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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 06:52

Après n’avoir été demandeurs de rien pendant des années par peur d’affronter la réalité (*), les partis traditionnels, unanimes dans leurs discours estiment tous maintenant - mais un peu tard – qu’il faut régler ce problème.

 

Les partis traditionnels « francophones » sont d’autant plus faibles face aux flamands qu’ils n’ont pas derrière eux le souffle d’un parti clairement wallon qui défende vraiment les intérêts de la Wallonie.

 

Ils espèrent encore trouver des Flamands modérés sur ce sujet en donnant aujourd’hui des signes d’ouverture. C’est oublier les classique qu’il est toujours bon de relire

 

Ainsi, dans « Polyeucte » acte I, scène 1, Pierre Corneille (1606 – 1684) écrivait, non sans finesse :

 

« Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle

Et le désir s’accroît quand l’effet se recule. »

 

Nous le vérifierons au lendemain des élections.

 

(*) Que ne l'ai-je dénoncé ici même ?

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 12:00

Comme tout le monde, j’écoute les informations sur la « crise belge ». Pas pour m’en réjouir  parce que ce qui arrive était écrit, prévisible et, hélas pour ceux qui vont en être les victimes, souvent douloureux.

 

Indépendamment des conséquences (*), particulièrement sociales, qui mériteraient plus qu’un billet rapide, je suis toujours effaré de la méconnaissance (volontaire ?) de l’Histoire affichée (je le répète : « volontairement » ?) par les politiques et des journalistes. Ils nous persuadent que le communautaire est dérisoire. Ils se sont mis (ils nous ont mis) dans une situation telle qu'ils sont maintenant obligés de subir ce que la Flandre décidera. 

  

Passe encore que les médias (en langue française) diffusent des radiotrottoirs montrant le désarroi et l’incompréhension des enjeux par la population fréquentant... le quartier de la place Sainte Catherine à Bruxelles, ils sont dans leur rôle habituel de soumission à la police de la pensée dominante, donc d'autocensure, de conformisme appauvrisan, quand ce n'est pas de puérilité 

 

Maurice Bologne disait que la plupart des gens qui avaient affaire à l'histoire étaient conscients que la question communautaire était centrale dans notre histoire.  A contrario, malheureusement - et il serait intéressant d’en comprendre les ressorts psychologiques - beaucoup de ceux-là qui en sont conscients cherchent à mettre en avant, tout ce qui peut le démentir.

Heureusement, et c’est une preuve de maturité, l’opinion wallonne (ce qui n’est pas le cas d’un parti bruxellois) n’est pas réceptive à un discours antiflamand, étant convaincue à juste titre que cela ne mène à rien et que ce n'est guère constructif. Mais, revenons au sujet.

 

Tout le monde présente le vote en commission de la Chambre sur la proposition Herman Van Rompuy de scission de BHV le 7/11/2007 comme « sans précédent » dans la mesure où une majorité flamande s'y serait imposée « "pour la première fois » à l'encontre du pacte qui serait implicite des Belges (ne pas imposer les vues d'une majorité ethnique à une minorité « francophone »)

 

 C’est faire peu de cas de l’Histoire. Certes, on peut considérer que les différentes révisions de la Constitution ont changé les choses en bétonnant à plusieurs reprises des « accommodements raisonnables », appelés facilités. On sait ce qu’il en est devenu.

 

En réalité, je peux rechercher les dates précises, mais ça s’est déjà produit au Parlement à plusieurs reprises :

- déjà avant la Première Guerre mondiale lors du vote de certaines lois linguistiques

- lors de divers incidents parlementaires en 1921 (lois linguistiques)

- en 1938, loi sur  la séparation des régiments wallons et flamands à l'armée

entre 1947 et 1950, lors du rejet de la proposition de révision de la Constitution dans le sens fédéraliste

en 1962, lors du vote de la frontière linguistique (**)

Je suis certain qu’en cherchant un peu, on pourrait en trouver d’autres… 

  

Gandhi a dit un jour : «L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit », ça reste à méditer. (http://www.claude-thayse.net/article-19145509.html)

 

Je voudrais soumettre à votre réflexion un texte écrit en mars 2010 à l’initiative des professeurs d’Histoire de l’UCL, mais membres éminents de la Fondation Wallonne PM et JF Humblet  de Louvain La Neuve : Jean Pirotte et Luc Courtois.

Ce texte donne le « Point de vue régionaliste wallon », une esquisse institutionnelle sur la base de l’option régionale wallonne dans l’hypothèse du maintien de la Belgique fédérale. Certes, l’évolution rapide des événements pourrait, à première vue le considéré comme déjà dépassé par les faits, puisqu’ils écrivent en conclusion que si  « l’après-Belgique  n’a pas encore commencé », il semble bien que nous en soyons proches.

Clair, didactique, il devrait, pour sa partie historique, mais également son analyse du présent, faire l’objet de publication par les organes de presse qui devaient faire œuvre de pédagogie au lieu de surfer sur la vague de dramatisation et d’opinion majoritaire construite par le régime.

 

C’est dont je suis certain que sans une  « révolution mnésique », rien ne sera possible. Il sera toujours impossible à beaucoup de reconnaître les victoires du passé et celles qui ont lieu tous les jours. Comprendre que le fédéralisme (même si on y est entré à rebours) nous a protégé et permis d’évoluer. Que sans cet acquis, je ne sais pas quel serait l’état de la Wallonie. Et que c’est tout sauf un échec. Je pense plutôt que c’est une étape.

La mobilisation des Wallons peut donner des résultats. C'est bien ce que l'histoire prouve de manière éclatante, même si l'on pourrait faire beaucoup mieux.

