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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 13:49

Mon ami Jean-Sébastien Jamart a publié dans le dernier numéro (81) de la revue « Wallonie-France » et sur « Debout la Wallonie ! » une analyse intéressante des conséquences en Droit international de la scission de la Belgique. Bousculant les idées toutes faites. Ouvrant ainsi un débat évité jusqu'ici.

 

Il reste cependant et très logiquement dans ses rôles d’observateur - en postulant que la seule Flandre prendrait l’initiative de la rupture - et de juriste, en constatant le chaos qu’amènerait l’option d’une Belgique continuée (même s’il n’est guère vraisemblable qu’une « conscience nationale wallo-bruxelloise » apparaisse soudain) puisque la règle est l’intransmissibilité des traités internationaux liant l’ancien Etat aux Etats successeurs (Jurisprudence héritée de la décolonisation). Bref dit-il, « l’Etat successeur est comme un nouveau-né, vierge de tout traité international, lorsqu’il succède à l’ancien Etat, autrement dit lorsqu’il accède à l’indépendance. » en termes clairs : « 1. Cette « petite » Belgique ne serait pas membre de droit de l'ONU ou de l'Union européenne. 2. Cette « petite » Belgique ne pourrait pas battre monnaie en EURO, mais devrait revenir au « bon vieux » francs belges. » (*) Notons qu’il en irait évidemment de même d’un Etat wallon indépendant, comme pour une Flandre indépendante.

 

Et en effet, il a raison. La perspective de scission d’un État souverain, en amenant des États successeurs à l’existence, transforme une affaire intérieure en affaire internationale doit être en effet réglée selon le droit international… à moins que suivant la belle expression de Jean-Louis Bourlanges, on ose franchir « la porte sacrée du politique » et prendre les devants. La seule solution « raisonnable » estime-t-il encore sur le plan juridique international, pour éviter cette phase d'incertitude juridique, pourrait être le vote d'une loi par le Parlement fédéral belge, qui donnerait assentiment à un traité modificatif des frontières sud de la Belgique, conclu entre la France et la Belgique. Traité qui permettrait à la Wallonie (et à Bruxelles ?) de passer directement du statut Etat Belgique à celui de l'Etat France, sans passer par la phase transitoire incertaine de l'indépendance, mais cela est évidemment pas crédible, à moins qu'en échange les Wallons (et les Bruxellois !) acceptent toutes les revendications flamandes…

 

Il reste une autre possibilité que n’aborde pas Jean-Sébastien, c’est l’utilisation (mais est-ce possible ?) de la compétence qu’ont acquise les régions et inscrite dans la Constitution belge de signer – dans certaines conditions – des traités avec d’autres pays. Ce serait donc dans ce cas, à la Région wallonne (ou plutôt son Parlement réuni en assemblée constituante) après en avoir reçu mandat des citoyens et donc avoir consulté les populations intéressées qui doivent pouvoir manifester leurs volontés, clairement et sans entrave, sur toute l’étendue des territoires qu’elles habitent(**), de conclure un traité d'association à la France qui nous accorde le droit d'utiliser sa monnaie mais non de l'émettre (réservé aux Etats qui remplissent les critères du pacte de stabilité et qui ont une Banque nationale), et d'avoir un siège à la Banque centrale européenne pour y influencer la politique monétaire européenne. L'Etat wallon, associé à la France, quelle que soit sa forme, devra ainsi respecter les institutions française.

La Wallonie a acquis (dans la douleur de combats qu’elle n’a pas toujours voulus…) une certaine souveraineté et un certain nombre de compétences qui ne sont pas incompatibles avec celles d’autres régions de France, ni avec les principes de la loi de décentralisation. Il serait inconcevable que ces acquis soient perdus, ce qui serait évidemment considéré comme une régression. L’Etat associé avec transfert de compétences, mais un droit local continuant donc à exister, comme dans d’autres territoires de la République serait une solution élégante et légale. A condition bien évidemment que ce fait ne restreigne pas les principes d’indivisibilité de la République et d’égalité des citoyens en droit. Y compris celui de la nationalité.

