Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 17:25

J’ai déjà eu l’occasion d’en parler (1, 2, 3, 4, etc…), la position géostratégique de la Wallonie est unique et mérite d’être davantage valorisée. Même si dans le cadre de ce qui reste encore de la Belgique,  les mauvais vieux réflexes veulent qu’on se tourne encore vers Anvers et la Flandre pour les exportations et importations, les choses changent et une étude qui vient de paraître montre que, n’en déplaise aux esprits chagrins, la Wallonie est devenue la première région logistique d'Europe !
Que sera-t-elle demain quand elle aura acquis encore plus d’autonomie par rapport à son ancrage belge ?  

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 06:00

Le jugement  rendu par le tribunal correctionnel de Bruxelles dans l’affaire des fraudes colossales de la KB-Lux est peut-être légal, mais il est illégitime.

Partager cet article
Repost0
8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 12:38

Voilà ce que disait Churchill en 1943…

 

Quelques années plus tard, l'anglais Robert Phillipson insistait auprès des anglo-saxons dans  son livre « Linguistic imperialism » publié en 1992, sur le fait que l'anglais devait devenir la langue dominante dans le monde, remplaçant ainsi les autres langues et surtout leurs visions du monde.

 

Les anglo-saxons sont en train de gagner ce combat essentiel pour la maîtrise de l’avenir.

C’et en tous cas ce qui ressort d’une conférence organisée par l'association Bruxelles Europe qui s'est tenue à la Commission Européenne le 17 novembre dernier sous le titre évocateur : « Diversité linguistique : Faut-il parler anglais pour être européen ? »

 

Les conférenciers étaient Quentin Dickinson, directeur des affaires européennes de Radio France, Jean Quatremer, correspondant de Libération, Michel Theys, journaliste des questions européennes. Une centaine de personnes ont participé à cette conférence parmi lesquelles l'ambassadeur de France auprès de l'UE (Monsieur Philippe Etienne) et le Consul de France à Bruxelles…

 

Après un rappel de l’évolution des règles du régime linguistique au sein de l'union dès son origine (règlement 1/58), lors des périodes d’élargissement, les orateurs et le constat de la pratique actuelle, les orateurs ont fait le constat que la grande bascule vers le tout anglais date de la période de la Commission Prodi (1995/2004). En effet, le chargé de la réforme administrative, le vice-président anglais, Neil Kinnock, a œuvré pour la défense des intérêts linguistiques de la Grande Bretagne et du Bristish Council dont il sera le président jusqu'en juin 2009.

 

L’attitude des anglo-saxons n’est pas sans faire écho à ce qu’écrivait Jules Destrée dans sa « Lettre au Roi » à propos d’un Peuple voisin : « Ils nous ont pris notre langue. Plus exactement, ils sont occupés à nous la prendre. Nous ne connaissons encore que la menace et l'humiliation. L'œuvre maudite se poursuit lentement, par degrés, sans brusque éclat, avec la patiente opiniâtreté qu'ils apportent en leurs conquêtes. On y distingue trois étapes : d'abord, le flamand se glisse insidieusement, humblement, auprès du français. Il ne s'agit que d'une traduction : qui pourrait refuser ce service fraternel à nos frères ? Puis, un beau jour, le flamand s'affirme en maître : il revendique la première place qu'il appelle l'égalité; le français n'est plus que toléré. Enfin, le français sans cesse anémié, diminué, proscrit, disparaît. Et le lion de Flandre est souverain sans partage. »

 

C’est que pour des raisons similaires à celles invoquées par Destrée, face à une politique d'expansion de la langue anglaise portée par le mercantilisme agressif des vainqueurs de la seconde guerre, il n'y a eu qu'un processus de renoncement et d'angélisme des autres pays. Dont la France, hélas ! Pensons simplement à des attitudes suicidaires des représentants français à l'Union Européenne comme le choix systématique de s'exprimer en anglais (ressenti d’ailleurs comme un mépris des traducteurs) ou celui de travailler et de faire travailler uniquement en anglais ou en faisant de l'anglais la langue unique des commissions dont ils ont la charge.