Comme l’écrivent les professeurs Pirotte et  Courtois,  « un retour pur et simple à la case départ, le « paradis perdu » de la Belgique unitaire, est irréaliste. Cette solution n’est d’ailleurs plus envisagée que par un petit nombre de nostalgiques peu au courant des évolutions réelles »

 

Il importe en effet de clarifier les institutions belges et de leur donner davantage de cohérence et de clarté. « Aujourd’hui, dans cette situation instable, la seule chose certaine c’est que les Wallons (et les Bruxellois pour leur « Région-capitale ») doivent s’organiser pour réinventer leur région, la rendre opérationnelle et cohérente, lui profiler une image dynamique et ouverte sur le monde. »

 

 

(*) J’avoue, à ce propos, peu apprécier les propos alarmistes et le retour du côté « donneurs de leçons » des milieux financiers et économiques, premiers coupables, par leur légèreté et leur irresponsabilité - quand ce n’est pas leur cupidité - de la tourmente banco-économico-financière dans laquelle le monde est plongé. Déplorer aujourd’hui l’attitude des politiques qui leur ont permis de survivre (et plutôt bien !) avec l’argent de citoyens ne me paraît pas être une attitude civique. Leurs propos alimentant le risque de désordre qui profitera à certains d’entre eux….

 

(**) Quelqu’un disait à la radio que lors du vote de la frontière linguistique, les populations n’ont pas été consultées. C’est vrai, surtout pour la province du Brabant unitaire de l’époque à majorité bruxello-flamande, mais la province de Liège a bel et bien organisé un referendum dans les Fourons où la population s’est exprimée à 92 % - si mes souvenirs sont bons – en faveur du retour à Liège. Inutile de dire que la majorité de l’époque s’st assise sur ces résultats. Là le combat n’est pas fini !

Là non lus, les «  accommodements raisonnables » à la belge ont montré toutes leurs limites.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 20:33

Il n'y a pas que la crise institutionnelle belge qui suscite la réflexion. La crise due aux dérives du monde bancaire est toujours là et fait l'objet de réflexions. Un Blogguer de Marianne, Laurent Pinsolle vient de publier un article reprenant quelques pistes intéressantes.

 

Certes, Si certains points peuvent être discutés, d’autres  difficiles à mettre en œuvre, çà fait du bien d’avoir des visions alternatives et parfois radicales !

 

http://www.marianne2.fr/Crise-le-systeme-est-au-bord-du-gouffre-Faisons-un-pas-en-avant!_a192234.html

 

Merci Mike d'avoir attiré mon attention !

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 23:51

La politique belge se réduit de plus en plus à une confrontation malsaine et paralysante. Les dernières illusions se consument. La Belgique appartient presque au passé.

Les événements récents justifient l'initiative prise fin janvier par des citoyens wallons de toute sensibilité démocratique. Sous l'appellation W+, ils se sont fédérés pour inciter la Wallonie à se prendre en main, de manière à garantir son avenir économique et social.

 

Aujourd'hui, l'alliance « W+ » a fait connaître son manifeste, avant de dévoiler son programme et son logo dans un congrès fondateur qui se tiendra prochainement.

 

"Une autre politique pour une autre Wallonie", voilà ce qui va inspirer son action, au-delà des clivages et des circonstances.

 

Retrouvez-le à l'adresse suivante :  http://www.wallonieplus.be

 

 

Manifeste de l’alliance W+                                

 

« Il n'y a pas de Belges, mais des Wallons et des Flamands », écrivait-on déjà en 1912 (1). Certains refusent encore de le croire. Force est néanmoins de constater que ce point de vue anticipait l’évolution de la Belgique, obligée de se désunir pour prolonger son existence.

 

Aujourd’hui, dans une Europe en voie d’intégration, la diversité des langues, en déplaçant les frontières, impose une mise à jour des repères culturels et des référents citoyens. Traversé par ce qui ressemble à un mur linguistique au milieu d’un grand ensemble européen, l’Etat belge est-il autre chose que la survivance d’une autre époque ?

 

Au nord de ce mur linguistique, la nation flamande a pris son envol et aspire à plus de reconnaissance internationale. Avec ou sans la Belgique, elle entend faire valoir son intérêt. Un nouvel affaiblissement de l’Etat fédéral est déjà sur le feu, la Wallonie étant regardée comme un boulet. La tentation de l’indépendance fait monter la pression.

 

Ainsi, de son côté, la Wallonie est appelée à poursuivre son chemin vers toujours plus d’autonomie. Le cadre où se déploie son action collective est de moins en moins belge. En Wallonie, pourtant, le changement fait peur et conduit à privilégier l’appartenance à la Belgique, au mépris des réalités mais surtout de la Wallonie elle-même, à peine envisagée comme un sous-produit de l’identité belge.

 

Etonnamment, la simple intention d’approfondir le sentiment wallon provoque sarcasmes et indignation. Crispé sur une identité belge fabriquée au XIXe siècle, on s’interdit de soulever la question de l’identité wallonne. Un tel refoulement contribue à plomber l’image d’une région qui sert trop souvent de repoussoir à la Flandre.

 

La Wallonie mérite mieux que ce déni assassin, entretenu souvent par celles et ceux qui ont la responsabilité de lui donner une existence. Combien d’élus wallons se sentent-ils de Wallonie ? Il est vrai que la fierté wallonne se décline en sous-régionalismes hérités de l’histoire, mais que dire alors de la Belgique, pour laquelle on rêve encore d’unité, sans craindre apparemment le ridicule ?

 

L’identité latine ou même française de la Wallonie est moins difficile à trouver. L’histoire enseigne que « sans aucune contrainte, de leur propre volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française… » (2)

 

Evidemment, l’appartenance à la Belgique, en dépit de ses fractures, a conditionné la mémoire et l’imaginaire des Wallons. Leur identité belge est un fait historique, un héritage, il ne s’agit pas de renier un passé dont on peut, légitimement, tirer des motifs de fierté. Mais faut-il rappeler ce que la création de la Belgique, en 1830, devait au contexte européen de l’époque ?