Ensuite, les harmonisations nécessaires seront discutées et progressives. Les lois votées ensuite par les institutions normales et régulières de la République Française s’appliqueront partout (Transfert de la compétence régalienne).

Enfin, sans préjuger de la décision de ceux-ci, il est évidemment souhaitable pour éviter des complications internationales qu’une telle procédure soit également soumise à l’aval des Bruxellois. Mais peut-être est-ce ce qui est en germe dans les esprits avec l’idée de la fédération Wallonie-Bruxelles ?


De toute façon, Il est évident qu'une rupturee la Belgique sera une situation nouvelle. Une première dans l'Union européenne. Il est difficile d'imaginer qu'on ne fera pas comme pour la Yougoslavie (et en tenant compte des dégats causés par l'application du rapport Badinter qui n'a pas associé la reconnaissance de limites administratives régionales de referendums locaux), écrire un Droit nouveau adapté à cette nouvelle situation.

 

A moins de continuer vaille que vaille à cohabiter avec une majorité flamande assurée de dominer la Belgique, et ne s’en prive pas et ne nous veut pas que du bien, il faut anticiper, en tous cas, et proposer un scénario ordonné qui assure le fonctionnement régulier et continu des pouvoirs publics, qui évite le spectre du chaos, et est le seul susceptible d’entraîner l’adhésion de nos concitoyens. A ma connaissance, aucun parti politique, représenté ou non dans les assemblées parlementaires, ne met ce principe en avant. Entre ceux qui veulent le chaos et ceux qui font le gros dos, il y a là une troisième voie.

 

 

(*) J.-S. Jamart estime, à juste titre, que la « Belgique nouvelle » serait encore plus belge que la Belgique ancienne, puisqu’elle devra réintroduire sa propre monnaie, le franc belge. Ce qui ne pourrait ne pas porter à grande conséquence si les fondamentaux économiques de la « nouvelle Belgique » étaient solides… C’est loin d’être le cas.  Or, cette analyse a été faite avant les derniers soubresauts de la crise financière.  Celle-ci a aggravé les choses et méchamment changé la donne. Le marché de l’épargne (traditionnellement forte en Belgique) est un lieu stratégique majeur sur lequel s’effectue le financement de l’état. Ce dernier demandant à l’organisme financier, banque ou compagnie d’assurances, en contrepartie de cette collecte, d’absorber les titres de la dette émis pour financer le déficit budgétaire courant. (On sait que l’essentiel de la dette belge était détenue par des belges… institutionnels ou privés)  En sauvant son système bancaire, l’Etat fédéral (mais comment aurait-il pu faire autrement ?) a abandonné son levier principal de financement de son déficit et sa dette. Il a placé cette fonction entre les mains d’opérateurs tiers (étrangers ou… flamands !) qui ont leur propre logique et leur propre stratégie.

En conséquence, la crise financière vient donc de réduire à néant la faisabilité du schéma confédéral belge comme possibilité de maintenir la solidarité interpersonnelle nord-sud. Même le confédéralisme belge est une solution déjà dépassée. Parmi les négociateurs francophones qui étaient prêts à assumer une solution confédérale pour peu que les transferts en sécurité sociale soient maintenus et garantis, doivent aujourd’hui se convaincre que ce schéma est désormais infaisable, puisque les 2 principaux guichets (Fortis et Dexia) auxquels pouvait s’adresser le gouvernement fédéral sont plus que réduits, voire fermés.