Ce renoncement à l'emploi du français par les élites francophones a entraîné par effet de domino l'effacement des autres langues notamment l'allemand et l'italien. Avec la complicité enthousiaste de la Belgique évidemment. Les Flamands réglant un vieux compte avec cette langue qui leur rappelle le mépris de leurs propres élites pour leur peuple. Les autres, les belges francophones, par snobisme et pseudo esprit d’ouverture (*). L’occupation de tous les postes extérieurs par des Flamands n’augure certes pas d’un changement.

 

Il faut le dire, la langue anglaise est installée durablement en position hégémonique au sein des institutions européennes. Le français - langue de 3 pays fondateurs – y a ainsi perdu son rang. Le renoncement à l'emploi du français par les élites francophones a entraîné par effet de domino l'effacement des autres langues, notamment l'allemand et l'italien qui sont hors d'état de contre balancer cette hégémonie linguistique. A un point tel que dans certains Etats membres, la langue anglaise est en train de prendre souche dans les jardins d'enfants et elle est déjà de plus en plus la langue de transmission des savoirs dans l'enseignement supérieur.

Si même la France n'échappe pas à ce processus d'anglicisation, il suffit d’écouter le flot continu d’anglicisme utilisé de préférence aux équivalents originaux français dans une institution publique de la Communauté française comme la RTB (f) pour constater que nous sommes là aussi plus qu’en perte de vitesse.  C’est une politique volontaire de destruction. Comment peut-il en être autrement.

 

Le grand débat sur l’identité nationale en France  vient un peu tard dans ce contexte. Pour moi, c’est l’identité, c’est d’abord l'identité de choix de culture et donc de langue ainsi que de volonté d'un destin commun. (**).

Mais c’est aussi et surtout le rappel de valeurs essentielles portées dans les premiers mots de la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen  que ses auteurs ont voulue universelle: Les deux premiers mots sont « Les hommes », sans distinction géographique, linguistique ou raciale. « Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »

 

Ça commence aujourd’hui, mais demain, si nous n’y prenons garde, la qualité de « citoyen européen » sera conditionnée à la maîtrise de la langue anglaise et par la même, au niveau de perfection en anglais dont vous êtes capable. Ce qui déterminera votre évolution sociale et hiérarchique et surtout celle de vos enfants. Cela implique, qu'en contradiction avec l’article premier de la Déclaration des Droits, en l'absence de cette maîtrise, vous ne pouvez pas vous affirmer comme un citoyen européen à part entière.

 

La Belgique, pays fondateur de ce qui n’est jamais qu’un grand marché et qu’on appelle l’Union européenne partage la responsabilité de ce désastre civique et linguistique avec les élites françaises car se battre pour maintenir l'emploi du français était un combat indissociable de la protection des autres langues.

Leur responsabilité est grande d’avoir contribué à ce que le français et l'allemand ne soient plus considérés comme des langues internationales et seront demain – si nous n’y prenons garde - reléguées de fait comme langues « régionales » de l'Union Européennes sans en avoir le statut.

 

 

(*) Et que dire de la folie de la mode des écoles d’immersion (aujourd’hui) en néerlandais (demain en anglais…), facteur favorisant la perte d’identité. Donnant raison à Jules Destrée quand il qualifiait ainsi les bruxellois de l’époque (celle d’avant le politiquement correct !) de « métis » : « Une seconde espèce de Belges s’est formée dans le pays, et principalement à Bruxelles. Mais elle est vraiment peu intéressante. Elle semble avoir additionné les défauts de deux races, en perdant leurs qualités. Elle a pour moyen d’expression un jargon innommable dont les familles Beulemans et Kakebroek ont popularisé la drôlerie imprévue (….) Cette population de la capitale, dont quelques échantillons épars existent en province, n’est point un peuple: c’est un agglomérat de métis.(…) En réalité, le métis est insensible à l’appel de la race, à l’amour de la terre et des aïeux ». (Jules Destrée. Wallons et Flamands, la querelle linguistique en Belgique. Plon, Paris).