 

Quoi qu’il en soit, l’amalgame entre la Wallonie et la Flandre a eu les effets d’une cohabitation non désirée. Aux mains d’une bourgeoisie exclusivement francophone, la Belgique a provoqué le réveil de la Flandre qui, aussitôt, a défendu son intégrité culturelle. C’était lépoque où l’activité du sillon Sambre-et-Meuse élevait ce pays au rang de puissance industrielle et où les luttes ouvrières, en Wallonie, allaient conduire à l’adoption du suffrage universel,  permettant aux nouveaux citoyens flamands, majoritaires, d’investir l’Etat belge et de le réduire à leurs intérêts.

 

Une véritable politique de colonisation économique s’est mise en place au profit de l’axe Bruxelles-Anvers (3), tandis que naissait déjà un mouvement pour l’indépendance de la Flandre. Des voix  se sont élevées en Wallonie pour dénoncer la flamandisation de l’Etat belge et réclamer, là aussi, une séparation administrative. La société wallonne avait un dynamisme et des ressources qu’elle n’a pas entièrement perdus.

 

Hélas, le fédéralisme est venu trop tard pour la Wallonie. Il a permis d’éviter le pire mais, sans la maîtrise de son enseignement et de sa politique culturelle, facteurs de cohésion, la Wallonie a raté son envol. Aujourd’hui, culpabilisée, appauvrie, insultée, elle s’acharne à défendre un pays qui ne lui veut pas du bien.

 

On se dit que la monarchie va sauver la Belgique et on fait tout pour que la Belgique sauve la monarchie. On a perdu le sens des réalités. Si la nation flamande a déjà revisité son histoire, allant jusqu’à présenter la révolution belge comme une catastrophe nationale pour la Flandre, il reste à la Wallonie d’aller chercher dans ses racines ce dont elle a besoin pour  se développer.

 

La transformation de l’Europe a rendu la Belgique superfétatoire, inutilement complexe et paralysante. Pour s’en convaincre, il suffit de voir combien l'Union européenne et la Flandre ont des projets complémentaires, servis par une classe politique jouant les tout premiers rôles en Europe. Quand ils ne sont pas ouvertement séparatistes, les Van Rompuy, De Gucht, Van den Brande et consorts annoncent l'inéluctable évaporation de la Belgique.

 

Une prise en compte de la dynamique européenne conduirait, par la force des choses, à reconsidérer les rapports de la Wallonie avec la France et permettrait de réfléchir collectivement à la meilleure façon d’assurer l’avenir du pays wallon, sur le plan culturel, économique et institutionnel. Le soutien, la solidarité bienveillante d’un pays comme la France est une opportunité qu’il serait criminel de rejeter.

 

Terre romane, en dépit de sa longue immersion dans le monde germanique, la Wallonie est un pays de frontière. Idéalement située au cœur de l’Europe, elle a désormais vocation de relier les deux piliers de la construction européenne, la France et l’Allemagne. A condition de mettre en valeur son savoir-faire et son infrastructure, elle peut regarder l’avenir avec confiance.

 

La mise en valeur de ses atouts passe inévitablement par une valorisation de son image. C’est une évidence commerciale autant qu’une réelle nécessité existentielle. Le redéploiement économique ne dépend pas seulement de la conjoncture internationale. Pour s’épanouir dans une Europe exposée à tous les vents de la mondialisation, la Wallonie a besoin de trouver sa place.

 

Il ne faut pas compter sur la Belgique pour assurer la promotion de la Wallonie à l’étranger. Sur de nombreuses cartes, notamment touristiques, la Wallonie est devenue une espèce de terra incognita. Au mieux un arrière-pays. Longtemps moteur économique de la Belgique, la Wallonie a été lâchée au moment où son déclin industriel exigeait des investissements nouveaux. Maintenant, la Flandre, oubliant que son développement a été financé par de l’argent wallon, fait payer cher le maintien d’une solidarité qu’elle dénonce à grand bruit.

 

C’est au nom des priorités socio-économiques que l’on étouffe le débat sur l’identité wallonne, feignant de ne pas voir que la Belgique a aussi un coût pour la Wallonie. « Ils nous ont tout pris », écrivait-on déjà en 1912 (1). Parmi les transferts organisés par la Belgique, il faut compter ce qui relève de la mémoire et du patrimoine culturel,  mais la Wallonie a également vu partir des capitaux, des emplois, des marchés. La Flandre a fait main basse sur la Belgique et sur son économie, avec la complicité de trop de dirigeants wallons. La Wallonie a finalement perdu ce qui lui restait : l’estime de soi, jusqu’à la volonté d’exister. La déliquescence de l’Etat belge a paradoxalement étouffé la conscience wallonne. La Belgique ne survit que par l’écrasement du sentiment wallon.

 

Cet abandon, ce manque de vision, facteur de régression sociale : c’est cela qui justifie l’existence de W+ 

 

Le refus d’envisager l’avenir de la Wallonie en dehors du cadre belge est suicidaire. W+ observe que la Belgique se réduit de plus en plus à une confrontation malsaine et paralysante avec la Flandre. En conséquence, il ne veut plus de la Belgique, sous aucune forme que ce soit.

 

Alliance démocratique et pluraliste associant des Wallons de toutes origines, de la gauche à la droite, des autonomistes et des rattachistes, excluant tout extrémisme,  animés par le même idéal républicain, W+ prend place dans l’histoire de la Wallonie dont il entend incarner  la volonté d'émancipation en lui offrant le choix de redéfinir librement sa relation avec la France comme avec Bruxelles et ses autres voisins. 