C'est là une nouvelle donne dont on n’a pas encore pris suffisamment compte de l’importance. Le futur Etat flamand lui, a assuré son financement et sauvé sa banque, la KBC !
Sans compter que la loi de financement qui a toujours été favorable à la Flandre lui a pemis d'engranger un joli magot grâce auquel elle va pouvoir jouer pleinement son rôle d'investisseur, chez elle certes, mais aussi prendre le contrôle de ce qui l'intéresse chez nous.

 

(**) L’union d’une région ou l’association d’un pays avec la France, ne peuvent être fondées que sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et ne peuvent avoir d’autre cause que la volonté des habitants. La culture, la langue, l’Histoire, étant des arguments recevables, mais pas suffisants, ni décisifs.

 

(***) A moins de les pousser à partir, on voit mal les politiciens flamands « réalistes » se mettre à la tête d'un État nouveau de 6 millions d'habitants quand on peut diriger un pays de 11 millions d'habitants, ancien et bien connu dans le monde entier… Heureusement, débloquer durablement la situation est dorénavant impossible, car les mouvements séparatistes flamands, actifs, ont essaimé dans tous les partis politiques flamands, qui se sont eux-mêmes piégés dans la surenchère nationaliste. Ce sont donc ces politiciens nationalistes qui choisiront le moment de l’éclatement et tenteront d’en imposer les modalités. Ceci pour répondre aux arguments dits « réalistes et raisonnables » mais populistes des partisans du maintien de la Belgique du style : « ça nous coûterait très cher de… »... 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 08:45

L’Europe n’est pas et ne sera jamais un état nation. Elle est une construction originale, une collection d’Etats nations qui cherchent avec des sincérités (ou des arrières pensées) variables à dépasser leur souveraineté particulière dans certains domaines pour fonder un système nouveau. Avec toutes les déviances possibles liées à cet abandon de souveraineté comme cette actuelle Union Européenne telle que la Commission de Bruxelles la veut, libre-échangiste, bureaucratique, fédérale, anti-démocratique, anti-nationale, politiquement irresponsable, anglophone, atlantiste, soumise à la finance internationale, une option utilitaire… en forçant à peine le trait. On est très loin de la simple délégation de compétences puisque certains veulent lui donner la compétence de la compétence et se défausser de leurs responsabilités politiques nationales. C’est la politique du « Tout à l’Europe » de la Belgique officielle et cosmopolite.

 

Il a fallu des siècles et combien de souffrances pour créer les actuels états nation. Un sentiment national européen ne peut donc exister mais bien un sentiment d’appartenance et c’est là un des grands acquis de l’idée européenne imaginée, à l’origine, pour unir sur ce qui rassemble plutôt que d’entretenir des conflits. Il s’agit maintenant de rendre cette Europe plus efficace et plus solidaire. Mais pour ça, elle doit permettre aux citoyens de trouver un sens. Sans sens, pas de passion ni de plaisir. Ni surtout de plaisir commun.

Comment se sentir fier de l’Europe en se basant sur des arguments utilitaires ? Comme le disait récemment Eli Barnavi sur France Inter : se baser sur un discours purement utilitaire du style : « ça nous coûterait très cher de… » ne mène à rien. Il faisait remarquer que c‘est d’ailleurs devenu le dernier argument des défenseurs du maintien de la Belgique », poursuivant : « quand j’entends ça, je sais que c’est le commencement de la fin ». En ce sens, la Belgique est donc bien un modèle pour l’Europe…


Au fait, connaisssez-vous cette citation du philosophe allemand Peter Sloterdijk qui souligne que Bruxelles était finalement la candidate idéale pour "l'Europe du vide" :
"On savait depuis le départ que ce serait la capitale du vide par excellence. Bruxelles représente le caractère volontairement inoffensif de la politique européenne, pendant cette période où l’Europe a été prise en étau par deux super-puissances mondiales. Bruxelles n’a jamais pu représenter autre chose que le théâtre des apparences de l’action. Là, dans cette ancienne ville des Habsbourg, pouvait s’effectuer tranquillement, et de manière appropriée au génie du lieu, la transformation de la politique en gestion administrative. Par chance, la Belgique s’était séparée de ses anciennes colonies africaines sans que son image ne subisse de dommage irréparable. Cela fait bien longtemps que plus personne ne s’interroge sur l’éventuelle relation entre la pompe de l’architecture bruxelloise et l’exploitation du Congo par le roi Léopold II. Centre d’un pays petit et relativement peu compromettant, mélange de belle apparence et d’impuissance, Bruxelles apparut comme le point de rassemblement idéal d’une Europe qui n’avait encore aucune idée de la manière dont elle surmonterait la gêne d’être elle-même."

