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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 05:41

Pour information...

 

Le Bureau du Plan vient d publier ses « Perspectives économiques régionales 2008-2014 ».

Voici le texte (pdf).

D’après eux, la récession économique de 2009 frapperait de manière quasiment identique les trois Régions belges : le repli de l’activité économique devrait être de près de 4 %, tant à Bruxelles qu’en Flandre et en Wallonie. Le principal canal de transmission de la crise économique serait toutefois différent d’une Région à l’autre, la Région bruxelloise étant particulièrement touchée par le recul du secteur financier alors qu’en Flandre et en Wallonie, les branches d’activité les plus affectées seraient les branches industrielles. En 2010, la sortie progressive de crise se solderait par une croissance nulle en Flandre, très faible en Wallonie et encore légèrement négative à Bruxelles. A moyen terme (période 2011-2014), les régions retrouveraient des taux de croissance comparables à ceux enregistrés avant la crise. Un différentiel de croissance entre les trois régions, en faveur de la Flandre, persisterait en projection, mais, par rapport au passé, il tendrait toutefois à se resserrer. (Juillet 2009, en prenant comme point de départ la projection fédérale de mai 2009).

Il convient de souligner que cette projection nationale est basée sur l’information économique disponible à la mi-avril 2009… et n’a pour finalité première que de brosser le tableau du paysage économique qui devrait exister, sous l'hypothèse de politique et de contexte international en récession.

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 18:40

Un « Comité consultatif pour le secteur des pensions » a été créé pour rendre des avis au gouvernement sur le politique à mener en matière de pensions. Il s’agit du seul organe officiel représentatif de l’ensemble des pensionnés en Belgique. Dans la cadre de la Conférence Nationale des pensions, ce Comité a émis un avis (pdf) en juillet dernier à la Ministre des Pensions concernant la pension légale par répartition et les pensions complémentaires.

Remarquons d’emblée qu’on y retrouve des propositions qui nous rapprocheraient (un peu !) du système français comme, par exemple, en porter le montant pour une carrière complète (*), à hauteur de 75% de la moyenne des revenus professionnels des 25 meilleures années…

Comme il s’agit d’un comité consultatif, on peut craindre que tout ça ne reste qu’un vœu pieux.

(*) Fin d carrière fixée à 65 ans en Belgique et 60 ans en France…

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 00:01
Une des plus belles scènes du cinéma, tirée du film «La révolution française : Les années Lumière » de Robert Enrico.

Par sa clarté et sa précision, un texte de droit exemplaire et un admirable chef-d'oeuvre de la langue française.

Le caractère universel et intemporel de La Déclaration est tout aussi remarquable. Le texte réussit le tour de force d'énoncer les droits de l'individu en faisant fi du régime politique (monarchie constitutionnelle ou république), de la religion (il garantit la liberté religieuse de chacun) ainsi que des différences sexuelles. Il convient aussi à toutes les époques et à toutes les sociétés.

L'Article premier, le plus beau et le plus important, énonce : «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.» En deux phrases tranchantes, il récuse les privilèges et porte en germe la condamnation de l'esclavage comme des ségrégations sexuelle, religieuse ou raciale.

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 12:08

La presse fait état des pistes qui sont suivies pour tenter de trouver au plus vite de trouver de quoi compenser à la fois les 23 milliards accordées aux banques et également le manque de rentrées fiscales dû à la crise due aux dérapages financiers bancaires. (Sans compter les 3 milliards de cadeaux donnés récemment aux multinationales et aux banques sous forme d'intérêts notionnels (*)).  

Selon la Banque nationale, les différents gouvernements du pays devront trouver 7 milliards d'euros pour limiter le déficit à 4 % du PIB (**), marge maximum autorisée en temps de crise par l'Union européenne…

Alarmiste, le Bureau du Plan prévoit que le déficit des pouvoirs publics belges sera encore au-dessus de 6 % dans trois ans si nous ne faisons rien. Et la dette publique repasserait alors le seuil symbolique des 100 %. J’imagine mal nos gouvernants suivre d’autres pistes que « l’austérité ». C’est ce qu’à déjà annoncé il y a quelques semaines le ministre du Budget.

 

L’année 2009 est perdue et sachant qu’il y aura des élections fédérales en 2011, il faut s’attendre à des mesures brutales rapides et  peu sociales qui doivent être prises dès maintenant pour avoir une chance d’être « oubliées » par les électeurs avant ces élections. Ce qui explique l'exigence de Van Rompuy de disposer d’un budget pour deux ans…

 

Comment l'État va-t-il continuer à payer les pensions et les allocations de chômage, à financer les services publics ?

Les pistes citées dans la presse font état de réductions de dépenses publiques. Particulièrement dans les budgets sociaux. On parle moins (à part un syndicat isolé, la CSC) d’un accroissement de la pression fiscale. Et pourtant, même si les gouvernements depuis 1999 n’ont pas hésité à brader les actifs (bâtiments, participations financières…) un Etat normal ne peut être considéré comme impécunieux (et donc en faillite, ce qui contraint les créanciers à négocier), puisqu’il a toujours le pouvoir absolu et exorbitant de lever l’impôt, sans limitation quantitative et temporelle, ce que tout débiteur « privé » et failli ne peut évidemment faire.

 

La question est de savoir qui va supporter la charge fiscale nouvelle. Nous vivons dans un des pays du monde où la fiscalité est déjà la plus lourde pour les revenus du travail. Et pourtant, le réalisme du gouvernement, c'est de nous taxer, travailleurs et allocataire sociaux. « Logique », le vieil adage veut qu’on aille chercher l’argent chez les plus pauvres, ils sont plus nombreux que les riches. A cet égard, on ne parle pas d’un impôt sur la fortune (ISF). Le jugeant peu intéressant et plutôt facteur d’évasion fiscale que de recettes. Quand on pense que - par exemple - Les fortunes colossales de Lippens (oui, celui de la de la déroute de Fortis) et Frère (par exemple) ne sont aujourd’hui soumises à aucun impôt (ou si peu) contrairement à vous et moi, je reste dubitatif devant ma feuille de paye.