 

 

 

(1) Jules DESTRÉE, Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre

(2) Félix ROUSSEAU, l’auteur de ces lignes, est tenu pour le père de l’historiographie wallonne.

(3) Michel QUÉVIT, Flandre-Wallonie. Quelle solidarité ?

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 14:21

Regardez attentivement cet extrait : http://video.rtlinfo.be/video/153138.aspx

 

On y entend Olivier Maingain déclarer : « Il faut tuer le nationalisme flamand qui veut faire de la scission de BHV le levier pour aller vers l'indépendance de la Flandre avec Bruxelles en Flandre, donc l'élargissement de Bruxelles est une nécessité pour l'avenir même de ce pays. »

 

Ce pays, c’est évidemment la Belgique de papa dominée par les francophones de l’axe Bruxelles-Anvers que vient encore de dénoncer Michel Quévit.

Voilà une déclaration qui va certainement décevoir ceux qui, en Wallonie, croyaient avoir compris que le « FDF » avait évolué et  pouvait se poser en « parti pour les Wallons ».

 

Les pauvres ! Il est vrai qu’en politique, les promesses - surtout à demi mot ou implicites – n’engagent que ceux qui y croient…

 

Belges ils sont, et le resteront. Belges jusqu’au bout, malgré les faits. Certains pensaient trouver des accents gaulliens chez Maingain. Fatale erreur, par rapport au Général, Maingain, c''est plutôt Salan et  le FDF, c’est plutôt l’OAS, mais sans les bombes. Un OAS du pauvre, quoi !

 

BHV, ce conflit de frontière est le résultat du flou des compromis précédents. Depuis 1963, je déconseille d'ailleurs à ceux qui m’en font part de s’installer dans les communes de la périphérie bruxelloise, puisque – et j’en ai eu la preuve à plusieurs reprises par mes beaux-parents (qui ont fondé l’école fondamentale de Wemmel à l’époque ce qui leur a valu d’être la cible des « promeneurs flamands sous la conduite d’un certain Wilfried Martens - » à un point tel qu’ils ont vécu pendant plus de six mois avec un combi de gendarmerie dans leur cour) qui ont vécu cette époque sur place – et pour qui il était entendu, tacitement, implicitement, en 1963, que les facilités ne seraient jamais que temporaires. Ce qui explique peut-être la persévérance des Flamands, puisque si elles ont été bétonnées au moins dix fois depuis, elles ont été remises en question autant de fois.

Beaucoup n’ont jamais voulu comprendre qu’il y a deux nations qui se « disputent » (pour les Flamands) ou se « partagent » (pour les belges) un même territoire… Les Flamands se sentent -paradoxalement- en situation d'insécurité, linguistique, politique, économique (ce qui n'est pas contradictoire avec une situation de domination locale). Ils souhaitent réduire ce sentiment d'insécurité et développent une « stratégie du bunker», de forteresse, comme en Albanie communiste. Il faut en prendre acte.

 

Mais nous, (les Wallons, mais aussi les Français et les Bruxellois d’expression française,) avons le devoir d'en tenir compte et de nous arcbouter, non pas tellement sur les grands principes, mais tout simplement la matérialité concrète de nos intérêts. Comme De Gaulle en Algérie.

Hormis le plan du FDF revendiquant des communes du Brabant wallon (Waterloo et Braine-l'Alleud), aucun autre parti bruxellois (ni flamand) ne le fait. Par contre la région de Bruxelles demande à la Flandre de respecter la volonté des habitants des communes à facilités, en nommant les candidats bourgmestres, et de rétrocéder ces six communes s'ils veulent la scission de BHV, c'est un litige avec la Flandre ne concernant pas la  Wallonie. Au sens territorial bien sûr. Je ne parlerai pas du projet d’un fonctionnaire français qui défend une théorie d’agrandissement de la Région de Bruxelles qui a séduit quelques néo-rattachistes peu concernés. En voici brièvement la version minimale : frontières avec la Flandre : le Ring (périphérique) au nord, à l'Ouest, à l'Est, au sud : frontières avec la Flandre puis la

Wallonie : route puis chaussée du Mont St Jean à l'Est, et autoroute E19  Bruxelles-Nivelles-Charleroi- Paris à l'Ouest, jusqu'à leur jonction à Ittre, au sud de Braine-l'Alleud, englobant aussi le centre de Waterloo. Il fourni également en fonction de son auditoire une version plus étendue amputant le Brabant wallon (territoire roman depuis la conquête romaine de près d’un tiers de sa population depuis le canal de Charleroi jusqu’à l’autoroute E411 !

Sans compter que cette stratégie en chambre imposerait le bilinguisme des administrations (et donc de emplois réservés aux Flamands de facto à des populations qui sont nées ou ont choisi de vivre en français. Le « point de vue de Sirius » n’est pas toujours la meilleure position.

 

Leterme devant l’intransigeance du FDF et de l’Open-VLD présente la démission de son gouvernement. Je suppose que le roi va temporiser. Attendons donc de voir ce qui va se passer. La dramatisation est une vielle technique de négociation…


Prenons du recul. Et observons lucidement la situation.