"la transformation de la politique en gestion administrative..." et "un pays petit (...) mélange de belle apparence et d’impuissance... Comment mieux dire ?


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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 18:32

Je vous invite à lire l'édito de Tony Coenjaerts (avec qui j'ai brièvement joué au rugby au BUC, mais ça, c'est une autre histoire...) dans le "Trends- Tendances"  de ce jeudi 6 novembre. Il est consacré à la réforme du sytème de retraite en France.
Un extrait...
"le système (françias) ne prend comme base de calcul que les 25 meilleures années. Et le nôtre, 45 années, toutes « mauvaises » dans la mesure où les rémunérations qui servent de base au calcul de pensions ont, deux décennies durant, été plafonnées avec avarice et ladrerie alors que les montants sur lesquels étaient perçues les cotisations sociale restaient joyeusement déplafonnés. Dans le même temps, les périodes qui ouvrent des droits sans cotisations correspondantes ont été, avec la complicité active des syndicats, élargies au-delà du raisonnable. L’effet raboteur de ces filouteries opérées au nom d’une solidarité mal comprise est aujourd’hui ravageur et consterne jusqu’aux socialistes eux-mêmes, pourtant acteurs majeurs de ce désastre. Nos pensions légales sont parmi les plus ridicules d’Europe..."
Sa conclusion ? Le paradis à côté de l’enfer ! On deviendrait rattachiste pour moins que cela… Allons Tony, il reste à transformer...

Mise à jour, info complémentaire ou bémol...
La revue médicale britannique The Lancet signale par ailleurs que l'espérance de vie "en bonne santé" est inférieure à l'âge de la retraite pour bon nombre d'hommes européens. Les chercheurs estiment que "sans amélioration de l'état de santé des personnes vieillissantes, repousser l'âge de départ à la retraite sera difficilement réalisable pour certains pays de l'Union". L'étude indique qu'en Europe, les hommes vivent en moyenne sans ennui de santé jusqu'à 67 ans et 7 mois. Les femmes, elles, jusqu'à 69 ans...


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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 10:21

L'hystérie collective qui s'est emparée des médias à propos de ce nouveau président des Etats Unis d'Amérique dont on connaît finalement très peu de chose sur son véritable projet politique m'effraie un peu.
Quel sera le changement ? Car il ne faut pas se faire d'illusions, les américains resteront eux-mêmes. Un président n'a pas beaucoup d'influence sur la réalité du monde. Nous sommes dans des systèmes complexes.
Il est vrai qu'après Bush, rien ne peut être pire !
Mais restons réalistes, Obama n'est quand même pas un Mitterand. Son élection n'est pas une révolution. Attendons de voir...

En attendant, je vous offre
cette vidéo de Christophe Barbier qui m'avait échappé au moment de sa parution.

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 18:33

D'après Belga, citant une étude publiée mardi par le bureau de consultance KPMG (*) sur les niveaux de taxation de 87 pays. la combinaison d'un taux d'imposition élevé pour la tranche supérieure et d'une très faible progressivité place la Belgique parmi les pays les plus lourdement taxés.
 