Il n’y a plus guère (en dehors de WALLONS) que le PTB pour proposer une taxe sur les millionnaires, soit un impôt de 2 % sur la partie de la fortune excédant le million d’euros, ce qui rapporterait 6,8 milliards d’euros. Tiens, précisément, ou presque, ce qu’il faut trouver chaque année d’ici 2015… En échange de cette contribution éminemment civique, l’Etat pourrait les gratifier d’une breloque honorifique qu’ils n’ont pas encore ou d’une progression dans l’un ou l’autre ordre nobiliaire, deux choses inutiles pour le commun des mortels, dont ces gens sont particulièrement friands. Mais ne rêvons pas.

 

Ce qui tient la corde ces derniers jours, c’est de couper dans les dépenses pour les soins de santé. Les projets parlent de limiter la croissance du budget de la santé à 3 % par an au lieu de 4,5 %. Conséquences : médicaments plus chers ou arrêt de remboursement, frais d'hôpitaux en hausse, etc…  C’est dans l’air du temps et en concordance avec la pensée économique anglo-saxonne dominée par des économistes qui n’hésitent pas à dire qu’on rembourse trop fort, trop bien, trop vite. Les mêmes qui étaient hier (et sont restés) les chantres de la dérégulation financière à l’origine de la crise que nous vivons et qui est loin d’être finie. Pensée économique qui inspire les programmes des partis de la droite (y compris les CD&V et VLD) dure nationaliste qui ont gagné les élections en Flandre.

Alors que le « Mouvement réformateur » se tenait immobile en embuscade (Reynders s’est fait très discret ces derniers temps) son vice-président bruxellois Maingain vient d’apporter son soutien à cette politique en affirmant à la RTB(f) que si on n’a pas utilisé ces dernières années les montants de croissance prévus du budget autorisé, et qu’il est donc tout à fait logique que de réduire ce budget.

 

Nous retrouvons donc une unanimité certaine en la matière. Mais qu’est-ce que ça veut dire finalement ? Pourquoi réagir ici ?

 

Un peu d’histoire…

Dans son éditorial du lundi 24 août au journal « Le Soir », Frédéric SOUMOIS, au départ de quelques exemples choisis parmi bien d’autres, a parfaitement mis le doigt sur les dangers de cette politique de contingentement des dépenses de santé. Je vous invite à le lire.

Cette politique, si elle est mise en place, pourrait aboutir aux mêmes résultats que ceux du NICE britannique (National Institute for Health and Clinical Excellence) du gouvernement Blair en 1999, qui interdit les traitements onéreux aux personnes dont l’espérance de vie ne semble pas optimale. Ainsi, si vous êtes vieux, obèse ou fumeur, vous n’êtes pas soigné à la même enseigne, voir plus soigné du tout

Le JT de la RTB(f) du 24 août annonçait ainsi qu’il est envisagé de supprimer le remboursement ou la couverture de spécialités médicales indispensables, voire vitales pour certains catégories de malades.

C’est que c’est dans l’air du temps, celui qui a été présenté comme le Messie lors de son élection, Barack OBAMA a ainsi appelé, dans sa réforme du système de santé, à l’établissement d’un « conseil indépendant de médecins et d’experts de la santé » qui déciderait de l’accès aux soins en fonction de critères coût-efficacité…

 

Inquiétant. Parce que ces mesures rappellent dans leurs résultats possible (leurs dérives !) ceux du tristement célèbre Tiergarten-4 (***) imposé en 1939 par Adolf Hitler et pour lequel les nazis furent jugés à Nuremberg…

Espérons qu’on n’ira pas jusque là, passant d’un système – qui a fait les preuves de son efficacité – ou tout citoyen avait le droit garanti d’être soigné à celui ne le plus l‘être…  la porte ouverte à une sorte d'euthanasie à but économique…

Demain, nous fêterons le 220ème anniversaire de la « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ». Il est à craindre que certains, obnubilés par questions budgétaires et le risque que les dérapages des finances publiques font peser sur l’économie en oublient le rôle protecteur de l’Etat. Et oublient le sens de l’article premier de cette Déclaration, fondement de notre Droit et du fonctionnement de nos sociétés démocratiques : «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.». Pour interpréter à leur manière – et en fonction de leurs intérêts propres (et électoraux à court terme) - la seconde partie en considérant que même la survie de certains citoyens ne relève pas de « l’utilité commune ».

 

Je n’ose pas garantir que les socialistes (tendance belgicaine), présents au sein de ce gouvernement, et étrangement silencieux pour le moment, n’avaliseront pas ces mesures, toute honte bue, le moment venu. Au nom de la raison d’Etat… Mais de quel Etat ? La fermeté idéologique sur le plan économique du nationalisme flamand s’appuyant sur les…accommodements ?) du socialisme « belge francophone » (les autres n’étant là que pour faire de la figuration) n’augure rien de bon. Pour accoler deux termes comme nationalisme et socialisme, le prix de la survie de la Belgique a décidément un goût amer.

 

En 1979, un hebdomadaire neutre, IMPACT, indiquait déjà dans un éditorial : « Le pouvoir politique a démissionné, mettant l’Etat à la merci des groupes de pression, consentant à l’anarchie, entretenant la société dans des habitudes détestable, nous ne vivons pas seulement la fin d’une époque ; nous vivons la fin d’un monde sans énergie, sans prévoyance ; la crise économique souligne dramatiquement une crise politique qui met en cause les structures et les mentalités, les modes de gouvernement et les réflexes populaires ; face à la faillite, l’effort de demain sera celui des curateurs. » Voilà qui reste d’une actualité brûlante.