Il est possible que les proposition de M. Dehaene (et redisons-le : de tous les partis flamands) de scission et de limitation de Bruxelles pourraient bien servir à terme les positions (la lutte de libération dans ce cas d’hypothèse) des habitants « francophones » (Bruxellois périphériques ayant fait le choix de s’exprimer en français) car en isolant sur son territoire devenu national

une minorité significative de citoyens n'ayant nullement envie de se faire assimiler, la Flandre ne se tire pas ainsi une balle dans le pied. Car enfin, voyons quelle serait la situation après cette situation acquise : certes, la Flandre aurait fait coïncider toutes les communes du Brabant Flamand à son territoire national unilingue, mais, en revanche, n'aurait pas fait un pas de plus vers l'assimilation de Bruxelles avec sa majorité d’habitant ayant adopté le français comme langue administrative, qui résistera, nul doute, tout en se créant un énorme problème de minorité intérieure non reconnue et vouée à la stigmatisation. Un Kosovo en devenir…

Observons aussi que le long terme ne joue pas en faveur de la langue flamande à cause du vieillissement de sa population. Ceux qui me lisent depuis la création de ce blog savent qu’en cas de rupture, les frontières régionales pouvant facilement devenir des frontières d’états, le confédéralisme à trois ne pouvant pas plus (ou mieux) marcher que le fédéralisme à deux (les communautés ou trois (les régions). Cette stratégie, par sa radicalité, ne peut qu'amener sur la

Flandre que la responsabilité d’un désordre international… au cœur de l’Europe qui est déjà bien malade. Et l’apparition d’une puissante pression française percolant à moins de 15 km de Bruxelles.

 

Evidemment, ce regard est un peu… cynique, certes !

Mais n’est-ce pas ça aussi la politique ? Le rationnel et l’analyse (si pas la prospective) prenant le pas sur l’émotionnel ? La raison d’état sur les principes pour faire triompher les deux en même temps. Il y a eu de grands exemples dans le passé.

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 13:02

J'avais prévu la publication de cet article pour le 4 décembre, mais l'actualité m'incite à l'anticiper.

 

Le Comte Albert du Bois (Écaussinnes-d'Enghien, le 4 septembre 1872 - Bruxelles, le 3 décembre 1940) est un homme de lettre de langue française et un diplomate ainsi qu'un militant wallon hélas bien oublié !  Nivellois d'adoption, une stèle - au par de la Dodaine - le qualifie de "précurseur du mouvement wallon". Quelle que soit l'époque, des Wallons se sont levés pour dire la vérité au Peuple. 

 

Peu connu hors de cercles d’érudits, Secrétaire de la délégation belge à Paris, il fût renvoyé de son poste le 17 février 1903 après avoir écrit « Belges  ou Français ? » dans lequel il se fait l'avocat de « l'annexion » (comme on disait à l’époque) des provinces wallonnes de Belgique par la France.

 

En 1903, avec le ton et le style de l’époque, il écrivait dans la préface de son roman : « Belges » ou Français ? : « Belges ! ... Ceux qui habitent dans le cercle que le crayon distrait d’un Palmerston quelconque traçait à Londres, en 1831, sur une carte d’Europe, sont des « Belges » ! C’est ainsi que l’on crée un peuple ! C’est ainsi que l’on forme une nation ! C’est ainsi que l’on constitue un pays ! ... Pour parquer les chiens dans les expositions canines, on fait au moins attention à leurs races et à leurs espèces ; mais pour parquer les peuples en troupeaux de « contribuables », on ne doit pas y regarder de si près. Il suffit de prendre trois millions d’individus d’une espèce et trois millions d’individus d’une autre espèce. On leur dit : "Tâchez de ne pas trop se dévorer entre vous. Vous êtes une même nation. On vous appellera des Belges" - et les pauvres bêtes répondent docilement au nom qu’on leur donne ! »

 

Plus loin, à la décharge de nos ancêtres : «Jamais, peut-être, population ne fut victime d’une conspiration plus habile. Jamais peut-être on n’essaya d’abuser avec une telle perfidie de la bonne foi et de l’ignorance d’un peuple, pour lui faire méconnaître ses intérêts les plus sacrés. » 

 

10 ans avant Jules Destrée et sa célèbre « Lettre au roi », il prenait la mesure du Mouvement flamand : « Nous n’avons pas la lente et tenace obstination de nos associés flamands. Mais il ne faut pas se fier au calme apparent avec lequel nous subissons une foule d’attentats mesquins contre notre véritable nationalité. Il compte parmi ses innombrables défauts celui de manquer totalement de patience. Il fera quelque jour explosion. Ceux qui viennent jouer avec de la flamme autour de ce coin de terre, tout pétri de poussière noire, ceux qui viennent y jongler avec les brandons de discorde du « patriotisme belge », de la « nationalité belge », de « l’âme belge » (…) ceux-là se trompent étrangement ! » Ils s’apercevront – bientôt peut-être ! – qu’ils ont joué avec de la poudre et quand elle flambera – soudainement – en une explosion géante, ce sera pour jeter aux quatre coins de l’Europe, les débris de cet édifice de haine, de conquête et d’asservissement sur le fronton duquel on a sculpté ce nom mensonger : « ROYAUME DE BELGIQUE ! »

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 23:31

Son communiqué de ce soir après une journée où les tensions entre francophones et Flamands ont atteint un certain paroxysme est un modèle de perfidie et mérite un coup de chapeau.

 

Morceaux choisis : « Au cours des mois écoulés, j’ai examiné en toute discrétion les contours d’un possible compromis avec les présidents de parti de la majorité (...) J’ai fait traduire les solutions proposées en propositions de loi (...). Ces propositions de loi constituent un tout qui tend vers un compromis équilibré entre des thèses souvent contradictoires. Elles sont destinées à servir de base à la négociation. Il n’y a, par conséquent, pas d’accord sur l’ensemble de ces propositions. Tel n’était du reste pas l’objectif poursuivi. Mais dans la mesure où il y a une volonté politique en ce sens, je pense que ces propositions pourraient constituer la base d’un accord ».

« Avec ces propositions, j’ai rempli la mission que le Roi m’a confiée. A la demande du Premier Ministre et des présidents de parti, j’ai accepté de prêter assistance lors des négociations ».

 

Il a fait vraiment très fort.

 

1. Il a coincé les partis « francophones qui n’étaient officiellement demandeurs de rien, mais ont annoncé publiquement qu’ils estimaient « que les négociations peuvent commencer sur la base des propositions de Dehaene ». Ils y sont !