 

(**) « L'Etat unitaire a, pendant des décennies, fait dispenser une histoire « orientée » en projetant dans le passé une situation qui ne remontait qu'à 1830. Au nom d'une certaine idée du patriotisme qui s'identifiait à l'unitarisme, on a banni tout ce qui permettait de douter de l'inéluctabilité du phénomène « Belgique » et, par contrecoup, on s'est efforcé de nier les spécificités régionales. Or, comme le disait si poétiquement un slogan de l'Association des Amis de l'Université de Liège, « Sans racines, l'arbre meurt. Nos racines, c'est l'histoire. » Au moment où il est plus que jamais question de régionalisation et de communautarisation, il serait aberrant que le nouveau pouvoir substitue « l'absence de l'histoire » à une « histoire orientée », ce qui aboutira au même résultat : priver les citoyens de nos régions de leurs racines culturelles » (Hervé HASQUIN, Historiographie et Politique, Essai sur l'histoire de Belgique et la Wallonie, Charleroi, Institut Jules Destrée, 1982.)

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 10:58

Certains néo-rattachistes - surtout bruxellois - viennent de découvrir grâce au site de l'ultra belgicain FDF une déclaration de Vincent de Coorebiter du CRISP à la libre Belgique : « Si on finit avec cette double exception que constitue BHV sur le plan électoral et judiciaire, on verra toutes les frontières – administrative, judiciaire et électorale – coïncider. A ce moment, effectivement, la voie est ouverte à cette règle de droit international, dominante pour ce que j’en sais, selon laquelle en cas de scission d’un pays, les frontières intérieures reconnues servent de base aux nouvelles frontières extérieures des Etats qui résultent de la scission. »
 
Rien de bien neuf, évidemment. J'avais publié une
carte blanche dans "Le Soir" sur ce même sujet en... février 2005 (!). Et à la relecture, il n'y a rien à y changer.
 
Si je peux comprendre l'attachement du FDF et de ses électeurs à la « Belgique de papa » et son regret de voir le fait régional ainsi que la volonté d'émancipation du Peuple flamand (pour ne parler que de lui) bouleverser leurs croyances, je comprends moins le point de vue de ceux qui se disant rattachistes (ou réunionistes) craignent la disparition de
ce dernier verrou.
Actuellement, ces limites chevauchent et contredisent celles des régions linguistiques et des Etats fédérés de Flandre et de Bruxelles. Il faut sortir de cette situation. La Flandre, comme Bruxelles ont toutes deux droit à des frontières claires et stables... Ainsi que la Wallonie !
A la proposition défendue par le FDF de «  lien territorial avec la Wallonie », je préfère l'expression, s'il le faut et que les habitants des communes flamandes de la périphérie bruxelloise en décident ainsi, de « frontière commune ».
 
Le choix des mots n'étant pas innocent, ce serait plus clair. Pour plagier le slogan du FDF (alors fédéraliste) d'il y a quelques annés : « Chacun, maître chez soi ! ».
Evidemment, ce serait là une nouvelle déception pour les tenant de l'ancienne Belgique. Ou plutôt d'une Belgique à l'ancienne...

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 13:32

Le président de la Cour d’arbitrage donne une interview au Soir de ce mercredi. « Il faut changer le système actuel, anticonstitutionnel… » dit-il puisque les candidats de Hal-Vilvorde à l’élection de la Chambre ne peuvent pêcher des voix dans tout le Brabant flamand : Louvain étant un arrondissement distinct. Il y a là rupture du principe d’égalité.