Le taux d'imposition le plus élevé du monde se trouve au Danemark et a atteint 59% des revenus entre 2003 et 2008. La Belgique se trouve à la quatrième place mondiale  des pays les plus taxés (imposition maximale de 50%) derrière la Suède et les Pays-Bas
(**). L'Autriche et le Japon ont un taux d'imposition similaire à la Belgique. Par ailleurs, le système de taxation en Belgique est également caractérisé par le manque de progressivité dans les taux d'imposition, note KPMG. La tranche supérieure concerne déjà les revenus de 32.860 euros, un montant qui est le plus faible de tous les pays d'Europe occidentale. Si l'on y ajoute les cotisations de sécurité sociale, la Belgique arrive en 3e position dans le tableau du taux d'imposition réel sur 100.000 dollars de revenus (42,1%) et en 2e place, pour des revenus de 300.000 dollars (53,79%).
 
Il serait intéressant de mettre en évidence l'usage qui est fait de ces impôts dans les différents pays cités. Le taux d'imposition global ne veut donc rien dire : il convient d'examiner QUI paye l'impôt, sur quelle base, sur quels revenus, et ce qui est fait de l'argent perçu par l'Etat.
 
Par ailleurs, il est bon - comme pour les statistiques dans un billet précédent - de comprendre ce qui se cache derrière les chiffres. A ce moment, la situation des belges devient particulièrement inquiétante.
Si les taux d'imposition globaux sur la richesse produite entre la France et la Belgique paraissent proches , la répartition de cet impôt est très différente : vous n'ignorez pas qu'en belgique on paye très vite l'impôt sur le revenu (même sur un salaire bas) et que la progressivité de l'impôt est faible. En outre, le capital n'est pas taxé, l'ISF n'existe pas, le secret bancaire y est absolu, ce qui fait de la belgique un paradis fiscal pour les riches et les rentiers. Ajoutez à cela une administration fiscale déficiente (malgré la qualité des foncyonnaires) avec comme conséquence une fraude fiscale énorme (les gros tricheurs sont rarement inquiétés...). Le système fiscal belge se rabat donc sur ceux qui ne disposent pas des moyens d'ingénierie fiscale nécessaires, et qui ne peuvent rien dissimuler de leurs revenus, à savoir les petits salariés... Suivant le bon principe : "Il y a plus de pauvres que de riches, donc taxons les pauvres !" .
 

A noter que le résumé de l'étude sur leur site belge ne mentionne pas la France... Curieux non ? Il vous reste à la parcourir ICI, mais hélas en anglais...
 
(*) Bureau de consultance international dédié assister les entreprises et certaines administrations dans l’optimisation de leur gestion courante et dans le cadre d’événements exceptionnels. Ils sont actifs, en particulier en matière d'audit et d'expertise comptable ou juridique. Pour la petite histoire, ils furent les réviseurs de la comptabilité d'entreprise de... Leernoudt et Auspie…
 
(**) L'étude ne dit pas que le niveau de sécurité sociale (lisez ceci), la qualité de l'enseignement, des infrastructures et donc de retour de cette imposition vers les citoyens y est largement supérieur à celui que nous connaissons en Belgique où les allocations de chômage et pensions de retraite parmis les plus faibles d'Europe, services publics peu efficaces, routes dans un état lamentable, bâtiments scolaires dégradés, mauvaise qualité de l'enseignement. En France encore, un ménage sur deux ne paie pas d'impôt sur le revenu, la TVA est plus basse, la taxe de circulation n'existe plus, la redevance télé est inférieure, de même pour les assurances, les télécommunications, l'ADSL, le gaz et l'électricité, etc

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 12:45

Un des aspects les plus désagréable de la propagande nationaliste belge, qui n'est pas vraiment différente de celle du nationalisme flamand, consiste à montrer du doigt la mauvaise administration wallonne ("mal gouvernance", tous des fainéants, etc…) dont l'un des points saillant (mais il y en a d'autres) serait l'importance démesurée d'un Secteur public étouffant. J'en ai parlé dans un billet précédent, mais c'est par exemple le cheval de bataille du dernier des "donneur de leçons" à la mode, le "bon Flamand" qui va (enfin !) venir mettre de l'ordre en Wallonie.