 

2. Il ne présente, somme toute, que la position flamande. Le silence de la NV-A (à part pour la perte de compétence en matière de nomination de « bourgmestres périphériques » par le gouvernement flamand) est significatif de satisfaction.

 

3. Il enfonce un coin dans le pacte des partis traditionnels francophones en montrant au grand jour leur disponibilité pour des compromis(sions ?)

 

4. Il règle ses comptes avec le CD&V et Yves Leterme qui l’avaient un peu bousculé lors de la formation du gouvernement.

 

5. En bon militant flamand, il nous donne l'assurance d'une tension politique qui ne devrait pas aller en diminuant à l'approche de 2011. La campagne pour les élections fédérales - si le gouvernement ne tombe pas d’ici là - va être sanglante ! Ce sera l'escalade des revendications et à celui qui sera le plus Flamand en Flandre, tandis qu'ailleurs, ce sera territorial à Bruxelles et hélas, belgicain en Wallonie. A moins que... un vrai parti wallon...

 

Joli coup !

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 12:00

 

Une réunion capitale des présidents de parti s’est tenue ce lundi soir, à l’initiative de Monsieur Jean-Luc Dehaene, afin de prendre connaissance d’une proposition de fond dans le dossier BHV. Elle devrait conditionner l’avenir de nombreux Francophones.

 

La formule de scission proposée s’inspirerait fortement du texte du quasi-accord de 2005 négocié par Monsieur G. Verhofstadt  et devrait en toute logique s’accompagner de compensations significatives pour les Francophones.

 

Dans cette perspective, l’Action Fouronnaise et le Groupe « Retour aux Libertés » ont largement diffusé une actualisation de leur cahier de revendications qui concluait que la seule solution acceptable est le bi-régionalisme mais que dans l’immédiat certaines avancées iraient dans le sens de ce statut sui generis bi-régional et bi-communautaire :

- Dans bon nombre de domaines, des accords de coopération entre les Régions et Communautés, notamment dans les domaines sociaux, culturels, sportifs, éducatifs et de l’emploi, permettraient de dégager des solutions sages et respectueuses de tous.

- La ratification sans réserve et l’application immédiate par la Belgique de la convention-cadre du Conseil de l’Europe pour la protection des minorités nationales serait également un outil pour la sauvegarde et le rétablissement de nos droits avec en corollaire :

- La pérennisation du régime des facilités à Fourons, commune à statut linguistique spécial. Les facilités ont été « bétonnées » pour les Fourons comme pour les communes de la périphérie lors de négociations précédentes. Si des nouvelles mesures sont prises pour « bétonner » les facilités, Fourons doit en bénéficier également.

·     Dans cet ordre d’idées, la Commission permanente de Contrôle linguistique (siégeant sections réunies lorsqu’elle doit étudier un dossier fouronnais) devrait obtenir des pouvoirs réels en étendant ses compétences aux lois sur l’emploi des langues en matière judiciaire et sur toutes les réglementations en matière linguistique même celles qui découlent des lois spéciales du 8 août 1980.

·     Il conviendrait également que le Conseil d’Etat se réunisse en chambres bilingues lorsqu’il est question des communes de la frontière linguistique.

·     Le mot « formulaires »  devrait impérativement être réintroduit dans la liste des documents qu’il est possible d’obtenir en français supprimant ainsi  les effets négatifs de l’arrêt n° 14.241 du 12 août 1970 (arrêt Ginion).

·     Pour faire l’équilibre avec ce qui est proposé pour les communes de la périphérie, la nomination du bourgmestre des Fourons serait faite par le gouverneur du Limbourg au sein du collège des gouverneurs de province.

- La possibilité pour les mandataires francophones, de s’exprimer librement en français lors des conseils communaux, des réunions de commissions, des collèges, du conseil de l’aide sociale et des bureaux permanents. Il est impératif que le mandataire puisse exercer son mandat dans sa langue (y compris lorsqu’il écrit au bourgmestre, au collège ou à la tutelle et qu’une aide lui soit accordée pour prendre connaissance des dossiers établis dans la langue officielle de la Région).

- Le retrait pur et simple des tristement célèbres circulaires du gouvernement flamand (Peeters, Martens, Van den Brande, Keulen) ;

- la possibilité pour la Communauté française et de la Région wallonne (ou la COCOF) de subsidier en direct des infrastructures, des associations culturelles ou sportives ainsi que la libre accessibilité aux télévisions et médias francophones ;

-  La possibilité de laisser organiser l’enseignement francophone aux Fourons par la Communauté française Wallonie-Bruxelles ;

- La suppression dans les décrets et réglementations flamandes de toute référence à un quelconque critère de sélection basé sur la langue, en matière de logement, de sport, d’accès à la propriété…

-  Puisque J.L. Dehaene propose la concomitance des scrutins fédéral, régional et européen (à la date des élections européennes), nous demandons que les Fouronnais qui se rendent à Aubel pour voter puissent également y voter pour le Parlement wallon.

 

Il nous semble important de préciser que la majorité de ces revendications sont également applicables et capitales pour les Francophones de la périphérie.

 

Dans le cadre de la négociation actuelle, les Francophones et Wallons de Fourons confrontés à un harcèlement chaque jour plus pesant de la Flandre, aux brimades et à l’arrogance des nationalistes flamingants, ne comprendraient pas que des avancées significatives notamment en matière d’enseignement, de culture, de sport,… soient obtenus pour les Francophones de la périphérie et qu’ils soient, une fois de plus, les laissés pour compte.

 

Nous en appelons donc à une nécessaire et pressante solidarité francophone et wallonne.