 

Il appelle le législateur à trouver un système équitable « avec toute l’imagination dont il peut faire preuve en la matière »…

 

Il ne peut cependant s’empêcher d’ouvrir quelques pistes remettant en cause les statuts et limites des arrondissements actuels. D’une manière formelle – le redécoupage – ou plus subtilement « unitaristes », mais sans aller jusqu’à la citer, laissant à la journaliste le soin de l’écrire : « une autre solution satisfaisante sur le plan juridique, la scission de BHV couplée au système des apparentements. Et là, plusieurs cas de figure se profilent : apparentements entre Bruxelles et le Brabant flamand, entre Bruxelles et le Brabant wallon, etc. », bref, le retour du principe de l’apparentement, niant par là l’évolution institutionnelle (et constitutionnelle) qui a fixé les limites des régions politiques en créant la province du Brabant wallon, partie intégrante de la Wallonie, Région de langue française.

 

Ce système d’apparentements entre arrondissements appartenant à des provinces différentes de régions différentes me paraît pourtant être en contradiction avec l'existence de Régions administrativement et surtout politiquement distinctes. Des élus (con)fédéraux (à la Chambre) représentants de leur Région pourraient-ils logiquement être élus avec des voix venant d'autres Régions grâce au hasard de l'apparentement ?

Je ne veux pas rappeler ici l'exemple caricatural d'un élu Volksunie dans l'arrondissement de Nivelles avant l'heureuse scission de l'ancienne province du Brabant.

 

Ou alors, mais il s’agirait là d’un choix politique, la négation du fait régional (revendication essentiellement wallonne) pour privilégier uniquement le fait communautaire (comme pour les élections du Sénat), ce qui répondrait aux attentes les plus folles des Flamands les plus pointus et du FDF... même s’ils semblent apparemment défendre des points de vue différents…

 

Ne vaudrait-il pas mieux supprimer les élections fédérales pour envoyer, au besoin et en fonction des circonstances des élus régionaux. Au Parlement fédéral ? Belle simplification plus en phase avec l’évolution des mentalités. Non ?

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 12:15

A une époque où on assiste à une nouvelle montée de certains discours intégristes religieux, il n’est pas inutile de rappeler l’apport essentiel de cette contribution à la connaissance du monde. A lire et à relire.
 

Même si les religieux (catholiques, musulmans etc…) instruits ne s’opposent plus (trop) à la théorie évolutionniste, il est évident que les religions et les sciences apportent des réponses fondamentalement différentes à nos origines. Pas simple pour les professeurs de biologie, en effet, d’enseigner aujourd’hui la théorie de l'évolution - même démontrée par les faits depuis longtemps - de Darwin à des élèves dont les convictions religieuses prônent le créationnisme.

 

Ce débat contradictoire entre connaissances et croyances n’est pas prêt d’être réglé parce que –si on observe bien et la phrase d’introduction du paragraphe précédent le sous-entend - derrière ce constat s’en cache un autre plus crucial sur lequel, s’il y a bien prise de conscience, il n’y a pas de consensus sur la priorité à y mettre, une question sociale d’égalité à l’accès à un enseignement précoce de qualité.  C’est donc un choix de société. Pour des raisons budgétaires, d’électoralisme (le pacte scolaire et le gaspillage de la multiplication des réseaux) et/ou d'idéologie (voyez comme on a dénaturé les cours d'Histoire ou de géographie...) on a finalement essayé l’ignorance et le laxisme. Il va y avoir du boulot pour redresser ça ! S'il n'est pas déjà trop tard...

Si on introduisait déjà un cours de philosophie pour tous les élèves. Comme une ouverture des esprits sur le monde ? Après tout, la religion doit rester une chose privée, non ?

 

Quand Pasteur entrait dans son laboratoire, il disait qu'il « laissait sa religion au portemanteau »... et Darwin a toujours insisté sur le fait qu'il était agnostique et n'avait jamais été athée.

Ecoutons le : « la Science n'a rien à faire du Christ (*), tout au plus l'habitude de la recherche scientifique rend un homme prudent quand il s'agit d'admettre une évidence. Personnellement, je ne crois pas qu'il y ait jamais une révélation. Au sujet d'une vie future, chacun doit juger pour lui-même entre des probabilités vagues et qui se contredisent. »

 

Connaissances et croyances, deux mondes qui ne sont pas destinés à se rencontrer sous peine de schizophrénie, mais qui peuvent suivre des voies séparés pour le bien de l’humanité… en attendant mieux !