Et encore, la situation s’est aggravée, les différents pouvoirs sont mal en point puisqu’il faut partout lancer des appels à « la bonne gouvernance ». Le pouvoir judiciaire est secoué par des doutes et peut-être des scandales, le Pouvoir législatif symbolise largement la faillite de l’Etat belge ; il ne contrôle plus, il discutaille, il ne légifère plus, il entérine. Le pouvoir exécutif n’est plus que l’exécutif des décisions des présidents de partis…

 

(*) Lorsqu’une société emprunte pour réaliser un investissement, elle peut considérer comme des frais les charges d’intérêts sur cet emprunt, ce qui réduit son revenu taxable. Par contre, elle ne pouvait rien déduire comme charges d’intérêts lorsque l’investissement était réalisé sur fonds propres puisqu’en réalité, elle ne supporte aucune charge. Grâce à la technique des « intérêts notionnels », l’entreprise qui dispose de fonds propres peut déduire de son bénéfice des « charges d’intérêts » même si elle ne les supporte pas réellement. L’intérêt ainsi déductible du bénéfice est calculé sur le taux des obligations linéaires (OLO) émises régulièrement par le Ministère des Finances et cela, chaque année.

Le mot notionnel signifie donc exactement « fictifs ». Evidemment, ce dernier mot aurait été trop… voyant (?) dans la bouche d’un ministre des Finances. Selon les estimations, le manque à gagner en recettes pour l’Etat atteindrait entre 2,4 e 3 milliards d’euros par an… (D’après Yves de Wasseige et Francis de Walque : « L’économie au service des gens » - Ed. Couleur livres - 2009)

(**)(Produit Intérieur Brut = l’ensemble des richesses produites en un an)

(***)http://www.ch-esquirol-limoges.fr/Publications/1_085_10.pdf (voir page 2)

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 10:57

Zappant hier soir, je suis tombé sur une séquence du JT de la RTB(f). On y montrait l’achèvement des travaux de rénovation des serres du Jardin botanique ex-national déménagé à Meise en Brabant flamand. Logiquement, comme ce fut le cas pour d’autres structures fédérales (travaux publics, etc..), maintenant que ces travaux ont été payés avec l’argent de tout le monde, la prochaine étape c’est de régionaliser cet institut. Voilà des collections importantes qui vont donc bientôt appartenir au seul patrimoine de la Flandre. Ou je me trompe fort.

Et tiens, puisqu’on parle de la télé, j’y ai également appris par l’interview de responsables (Flamands, évidemment… il devient de plus en plus difficile aux JT des deux chaînes clonées de trouver des interlocuteurs parlant français… hasard ?)de la Protection civile  l’achat d’un super canon à eau pour lutter contre les dégazages en Mer du Nord. La côte étant déjà flamande, la mer, ce sera pour plus tard.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 16:12

Curieux ça…
Alors qu’on a toujours parlé du « contournement de Nivelles », depuis hier, à la RTB(f) - mais là, ce n’est pas étonnant - et même sur TV-Com, où interviewé à l’occasion du feu de paille qui a causé des embarras de circulation et beaucoup de travail pour ses hommes, le capitaine des pompiers Daniel De Zutter parlait également du « ring » de Nivelles…

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 12:10

On le sait, le cas « BHV » devrait revenir prochainement sur le devant de l’actualité. A moins d’un vote rapide et majoritaire des partis flamands au Parlement fédéral, ce sera l’occasion de belles envolées lyriques et plus probablement d’un nouveau « dialogue communautaire ». Avec cette fois, l’obligation d’aboutir puisque en juillet prochain, la Belgie-que occupera la présidence tournante de l’Union européenne.

 

J’avoue que le principe d’un dialogue communautaire (Flamands contre Francophones pour faire simple) ne m’emballe pas. Parler de dialogue communautaire et pas inter-régional, c’est, une fois de plus jouer le jeu des Flamands et des derniers unitaristes qui ont toujours eu du mal à accepter le principe des régions. La Wallonie n’apparaissant pas en tant que telle dans ce débat, ou si peu.

 

Entendons nous bien, je n’ai pas, ici plus qu’ailleurs, la prétention de parler au nom du Mouvement wallon. Contrairement à ce que prétendent certains, celui-ci n'est l'apanage d'aucune formation politique, sociale ou culturelle particulière, il est présent chez chacun de nous. Personne ne peut le confisquer à son seul usage, c’est faire preuve d’impudence, d’imposture, de mensonge. Personne ne peut s’arroger le titre de « continuateur » parce que le Mouvement wallon, parce qu'il est wallon, se retrouve dans les courants présents, à des degrés divers, au sein de toute organisation ou parti. Simplement parce qu'il veut plus d’autonomie pour la Wallonie, il est opposé et s'oppose encore à l'unitarisme belge toujours vivace dans les esprits, donc aux forces conservatrices parmi lesquelles, curieusement on pourrait classer ceux qui justement se prétendent les « continuateurs ».

 

J’observe que le Mouvement wallon évolue. Né en réaction aux revendications flamandes (légitimes tant qu’elles visaient à l’émancipation de l’oppression culturelle de leurs dirigeants Flamands, mais francophones ceux-là) à la fin du XIXème siècle, il s’est ensuite conforté par la résistance au nazisme, pendant la guerre 1940-1945, par l'opposition au retour du roi Léopold III et lors des grandes grèves de l'hiver 1960-1961. Ces évolutions ont débouché sur la revendication du fédéralisme et des réformes de structures. Le fédéralisme est acquis en grande partie, mais il reste beaucoup de choses à achever (**). L’existence de Union européenne a modifié la donne en matière d’autonomie des Etats et de fonctionnement de l’économie. Comme l’avait écrit Jacques Nagels, si le capitalisme sauvage du début du XXème siècle avait fait place à un capitalisme civilisé (avec la sécurité sociale et le droit social, y compris le droit du travail, héritage bénéfique du pacte social de l'après-guerre et aux réalités des négociations entre partenaires sociaux) nous sommes maintenant passés du capitalisme civilisé au capitalisme débridé… Cruel retour en arrière.