 

Le chef de Groupe         Le Secrétaire général             Le Président

Retour aux Libertés,     de l’Action Fouronnaise,        de l’Action Fouronnaise,

 

José SMEETS.                    Jean-Louis XHONNEUX.           José HAPPART.

 

Renseignements complémentaires : 04 381 04 00.

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 12:05

« Amnésie et prurit volontaires»… autant dire une forme d’hystérie. Cette névrose se caractérisant par des troubles du comportement dont le malade est conscient, mais qu'il ne peut dominer. Le psychiatre Charcot disait que c’était une maladie de l'imagination. Pour le sujet hystérique cette affection lui permettrait de retirer un certain bénéfice direct et frauduleux.

 

La presse et le monde politique « francophones » unanimes déclarent que le refus de nomination des candidats bourgmestres périphériques par le gouvernement flamand est une première dans l’histoire de ce pays… Appelant en même temps au calme et à la modération puisque Jean-Luc Dehaene devrait sortir prochainement des propositions concernant - mais pas seulement - l’avenir des communes flamandes à facilités de la périphérie flamande de la région bilingue de Bruxelles.   

 

Alors que la décision a été prise par un gouvernement dont on sait que l’unanimité est la règle de fonctionnement, on glose beaucoup sur le dérapage verbal d’Olivier Maingain qui qualifie les pratiques de la seule N-VA de « dignes de l'Occupation allemande (…) où l'on désignait les bourgmestres parce qu'ils étaient les alliés de l'occupant »… Le même ajoutant : « La N-VA tombe ainsi le masque et démontre qu'elle n'est pas un parti démocratique, qu'elle est incapable de respecter la démocratie locale. »…

 

C’est un peu court (que je sache, il y a unanimité du côté flamand sur la décision endossée par Monsieur Bourgeois) et surtout faire peu de cas de l’Histoire récente… Faut-il rappeler que le 30 septembre 1986, la nomination de José Happart comme bourgmestre a été annulée par la quatrième Chambre unilingue flamande du Conseil d'Etat en vertu de la loi sur l'emploi des langues dans l'administration. Dois-je ajouter : au grand soulagement du gouvernement de l’époque. Même si le contexte a changé, il y a une forme de jurisprudence administrative en la matière puisque c’est pour des raisons identiques que les ministres de l’intérieur successifs des deux derniers gouvernements flamands ont pris la même décision.

 

Petit rappel du contexte de l’époque :

Suite aux nombreuses « promenades » et aux méfaits perpétrés par les membres du TAK et du VMO de 1978 à 1982, José Happart se présente aux élections communales du 10 octobre 1982 sur l’unique liste wallonne, « Retour à Liège ». Ayant reçu le plus grand nombre de voix de préférence, il est proposé comme bourgmestre. La nomination de José Happart comme bourgmestre par le Roi (en réalité le gouvernement belge et plus particulièrement son ministre de l’intérieur)  le 4 février 1983, mais ne prévoit son entrée en fonction le… 31 décembre 1983. Le temps nécessaire pour que la Chambre flamande du Conseil d’Etat destitue José Happart de son mandat, estimant sa connaissance du néerlandais insuffisante. Arguant du fait que la loi communale n’impose aucune connaissance linguistique particulière, José Happart rejette toute forme d’examen linguistique. C’est ainsi qu’entre le 13 octobre 1986 et le 15 octobre 1987, on assistera à 9 tours de ce qu’on a appelé le « Carrousel fouronnais ».

Grâce à la résistance des courageux habitants des Fourons, il y aura un accord sur l’application de l’article « 107 quater » de la constitution permettant à la Région bilingue de Bruxelles capitale d’exister. L’accord de gouvernement enfin conclu, autour d'un nouveau programme de réforme de l'Etat qui associe le CVP, le PS, le SP, le PSC et VU, les partis francophones qui obtiennent un large accroissement des compétences des régions et des communautés sont toutefois obligés de sacrifier leur base wallonne la plus radicale. José Happart ne sera jamais bourgmestre et les Fourons abandonnés à leur sort. Dans ce délicat dossier fouronnais - symbolique pour les Flamands autant que pour les Wallons, mais pas moins pour eux - pour peu de satisfaction obtenue quant au droit des personnes, les partis « francophones » ont largement capitulé quant au principe fondamental de l'appartenance wallonne et du droit des élus. Malgré ça, c'est avec une confortable majorité que les Socialistes décident d'approuver l'accord de participation. Avec le vote le vote du 107 quater, et même si la région de Bruxelles- Capitale est plus que jamais strictement limitée aux dix-neuf communes, les Wallons en paient encore le prix fort en terme de renoncement (*) !

Certes, aujourd’hui, ils sont moins confrontés à la brutalité physique de l’époque (**), mais bien depuis lors, plutôt à une violence politico-administrative impitoyable, d’autant plus depuis le changement de majorité « ethnique »  obtenue grâce à la favorisation d’une forte immigration hollandaise. Permettant d’assister là à un phénomène d’épuration ethnique douce qui ne fait pas la une des journaux de la capitale…

La situation des Fourons est différente de celles des communes à facilités de la périphérie de Bruxelles, faut-il rappeler que les premières étaient situées en province de Liège avant 1963 et que c’est grâce à (ou plutôt à cause de…)  la conjonction d’un vote d’une majorité d’élus flamands et bruxellois contre une minorité wallonne et d’arrière pensées électorales du parti socialiste de l’époque qu’elles ont été transférées (annexées serait plus juste) au Limbourg. Quoi qu’on pense du sort et du choix qu’ont fait ceux qui ont décidé d’y résider depuis 1963, date di clichage de la frontière linguistique, les communes de la périphérie, elles, n’ont jamais fait partie de ce qui deviendra la Région de Bruxelles. Ces propos n'impliquent aucune rupture de la solidarité que nous, Wallons, manifestons avec les habitants de ces communes comme c'est d'ailleurs le cas pour les autres peuples d'expression française dans le monde. J'aimerais personnellement que cette solidarité ne soit pas à sens unique, mais ça, c'est une autre histoire.

