlle Milquet qui, certes s'accroche à sa présidence, mais est encore assez jeune - me semble-t-il - et qui contrairement à Mugabe (*) ne me paraît pas être un dictateur aigri qui a fait le vide autour de lui, ne s'entourant plus que de médiocres courtisans. Non, je verrais plutôt quelqu'un d'autre qui correspond mieux au profil…

(*) Evidemment, il y a un point commun. Mugabe comme Milquet sont en train de détruire leur pays. C'est infiniment regrettable pour le premier. Pour la seconde, bof... on ne va pas la blâmer !

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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