Ce n’est pas un hasard, avec la disparition de l'affaiblissement de la volonté d’unification de l’ancien Etat Belgique qui se voulait nation en raison de l'émergence et de l'affirmation d'autorités supranationales, de la disparition des capitalismes nationaux, du nationalisme flamand, les citoyens en besoin d'une identité se retrouvent entre eux: c'est le retour des régions et des identités régionales. On assiste donc au retour des traditions wallonnes de valeurs, de culture, de savoir-faire, longtemps ignorées ou même bafouées, qui créent l'essentiel du dynamisme wallon actuel malgré la crise financière induite par le capitalisme débridé. Certes, la Wallonie est toujours en reconversion économique et reste plus en retard que d'autres régions. Le sous-emploi, la précarité et la pauvreté restent préoccupants.

Ce qui n’est pas un mal en soi puisque ces identités ne sont pas des nationalismes construits par un pouvoir central et repliés sur eux-mêmes. Pas de rejets, pas de xénophobie.

L'identité wallonne va se superposer à l'identité belge de plus en plus périmée.

Cette identité n’est pas à confondre - et je reconnais l’avoir fait moi-même – avec les identités locales, ou encore sous locales qui ont toujours existé, et continueront. Elles existent simplement parce qu’elles sont le lieu premier des relations sociales, de l'apprentissage de la société, de la conservation de la mémoire et des traditions, du patrimoine. Aujourd’hui, elles s'aglomèrent pour constituer l'identité wallonne. Ne parle-t-on pas depuis quelques temps de Wallonie picarde par exemple ? C'est la preuve qu'au dessus des identités locales, on concept plus fédérateur est né. Et comme chacun sait ou peut l’observer, dans le monde d'aujourd'hui, l'appartenance forte à une identité locale ne suffit pas, qu'il faut appartenir à un ensemble plus large, pour nous c'est la Wallonie. Pas par défaut d'autre chose, mais parce que c'est le niveau premier de cohésion politique (la Région existe en tant qu’entité politique concrète) et de cohérence entre les identités locales. L'expression « repli wallon » utilisé par certains « pseudo intellectuels désincarnés » est un concept vide de sens, construit par des conservateurs pour essayer de détruire l'identité wallonne dont ils ont fort peur.

 

Bien sûr, avant que la Wallonie n'existe, chaque sous-région a bien été obligée de s'affirmer face à un Etat unitaire, niveleur et centralisateur en utilisant divers outils comme, par exemple les intercommunales de développement. Il est normal qu'en subsistent encore des traces actuellement. Tout ça va évoluer.

 

N’oublions pas que la Wallonie a dû attendre dix ans entre la modification de la Constitution (1970) et la première loi de régionalisation (1980); elle a donc dû se glisser, tant bien que mal dans la Communauté française qui a été créée en 1971. La Communauté n'a jamais été une revendication wallonne mais bien une revendication flamande dont les Wallons ont été dotés malgré eux. C’était la seule expression politique possible au départ, il est normal que le Mouvement wallon n’y ait pas obtenu toutes ses revendications initiales. La coexistence des Communautés et Régions est une des causes de ce que certains appellent l’échec du fédéralisme qui n’est que son incomplétude, facteur de blocage important certes, mais qui ne doit pas faire oublier que les acquis sont quand même importants. Même si ce n’est pas une raison de s’en satisfaire.

 

C’est peut-être le moment de suggérer à ceux qui s’occupent de nos destinées (**) quelques éléments de réflexion pour adapter les structures institutionnelles aux nouvelles réalités. Il faut oser aller au bout des logiques.

 

Wallonie !
La première est d’ordre symbolique, mais est plus qu’essentielle. La Constitution belge parle de « régions » (Art 1 et 4) de « Communautés » (art 1 et 2) ou encore de « Régions » (art. 3 et 5).

La confusion entre « régions » par la langue et « Régions » (entités politiques et humaines) si elle fut une trouvaille ingénieuse n’a plus de raison d’être. Il faut remplacer les « Région wallonne, la Région flamande et la Région bruxelloise » par « Flandre, Wallonie et Bruxelles ». Peut-être en en ajoutant une quatrième, la future ancienne région de langue allemande puisqu’il semble bien que des revendications vont dans ce sens.

 

Communauté française ?
La seconde est d’ordre vitale. Toute identité est vivante et doit être alimentée pour se développer progressivement. L'enseignement et la culture sont ses aliments principaux pour les générations à venir. La Wallonie ne maîtrise pas son enseignement. Celui-ce est neutre, indifférencié, incolore, et insipide du point de vue wallon parce qu'il doit aussi convenir à Bruxelles. La culture, telle qu'elle est conçue et subsidiée par les pouvoirs publics est dans la même situation. Elle est donc forcément soit élitiste et conservatrice, ou ; à l’inverse « dite » populaire et le plus souvent d'une bêtise profonde pour que « chacun s’y retrouve ». Les effets pervers du compromis ou de la neutralité « à la belge » dont je parlais dans un billet précédent…

Il est donc vital que la Wallonie prenne elle-même en charge son enseignement et maîtrise elle-même l'affectation des budgets de la culture. L'un et l'autre dépendent aujourd'hui de la Communauté dite « Wallonie-Bruxelles » et doivent être transférés aux deux régions (à la Commission communautaire française (COCOF )de la Région de Bruxelles). Ce qui n’empêchera pas – on doit le prévoir – des structures de concertations pour assurer la cohérence là où elle est indispensable ou utile. Ainsi la solidarité entre Bruxelles et la Wallonie serait affirmée plus nettement encore que dans le magma actuel.

La RTB(f) de même que les Universités devraient être cogérées par le Gouvernement wallon et l'Exécutif de la COCOF. Tant le Parlement wallon que la COCOF seraient concernés par le contrôle de ces institutions disposant d'une large autonomie, chaque Parlement votant les crédits qui le concerne selon une clé de partage tenant compte, par exemple du PIB, du nombre d'habitants ou du nombre d'étudiants de chaque région. Mais on peut imaginer d’autres clés.