(Pour eux que ça intéresse, vous trouverez un petit résumé plus détaillé en réponse à un commentaire de ce billet (http://www.claude-thayse.net/article-10851206-6.html) ).

 

On sait peu de choses de ce que seront les propositions Dehaene. Sauf qu’il consulte, en toute discrétion, les responsables des différents partis représentés au Parlement fédéral. La récente sortie de Maingain dont je ne doute pas qu’il soit très bien informé en sa qualité de vice-président du MR -  et on sait qu’il ne veut pas d’une scission de BHV qui lui ferait perdre une majorité de ses électeurs - montre que cette scission est bel et bien prévue dans le cadre de la solution négociée qui devrait être proposée.

Malgré les rodomontades de certains, le sauvetage provisoire de la Belgique semble bien être à ce prix… sans doute !

 

Le climat politique va se réchauffer. Voilà qui va peut-être ouvrir les yeux de ceux qu’ont assoupis les discours lénifiants de la belgitude...

Ce sera aussi peut-être le moment de rappeler ce que disait en 1986 le sénateur carolorégien André Baudson « si les Wallons ne peuvent changer l'Etat, ils devront changer d'Etat »…

 

 

(*) Il faut reconnaître que par ailleurs, l’accord de gouvernement accouche de transferts impressionnants de compétences et de moyens financiers réalisés dans le cadre de la nouvelle révision de la constitution. La Wallonie, dont le budget fait un bond de 34 à 87 milliards, dispose dorénavant de la maîtrise de ses travaux publics, de ses communications (excepté la Sabena et la SNCB) et assume la tutelle sur ses communes. Le Fonds des Communes et le Fonds des Provinces sont transférés aux régions, ainsi que les programmes de résorption du chômage et les cinq secteurs économiques restés nationaux. Des accroissements de compétences sont prévus en matières agricole, énergétique ainsi que de relations et commerce extérieurs. L'accord gouvernemental prévoit aussi que, dans une phase ultérieure, les compétences résiduaires devront être accordées aux régions et communautés tandis que les conseils régionaux devront être élus directement et séparément… En effet, le rapport entre les ressources propres de la Région wallonne et les transferts par dotation venant de l'Etat central s'est inversé catégoriquement à l'occasion de la mise en oeuvre de la Loi spéciale du 16 janvier 1989 organisant le nouveau régime de financement des dépenses régionales. Dès lors, au moment où sa dotation passait de 25 à moins de 19 milliards de francs, la Région multipliait ses ressources propres par dix en les accroissant de 5 à 66 milliards. Cette situation est la conséquence de l'application du principe de responsabilité financière qui se traduit par le recours aux ressources propres localisables de la Région (accès à l'impôt des personnes physiques et droit de lever des impôts régionaux). Ainsi, la Wallonie dispose, avec ses transferts de compétences, d'une virtualité d'action plus grande.

Mais le combat est loin d’être terminé. Si la concrétisation de l'article 107quater permet la création de la Région bruxelloise (et on ne rappellera jamais assez que ce combat politique largement mené par les Wallons), il provoque un changement profond de l'équilibre de la Communauté française de Belgique mise en place par la Loi du 15 juillet 1971 qui ignorait et ignore encore la Wallonie ( A l'époque, la revendication wallonne d'existence officielle des régions n’ayant pas encore été rencontrée). Je voudrais terminer cette note en citant le Professeur Quévit qui en 1982, dans son livre « La Wallonie : l'indispensable autonomie », considérait que « le vote de l'autonomie culturelle, loin de contribuer à l'expression d'une culture wallonne propre », l'avait, « au contraire un peu plus étouffée encore ».

Cette institution est devenue inutile depuis le 9 janvier 1989, c'est-à-dire depuis que Bruxelles dispose de son autonomie régionale.  Il serait bon de le rappeler aujourd’hui qu’un débat est lancé sur l’identité wallonne.  

 

(**)Souvenons-nous des hordes flamandes « protégées » par les gendarmes qui n’hésitaient pas à gazer les habitants qui ne faisaient que défendre leurs droits et leurs biens. Cette attitude officielle, cautionnée par les autorités belges s’apparentait bel et bien à une occupation par une armée étrangère.

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 18:25

Voulez-vous avoir une idée de ce que la Belgique a déjà coûté aux Wallons ?

Dans livre de 175 pages (pardon, un réquisitoire !) , Michel Quévit, chiffres à l'appui, nous explique que pendant environ 120 ans grâce à la richesse produite en Wallonie, l'Etat belge a transféré des sommes gigantesque en Flandre...

De quoi faire réfléchir les enseignants, les politiciens des partis traditionels, journalistes et autres économistes bien-pensants... qui imputent les difficultés de la Wallonie à son seul personnel politique quand ce n'est pas aux Wallons eux-mêmes.
Il est intéressant de constater à la lecture des chiffres présentés (et qui sont connus dans le Mouvement wallon, mais qui ont ici l'avantage d'être mis en perspective et surtout regroupés en un seul ouvrage) que la Wallonie a été traitée en "colonie" par l'Etat belge. L'Histoire explique le présent.

S'il n'y avait qu'un seul livre à recommander en ce début d'année, c'est bien celui-là.

Un
premier compte rendu sur le site de l'excellente revue "toudi".

L'excellent Paul Piret en fait la Une de La Libre de ce jeudi. A lire les réactions des lecteurs, il y a encore du boulot pour effaced 180 annes de lavage de cervaux.

http://www.couleurlivres.be/html/nouveautes/falandre-wallonie.html

Collection Question de société
184 pages / format 14*21 cm / 19 euros

Pour le commander

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

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