 

(*) Darwin, élevé dans un milieu anglican avait pensé embrasser une carrière ecclésiastique… Lui aussi a évolué en fonction des aléas de sa vie.

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 12:30

C’est une piste, on lit souvent qu’il serait logique que le gouvernement flamand doit choisir une ville sur le territoire de la Flandre pour y installer sa capitale.

 

Nous sommes face à deux logiques contradictoires. Résultat des différentes séquences de l’évolution institutionnelle.

Une logique communautaire. Les Flamands étaient demandeurs et de ce point de vue culturel, leur présence à Bruxelles, ville historiquement thioise et y comptant encore de nombreux locuteurs, se justifie pleinement dans ce cadre.

Une logique régionale (pour faire simple dont ils ne voulaient pas, même si nous savons que c’est un peu plus subtil que ça) qui est celle des Wallons qui ont fort logiquement implanté – malgré de nombreuses réticences – leur capitale à Namur.

Les Bruxellois se sont ensuite découvert un « nationalisme local » (ni-Flamands, ni Wallons), mais ambigu, parce que élargi et même impérialiste puisque basé sur une extension de leur territoire reconnu constitutionnellement jusqu’aux confins dd l’ancienne Belgique, substitut élastique qui s’est concrétisé par la reconnaissance d’une Région « à part entière » (ou presque) que nous avons payés au prix par la solidarité « Wallonie-Bruxelles au prix fort de l’abandon des Fourons, entre-autres.

Les Flamands ont immédiatement – et c’est leur logique – fusionné Communauté et Région. Idée géniale qui leur permettait de ne rien changer et de confirmer leur installation à Bruxelles. Le territoire de la Communauté flamande devenant ainsi automatiquement celui de la Région flamande en fonction des circonstances et des besoins. Très habile d’avoir fait ça avant la reconnaissance officielle de la Région de Bruxelles. Reconnaissance qu’ils ont freiné des quatre fers.

 

Par la force des choses, Bruxelles est donc devenue une capitale bi-régionale (flamado-bruxellois) et bicommunautaire (par belgicanisme mal avoué ? Mimétisme ou plutôt par peur ? On ne pouvait quand même pas laisser les Flamands seuls occupant du terrain…). On n’en sortira que quand on passera d’une logique communautaire (à laquelle les Flamands tiennent plus qu’à la prunelle de leurs yeux ne l’oublions pas) à une logique régionale. La scission de BHV entre dans cette logique. Est-on même prêts du côté wallon à faire disparaître cette communauté culturelle entre une partie de Bruxelles et la Wallonie et d’en récupérer les compétences qui nous concernent ? Permettant peut-être ainsi au Parlement bruxellois d’en exciper et de se déclarer Région pleinement autonome et de revendiquer le départ des institutions « étrangères » de son territoire ? J’avoue être septique quand j’entends parler de l’ouverture du  prochain « dialogue communautaire » qui ne sera donc pas un « dialogue interrégional ».

 

Mais ne rêvons pas, Il sera plus... logique (?) de se battre pour un symbole aussi ridicule que l’existence « d’un corridor » (j’en parle dans un billet précédent) entre Bruxelles et la Wallonie. Pour que la Belgique ne meure pas ? Belle excuse pour ne pas prendre ses responsabilités vis à vis des générations wallonnes futures !

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 12:00

Ne sombrons pas dans l’émotionnel. Seul l’avenir nous dira si cette désignation sera une bonne ou une mauvaise chose pour la Wallonie. Constatons simplement qu’à l’heure actuelle, si les Wallons n’existent pas aux yeux des belges, englués que nous sommes dans cette confusion qu’est la Communauté française si mal nommée, nous n’existeront encore moins aux yeux du monde puisque tous les postes de quelque visibilité ou importance sont occupé par des Flamands, Charles Michel en charge de l’aide au développement n’ayant jamais montré le moindre tropisme pour un vague sentiment d’appartenance à la Wallonie.