 

Il faut cesser de faire croire que la Communauté française « Wallonie-Bruxelles » constitue le ciment entre les Wallons et les Bruxellois francophones. Simplement parce que c'est une vue de l'esprit ne correspondant pas aux réalités sociologiques. Elle ne peut être ni wallonne ni bruxelloise, en conséquence, cette « Communauté » se confine dans l'immobilisme, ne contribue pas à la formation d'une identité wallonne (ni d'ailleurs d'une identité bruxelloise), pire encore peut plus, dès lors, qu'être « belge francophone » et plus rarement « francophone » que « belge ».  Elle participe à la volonté de désagrégation de identité wallonne et française de la Wallonie.

Je supporte mal d’entendre les présentateurs et les journalistes de la télévision officielle nous parler de Flandre quant ils préfèrent utiliser l'expression surréaliste de « sud du pays » ou « sud de la Belgique » comme si nous n’existions pas, préférant réaffirmer chaque fois le cadre unitaire belge, alors même que la Constitution (belge !) affirme que la structure est fédérale !

 

Ensuite, plus tard, une fois cet objectif atteint, et c’est dans la logique sociologique de la Wallonie, celle-ci étant constituée d'entités locales et sous régionales aux caractéristiques différentes, il appartiendra aux pouvoirs wallons d'éviter une gestion centralisée mais, au contraire, de faire participer au développement les entités locales et/ou sous régionales, tout en assurant la cohérence et la cohésion.

 

Complétude
La troisième consiste à aller plus loin (achever ?) le (con)fédéralisme. Trop de matières sont restées de la compétence de l'Etat fédéral ou sont bridées ou encore limitées à l'exécution de lois fédérales en raison des principes d'unité monétaire (qui n’a plus de raison d’être le passage à l’Euro) et d'union économique, ou encore certains dispositifs relatifs à l'unité administrative et à la stabilité intérieure sont encore maintenus comme si on était resté en 1831 !

Sans vouloir être exhaustif, pensons à la politique agricole, la recherche scientifique, quels que soient les domaines, les marchés publics, le transit des déchets, la politique de l'énergie (le contrôle du le cycle du combustible nucléaire pourrait être transféré à l’échelon européen), la coopération au développement, le commerce extérieur hors UE…

Pensons aussi à une participation à la gestion d'organismes tels que la SNCB, la poste, Belgacom, les instituts scientifiques de l'Etat.

Il y a d’autres domaines en matière d’emploi, de justice, de fiscalité, de santé ou de sécurité sociale…

Concernant ce dernier point, il est souvent mis en avant par ceux qui regrettent, contre toute logique, l’état unitaire. C’est oublier que ce système n’est pas original et tous les pays voisins se sont basés sur les mêmes principes, même si en raison de leurs passés et de leurs développements économiques, les modalités sont différentes et ne peuvent pas être facilement harmonisées, la sécurité sociale fonctionne sur un principe d'assurances obligatoires et comme dans tout système d'assurance plus on élargit la base, plus le système est équilibré. L’idéal, serait d’aller vers un système européen. Mais dans l'environnement idéologique de l'Union européenne, on peut craindre qu'une harmonisation ne se fasse que vers le bas, ce qui constituerait un recul social pour beaucoup. Il en va de même en cas de scission de la sécurité sociale. N’empêche…

J’en ai déjà parlé, l'évolution démographique, sociale et de l'emploi (comme annoncé, la crise frappe plus durement la Flandre que la Wallonie, avez-vous remarqué qu’on ne parle plus des transferts ?), joue plus en faveur de la Wallonie que de la Flandre et la population wallonne est déjà plus jeune que la population flamande. Elle vieillit en effet moins vite si on veut se donner la peine de considérer les indices démographiques. Et parmi ceux-ci le rapport du nombre des plus de 60 ans au nombre des moins de 20 ans Qui est tout à fait en faveur de la Wallonie. Ce qui veut dire que, proportionnellement et en étant prudent, la charge des pensions va s'alourdir moins fort en Wallonie qu'en Flandre. Il devrait est de même sur le moyen terme de la charge de l'assurance maladie-invalidité, notamment par la réduction des charges dues aux maladies professionnelles liées à l'industrialisation lourde (oui, c’est peut-être cynique, mais c’est logique). Par contre, la charge des allocations familiales pourrait s'alourdir légèrement pour la Wallonie au regard de la Flandre. Il faut cesser de dramatiser toute régionalisation de la sécurité sociale, affirmant qu'elle conduirait automatiquement à l'éclatement de la Belgique. Cette affirmation est peu fondée si on y réfléchit bien. Elle poserait des problèmes aux uns et aux autres dans certains domaines mais des solutions sont toujours possibles. Il convient donc d’examiner les modalités d’une séparation de la sécurité sociale entre la Wallonie et la Flandre qui peut convenir aux intérêts économiques et sociaux wallons. Dès maintenant ! La reconversion économique de la Wallonie est bien en route même s'il faut encore du temps pour qu'elle se marque plus nettement en terme d'emploi. Il faut profiter du fait que les Flamands sont demandeurs pour engranger ce qui peut l’être.

 

Préparer l'avenir
Pour ça, il ne faut pas avoir peur de l’éclatement de la Belgique. Sous le prétexte de vouloir sauver « ce pays », c’est se mettre en situation d'infériorité devant toute revendication flamande et inévitablement céder. Les revendications flamandes ont été accompagnée depuis le début du XXème siècle accompagnée d'un courant hostile à la Belgique. Les partis flamands ont délibérément et habillement joué de cette menace, pour faire adopter leurs revendications par l'Etat belge et le gérer dans le sens des intérêts flamands. Il est temps que nos dirigeants en prennent conscience. Et que ça cesse. Et il ne suffit pas de n’être demandeurs de rien !

 

Honnêtement, quels risques pourrions-nous courir si demain,  la Wallonie et Bruxelles se retrouvaient provisoirement seuls gestionnaires de la Belgique ? La situation ne serait pas plus grave, ni moins grave qu'actuellement. Sans compter que la Wallonie pourrait très rapidement trouver des solutions au niveau international.