Evidemment, plus c'est gros, plus ça passe ! Du moment que ça participe de la pensée unique distillée par la majorité silencieuse (notez la contradiction) qui, comme l'a dit un jour François Perin, n'est pas silencieuse parce qu'elle ne parle pas, mais bien parce qu'elle ne pense pas !

A un point tel que ce populisme de bas étage (personne ne remet évidemment en cause l'héritage du vieux système belge qui génère tous ces dysfonctionnements… Mais qui s'intéresse encore au à l'Histoire ?) est parfois repris en cœur par ceux-là mêmes qui s'autoproclament comme faisant partie des élites du mouvement wallon et s'obstinent à dévaloriser les Wallons. Nous devons leur faire terriblement peur pour mériter un tel acharnement.

(Vous ne me croyez pas ? Prenez quelques minutes pour lire les délires sur les forums des journaux ou sur certains sites politiques).

Patatras ! De Standaard, journal pourtant peu suspect de sympathies wallonnes, écrit ce matin que, calculé par habitant, la Flandre compte plus de personnes travaillant dans les services publics que la Wallonie, contrairement à ce qu’on croit généralement.

C'est que, comme pour les statistiques de non-emploi, les chiffres doivent être analysés dans tous leurs aspects et en prenant le recul nécessaire, faute de quoi, on leur fait dire ce qu'on veut... Ou comme dirait l'autre : " Les statistiques c'est comme la mini-jupe, ça donne des idées mais ça cache l'essentiel ! " (Oui, bon...)

Prenons par exemple l’institut d’études économiques Itinera nous indiquait jusqu'ici qu'en Belgique, une personne active sur trois occupe un emploi directement ou indirectement rétribué par l’Etat (enseignement, santé et services sociaux inclus). Ce qui représente 36,7 % de la population active en Wallonie, 30,2 % en Flandre…

Itinera a (enfin !) étudié plus avant le dossier et… est soudainement arrivé à la conclusion inverse ! Cette fois, il n’a pas calculé la part de la population active qui travaille dans les services publics, mais bien la part de la population totale. Et là, le rapport s’inverse. "Bruxelles réalise un score particulièrement bas, tandis que la Flandre et la Wallonie jouent à saute-mouton et pour l’année dernière, c’est la Flandre qui est en tête. En 2007, un Flamand sur 10 (10,08 %) travaillait dans le public tandis qu’en Wallonie, la proportion est de 9,94 %, soit légèrement inférieure. A Bruxelles, la proportion ne s’élève qu’à 7,83 %. "

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 12:00

Mateusz Kukulka consacre sur son blog  un billet consacré à un événement qui nous a échappé ici en Wallonie, mais qui est significatif de l'évolution (de la dérive ?) des partis politiques à Bruxelles, cette ville-région que l'on dit multiculturelle, mais qui est surtout devenue de plus en plus multicommunautaire. Il y publie (anonymement) la lettre d'un militant qui s’étonne, avec beaucoup humour, que le PS bruxellois ait organisé le 23 septembre dernier la rupture de jeûne à la fin du ramadan. Etrange en effet, pour un parti qui se dit laïque…

Signe des temps, Mateusz Kukulka précise que le CDH, Écolo et le MR ont, eux aussi, organisé de tels événements… Les élections régionales approchent et il faut ratisser large.

Ceci dit, je ne suis pas certain que seuls les partis de la Région bruxelloise soient touchés. Dans un pays où on a inventé, organisé, et reconnu une "forme de religion laïque", tout devient possible.