 

« Qui va se reconnaître en M. Van Rompuy? »

 

On le lit dans la presse internationale, les dirigeants européens avec le froid réalisme qui les caractérise ont évidemment choisi le plus petit commun dénominateur. En contraste, refrain entonné en cœur depuis hier soir par toute la classe politique locale et le chauvinisme surréaliste qui la caractérise, « c’est – comme l’écrit l’inénarrable Béatrice Delvaux –  un grand honneur et une grande fierté ». Il faut aller chercher ailleurs le bon sens d’un Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), pour se demander qui, « en France et en Europe », allait « se reconnaître » en Herman Van Rompuy, « connu seulement en Belgique comme pourfendeur acharné des facilités linguistiques accordées aux francophones dans les communes de la banlieue bruxelloise? » Ou encore la lucidité d’un observateur de notre vie politique comme Jean Quatremer, qui défend pourtant une opinion pro-européenne tout à fait différente de ce dernier sur le Traité de Lisbonne pour écrire : « Le pire: les francophones belges se réjouissent qu'un homme qui appartient à un parti qui les humilie quotidiennement soit président du Conseil européen. A pleurer. »…

 

S’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est bien ça.

 

Regardons froidement la situation. Si, grâce aux décisions prises par Leterme qu’il a lui-même contribué à faire partir, Van Rompuy a pu calmer un jeu qui, par ailleurs, se calmait de lui-même depuis un an, il n'a rien fait non plus pour régler le dossier le plus explosif : celui de la scission de l’arrondissement bilingue de Bruxelles-Halle-Vilvorde. Son parti et lui-même en réclament ouvertement la scission. Les dirigeants européens ne sont pas des naïfs. Même l’ancienne présidente lettonne, candidate malheureuse à la fonction savait que ce choix mènera à l’absorption par la Flandre des quelques milliers d’habitants francophones des communes de la grande périphérie de la Région bilingue de Bruxelles.

 

Certes, maintenant, ce sera maintenant à un autre qu'il reviendra de trancher le dilemme.

 

La désignation de Van Rompuy ne devrait rien changer à l’agenda. Qu’il soit premier ministre ou que ce soit quelqu’un d’autre, B.H.V. reviendra sur la table et sera scindé !

 

Par les voix de Marcourt et de Moureau, le PS a clairement indiqué sa volonté d’avancer dans ce dossier. Comme le dit le communiqué du PS qui fait connaître sa volonté de travailler « avec ses partenaires de la majorité de manière constructive pour qu'une décision puisse être prise rapidement », « Nous ne pouvons aujourd'hui ajouter une crise politique à la crise économique, il y va de la stabilité du pays, et de la sérénité des citoyens ».

 

Certes, je ne suis pas dans le secret évidemment, mais il semble bien qu’on nous joue là une réédition de ce qui s’est passé avec les Fourons lors de la fixation de la frontière linguistique.

 

Souvenons-nous. La fixation de cette frontière a été votée par 130 voix contre 56 et 12 abstentions. Une majorité claire. Quand on l’analyse un peu plus loin, que voyons-nous ?

 

Les partisans se sont répartis ainsi : 91 flamands, 20 wallons et 19 bruxellois. Premier enseignement, ce vote a été acquis grâce à une majorité de Flamands et… de bruxellois puisque la majorité simple était de 99(94 si on retranche les abstentions).

 

Si on pousse plus loin, certes, tous les libéraux ont voté contre, qui n’est pas surprenant, ils étaient à l’époque dans l’opposition. Et la logique de discipline partisane lobotomisante bien connue dans notre régime particratique a fonctionné. Ils n’auraient de toute façon pas pu changer grand-chose. Plus intéressant est la répartition des voix wallonnes positives dans les deux partis « francophones » : 12 socialistes sur 35 ; 8 PSC sur 19. On a dit à l’époque que le vote positif des socialistes avait un double aspect. Une raison morale de solidarité avec la volonté d’autonomie culturelle des Flamands et un souci purement électoral d’éliminer de l’espace wallon des communes – les Fourons, par exemple – à majorité stable sociale-chrétienne. A un autre niveau que la décision qui vient d’être prise par les 27, c’est ça aussi qui se cache derrière le « réalisme politique ». Mais on ne le saura jamais… C’était en tous cas la position clairement déclarée d’Ernest Glinne, décédé il y quelque semaines.