 

Il faut oser sinon, on décidera pour nous. L’Europe à - combien encore ? - en élargissement continu ne pourra plus garder son fonctionnement sur les bases actuelles. J’imagine mal le fonctionnement en consensus d’une Commission à 40 ou davantage… Il faudra donc nécessairement que s'opèrent des regroupements. C’est comme ça que le Fonds monétaire international fonctionne, par un système de représentations. Dans une Union européenne forcément multiculturelle, des regroupements vont inévitablement se produire sur base de critères culturels, (pas uniquement la langue) comme la conception de la société et des rapports de la personne à la collectivité. C’est ainsi qu’il faut absolument éviter la réanimation du BENELUX ! Il est clair que la Wallonie s’y verrait minorisée dans son développement économique et dans son existence politique. Nous n’aurions évidemment pas notre place dans un ensemble germanique à moins de vouloir disparaître à terme (Je ne parlerai pas ici des élucubrations du « Groupe de Baarle » justement démontées par mon ami Didier Melin, et stupidement agitées par ceux qui cherchent à faire peur ou… qui jouent à se faire peur !).

Les regroupements se feront probablement par proximité, les ensembles, scandinave ou slave sont exclus. Par contre, une alliance dans un ensemble français est évidemment tout à fait cohérent, une Wallonie française autonome aurait toute ma préférence. C’est à préparer rapidement et... concrètement !

 

 

(*) Il a fallu 35 ans pour que le mouvement wallon obtienne satisfaction. C’est à la fois long et court. C’est en tous cas la preuve que les conservateurs finissent soit par abandonner un combat qu'ils jugent définitivement perdu, soit à comprendre leurs erreurs. Il en ira ainsi de l'identité belge dont l'Etat a imprégné les citoyens wallons par l'enseignement, le trucage de l'histoire (Pirenne !), l'existence et le rôle de la monarchie et qui est simplement dépassée, périmée, même si beaucoup ne s’en rendent pas compte. La soutenir par des moyens thérapeutiques relève d'un combat d'arrière-garde des conservateurs, hélas toujours très actifs parce que désespérés.

 

(**) Essentiellement les présidents de parti, les autres, ceux que nous avons élus n’ayant que peu de chose à dire comme vient encore de le rappeler Claude Eerdekens dans la DH du 11 août...

Et merci à Yves de Wasseige (qui par ailleurs vient de publier un nouvel essai : "L'économie au service des gens") aux éditions couleurlivres.be) qui a nourri mon inspiration !

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 06:06

C’est sous ce titre que l’ASBL « Vivre en Wallonie » publie ses réflexions sur la crise que traverse le monde agricole. Traverse en permanence, la colère des producteurs de lait n’en est qu’un des aspects.

Ce que j’ai appelé dans un billet précédent le capitalisme financier international (celui qui a remplacé le capitalisme industriel, par définition plus localisable et  qui avait fini par s’humaniser) est le premier responsable de la crise. Le second étant la politique agricole européenne qui en cherchant à globaliser l’agriculture applique les volontés de ces financiers internationaux. Oui, ceux là dont même le président des Etats Unis d’Amérique lui-même dénonce le cynisme.

Devant le peu de réactions du monde politique et l’apathie dont nos sociétés font preuve, j’aurais voulu écrire un billet sur ce sujet, mais ce texte publié entre-temps cite certains arguments que j’aurais volontiers développés. Je le livre donc à vos réflexions :


« Il est bien vrai que la politique agricole européenne paraît bien orientée vers la disparition de l’agriculture familiale au profit de sociétés industrielles pouvant évoluer vers la domination de multinationales complètement indifférentes au sort des exploitants agricoles qui, aujourd’hui, contre vents et marées, bataillent chaque jour pour une production abondante et de qualité.

Les statistiques annuelles sont édifiantes à ce sujet. Elles indiquent une diminution constante des exploitations, alors que la superficie cultivée (agriculture et élevage) reste globalement stable.

Il est tout aussi exact que ce sont uniquement les producteurs (cultivateurs et éleveurs) qui sont frappés par la cascade des mesures européennes restrictives.

En fait, ils ont perdu toute possibilité d’intervention sur l’exercice de leur profession.


Le producteur agricole, depuis des siècles, voire des millénaires, devait apprivoiser la nature pour en tirer les moyens de subsistance de l’Humanité. Il devait fertiliser la terre, s’accommoder des caprices météorologiques, combattre les prédateurs animaux et les destructeurs naturels (insectes, champignons, plantes envahissantes….)

Ces fonctions, il les a exercées avec un savoir-faire, une ténacité et une efficacité qui ont permis d’assurer l’alimentation de milliards d’individus.

Mais il était le maître de ses choix de production, en liaison avec les besoins et la demande. Et il en fixait les prix, afin de se garantir un revenu correct.

Aujourd’hui, l’agriculteur n’a plus aucune maîtrise de ce genre. C’est l’Europe qui détermine des quotas de production ou les supprime à son gré suivant des critères supranationaux dont les justifications sont totalement opaques pour les producteurs. C’est elle aussi qui agit sur les prix  destinés à payer la rétribution du travail fourni. Toujours à la baisse, bien entendu.


D’année en année, l’agriculteur est ballotté d’une exigence de production à une autre, est pénalisé en cas de « trop bonne » ( !) récolte, doit se soumettre à des prix établis de façon à avantager, notamment, le secteur de la grande distribution et les divers intermédiaires qui prélèvent un juteux pourcentage depuis la culture et l’élevage jusqu’à la vente au détail. Et l’on ne peut même pas arguer du fait que c’est le consommateur qui y gagne.(*)

Citons un exemple. Face à la chute brutale des prix des céréales, à la réduction autoritaire des surfaces de betteraves sucrières, les cultivateurs ont accru le nombre d’hectares consacrés à la pomme de terre. Et voilà que s’annonce une récolte exceptionnelle. D’office, la prévision officielle tombe : le cultivateur devra réduire le prix de vente de la tonne de patates.

Cette réduction aura-t-elle un effet bénéfique sur le prix des produits offerts à la consommation ? Nous parions un magnum de champagne contre un verre d’eau du robinet que le sachet de frites ne diminuera pas d’un centime. Où va donc se retrouver  la différence de prix à la production ?