Deux extraits pour le lecteur pressé :

" Oui, le PS Bruxellois s'inscrit pleinement dans la vie religieuse de la Cité. Oui, nous partageons entièrement la vision prophétique de Malraux et estimons que nous évoluons désormais dans le siècle du spirituel. Non, nous ne nous référons plus à une quelconque notion obsolète de laïcité. Finies, les idées surannées des Lumières et de la Révolution française! Place à cette notion nouvelle, que vous avez développée, si pas inventée : le socialisme sacré."

" La population bruxelloise est aujourd'hui une mosaïque de langues, de cultures, de religions, de classes sociales... Cette morphologie sociologique, conséquence d'une mondialisation que le PS n'a pas voulue (*) mais dont il a néanmoins hérité, ne se prête plus à un marketing politique qui serait basé sur un pseudo pacte républicain. Il faudrait en effet expliquer cette notion surannée, lourde et complexe aux diverses populations bruxelloises, ce qui demande d'une part de lourds efforts (qui n'ont d'ailleurs jamais été consentis), et d'autre part que le PS Bruxellois soit largement convaincu de la nécessité de conserver cet héritage laïque..."

(*) Ce sont les propos d'un militant, le PS, tout comme les autres partis, ne s'y est concrètement pas opposé et y a même contribué dans les faits. Son président actuel en porte la lourde responsabilité…

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 12:00
En commençant par le plus récente, l'augmentation de capital de la banque KBC (ultra-flamande et fière de l'être - CD&V, Boerendond etc…)… par l'Etat belge, c'est-à-dire également par les Wallons. Grâce à la recapitalisation d'Ethias on avait compris que le principe de péréquation 64/40 (60 % des investissements en faveur de la Flandre évidemment…) qui est la règle (de solidarité… à la belge) ne joue pas dans tous les cas, voilà qui est confirmé. L'état belgo flamand vient au secours d'une banque flamande avec notre argent. Finançant ainsi une institution qui a pris fait et cause pour, si pas l'indépendance de la Flandre, au moins sa plus grande autonomie. La KBC est au service de la Flandre uniquement, son pendant CBC n'ayant pour seul objectif que de pomper une partie de l'épargne wallonne.

Et pourtant, la KBC ne souffre d'aucun problème de solvabilité, puisqu'elle possède des fonds propres bien au-delà des exigences réglementaires, ni d'aucun problème de liquidité. Il y a simplement un problème de confiance en Bourse comme en témoigne l'agence de notation Fitch Ratings qui a placé vendredi le rating à long terme de KBC sous surveillance négative (AA-). L'agence de notation a également rétrogradé le rating individuel de l'activité bancaire à 'B/C contre 'B', précédemment. La bonne gouvernance flamande étant ce qu'elle est, je ne serais pas vraiment étonné qu'on découvre encore plusieurs milliards de produits pourris que la KBC n'a pas encore passé en pertes et profits et pertes. Fitch se basant sur des faits pour émettre ses avis. Rien d'inquiétant, mais fallait-il céder à cette pression des milieux financiers déboussolés et en pleine panique irrationnelle ? Non, sauf à faire un somptueux cadeau à la banque flamande pour la sortir de la tourmente des marchés. L'Etat belge et plus particulièrement les ministres wallons et francophones (Voir Bernard Clerfayt du FDF (!) apporter son assistance à une institution flamingante dans ses actions et son fonctionnent est assez cocasse) n'auront " le droit d'approbation pour un certain nombre de décisions" et  en contrepartie "KBC émettra à l'intention de l'Etat belge pour 3,5 milliards d'euros de titres non transférables et sans droit de vote".