 

 

 

Il ne m’étonnerait pas que demain, de mêmes argument soient repris pour justifier (ou stigmatiser suivant le camp) la position des socialistes qui « voudraient abandonner les bourgeois francophones de la périphérie qui votent majoritairement à droite (FDF-MR-MCC-Etc...) ». Je suis d’ailleurs persuadé que certains y pensent déjà…

 

La continuité territoriale.

 

J’imagine que d’autres, et là je pense aux partis qui ont pour vocation l’occupation du pouvoir à tous prix - oui, comme le CDH- suivront sans trop d’état d’âme. D’autres encore dont c’est la raison d’être (le FDF), se focaliseront sur des symboles comme l’exigence d’une continuité territoriale entre Bruxelles et la Wallonie, quitte à lâcher quelques communes où ils ne sont pas au pouvoir. Après tout, Bruxelles n’est pas Berlin-Ouest, isolé en territoire hostile, en pleine guerre froide. A l’issue de la discussion reviendra donc sur la table ce qui sera considéré comme une grande victoire « morale » pour les tenants de cette théorie, assez futile finalement à l’époque de la libre circulation des personnes et des marchandises, le « principe du pédoncule ». On se souvient que dans le passé – parce que ça revient régulièrement – on a envisagé de neutraliser ou d’attribuer au territoire de la Région de Bruxelles la Chaussée de Waterloo… Tant qu’à faire, je proposerais d’ajouter dans le paquet les espaces verts inhabités (ce qui devrait satisfaire Ecolo) que sont les bermes centrales des autoroutes E19 et E411...

A moins que les derniers lobbys de la Belgique unitaire ne parviennent à arracher le principe de la « circonscription électorale nationale », outil destiné clairement à nier l’existence de la Wallonie au même titre que le maintien de la Communauté française… Ce qui serait une catastrophe et une grande victoire pour la Flandre qui récupérerait ainsi une partie de l’influence néfaste que la régionalisation économique lui a fait perdre.

 

A un moment où à lieu, en France, une introspection nécessaire sur la question de l’identité nationale (et je ne suis pas certain qu’il soit bien posé et non pas instrumentalisé au service de gouvernants qui la déconstruisent pierre après pierre, mais nous verrons), il est utile de rappeler que l’identité se réalise, se concrétise au travers d’institutions (une démocratie souveraine) et de politiques (économiques, sociales, diplomatiques, linguistiques,…) qu’il faut vivifier, sur lesquelles il faut s’appuyer, au lieu de les laisser dépérir par et au nom d’un rêve de pérennité de la Belgique ou d’une européanisation, quand ce n’est pas d’une mondialisation souvent synonymes de remise en cause du principe même des Etats et donc de l’identité commune.

 

N’oublions pas que dans les années 1920, le principe de l’intégrité linguistique territoriale a été défendu par des grands Wallons comme Destrée et Bovesse contre les partisans du bilinguisme généralisé qui nous aurait fait perdre notre qualité de Français (comme on disir alors !). Ce qui a abouti à une première fixation de la frontière linguistique, même si cette dernière pouvait, à l’époque, être revue en fonction des mouvements de population. On sait ce qu’il en est devenu.