Il n’est plus question que de « transparence », de « visibilité » dans le langage économique autant que politique. Eh bien, chiche !

Que, d’une part, que des chiffres précis soient fournis aux citoyennes et citoyens sur la dégringolade des prix payés aux agriculteurs pour les céréales, les betteraves, la viande, le lait, et d’autre part, sur la hausse des prix des semences, engrais, produits phytosanitaires, sur les exigences en matière d’investissement afin de répondre aux obligations européennes ainsi qu’aux dimensions des exploitations, et que l’opinion publique puisse se faire une idée des efforts imposés au monde agricole.

Pour compléter le tableau, que soit mise en regard l’évolution des prix des marchandises correspondantes dans le commerce de détail.

Et que l’on fournisse une justification à l’écart grandissant entre la source et l’aboutissement.

Pour calmer quelque peu le jeu, des « aides » sont consenties – sans commune mesure avec les pertes de revenus, d’ailleurs. Cela part peut-être d’une bonne intention mais les agriculteurs les perçoivent comme une forme de mépris, comme une humiliation. Ils ne mendient pas la charité publique. Ils revendiquent un juste salaire pour le fruit de leur labeur. Comme n’importe quel travailleur. »


(*) Il suffit de voir comment et avec quelle célérité la grande distribution a immédiatement répercuté l’aumône faite récemment aux producteurs de lait dans ses prix.

La globalisation a également un effet pervers, celui de faire disparaître la diversité quand ce n’est pas la qualité. Le critère essentiel de décision des « acheteurs » étant le prix le plus bas, on finira par la grâce de la concentration par ne plus trouver que les mêmes produits dans tous les supermarchés du monde… Triste monde où l’uniformité du goût devient la règle !

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 05:18

C’est, en effet dans la nuit du 4 août 1789, il y a 220 ans, que les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux.

À la faveur de cette grande séance parlementaire qui a vu disparaître d'un coup les distinctions de classe de même que les particularismes locaux, l'égalité de tous les citoyens devant la Loi devient la règle. Et aujourd’hui encore elle reste au cœur de tous les débats politiques et de société.


Ce qu’on sait moins ici, sauf à s’intéresser à l’Histoire de France, ce sont les origines de cette révolution dans la Révolution.

Après la prise de la Bastille et la réaction nobiliaire, de nombreuses rumeurs ont couru dans les campagnes à propos à propos de sanglantes bandes armées à la solde d’aristocrates.

Les paysans s’arment pour se défendre, mais aussi sous l’effet de ce qu’on a appelé « la Grande Peur » s’attaquent aux châteaux des seigneurs les plus détestés. Ils y brûlent les archives, et plus particulièrement les « terriers » fixant les droits et propriétés seigneuriales.


Ces émeutes inquiètent les bourgeois qui en appellent à la répression alors que certains nobles siégeant à Versailles et mieux au fait des réalités locales cherchent l’apaisement comme le montre l’attitude du Duc d’Aiguillon qui monte à la tribune pour dire : « Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa têt, l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime».

Dans la discussion qui suit, le vicomte de Noailles prend la parole et propose d'en finir avec les droits seigneuriaux, «restes odieux de la féodalité». Proposition déchaîne l'enthousiasme. Les nobles de l'Assemblée dont la plupart étaient de conviction libérale (au sens de l’époque… adeptes du progrès technique et de la philosophie des «Lumières») montent à tour de rôle à la tribune pour lui exprimer leur soutien. C’est ainsi qu’en une nuit, au milieu des applaudissements, sont abattus les justices seigneuriales, les banalités, les jurandes et les maîtrises, la vénalité des charges, les privilèges des provinces et des individus… Et puis…l’euphorie n’a qu’un temps, les députés se ressaisissent. Ils décident que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité d'aucune sorte. C'est ainsi que disparaissent à jamais certains archaïsmes comme la corvée obligatoire, de même que des injustices criantes comme la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.


Si l’objectif était de «faire tomber les armes des mains des paysans », cette fameuse nuit fut une fameuse avancée en matière d’égalité, entre les personnes certes, mais aussi entre les régions puisque les particularismes locaux disparaissent en même temps. Il n’y aura désormais plus qu’une seule loi pour tous ! Nos régions allaient également en bénéficier quelques temps plus tard. Ces principes ont ensuite été transportés dans les charriots de la Grande armée et distillés dans les esprits pour finir par faire tomber partout les anciens régimes et faire progresser la Démocratie.

Il restera à abolir « l'esclavage des Nègres» (suivant les termes de l’époque) ainsi que la reconnaissance à l’égalité de citoyens pour tous les juifs, les femmes etc.…) ce sera le combat de l’abbé Grégoire et de Condorcet entre-autres.


La révolte des paysans qui a abouti à cette splendide victoire de l'égalité a peut-être donné des idées à ceux qui ont rédigé l’article XXXV de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 : « Quand le gouvernement viole les droits des peuples, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droit et le plus indispensable des devoirs »… à méditer !


220 ans plus tard, la vision néolibérale de la Commission européenne prône l'auto-détermination pour les régions ( Diviser pour régner !) et risque de déboucher finalement sur de nouvelles inégalités. Evolution inquiétante.

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 11:56

On nous apprend qu’il existe bien une note de service au sein de la police fédérale qui prévoit que seuls des agents de sexe féminin devraient contrôler l'identité de femmes en burqa. Le porte-parole de la police fédérale a en effet confirmé l'information donnée samedi par des quotidiens flamands. Même s’i est prévu que cette note soit revue, l’information a de quoi surprendre. Contrairement à ce que répètent certains, la burqa existe bel et bien chez nous, mais elle est en passe d’être banalisée malgré les textes et lois qui s’appliquent à tous les citoyens.

 

C’est un de risques de la neutralité de l’Etat, tant vantée au même titre qu le fameux sens du compromis, qualité bien belge d’après ceux qui sont prêts à accepter toutes les compromissions. D’ailleurs, n’est-ce pas la même chose ?