Difficile de dire ce que le Gouvernement va faire de ce cadeau. S'il reste simplement dans le capital, on peut en tirer une analyse politique intéressante : Après avoir vendu ou adossé les banques "nationales" que sont Fortis ou Dexia, le fait de ne pas avoir la même attitude envers KBC montrerait qu'après avoir consacré la frontière qui avait pour but de protéger l'homogénéité linguistique des régions, on constate que celle-ci s'étend maintenant au domaine de l'épargne.  Et évidemment au bénéfice de la Flandre…

L'asbl " www.vivwal.be " réagit aux pertes d'emploi en Flandre en écrivant, à juste titre, que "lorsque des travailleurs se retrouvent au chômage, en quelque endroit que ce soit dans le monde, c’est toujours un drame social pour les familles. Si, aujourd’hui, la Flandre subit des coups durs en matière d’emploi, cela ne peut réjouir personne. Par contre, - précisent-ils -  cela pourrait peut-être inciter quelques personnages politiques flamands à opérer une courbe rentrante dans leurs discours". Ils lancent une pique à Rudy Aernoudt, ce politicien tribunicien, lui signalant "qu'il est fort possible que l’on ait besoin de ses précieux services là d’où il vient. On ne voudrait pas priver nos amis flamands d’une pareille compétence, d’un pareil preux chevalier hardiment lancé à l’offensive contre les chômeurs, ces paresseux qui déshonorent l’essor triomphant de la richesse économique flamande". Bien vu !

Ceci dit, gageons que pour beaucoup, en Flandre, ce seront les Wallons qui seront les responsables de ces pertes d'emploi. Nous devrions en avoir la confirmation dans leur presse dans quelques jours.

La crise peut être une occasion de remettre en cause, chez-nous, un certain nombre de croyances. Et provoquer un réveil du Mouvement wallon qui pourrait prendre l'initiative de notre libération.

Jean-Pierre Chevènement vient de faire cette analyse qui confirme ce que j'écrivais il y a quelques jours. C'est l'interventionnisme de l'Etat qui a permis l'accroissement de la richesse collective en même temps qu'une plus grande protection sociale avant son démantèlement sous l'influence de l'école économique de Chicago avec la complicité de tous les partis, de gauche comme de droite. Bref, il a eu récemment cette fort jolie image qui résume bien cette évolution à la lumière des derniers événements : « Aux trente glorieuses, ont succédé les trente piteuses ! »
Mais, en politique responsable qui sait qu'il ne suffit pas de critiquer, mais qu'il faut aussi proposer,  il ne s'est pas arrêté là : « seuls les Etats en temps de crise ont en effet la légitimité démocratique pour imposer des plans d'urgence (...) armés d'un solide euroréalisme, allons à la rencontre d'un avenir que chacun pressent difficile, en nous appuyant sur les nations, là où vit la démocratie, avec une idée simple : Autant d'Europe que possible, mais autant de France que nécessaire ! »

Enfin, Pierre Larrouturou, auteur du « Livre noir du libéralisme » (Le Rocher), publiera prochainement une intéressante analyse de la crise dans Marianne, une tribune allant à contre-courant des idées reçues. « Ceci n'est pas une crise financière ! ». A recommander !

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 12:00

L'hebdomadaire flamand « KNACK » a publié hier une longue interview de François Perin sous le titre « België is ongeneeslijk ziek  »














Jules gheude, toujours rapide, en a assuré la traduction. La voici.

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 12:01
Etonnantes ces photos prises ce dimanche, rue du chemin de fer, à Wavre (Waver ?)... Jusqu'ici Chef-lieu de la (provisoirement encore ?) province du Brabant wallon - Région wallonne.

Mais que fait donc la police de Charles Michel ?  Est-ce  pour nous préparer au grrrrrand élargissement de la région bilingue de Brussel-Bruxelles voulu par son ami Maingain et quelques à-plat-ventristes du même parti ? L'affichage public, sur la voie publique, ne doit-il plus respecter la législation linguistique... ou à défaut la langue de la région et donc ses habitants ? Beau mépris !

 

Le journal Vers l'Avenir du samedi 25 novembre fait écho à ma réaction en signalant que depuis, les panneaux litigieux ont été remplacés. Comme quoi, il faut toujours réagir. « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », disait Einstein.
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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

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