 

Si les politiques wallons se réveillent, le départ de Van Rompuy, qui est un des pires faucons flamands sous des dehors cauteleux, peut être une chance pour la Wallonie en définissant des frontières définitives entre ce qui pourrait devenir (dans un premier temps) des Etats confédérés.  C’est que comme je l’avais déjà écrit dans ce billet en janvier 2005, et confirmé plus tard par des experts comme Christian Behrendt et de Vincent de Coorebyter : « loin d’être symbolique comme on l’a prétendu, la scission de BHV entre bel et bien dans la logique d’indépendance. Celle-ci suppose la fixation de frontières d'Etat : telle est en est le sens. La dissolution de la Yougoslavie a en effet consacré en Europe le principe selon lequel les limites administratives internes acquièrent, en cas de sécession, le caractère de frontières d'Etat protégées par le droit international. Les éventuels Etats européens sont liés par ce principe qui maintiendrait les communes à facilité dans la Flandre indépendante. Les effets d'une scission seraient irréversibles. Encore faudrait-il que ces limites administratives soient établies de manière univoque et définitive. Or, tant que la scission de BHV n'est pas consommée, ce n'est pas le cas. Ses limites chevauchent et contredisent celles des régions linguistiques et des Etats fédérés de Flandre et de Bruxelles ».

 

Maintenant comme je l’ai indiqué dans un billet précédent sous forme de politique fiction, tout reste possible en cas de rupture de l'Etat belge. Tout belge de langue et de culture française a vocation à devenir Français s'il le désire, quelque soit sa localisation territoriale, son appartenance de classe, ses sentiments pour ou contre la France. L'appartenance nationale, dépasse les clivages politiques, économiques, sociaux, sentimentaux et autres. La France tiendrait évidemment compte de deux choses, le degré d'adhésion de chaque communauté, et, pour Bruxelles, des rapports de force. Verra-t-on se rallier les Bruxellois et autres francophones de la périphérie à une « protection française » sous la menace d’un encerclement territorial flamand ?

 

Il semble bien être très tard, malheureusement pour ceux qui ont fait le choix de s’y établir depuis 1963 en refusant de voir la réalité (ou plutôt en préférant croire les chimères de quelques politiciens opportunistes), la politique nécessite parfois de faire preuve de cynisme, synonyme alors de réalisme.

 

L’exemple vient de nous en être montré au plus haut niveau de l’Union européenne.

 

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:00

La nouvelle liste des personnes et sociétés à qui le Roi Albert II a décerné le titre de « Fournisseur breveté de la Cour de Belgique » est reprise dans tous les journaux.
L’événement est d’importance. Jugez-en ! On trouve parmi les heureux élus… une société de lutte antiparasitaire !

Allons, le bon sens revient !

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:26

Un an après, quel est le premier bilan de celui qui allait changer la vie ? J’étais assez dubitatif dans mon billet d’humeur. Je dois reconnaître que je me suis trompé.

La crise bancaire est passée par là. Certes, en politique intérieure, il a fait, à on niveau ce que d’autres (Leterme par exemple…) ont fait à leur niveau : parer au plus pressé et mettre en place les outils nécessaire à sauver le système mis en péril par les banquiers qui, soit dit en passant, semblent bien être reparti comme avant. Avec l’argent de ceux qui ont payé la crise. Les citoyens ordinaires.

Heureusement, il y a la politique étrangère. Beau bilan… Le président de l’autorité palestinienne  dégoûté vient de jeter l’éponge… En Irak, rien ne progresse vraiment, la déstabilisation s’étend à la région… En Afghanistan, on vient d’installer au pouvoir un dictateur corrompu…

 Tout va bien. « Yes we can’t ! »

Que constatons-nous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Obama rend  visite à son banquier (les Chinois ont acheté le déficit américain, il a intérêt à se tenir à carreau) et s’écrase sur la défense des droits de l’Homme (acceptant que qu’une seule chaîne de télé chinoise filme son débat avec des étudiants triés sur le volet et la diffuse en différé.). il ne manque plus que les « Youwécés » sabotent le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique pour permettre aux Chinois de devenir la première puissance mondiale dans 10 à ou 20 ans… Mais là, je délire…. Oui surement...

Partager cet article
Repost0

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Recherche

Réunioniste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Dans Le Rétro...

Pour y réfléchir

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

Autres sujets ?


Merci à
FreeFind !

Sur Le Feu...