 

L’histoire de ce pays est jalonnée de renoncements ouvrant la porte aux pires dérives. Certes, parfois ce fut sous la contrainte comme en 1830 sous la menace d’intervention militaire anglo-russo-prusso-autrichienne (les fameux alliés de l’ancien régime qui nous auraient délivré de ce que l’historiographie officielle appelle encore « l’occupation française » que, dans leur » grande inconscience », nos ancêtres regrettaient).

 

Mais la plupart du temps, c’est en allant au devant des désirs de certains extrémismes que ça c’est passé. Mon ami Jean-Sébastien Jamart vient de rappeler à jute titre l’attitude du gouvernement belge dans l’entre deux guerres et particulièrement celle de celui qui est encore considéré comme un sage et un grand homme : Paul-Henri Spaak. Ce dernier  fut un des grands défenseurs de la » neutralité belge » et à ce titre pourfendeurs de l'alliance militaire franco-belge de 1920. Il fit ainsi dénoncer par la Belgique le traité d'assistance militaire franco-belge en 1936, alors même que l'Allemagne avait réoccupé la Rhénanie en violation du Traité de Versailles.

 

La dénonciation de l'accord franco-belge eut pour conséquence que certaines garnisons protégeant la Belgique de l'Allemagne furent dégarnies pour porter des troupes le long de la frontière franco-belge. De même, la fortification de la frontière belgo-allemande fut abandonnée et l'effort militaire fut réorienté sur la frontière franco-belge. Cet aveuglement politique participa en partie à la débâcle belge de mai 1940 lorsque l'Allemagne envahit la Belgique. La dénonciation de l'accord franco-belge en 1936 par Paul-Henri Spaak empêcha aussi l'armée française de protéger correctement Dunkerque comme cela aurait été le cas en application de l'accord militaire franco-belge. Cette erreur fut cher payée : une occupation totale du territoire belge par l'Allemagne pendant plus de 4 ans, mais aussi par la mort de milliers de soldats français venus à notre secours.

 

Cette politique n’a jamais été dénoncée, puisque le gouvernement Pierlot réfugié à Londres a donné l’ordre aux secrétaires généraux de ministères, non pas de collaborer (le politiquement correct existait déjà à l’époque) mais de ne rien faire qui puisse gêner l’occupant...

 

De bonnes âmes se sont émues plus récemment lors du choix du port d’un signe religieux ostentatoire (militant, en politiquement incorrect !) au parlement bruxellois. Personne n’avait eu d’objection au port de la soutane par l’abbé Pierre à la Chambre des Députés à Paris.  Et pour cause, là, nous n’étions pas dans un principe de neutralité, mais bien de laïcité reconnue, acceptée et officielle de l’Etat. L’abbé Pierre respectait cela. La situation est beaucoup plus floue chez nous et ce n’est pas un hasard si la préférence communautaire s’est manifestée dans les suffrages à Bruxelles et contrairement aux autres pays démocratiques, un « député de chez-nous » n’est que le représentant de la fraction qui l’a élue et non pas de l’ensemble des citoyens. Ce principe a été concrétisé par la logique des piliers (catholiques-libéraux-socialiste) d’abord et ensuite par la préférence linguistique. Il est donc tout à fait « normal » (au sens de « dans la norme ») que d’autres communautés jouent le même jeu. Comme aux Etats Unis d’Amérique, la religion est un principe qui n’a jamais été mis en question en Belgique. Il suffit de se souvenir de la place qu’occupent dans l’ordre protocolaire les représentants es différents options. La présence d’uns militante religieuse dans un Parlement en est la conséquence logique. « Celui qui est au dessus de la mêlée », le roi n’a-t-il pas lui-même montré l’exemple. Si le « notaire » de la nation (terme un peu exagéré pour cet ersatz de pays) n’est pas neutre, qui le sera ?

En conséquence, la Belgique est un pays divisé entre différentes communautés linguistiques certes, mais aussi religieuses ou sectaires (pléonasme ? une religion n’est-elle pas finalement une secte qui a « réussi » ?). Toutes ces communautés sont, ou plutôt peuvent être, respectables et respectée à la condition qu’elles soient transcendées par une notion de l’intérêt général. Ce qui n’est pas (ou plus) le cas en Belgique. Ce qui reste de ce pays est devenu un Etat multicommunautaire. Les belles âmes auront beau le qualifier de multiculturel, ça ne changera rien au fait. La culture n’et-elle pas un des plus puissant lien entre les citoyens d’un même état par ce qu’elle génère comme communauté d’esprit ? La juxtaposition concomitante de cultures différentes sur un même espace territorial se termine toujours mal (comme l'ont montré de nombreux exempls récents dans les Balkans, sans parler des tensions que connaissent les Suisses...) et au mieux en la formation de ghettos.

La culture étant liée à de nombreux facteurs qui permettent la vie en commun. La religion vient se greffer là-dessus pour amplifier les différences et exciter les intolérances.

 

Les Flamands ont payé très cher les excès religieux des occupants espagnols (tiens, là on parle de régime et pas d’occupation d’habitude).  Nos grands-parents ont payé très cher les accommodements raisonnables (sous couvert de neutralité) au régime nazi allemand. Nous avons échappé aux déviations de la doctrine communiste. J’ai bien peur qu’il soit trop tard pour nous protéger d’un retour prochain des excès d’un nouvel Ordre religieux. La note de service de la police fédérale n’a rien de rassurant. Des termes comme « Liberté, Egalité et Fraternité » qui sont à la base de nos états modernes risquent d’être vite oubliés. Surtout celui d’Egalité, dans le sens d’égalité de Droits (hommes-femmes !), mais aussi de devoirs !

 

Il reste à espérer que cette période sera brève et qu’à l’instar des l’inquisition catholique, des pogroms orthodoxes, dérives fascistes et communistes ou autres (la liste est longue et je ne voudrais pas en oublier…), l’islamisme agressif sera bientôt relégué aux pages sanglantes des livres d’histoire.

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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